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Pourquoi le Bayern est l'adversaire parfait pour le BVB ?

Bien que 31 points séparent les deux rivaux, le favori de ce Klassiker n'est pas forcément celui qu'on croit. Face aux futurs champions, les Schwarzgelben ont plus d'un argument à faire valoir, et peuvent espérer se rapprocher un peu plus d'une place en Ligue Europa.

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Le BVB est une équipe de contres, peut-être l'une des plus redoutables qu'on ait jamais vu, abandonnant volontiers la possession pour charger à toute vitesse sur les cages adverses à la moindre récupération. Il suffit de se souvenir des démonstrations infligées au Real pour s'en assurer, tant le 4-0 d'il y a deux ans que le 2-0 de l'année dernière (ce poteau de Mkhitaryan…). Dortmund sacrifie la construction à l'explosivité, la patience à l'énergie. Dortmund n'a pas besoin du ballon, mais d'espace. Pour enrayer cette stratégie, il suffit d'échanger les deux : leur donner la balle, défendre bas, serré, et contrer à son tour. C'est ainsi que la plupart des clubs de Bundesliga - et la Juventus - s'organisent au moment d'affronter les hommes de Jürgen Klopp. Au top de leur forme, ceux-ci ont suffisamment de talent pour quand même faire exploser n'importe quelle défense, mais cette saison, le mur n'est souvent pas tombé, ou pas assez. Heureusement, Guardiola raffole de la possession, confiée à son métronome Xabi Alonso. Un homme aux pieds vifs, mais aux jambes lourdes, qui avait implosé sous la tunique madrilène face au gegenpressing. À ses côtés, on devrait retrouver Bastian Schweinsteiger, même topo, et Philip Lahm, forcément rouillé pour sa première titularisation depuis des mois. En outre, Pep aime positionner ses centraux très, très haut sur le terrain, laissant ainsi l'opportunité à Reus et surtout Aubameyang de s'engouffrer. Reste à savoir si la défense du BVB, à tendance en bois cette année, saura résister aux assauts bavarois.

Un Bayern dépeuplé, un BVB remplumé


Sauf que Weidenfeller aura peut-être moins de travail que prévu, ce qui n'est pas plus mal considérant son niveau actuel. En effet, son pire ennemi Arjen Robben ne sera pas de la partie. Une absence d'autant plus réjouissante qu'au-delà de sa capacité à faire souffrir sa cible favorite (neuf buts et cinq passes décisives en seize rencontres contre Dortmund), le Hollandais écrase allègrement la Bundesliga, avec 17 buts et huit assists en 25 matchs. Guardiola devra aussi faire sans son pendant français, Franck Ribéry, et son homme à tout faire autrichien, David Alaba s'étant pété avec la sélection. Du coup, Pep a deux solutions : envoyer son 3-4-1-2, celui qui avait triomphé à l'aller, ou confier les ailes à Müller-Götze, et leur tendance à repiquer. Quoi qu'il en soit, seuls les latéraux Rafinha et Bernat devraient s'occuper des couloirs. Une zone où le BVB est historiquement fragile, et où les retours conjugués de Sokratis à droite et Schmelzer à gauche (voire Durm) vont faire beaucoup de bien. Parce que si l'infirmerie du Bayern est bien remplie (Ribéry, Robben et Alaba donc, mais aussi toujours Javi Martínez et Pizarro), celle de Dortmund se vide petit à petit. Si les trois premiers choix en arrière droit (Piszczek, Großkreutz, Kirch) sont sur le flanc, la véritable absence majeure est celle de Nuri Şahin, le véritable dépositaire du jeu. Du coup, le banc a de la gueule : Ginter, Błaszczykowski, Jojić, Kehl, Mkhitaryan, Immobile, Ramos ; là où les visiteurs doivent faire avec des gamins comme Kurt, Weiser et Gaudino. Guardiola manquera ainsi de sa si précieuse flexibilité pour changer la dynamique du match, ne disposant guère que d'un Thiago tout juste de retour et de Rode comme options viables.

Une question de forme


Après une horrible première partie de saison, le BVB va beaucoup mieux depuis la trêve : cinq victoires, trois défaites et une seule défaite pour 18 points, 16 buts inscrits, 7 encaissés. Le Bayern a certes empoché un point de plus, mais est déjà tombé deux fois, face à Wolfsburg lors de la reprise et surtout contre Mönchengladbach la semaine dernière. Un joli motif d'espoir pour Jürgen Klopp : «  On doit essayer de battre le Bayern, et voir où cela nous mène au classement est secondaire. Même si on est 10e, et même s'il y un énorme écart de points entre nous, et même si beaucoup de choses sont différentes par rapport à avant, cela reste un match à domicile de Dortmund. Je ne me rappelle pas qu'on en ait jamais offert. Gladbach nous a montré comment faire. Wolfsburg les a aussi battus, mais ce n'est pas si facile. » Klopp doit aussi se souvenir de la Supercoupe du début de saison, où les siens s'étaient facilement défaits d'un Bayern amoindri, ou du 3-0 de la saison dernière, infligé alors que le Rekordmeister était déjà sacré. Ou réaliser que Guardiola n'a plus de traîtres à lancer…



Par Charles Alf Lafon
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