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Pourquoi la Libertadores est devenue aussi violente ?

Compétition mythique et vitrine du football sud-américain, la Copa Libertadores est souvent le théâtre de matchs très tendus, au détriment du beau football. Explications.

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Orlando Berrío se souviendra longtemps de cette soirée. Le 20 mai dernier, en quarts de finale de la Copa Libertadores, l’attaquant colombien de l’Atlético Nacional élimine Rosario Central grâce à un but dans les derniers instants du match. Oublié les célébrations classiques, Berrío décide de fêter son but en gueulant juste devant Sosa, le gardien de Central.



Pas vraiment du goût de Musto, qui envoie alors un coup de pied et une patate. Chacun prend son carton rouge, et les dernières minutes seront extrêmement tendues. Giovanni Lo Celso abandonne les gestes techniques pour se mettre à la balayette et Eduardo Coudet, entraîneur sanguin de Rosario, va régler ses comptes avec les joueurs colombiens au coup de sifflet final.


Résultat, de l’une des plus belles séries des dernières années en Copa Libertadores, on retient cet immense bordel. Entre tensions dans les tribunes et sur le terrain, l’équivalent de la Ligue des champions en Amérique du Sud est souvent le théâtre de tels événements. Explications.

La clémente CONMEBOL


Les événements de ce genre sont récurrents en Libertadores. L’an passé, le match retour des huitièmes de finale entre Boca Juniors et River Plate a atteint un autre niveau dans le sabotage, la violence, et a mis en lumière la difficulté des instances du football sud-américain à gérer les scandales. Alors que Boca aurait du jouer huit matchs à huis clos, la CONMEBOL a réduit la sanction à deux rencontres sans public. Impunité ? Volonté de ne pas se mettre de dirigeants à dos ? En tout cas, la main légère de la CONMEBOL a réveillé tous les démons du football latino-américain. Par exemple, la question des supporters - les déplacements sont toujours interdits – n’a toujours pas été réglée en Argentine. Si le football sud-américain vit en constante crise, c’est aussi dû à une instance très fragile.


Autre incident majeur cette année, la rencontre entre Huracán et l’Atlético Nacional. Après la rencontre, les joueurs du club argentin sont venus protester vers l’arbitre pour des décisions douteuses. Une bagarre générale a ensuite éclaté. La suite de l’affaire est ubuesque. Preuve documentaire à l’appui, un journaliste argentin prouve que José Argote, arbitre de la rencontre, est né en Colombie. Problème, le règlement de la CONMEBOL précise que la « Commission des arbitres doit désigner une équipe d’arbitre d’un pays neutre » . Même s’il sera plus tard prouvé qu’Argote a aussi la nationalité vénézuélienne, cette affaire a été complètement étouffée par l’instance du football sud-américain. Si les tensions ont toujours été présentes dans les tribunes, le terrain est aussi une victime collatérale.

« Gagner coûte que coûte »


Tous les observateurs l’accordent : le football sud-américain souffre. Diego Lattore, ancien joueur de Boca Juniors devenu commentateur l’explique parfaitement dans les colonnes de La Nación : « Aujourd'hui, on applaudit plus celui qui court que celui qui joue. » Sebastián Battaglia, vainqueur de quatre Copa Libertadores et joueur le plus titré de l’histoire de Boca donne son point de vue sur le jeu pratiqué en Copa Libertadores : « Le football efficace règne, au détriment du beau football. Dans cette compétition, il faut savoir être intelligent, s’adapter à l’adversaire. Gagner la Libertadores, ça donne énormément de prestige, ça permet d’aller au Mondial des clubs. C’est compréhensible que le football esthétique soit mis de coté pour quelque chose de pragmatique. » Quant à la violence sur et en dehors du terrain, l’ancien milieu de terrain argentin dépeint un football où le résultat domine : « Je pense que la pression énorme que subisse les joueurs est en partie responsable de ces dérapages. Aujourd'hui, on apprend aux joueurs à gagner coûte que coûte, peu importe la manière. »


« Tu as beau recruter des bons joueurs, avoir un stade complètement fou, une histoire importante, rien n’est assuré »Sebastian Battaglia
Heureusement, il y a encore la place pour de beaux vainqueurs (River Plate l’an dernier par exemple), ou quelques surprises telles que la présence en finale d’Independiente del Valle, club équatorien qui n’a jamais gagné un titre. Sebastián Battaglia confirme : « Gagner une Libertadores, c’est extrêmement difficile aujourd'hui. Regardez Boca, qui était favori contre Independiente del Valle. Tu as beau recruter des bons joueurs, avoir un stade complètement fou, une histoire importante, rien n’est assuré. Il faut un réel projet, pas seulement de la chance. Le prestige est toujours le même aujourd'hui. C’est une des compétitions les plus compliquées au monde. » Si la Copa Libertadores offre souvent de tristes images, elle couronnera cette année une équipe qui a prôné le beau football où une autre qui multiplie les exploits lors de cette campagne. Un peu d’espoir, donc. Par Ruben Curiel Propos de Sebastián Battaglia recueillis par RC.
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Note : -1
Quelqu'un a d'autres videos de bastons en Libertadores? J'en suis friand depuis des années.
Dendecuba Niveau : CFA
d equateur Niveau : DHR
La Libertadores est à l'image de l'Ams, ni plus ni moins.

Les matchs de quartier, avec ou sans arbitre, c'est très très chaud ... jusqu'au coup de sifflet final.

Après c'est binouzes et accolades ... strange mais sympa.
Message posté par d equateur
La Libertadores est à l'image de l'Ams, ni plus ni moins.

Les matchs de quartier, avec ou sans arbitre, c'est très très chaud ... jusqu'au coup de sifflet final.

Après c'est binouzes et accolades ... strange mais sympa.


Grave! Ici en Equateur tu dois joué avec des protèges tibias en ciment. Par contre, à peine toi tu mets un taquet, tout de suite c'est"Vas y mollo gringo!".

De manière générale, les championnats ici sont quand mêmes assez faibles, surtout défensivement. Les clubs de haut de tableau du championnat argentins ou brésiliens s'en sortent, le reste c'est quand même niveau Ligue 2, mais avec une hargne incroyable, et des stades pleins.
Message posté par Luccin
Grave! Ici en Equateur tu dois joué avec des protèges tibias en ciment. Par contre, à peine toi tu mets un taquet, tout de suite c'est"Vas y mollo gringo!".

De manière générale, les championnats ici sont quand mêmes assez faibles, surtout défensivement. Les clubs de haut de tableau du championnat argentins ou brésiliens s'en sortent, le reste c'est quand même niveau Ligue 2, mais avec une hargne incroyable, et des stades pleins.


Pareil avec les uruguayens. Combien de taquets j
Message posté par Luccin
Grave! Ici en Equateur tu dois joué avec des protèges tibias en ciment. Par contre, à peine toi tu mets un taquet, tout de suite c'est"Vas y mollo gringo!".

De manière générale, les championnats ici sont quand mêmes assez faibles, surtout défensivement. Les clubs de haut de tableau du championnat argentins ou brésiliens s'en sortent, le reste c'est quand même niveau Ligue 2, mais avec une hargne incroyable, et des stades pleins.


Pareil avec les uruguayens. Combien de taquets j'ai pris sans que personne n'arrête le jeu et dès que je leur rentrais dedans les gars ne se gênaient pas pour s'accorder des fautes. Les types allaient même à voler les touches, fair play zero.
Sinon, j'ai l'impression que les clubs argentins sont les plus violents. Lors du dernier match A.Nacional vs São Paulo, les commentateurs brésiliens étaient surpris de voir que les colombiens la jouaient correct.
quand tu te fais les croisés ou ménisque ou entorse à cause de cette manière de jouer, je suis pas certain que tu trouves ça toujours aussi sympa.

Après faut pas être surpris que le niveau soit faible.
tacle_tibia Niveau : Ligue 1
Note : -2
Message posté par kamoylle
quand tu te fais les croisés ou ménisque ou entorse à cause de cette manière de jouer, je suis pas certain que tu trouves ça toujours aussi sympa.

Après faut pas être surpris que le niveau soit faible.


Je comprends pas ce qui gene dans le contact.
Il n y a qu' a assurer son contrôle passe plutôt que tenter un grigri dribble qui te coute une jambe.
Et je dirais c est normal. C est aussi ca le foot. Du contact , du vice, des burnes.
Il n a pas que des neymar , benarfa ou boufal sur un terrain.
HerbyCohen Niveau : CFA2
Argentins et Uruguayens sont vraiment hyper violent, c'est assez fou. Même les joueurs techniques te posent des tacles les deux pieds décollés par derrière lors d'un match entre "collègues"... Sans compter les coups dans les tibias.

Autant les britanniques sont du genre bourrins et très physique lorsque tu joues contre eux (je parle là d'anglais et d'irlandais surtout) autant ils ne cherchent pas à faire mal. Même eux sont surpris par "l'engagement" des sud-ams.

Maintenant je suis habitué, mais au départ ça m'a vraiment fait halluciné le combo super technique/putrie-violence.
Depuis la retraite de Riquelme, les mecs applaudissent celui qui court...monde de merde.

Et l'instance qui s'appelle Con Me Bol aussi, tu m'étonnes qu'ils veulent tous montrer qu'ils en ont
Coach Kévinovitch Niveau : Ligue 1
"Aujourd'hui, on applaudit plus celui qui court que celui qui joue. "

Oh, Sebastian, tu sais, on le fait aussi en France avec comme têtes de gondole de ce phénomène, Matuidi et Moussa Sissoko.
d equateur Niveau : DHR
Message posté par kamoylle
quand tu te fais les croisés ou ménisque ou entorse à cause de cette manière de jouer, je suis pas certain que tu trouves ça toujours aussi sympa.

Après faut pas être surpris que le niveau soit faible.


"Sympa", c'est pour les binouzes d'après match.

C'est pourquoi cet adjectif vient suite à cette remmarque, et non dans le paragraphe sur la violence.

La structure est importante quand on écrit, quand on lit aussi.

La biz'
d equateur Niveau : DHR
Message posté par d equateur
"Sympa", c'est pour les binouzes d'après match.

C'est pourquoi cet adjectif vient suite à cette remmarque, et non dans le paragraphe sur la violence.

La structure est importante quand on écrit, quand on lit aussi.

La biz'


Remarque
Peñarol mi Amor Niveau : National
Sujet trés intérèssant, mais l'article me laisse un peu sur ma faim...

Pour ma part, je pense surtout que cette brutalité dans le jeu est un particularisme qui s'est développé au fil du temps, et que cette perception de la chose est surtout une question de point de vue génèrationnel.

Pour ceux qui en ont l'occasion, lisez les anciens journaux sud-américains (les bibliothéques nationale de Sao Paolo, Buenos Aires ou Montevideo en regorgent, regardez les matchs (certains sont disponible sur internet), ou écouter les témoignange des anciens, vous verrez que le jeu était assez limpide et fluide et s'est énormément brutalisé a partir de la fin des 60's pour s'adapter au jeu européen qui commençait à prendre le dessus dans les confrontations internationales avec notament une prise de conscience globale lors de la Coupe du Monde 66.

J'ai joué jusqu'a mes 17 ans dans les équipes de jeunes du Danubio (je pouvais passer pro facilement, mais j'ai préfèrer une carriére de commentateur sur So Foot ^^), ben je peut vous dire que les contacts physiques font partie intégrante et obligatoire de l'apprentissage dans les équipes de jeunes uruguayennes.
Au contraire, l'un de mes oncles, née au milieu des années 40 et ayant lui évolué dans l'équipe réserve des Wanderers au début des années 60 me raconte a chaque fois que le jeu enseigné et pratiqué à l'époque était à mille lieu de celui d'aujourd'hui...

Pareil dans les tournois ou les matchs entre barrio ou les tacles et les coups d'épaules sont plus applaudis que les roulettes ou les petits-ponts chez les jeunes parents. Beaucoup moins chez les anciens par contre...
d equateur Niveau : DHR
Message posté par Peñarol mi Amor
Sujet trés intérèssant, mais l'article me laisse un peu sur ma faim...

Pour ma part, je pense surtout que cette brutalité dans le jeu est un particularisme qui s'est développé au fil du temps, et que cette perception de la chose est surtout une question de point de vue génèrationnel.

Pour ceux qui en ont l'occasion, lisez les anciens journaux sud-américains (les bibliothéques nationale de Sao Paolo, Buenos Aires ou Montevideo en regorgent, regardez les matchs (certains sont disponible sur internet), ou écouter les témoignange des anciens, vous verrez que le jeu était assez limpide et fluide et s'est énormément brutalisé a partir de la fin des 60's pour s'adapter au jeu européen qui commençait à prendre le dessus dans les confrontations internationales avec notament une prise de conscience globale lors de la Coupe du Monde 66.

J'ai joué jusqu'a mes 17 ans dans les équipes de jeunes du Danubio (je pouvais passer pro facilement, mais j'ai préfèrer une carriére de commentateur sur So Foot ^^), ben je peut vous dire que les contacts physiques font partie intégrante et obligatoire de l'apprentissage dans les équipes de jeunes uruguayennes.
Au contraire, l'un de mes oncles, née au milieu des années 40 et ayant lui évolué dans l'équipe réserve des Wanderers au début des années 60 me raconte a chaque fois que le jeu enseigné et pratiqué à l'époque était à mille lieu de celui d'aujourd'hui...

Pareil dans les tournois ou les matchs entre barrio ou les tacles et les coups d'épaules sont plus applaudis que les roulettes ou les petits-ponts chez les jeunes parents. Beaucoup moins chez les anciens par contre...


Merci pour ton apport, mesuré et intelligent comme toujours, avec cette belle nostalgie qui t'habite.

Je pense à un truc .. Peñarol, tu amor, ne vient pas d'être chanpion après une longue période de disette ?

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