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Pourquoi le FC Nantes n'a pas besoin du Yellopark

Appuyé par la mairie de Nantes, Waltermar Kita veut raser La Beaujoire pour construire un nouveau stade privé ultra-moderne : « Le meilleur de France et l’un des meilleurs d’Europe » . Rien que ça. Officiellement lancé la semaine dernière, le projet « Yellopark » voile surtout une opération immobilière d’envergure. Décryptage des enjeux économiques.

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Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, le maire de la ville, Johanna Rolland (PS), et Yoann Joubert, PDG du groupe immobilier Réalités, s’étaient donné rendez-vous mardi dernier au premier étage de la tour de Bretagne afin de présenter en grande pompe « un sujet important pour l’avenir de la métropole, l’avenir de Nantes et tous les amoureux du football » , selon Madame le maire. Un nouveau stade ultra-moderne à financement exclusivement privé, d’une capacité de 40 000 places, à bâtir sur le parking actuel de La Beaujoire à partir de 2019, pour une livraison prévue à l’horizon 2022. Depuis dix ans, date de son arrivée à la tête du club nantais, Waldemar Kita songe à mettre ce projet sur les rails. Pourquoi construire un nouveau stade ? Pourquoi ne pas rénover l’actuel ? La Beaujoire serait, paraît-il, trop vétuste...

L’utopie des JO 2024, les normes UEFA comme épouvantail


« Aujourd’hui, les conditions de sécurité et les normes UEFA ne permettent plus à La Beaujoire d’accueillir de grandes compétitions auxquelles elle aspire » , prétend Johanna Rolland. « Si on l’écoute, ça voudrait dire qu’il ne resterait plus beaucoup de stades en France. Il faudrait tous les démolir, rétorque Berdje Agopyan, l’architecte de La Beaujoire, qui regrette de ne pas avoir été prévenu et encore moins consulté pour établir un devis de rénovation de sa création. « Avec les méthodes de béton précontraint et des poutrelles métalliques, le stade la Beaujoire peut durer 100 ans » , renchérit Michel Ardan, ancien directeur du stade Marcel-Saupin et de La Beaujoire, jusqu’en 1992. La Ligue Europa ? La Ligue des champions ? Quelques rénovations suffiraient à aménager La Beaujoire, à l’instar du Parc des Princes, capable de répondre aux normes UEFA pour accueillir l’Euro 2016 avec un édifice datant de 1972. L'Euro, justement, et la Coupe du monde, ne sont pas près de revenir dans l’Hexagone. Il y a bien les JO de Paris 2024 : le « Yellopark » se projette déjà comme candidat pour accueillir l’épreuve de football.


« Il y avait cent millions de travaux sur l’actuel » , justifie Waldemar Kita. Un montant a priori exorbitant pour aménager des loges et des espaces presse et caméras et augmenter la capacité de 12,5%. Au vrai, Waldemar Kita rêve du « meilleur stade de France et l’un des meilleurs d’Europe » . Pourtant, le budget de l’homme qui a aussi fait fortune dans le business de l'allongement du pénis n’apparaît pas vraiment en adéquation avec ses grandes ambitions. Montant estimé du nouvel écrin : 200 millions. Du low cost, quand on sait que le grand stade de l’OL a coûté plus du double. Surtout, la zone d’attractivité nantaise n’est pas celle des grandes métropoles européennes. Le pari économique de bâtir un nouveau stade est risqué. « À Nantes, l’affluence du stade était de quasiment 60% sur l’ensemble de la saison dernière, note Pierre Rondeau, économiste du sport. C’est Triaud qui disait à Bordeaux : "Un nouveau stade va attirer du beau monde." Mais c’est une théorie qui ne s’est jamais vérifiée. C’est le spectacle qui compte pour remplir le stade, pas la qualité du stade, aussi ultra-moderne soit-il. » Comprendre : commencer par monter une équipe digne de ce nom.

« Un investissement immobilier hyper important »


Des logements, un musée du FC Nantes, un complexe sport santé bien-être et peut-être même une maison de retraite... Plus qu’un simple stade, le « YelloPark » , c’est « un projet urbain » . C'est aussi le nom de la société gérant « l’opération stade » , qui appartient pour moitié à une société-sœur de Flava groupe, la holding personnelle de Waldemar Kita, et pour l’autre moitié au groupe Réalités. « Ils vont racheter le terrain et carrément en faire un investissement immobilier hyper important » , éclaire l’économiste Pierre Rondeau. Reste à savoir si les retombées financières bénéficieront indirectement au FC Nantes.


Si la mairie de Nantes supporte aujourd’hui le projet de Waldemar Kita, elle s’est longtemps opposée à la construction d’un nouveau stade. La ville n’en avait « pas le besoin » , affirmait Pascal Bolo (PS), premier adjoint au maire et vice-président de Nantes métropole en charge du sport, en décembre 2016. Dans cet entretien pour le site 20 minutes, l’élu vantait même la modernisation de La Beaujoire : « On a déjà rénové les toilettes de la tribune Erdre, la tribune de presse a changé de place, les sièges vont être renouvelés (ils ont été installés à l’été 2017, ndlr), des bardages aussi. »

La volte-face de la mairie de Nantes


À l’heure où les coupes budgétaires du gouvernement inquiètent les grandes villes, Nantes trace un trait sur La Beaujoire – « un bien durable qui assurait plusieurs millions d’euros de recettes pendant des décennies » , souligne Pierre Rondeau – afin de récupérer une manne financière grâce à la vente des 23 hectares destinés au « Yellopark » . Un choix à court terme qui fait forcément des perdants : les fidèles du FC Nantes, leur portefeuille (Waldemar Kita tiendra-t-il sa promesse d’augmenter les tarifs des places de 10 % maximum ?) et leur attachement à l’enceinte qui abrite le FC Nantes depuis 1984.


La Beaujoire ? « C’est un ouvrage décollé du sol. Il est très aérien. À n’importe quelle place, même pour les spectateurs qui payent les billets les moins chers, la courbe de visibilité est parfaite. » Évidemment que Berdje Agopyan y est attaché, c’est lui qui a construit le stade. Il n’empêche que l’architecte a raison : La Beaujoire est un beau stade, esthétique, différent des enceintes modernes qui se ressemblent toutes. Un patrimoine culturel, théâtre de l’Euro 84, du Mondial 98, de deux titres de champion de France et une demi-finale de Ligue des champions du FC Nantes. Qui a vu les Canaris de Coco rouler sur la D1, Marama Vahirua agiter sa pagaie et même la grâce divine s'emparer de Rémi Maréval. Bref, les souvenirs inestimables d’une vie de supporter, qui pourraient bientôt disparaître sous les coups de pelleteuse.



Par Florian Lefèvre Propos de Berdje Agopyan, Michel Ardan et Pierre Rondeau recueillis par FL
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