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Pourquoi la Syrie a toutes ses chances de voir la Russie

Après un parcours héroïque, les Aigles de Qassioun se sont invités aux barrages des qualifications du Mondial 2018. Et avant la double confrontation face aux expérimentés Australiens, rien n’interdit de croire que ces Syriens pourraient continuer leur aventure et faire parler de leur pays pour d’autres raisons que la guerre.

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Parce que ça fait trente ans qu’elle n’a pas été aussi forte


La dernière fois que la Syrie avait côtoyé ce niveau, Bachar al-Assad avait à peine la vingtaine et déjà une fine moustache. C’était en 1985 pendant les éliminatoires du Mondial 1986 au Mexique. La sélection s’était hissée jusqu’en finale de la zone Moyen-Orient, où elle s’est inclinée face à l’Irak. Ensuite ? Plus rien, jusqu’à aujourd’hui. Alors qu’elle végétait au 151e rang du classement FIFA en 2014, la Syrie pointe à une 75e place jusqu’ici inexplorée. Pas rien sachant d’où elle vient et ce qu’elle vit actuellement : les matchs « à domicile » sont disputés en Malaisie, avec des conditions d’entraînement difficiles. Pourtant, lors de cette campagne, les hommes d’Ayman Hakim ont terminé seconds de leur groupe, ne laissant des points que face à un Japon en balade (0-3 ; 5-0). Preuve de leur progression, ils ont ramené un nul d’un amical face à ce même Japon en juin dernier. Au tour suivant, la Syrie a profité des défaillances de l’Ouzbékistan, de la Chine et du Qatar pour finir dans les roues de l’Iran et de la Corée du Sud, grâce à un nul arraché dans les dernières secondes à Téhéran (2-2). Du caractère et des résultats qui en font aujourd’hui la potentielle cinquième meilleure sélection du continent asiatique.

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Parce que ses joueurs emblématiques sont revenus en sélection


Ce but décisif en Iran qui ouvre les portes des barrages est l’œuvre d’Omar al-Somah, un des joueurs qui avait quitté la sélection en 2012 pour marquer son opposition au régime. « Al-Assad a toujours instrumentalisé le football : il a placé ses proches à la tête de la Fédération et la sélection a toujours été le visage du régime officiel » , soutient Jean-Baptiste Guégan, auteur de Géopolitique du sport, une autre explication du monde (Éditions Bréal). En mars dernier, Al-Somah et la star du foot syrien Firas Al-Khatib sont revenus sur leur décision et forment avec Omar Khribin le trident offensif des Aigles de Qassioun. Un retour qui s’explique par plusieurs raisons. « D’abord pour vivre une aventure incroyable. C’est la première fois que la Syrie a les moyens de se qualifier pour une Coupe du monde. Ensuite, ils le font pour le peuple et pas pour Bachar, liste Jean-Baptiste Guégan. Enfin, je suppose que cela fait suite à une négociation avec le régime pour être réhabilités. Al-Assad ne tombera plus et c’est un moyen pour protéger leur famille. » Côté terrain, ces renforts sont évidemment bienvenus. « Nous avions des difficultés en attaque et ils les ont résolues » , affirmait leur coéquipier Hadi al-Masri sur le site de la FIFA. Mais ces retours opportuns revêtent surtout une fonction symbolique dans l’objectif de recoller les morceaux d'un pays déchiré.


Parce qu’une qualification profiterait à tout le pays, régime et opposition compris


Les footballeurs syriens sont en mission. Une mission aussi sportive que politique, sachant que l’une ne va pas sans l’autre. « Le football est un instrument d'amour, il permet à la population syrienne de se rassembler » , déclamait récemment Kouteibah al-Refai, le secrétaire général de la Fédération syrienne à la BBC, avec des étoiles dans les yeux. « Le conte de fée de la sélection permet au régime de Bachar de refaire l’unité et au peuple de respirer. C’est une bouffée d’air frais dans un conflit qui dure depuis sept ans et a fait près de 500 000 morts » , reconnaît Jean-Baptiste Guégan. Il n’y a qu’à voir l’engouement populaire dans les rues de Damas lors du match crucial face à l’Iran, où des écrans géants étaient installés en pleine ville. Mais ce parcours ne profite pas uniquement aux fidèles du régime, vu l’enthousiasme que manifeste également l’ensemble de la diaspora syrienne. « Jamais une victoire au foot n’empêchera l’opposition de se faire entendre, contrebalance Guégan. Au contraire, plus la Syrie jouera à l’étranger, plus les expatriés syriens en profiteront pour passer des messages contre Bachar al-Assad. Le match retour en Australie sera intéressant, car je pense que l’opposition va tout faire pour se faire entendre. »



Parce que c’est le storytelling qui le demande...


Sûrs de leur force et de leur expérience, les Australiens se sont fait surprendre par le Japon et l’Arabie saoudite et se retrouvent aujourd’hui dans le bourbier de ce barrage, qui prend une drôle de résonance par rapport à l’actualité. Après avoir tapé leur rival qatari et tenu tête à leur allié iranien, les Syriens vont donc affronter pour la première fois les représentants d’un pays qui a mis en place des sanctions contre le régime et frappé son sol dans le cadre de la coalition face à Daech. « L’histoire est belle : un peuple en guerre qui se fait marcher dessus, un leader contesté et des footballeurs qui se dépouillent. Tu voudrais écrire ça, personne ne croirait en ton scénario, se projette Jean-Baptiste Guégan. Bon, après, rien n’est fait. Car contre l’Australie, ça va être très compliqué, d’autant plus que le retour est programmé à Sydney. Mais s’ils passent et jouent les États-Unis, la FIFA aura tout ce qu’elle ne veut pas : que la politique et la géopolitique s’invitent dans le football. »


... et que ça pourrait changer la face du monde


Les Aigles de Qassioun écrivent donc une histoire en parallèle de celle de leur pays, comme aucune autre nation n’a pu le vivre. « On peut rapprocher ça seulement de la sélection du FLN pendant la guerre d’Algérie, sauf que ça ne se passait pas en compétition officielle » , pose l’enseignant. Et tout ça pourrait avoir une suite encore plus grandiose si la Syrie parvenait à atteindre la phase finale en Russie. « Bachar al-Assad ferait tout pour aller à la cérémonie d’ouverture et Vladimir Poutine ferait tout pour l’inviter, imagine Jean-Baptiste Guégan. Il y aurait simplement deux des dirigeants les plus critiqués de la planète réunis à la plus grande manifestation sportive avec les JO. Je pense que la Fédération internationale serait pas mal embarrassée. Il y aurait toujours des voix pour boycotter, mais comme à l’époque d’un Iran-États-Unis au Mondial 98, ça donnera une occasion d’afficher publiquement la possibilité de discuter ensemble. Et forcément, Bachar en sortira gagnant. » D'un match qui se jouera sur un tout autre terrain, celui qu'on aime moins.



Par Mathieu Rollinger Propos recueillis par MR sauf mentions.
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