1. // Économie
  2. // Fiscalité
  3. // Taxe à 75%
  4. // Billet d'humeur

Pourquoi le foot est plus fort que l’État-providence

Le football français aime se plaindre : de l'immixtion de l'État dans ses affaires, des impôts qui l'étouffent, des ministres interventionnistes qui bafouent l'autorité de la fédé... Pourtant, dans cette grande bataille symbolique et juridique du rapport de force, c'est bien lui qui l'emporte haut la main sur l'État-providence. Et ce n'est certainement pas François Hollande qui redressera la barre.

Modififié
0 33
Hier soir mercredi, grâce à l’émission Cash Investigation, sur France 2, la nation de Jaurès et Nasri a découvert avec stupéfaction et consternation (si l’on en croit les commentaires sur Twitter) que le foot évoluait et fonctionnait dans un environnement capitaliste. Et que, de ce fait, les droits et les devoirs que le citoyen lambda se devait de respecter ne s'y appliquaient que de manière très homéopathique. Plus frappant encore, durant toute cette enquête, l'État et les instances européennes n’interviennent pas dans ce grand cirque, même quand il s'agit d'instruire le dossier à charge. Comme s'il s'avérait simplement inutile de perdre son temps à les interroger sur le sujet. Les bouts de règlements un tantinet législatifs balancés à la figure de Noël Le Graët sont balayés de la discussion par un banal « c'est pas grave » .

La bombe de Moscovici

Difficile de l'ignorer, face au monde politique et surtout à la République, les caciques du ballon rond perdent rarement la partie. Ainsi, alors que les maigres troupes syndicales manifestaient contre une énième réforme des retraites, le ministre de l'Économie Pierre Moscovici a lâché benoîtement une petite bombe sur RMC à propos de la fameuse taxe à 75% sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros : « Sur ce sujet, nous attendons les avis, mais c'est vrai que nous avons des clubs de football dont l'équilibre est fragile. Ce sera forcément une mesure plus générale. Ce n'est pas possible de faire une mesure pour les clubs de football.  » Pourtant, cela y ressemble vraiment. Surtout après des mois de cacophonie. Quand Valérie Fourneyron continue de défendre une ligne intransigeante - « Il n’y a rien de choquant en période de crise à considérer que ceux, qu’ils soient footballeurs ou non, qui gagnent plus d’un million d’euros net par an puissent être fiscalisés sur cette tranche supérieure à hauteur de 75%. Que je sache, le foot n’est pas hors du champ du droit fiscal » - le rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale, Christian Eckert, procédait aujourd’hui encore à un vague rétropédalage, laissant la porte ouverte à des « solutions » accommodantes : « Il y a l'égalité devant l'impôt, c'est un principe constitutionnel. Toutes les entreprises auront un plafonnement de cette taxe en fonction de leur chiffre d'affaires. Certains clubs seront concernés par ce plafond, ils ne pourront pas payer plus de 5% de leur chiffre d'affaires. Certains pourraient donc se voir plafonner, mais ils participeront à l'effort. » On imagine la jubilation intérieure de Fredo Thiriez, toujours en croisade contre l'ogre...

Le footballeur, cet imposable idéal

De la part d’un gouvernement socialiste, on aurait pourtant pu s'attendre à l'extrême inverse. Alors que s'annonce un budget d'anorexie pour le prochain exercice, le foot avait le profil du bon bouc émissaire, dessiné avec un petit pinceau démagogique et une jolie couleur populiste. Si quelqu'un pouvait servir, à peu de frais électoral et beaucoup de bruit médiatique, à démontrer la volonté de reconquête du pouvoir politique face à la sphère économique, c’était bien le richard à crampons. Et les clubs, entre les extravagants transferts et la dilapidation des fonds publics dans les stades de l'Euro 2016, paraissaient trimbaler un bon casier d'imposteur social. Seulement, loin des complaintes et des pleurs, le foot passe, une fois de plus, largement au travers des gouttes. Il arrive apparemment tranquillement à imposer son discours sur les contraintes incontournables de l'ultra-compétitivité qui outrepasseraient les impératifs du bien commun et de la solidarité nationale. Si on pouvait déjà nourrir quelques doutes quand on évoquait le système bancaire tricolore et encore plus l'industrie automobile, comment arriver à croire qu'il soit de l'intérêt supérieur du pays d'épargner une mesure générale - que l'on partage ou non sa forme et ses limites - simplement pour entretenir l'illusion d'une finale de Champions League.

Par Nicolas Kssis-Martov
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

LaPaillade91 Niveau : Loisir
"Hier soir mercredi, grâce à l’émission « Cash Investigation », sur France 2, la nation de Jaurès et Nasri a découvert avec stupéfaction et consternation (si l’on en croit les commentaires sur Twitter) que le foot évoluait et fonctionnait dans un environnement capitaliste."

Joli exemple de la mauvaise foi journalistique, venant d'une rédaction qui, certes a un style incisif pour parler de football et des sujets plus aboutis, mais qui fait bien attention à ne sortir aucun dossier à charge, sauf exception sur des cas d'école anciens où il y a prescription.

En bref, SoFoot c'est comme un joueur de l'équipe de France, il se dit qu'il n'y a pas de raison pour que ce soit lui qui prenne des risques tant que les autres n'en prennent pas.
Quand je regardais cash investigation, la première chose que je me suis dis. Que font les journalistes sportif, excepté être au parc des princes et nous dire que c'est normal c'est le système capitaliste.
Franchement ce reportage m'a laissé comme un con... Surtout le Graet cet incompétent avec son regard vitreux... Dire que ce mec dirige la FFF et ne cherche même pas à mettre de l'ordre dans le business des agents, à moins qu'il touche sa part qui sait ?

Pour ceux qui ont dormi tôt hier, voila le reportage !

http://pluzz.francetv.fr/videos/cash_investigation.html

PS: "Y'a que les vrais qui savent !"
Marek Hamsik Niveau : National
Le problème, c'est que l'article ne fait que des constats -oui le foot est capitaliste, oui Thiriez est un ultra-libéral, oui les ministres s'en mêlent...- mais la part d'analyse est très faible. J'aurais bien aimé une vraie recherche sur la supposée puissance des institutions sportives, sur l'influence de certains lobbies etc. Mais la, trois paragraphes c'est quand même assez court.
Le graet je lui pisse à la raie, je savais que c'était du louche la FFF mais à ce point là !!!

c'est la mafia footballistique
@joshua
Entièrement d'accord avec toi. Mais c'est la même chose que pour le dopage.
Si un journaliste enquête et révèle il ainsi que sa rédaction vont être mis sur la liste noire et plus personne ne leur donnera d'infos.
George Haggis Niveau : CFA2
Je n'ai pas vraiment compris le lien entre le titre et l'article
D'ailleurs je tiens à rappeler à tous les français qui ne l'auraient pas remarquer que nous sommes en plein "an II de l'offensive" comme l'a annoncé le président Hollande.

La crise, on aura ta peau
Waw niveau article qui sert à rien on tape fort là, et après ça critique les vrais journalistes de Cash Investigation.

Mais ils font quoi les journalistes sportifs ? Je parle pas de SoFoot, ça m'étonnerait qu'il y ait des journaliste, reprendre les infos des autres sites en ajoutant des fautes d'orthographe et en déformant les entretiens faits dans une autre langue, sans jamais un travail de recherche, et se faire donner la leçon dans les commentaires, si quelqu'un a SoFoot a fait une école de journalisme, la formation des journaliste est donc pire que la formations de nos footballeurs...

Mais globalement, j'ai halluciné en voyant les réaction des soi disant spécialistes suite au reportage de CASH, entre Verdez dans TPMP, qui est l'un des pire analyste de foot qui se permet de donner des leçons à des vrais journalistes qui se bougent, ou Ménès (que j'estimais beaucoup avant, mais qui devient de plus en plus arrogant et suffisant avec le temps), qui critiquait hier en direct le reportage : "Donc à entendre France 2 tous les gosses de 12 ans finissent pros. Je sens que ça va me plaire..." alors qu'ils n'ont jamais dit ça, ou "Et ils découvrent que des joueurs appartiennent à des compagnies; Monnaie courante au Portugal et au Brésil. Faut se renseigner un peu avant", comme s'il ne fallait pas en parler parce que c'est déjà connu (alors que j'en ai jamais entendu parler dans les sites spécialisés comme ici, j'ai découvert ça dans les commentaires ici pour ma part.

Bref on dirait qu'il faut dénigrer le reportage pour faire hype, à croire que se faire donner des leçons sur le milieu du foot par France 2 est un affront pas possible...
Message posté par paskos
@joshua
Entièrement d'accord avec toi. Mais c'est la même chose que pour le dopage.
Si un journaliste enquête et révèle il ainsi que sa rédaction vont être mis sur la liste noire et plus personne ne leur donnera d'infos.


Je croyais que le journalisme c'est plus qu'un métier, une vocation... C'est bien de relater les histoires du passé (ex: terrain miné). ou de nous faire du zlatan à toute les sauces. Mais pour décrire la vérité,le foot dans la société, dénoncer, y a plus personne. Alors so foot remettez vous en cause. C'est sympa les wags, le foot c'est mieux que etc... Mais c'est aussi pour avoir des choses plus profondes que je lis so foot.
rainbowmatador Niveau : District
Sincère quand je vois le reportage d'hier, j'ai même pas envie de tirer sur le Graët. Il était suffisamment pathétique sans avoir à en rajouter. Enfin j'ai appris que les agents sont sympas.

Oh et puis merde! Le grët t'es qu'un po'v con!
VinnieCasseTibia Niveau : CFA
Jolie balle dans le pied cet article.
Et une bien belle façon de faire subitement la nique aux petits clubs des championnats de France.
J'ai appris un mot "immixtion".
Message posté par joshua


Je croyais que le journalisme c'est plus qu'un métier, une vocation... C'est bien de relater les histoires du passé (ex: terrain miné). ou de nous faire du zlatan à toute les sauces. Mais pour décrire la vérité,le foot dans la société, dénoncer, y a plus personne. Alors so foot remettez vous en cause. C'est sympa les wags, le foot c'est mieux que etc... Mais c'est aussi pour avoir des choses plus profondes que je lis so foot.


Je sais pas si tu parles du magazine ou du site, mais SoFoot reste avant tout un magazine, c'est-à-dire que la version papier est de très bonne qualité, tandis que la version web est plus "soft", axé sur le suivi de l'actu en continu avec "l'oeil sofoot".

Mais si vous voulez des analyses profondes sur le football, son économie, ses acteurs, et les relations entre les trois, je pense que ce n'est pas vraiment le rôle d'un magazine de foot d'y consacrer un sujet pointu (et conséquent d'un point de vue temps et argent), ou au mieux des chroniques : certains livres sur le football existent (si, si), et il n'appartient qu'à nous de les lire pour juger de leur qualité scientifique, mais surtout pour mieux comprendre le vrai contenu de notre passion. Je pense d'ailleurs que l'auteur de cet article en connaît un rayon.

Pour ma part, et pour faire avancer le shmilblick, le livre "Economie du football professionnel" de Bastien Drut (coll. Repères, tout con à lire) m'a permis d'y voir beaucoup plus clair dans la gestion et les stratégies des clubs de foot. A recommander. J'imagine qu'il existe des tas de bouquins en anglais sinon.
Je viens de finir de le regarder. Pas facile pour un expat' (ici http://vimeo.com/74362465)
J'ai vraiment un arrière gout dans la bouche, comme si je venais de ravaler mon vomi.
Réussir à rentrer à Clairefontaine au volant d'une grosse benz'. Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer.
Le Graet, m.rde. Quel argument de daube "Ce sont des gens biens".
Les voisins de Klaus Barbie le trouvait chaaaarmant je suis sur.
Le responsable des transferts à la FFF qui a le maillot de Carlos Sanchez sur sa chaise.
Les gars de la DNCG qui se font traiter comme des rois. Maintenant je regarde les sanctions envers Le Mans, Sedan, Rouen et Amnéville d'un autre oeil.
Quoi!! le champ' était pas assez bon? Les petits fours étaient froids ?

Dèg'...
Le reportage d’hier ne mettait pas en avant les méfaits du capitalisme dans le football. Tout le monde en conviendra, le monde est capitaliste, le football est un business, il n’y a aucune raison que le football ne soit pas géré par le capitalisme.

Non, hier, ce que France 2 a osé mettre en avant, et à ma connaissance plus loin qu’aucune autre enquête du même type ne l’avait fait avant, c’est la façon donc ce capitalisme est gouverné. Sur les quelques exemples donnés hier, je ne vais en prendre qu’un seul, celui de Mangala.

A la différence du reportage, qu’un fond possède un tiers d’un joueur ne me choque pas : le contrat d’un joueur à une valeur d’actif, pouvant donner lieu à une plus-value, il est normal et possible que dans un monde capitaliste, ce contrat ne soit pas possédé par une seule entité. Le problème apparaît quand l’entité qui le possède sert d’écran à une personne n’ayant pas droit d’acquérir une partie de cet actif. France 2 a fait cette découverte très facilement : ce qui est mis en avant c’est la faiblesse des contrôles en place pour l’empêcher. Cette faiblesse est aberrante, flagrante et gênante. Aussi gênante que Le Graët et sa clique, que ce type, tout en haut de la sphère footballistique française, élu à 83%, crée des règles mais ne les appliquent pas, de façon subjective, parce qu’un agent est sympa. Et c’est la même chose pour la Fifa. On est dans un cercle fermé, ou les règles sont dictées et surtout appliqués par des personnes sorties du même moule, qui n’ont pour but de ne générer du profit que pour leur caste. Ne pas en faire parti ou dévier des ses règles, c’est l’exclusion directe.

Je suis outré que personne de votre côté n’est osé saluer ce reportage. Votre magazine se voulait dérangeant, différent, sortant de la ligne de conduite type l’Equipe, et Dieu sait que je n’aime pas non plus d’habitude les reportages choc, sensationnaliste ou conspirationniste. Non, comme Ménes, vous préférez garder vos entrées dans ce monde, pour continuer de nous abreuver de vos news de plus en plus nauséabondes, rédigé par des pigistes, stagiaires ayant peu de connaissances footballistiques, économiques, grammaticales, etc). Peut-être recruté par piston, pour se rapprocher du système actuel. J’espère d’ailleurs que vous ne les avez pas casté, sinon changez de cabinet RH.

Votre ligne éditoriale était bien. Evitez de la perdre et de vous fondre dans la masse.

Je m’excuse par avance pour ce style brouillon, mais vous m’avez fait sévèrement sortir de mes gonds.
Oui jsuis d'accord avec toi le magazine est très bon,notamment avec les entretiens avec les acteurs de foot. Mais ce qui manque c'est ce qui ne se passe pas sur un terrain. Je demande pas une étude d'un an, je sait que c'est coûteux. ça fait un ans que j'suis abonné, donc je ne sais pas comment c'était avant. So foot a malgré tout une image intellectuelle du foot, c'est pour cela que je me suis abonné.
y en a qui lisent encore les articles de NKM ?
tant que les entreprises continueront de diriger les pays...

Apple a plus d'argent qu'un pays comme la Suède !
Pourquoi un politikar (vereux, corrompu et sans orgueil de par définition) oserait s'interposer ou s'opposer à une entité financière qui génère plus d'argent que son propre pays...?

Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
0 33