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Pourquoi il faut aimer Burnley

Troisième meilleure équipe de Premier League à domicile, porté par un entraîneur plus humain que philosophe, Burnley est l’une des sensations de la campagne anglaise. Voilà pourquoi.

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Parce que Turf Moor


S’il fallait un endroit pour raconter pourquoi on aime le football anglais, ce pourrait être Turf Moor. Une scène de 22 500 places dans une ville de 73 000 âmes. Un théâtre où l’on devient barge et que l’on aime aujourd’hui décrire comme « une forteresse » . Simple, cette saison, le Burnley FC a remporté neuf de ses treize rencontres disputées à domicile et y a notamment tapé Liverpool, Everton, Watford ou encore Bournemouth. Il n’y a chuté qu’à trois reprises, contre Arsenal et Manchester City, plus une fois contre Swansea lors de la première journée de championnat, ce qu’on peut poser sur le compte de la pression. Sinon, les Clarets n’ont pas peur de jouer chez eux et n’hésitent pas à casser quelques cous. Plus que les résultats, Turf Moor est surtout une place unique dans le paysage de la Premier League, car on parle là d’un stade authentique, qui pue le foot et la passion, et où Alastair Campbell – longtemps spin doctor de Tony Blair – aime tuer son temps libre. George Boyd, au club depuis septembre 2014, le raconte ainsi : « C’est comme une citadelle, un truc complètement différent des autres stades de Premier League. Personne n’aime venir ici, les vestiaires sont complètement différents de que nos adversaires avaient vu jusqu’ici, donc on retourne tout ça à notre avantage. »

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Parce que Sean Dyche


Depuis son arrivée à Burnley en octobre 2012, Sean Dyche n’avance qu’avec un objectif : claquer les gueules de ses adversaires. Sa guerre ? « Les coachs étrangers qui sont toujours des génies tactiques » et qui aiment « faire de la philosophie » . Dyche, sa voix cassée, sa gueule brisée, n’en a rien à foutre. Ce qu’il aime, c’est le foot, pas les mots. Au fond, il aime qu’on le considère comme un dinosaure et affirme souvent ne pas essayer de « vendre » ce qu’il fait. « J’essaye simplement d’être bon dans mon domaine. Je ne suis pas là pour impressionner les gens. » Alors, il avance simplement, dans un 4-4-2 strict, avec des principes de base, mais avec un groupe qui a « des couilles » . Ce que possède Dyche en plus, c’est ça : on est prêt à se battre pour lui, à se dépasser pour lui et il ne fera jamais de folies pour déséquilibrer tout ce qu’il a construit en quelques années. C’est aussi ça un projet. Un projet qui a dégagé en 2015 plus de profits que la machine Bayern Munich. Pas mal.

Pour son projet


Qu’est-ce que le projet Burnley ? Pour Dyche, c’est une entreprise où chaque joueur est une main-d’œuvre amenée à faire fonctionner une machine globale où chaque centime est compté. Le coach des Clarets tient ça de son père et a toujours avancé ainsi depuis le premier jour. Un premier jour où il a convaincu les boss du club, John Banaszkiewicz et Mike Garlick, grâce à un PowerPoint et un axe de travail autour des règles. Non, Sean Dyche ne veut pas faire sauter les caisses du club, alors il recrute souvent malin (Heaton, Arfield, Keane, Barnes, Ward, Lowton, Mee) ou mesure ses investissements comme avec Andre Gray, Steven Defour et Jeff Hendrick. Il lui aura fallu plus de quatre ans avant de lâcher un gros chèque et on ne parle « que » de 15 millions d’euros pour l’international irlandais Robbie Brady, arrivé en janvier. Dyche : « Mon rôle, avec les dirigeants, est d’assurer le futur du club. Les choses peuvent changer, on a tous vu ça, mais le club est resté en accord avec ses engagements. C’est le sens des réalités qu’on a engagé avec les dirigeants. Si on doit faire quelque chose avec l’argent gagné, c’est construire l’avenir. Entraîner, ce n’est pas seulement aligner une équipe sur le terrain. »

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Parce que Joey


Chacun a son avis sur Joey Barton, mais un point d’accord peut être trouvé là-dessus : la sale gueule d’Huyton est peut-être un joueur moyen de Premier League, mais il attire la lumière. Alors, après six mois de galère à Glasgow, Barton est revenu à Burnley où il avait largement contribué à la remontée des Clarets en Premier League la saison dernière. Le milieu anglais et Sean Dyche entretiennent une relation humaine forte et intense, ce qui a déjà musclé la seconde partie de saison du promu. Barton est redevenu un titulaire important dans un onze qui ne bouge pas beaucoup et c’est tout Burnley qui a décuplé son caractère. La preuve ? Son match à Manchester contre City, son match à Londres contre Arsenal et la récente victoire dans les dernières minutes contre Leicester. Cette fois, l’idée est de faire tomber Chelsea de son putain de perchoir et personne n’en serait vraiment surpris. Histoire d’appuyer un peu plus encore un maintien bien lancé et mérité.



Par Maxime Brigand
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