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  3. // Zénith/FC Séville (2-2)

Pourquoi le FC Séville est-il aussi performant en Ligue Europa ?

Toujours en course à sa propre succession, le FC Séville fait désormais partie du dernier carré de la Ligue Europa. Tout sauf un hasard, quand on se penche un peu plus sur la philosophie des Palanganas sur le Vieux Continent.

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Pour les simples amateurs de compétitions européennes, le FC Séville est une équipe connue de tous, mais qui ne bénéficie pas pour autant d'une véritable aura. C'est vrai, Séville ne joue quasiment jamais la Ligue des champions – sa dernière participation remonte à la saison 2009-2010 et une tragique élimination à domicile contre le CSKA Moscou –, mais a bâti sa légende continentale grâce à la fameuse C3. Cette compétition que les fans d'un football moins business regardent, parce qu'ils savent, au fond, que les grandes émotions européennes se trouvent dans cette « petite sœur » de la C1. En témoigne la dernière campagne victorieuse des Sévillans, en 2013-2014. Lors d'une demi-finale retour dominée de la tête et des épaules par le FC Valence, les hommes d'Unai Emery sont menés 3-0 et momentanément éliminés de la compétition. Un seul but suffirait à les envoyer en finale au Juventus Stadium, mais dans l'enfer du Mestalla, on ne donne pas cher de la peau des Rojiblancos. Et pourtant… Dans les toutes dernières secondes, Stéphane M'Bia vient placer un coup de tête rageur pour battre Diego Alves. Le Mestalla, chaud bouillant depuis le début, passe à la douche froide. Il vient de subir cette loi fatale du but à l'extérieur. Sans l'ombre d'un remord, Séville vient de franchir une immense étape vers l'acquisition du trophée en fin de saison. Une véritable émotion européenne, en bonne et due forme.

Permis de tuer


Non, ce scénario contre le Zénith Saint-Pétersbourg hier soir n'était pas une nouveauté. Et pour être complètement franc, il avait même quelque chose de prévisible quand on connaît vraiment le FC Séville. Une équipe qui, comme le disait Akhenaton, adore ces soirées où l'ambiance est chaude et les mecs rentrent, Stan Smith aux pieds, le regard froid, scrutent la salle le trois-quart en cuir enroulé autour du bras. Une équipe sanguine donc, prête à assiéger le but adverse dans ses temps forts, pour inscrire un maximum de buts. C'était déjà le cas lors de la confrontation en huitième de finale aller contre Villarreal, au Madrigal, où Séville était maîtresse du match, le sous-marin jaune n'agissant que par intermittences. Mais ce n'est pas tout. Lorsque les temps sont durs, les Andalous savent aussi faire travailler la matière grise collective. Acculé dans sa moitié de terrain pendant près de quarante minutes à Saint-Pétersbourg, Séville a su courber l'échine et laisser passer l'orage. Sur son banc, Unai Emery ne semblait d'ailleurs pas plus affolé que cela au moment où Hulk donnait l'avantage aux locaux. Des consignes simples, pour garder son équipe dans le match et savoir donner le bon coup de collier au moment propice. Un coup de poignard signé Kevin Gameiro, entré en cours de jeu à la place d'un Bacca cramé pour apporter sa vivacité en contre. Le Zénith Saint-Pétersbourg était invaincu dans son fief depuis douze matchs consécutifs en Ligue Europa. Son total se porte maintenant à treize, sauf que le rêve de rejoindre Varsovie 2015 s'est stoppé net pour la team Gazprom. Vile Séville.

La C3, version familiale


Cette recette d'une rencontre continentale en aller-retour, Séville la cultive depuis bientôt dix ans. En 2005-2006 déjà, la Coupe UEFA voyait le club remporter son premier titre depuis 1948, son tout premier sacre européen. Sur leur route, les Nervionenses s'étaient défaits du Lokomotiv Moscou, du LOSC, du Zénith Saint-Pétersbourg et de Schalke 04, avant d'atomiser Middlesbrough en finale, 4-0. Histoire de rendre la performance encore plus belle, Séville avait remis le couvert l'année suivante. Avec autant de réussite, et doté d'un tableau de chasse toujours aussi prestigieux : Steaua Bucarest, Shakhtar Donetsk ou encore Tottenham, pour finir face aux compatriotes d'Osasuna et de l'Espanyol Barcelone. C'est certain, cette génération de Frédéric Kanouté, Luís Fabiano ou du tout jeune Jesús Navas aura terrorisé beaucoup de défenses en Europe. Tout comme Andrés Palop, Julien Escudé ou Daniel Alves auront écœuré bon nombre d'attaquants souhaitant briller dans ces soirées pas comme les autres. Et si, aujourd'hui, Séville brille en C3, c'est également parce qu'elle voyage avec des ambitions nouvelles. En effet, depuis deux ans, l'UEFA a mis en place une nouvelle réforme selon laquelle le futur vainqueur de la Ligue Europa sera, à partir de la saison 2014/2015, directement qualifié pour la prochaine Ligue des champions. Intéressant, surtout qu'au classement actuel de Liga, Séville pointe à la cinquième place, deux points derrière le FC Valence, dernier détenteur du ticket qualificatif pour le tour préliminaire de C1. De quoi envisager plus que sérieusement la passe de deux. Encore.

Par Antoine Donnarieix
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