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Pourquoi le football est-il meilleur que Facebook ?

Ce jeudi, cela fait 31 ans que Karen Kempner a donné la vie à un certain Mark Zuckerberg. Cela fait également plus de sept ans que la semi-invention de l'ancien de Harvard vous pourrit la vie. Alors que le foot, lui…

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Ça n'a pas loupé. Vous le saviez, au moment d'aller déjeuner avec quelqu'un d'autre que vos collègues, mais vous avez trop envie de croire en l'être humain pour être méfiant. Du coup, vous êtes naïf et au fond, c'est très bien comme ça. « C'est le jeu. » De retour dans l'open-space, les regards lourds se portent vers votre ordinateur. À cause de vos parents, qui ont eu la mauvaise idée du vous mettre au monde dans ce petit coin de France, vous êtes le seul supporter de Lorient dans un bureau essentiellement parisien. Un peu plus depuis l'arrivée de ce bon Nasser, d'ailleurs. Prêt à bosser, vous posez votre derrière sur votre chaise et l'onglet Facebook indique un (7), soit votre nombre de « notifications » . La dernière fois que vous en aviez eu autant, c'était le jour de votre anniversaire. Et encore, ce n'était même pas votre anniversaire, puisque vous aviez mis une date au hasard lors de l'inscription et depuis, quelques imbéciles vous souhaitent vos 32 ans le 1er décembre alors que vous avez eu 26 ans le 3 mai. En fait, ces sept « likes » , ce sont juste les sept idiots qui, menés par un idiot en chef, vous ont mis Thiago Silva en photo de profil et la tribune Auteuil de la belle époque en photo de couverture. Oui, Facebook, c'est parfois potache, donc parfois drôle. Mais malgré les bonnes vannes grâce au ballon rond, la création de Mark Zuckerberg n'arrive pas à la cheville de l'immense football.

Le voleur et la destruction de la famille


Création, le terme est un peu fort. Pendant que le football tâtonnait pour trouver ses règles entre Oxford, Cambridge et l'Écosse au milieu du XIXe siècle - un truc d'esthète, quoi - Mark, lui, spoliait une idée à deux frangins champions d'aviron. Ça vous classe un homme. Un homme qui finit par verser 65 millions de dollars à ses anciens camarades qui bossaient sur un réseau social appelé « Harvardconnection » dont Facebook s'est largement inspiré. Des connections, Sepp Blatter en a un certain nombre. Patron du football mondial, le Suisse n'est pas le boss du deuxième site le plus visité au monde. Il est l'un des boss du monde. Un type qui n'a pas besoin d'entrer dans votre vie privée pour se la couler douce. Un type qui préfère vendre un Mondial au Qatar plutôt que vos données personnelles. Un type qui vous fout la paix, quoi. À vous et à vos proches. Car Facebook, ce n'est pas qu'une histoire de collègue. C'est aussi et surtout une histoire de famille. Une famille que vous pensiez déjà suffisamment divisée depuis que vous avez décidé, après une crise d'ado carabinée, de supporter le club ennemi de celui du paternel. Un père à qui vous ne parlez plus une semaine avant un derby. Cette semaine, lors de laquelle vous communiquez uniquement avec votre mère, est extrêmement longue. Mais une fois le match passé, la déception avalée, l'amour revient aussi vite qu'il est parti. Avec votre cousine, l'amour n'est jamais revenu. Cette cousine, c'est celle qui vient d'avoir un gamin et qui semble avoir rayé le mot pudeur de son dictionnaire. En photo de profil, en photo de couverture, en photo partout. À peine le petit sorti de la maternité que vous ne pouvez plus les voir, lui et sa mère. Oui, il arrive que le foot divise. Mais Facebook, lui, ruine le lien du sang. Alors la cousine, ça passe encore. Mais le jour où votre mère vous ajoute sur Facebook, c'est la Bérézina.

Le football, vrai ciment du couple ?


Le réseau social abîme également le rapport que l'on a à soi. On a tous, dans notre entourage, un supporter d'un club qui ne gagnera jamais rien. Le type aime Toulouse, la fille aime Rennes, ce sont des personnes vaillantes et surtout, des passionnés qui s'assument. Mais que fait un moche sur Facebook ? Il ne s'assume pas. Il met un panda en photo de profil. Parce que c'est mignon, un panda. Un supporter de l'ETG ne mettra jamais un maillot du Real Madrid alors qu'il a toutes les raisons de se planquer. C'est ça, le football. Ce maillot, il faut le salir. Pour de vrai. Pas derrière un ordinateur. Car pour un texto jouissif « le soleil est de sortie, on se fait un foot puis un apéro ? » , combien d'invitations à jouer à « Zynga Poker » et « Farm Hero Saga » ? Et puis au moins, sur un terrain de foot, il y a des types de mauvaise foi, des mecs complètement nuls, mais jamais RAD pour venir te proposer un T-shirt. Le football n'est jamais liberticide, sauf quand la Ligue décide de s'en prendre aux ultras. Facebook est dans l'annihilation permanente de la liberté et dans la création totale de la parano. Parce que le jour où votre mère vous a ajouté sur Facebook est un îlot de tranquillité comparé au jour où votre nouveau conjoint vous a demandé en « ami » . Déjà, vous n'êtes pas « amis » . Ensuite, ce n'est pas une « demande d'amitié » mais un « dépêche-toi d'accepter que je t'espionne » . Diplomatiquement, le refus est compliqué, voire impossible, alors que votre soirée foot avec vos amis pourra être considérée, soit comme un moment de partage, soit comme une occasion pour votre conjoint de passer un moment avec ses amis. La liberté, encore et toujours. Depuis le jour où la personne qui partage votre vie connaît votre passion pour le ballon rond, elle connaît les tenants et aboutissants de ce ménage à trois pour la vie. Depuis le jour où vous êtes amis sur Facebook, votre vie est un stress permanent. Au moindre changement de photo, à la moindre publication, à la moindre mention, la guillotine peut tomber. « C'est qui elle/lui ? » Et hop, l'embrouille est lancée. Et elle est bien pire que celle des disputes les soirs de matchs, même ces soirs où vous finissez un peu bourré. Parce que la vérité, c'est que le « like » que vous avez lâché a autant de sens que votre cri après le but de votre équipe : il est souvent sincère. Mais là encore, le virtuel de Facebook entretient la parano que le football et la réalité n'entraînent pas. Pour preuve, vos potes lourds, vous les aimez en vrai, mais vous les détestez quand ils « likent » votre nouvelle amitié avec une fille. Surtout qu'ils savent très bien que vous étiez dans un sale état quand elle avait lu votre message maladroit à 17h38 sans y répondre. Bon, si ça se trouve, elle vous a accepté parce qu'elle est tombée sur la photo de profil de Thiago Silva et qu'elle est fan du PSG. Auquel cas merci le foot. Et les potes.

Par Swann Borsellino
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Professeur ma boulette Niveau : DHR
C'est quoi face bouc?
Peut-on comparer l'approbation, de l'être aimé, à une demande galante par message privé sur facebook à un but dans le temps aditionnel d'un derby qui amène la victoire ?
Vous avez la journée.
La_mangouste Niveau : District
Sur Facebook, il y aussi ce mec à qui tu n'as pas parlé depuis plus d'un an et qui vient de troller sur ton mur parce que ton équipe s'est fait sortir de la coupe de France par une CFA (équipe qu'il ne supporte même pas).
Facebook, ça sert/servait surtout à recontacter les meufs foireuses à qui tu as rigolé au nez à cause de leur physique, en état d'ébriété. Mais quand tu commence à avoir les cartouches plus lourdes que le fusil, il faut savoir donner de sa personne...
John07000 Niveau : DHR
Le délire avec la cousine... Tellement vrai ! Tellement TROP vrai...
Note : 9


Un blague déjà dépassée en 2009
Juventine7 Niveau : CFA2
Votre commentaire...
Juventine7 Niveau : CFA2
Parce que cest de la daube tout simplement
Professeur ma boulette Niveau : DHR
Message posté par Lothaire


Un blague déjà dépassée en 2009


2009 déjà? J'em fait vieux tiens. Ne pas confondre donc déborder de confiance et avoir la confiance qui déborde, j'aurais dü m'y tenir.
Le coup du panda m'a tué!!
Très dangereux les pandas.
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