Pourquoi certains clubs sont condamnés au yo-yo ?

Nombreux sont les clubs de deuxième division abonnés à l'ascenseur Ligue 1 / Ligue 2 et ne parvenant pas à durer dans l'élite. C'est le cas pour Metz et Ajaccio. Tentatives d'explication.

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On l’appelle le yo-yo. Ou l’ascenseur. Il reste souvent un peu plus en bas qu’en haut, donne de la joie quand il monte et fait couler les larmes quand il descend. Le mouvement perpétuel, la verticale constante, la droite émotionnelle. Une chose est sûre : il ne fréquente jamais bien longtemps le premier étage, mais n’arrive pas à se contenter du rez-de-chaussée, qu'il connaît parfaitement. Il fait quelques fois un tour au sous-sol, mais l’endroit est bien trop sombre pour le faire kiffer. Lui, c’est le train de vie de certains clubs de foot français, trop bons pour la Ligue 2, mais trop faibles pour le niveau supérieur. Une montée est ainsi très rapidement suivie d’une relégation. Comme une fatalité. Les exemples actuels en deuxième division sont légion : Nancy, Brest, Valenciennes… Mais aussi Metz, qui se bat cette saison pour terminer sur le podium, et Ajaccio, englué dans le ventre mou. Deux cas qui peuvent donner des pistes d’explication sur le problème de l’ascenseur.

Manque de moyens


En Corse, le problème semble simple et logique, à entendre Thierry Debès. « Il nous manque juste des sous !, se marre l’entraîneur des gardiens de l’ACA. Parce que pour des équipes comme nous, être en Ligue 1, c’est fantastique, mais ce n’est pas "normal". Car malheureusement, le foot est devenu avant tout une affaire d’argent. » Concrètement, le budget du club ne peut se permettre d’augmenter considérablement sa masse salariale. Or, les salaires exigés en Ligue 1 par les joueurs ne sont évidemment pas les mêmes qu’en Ligue 2… « Du coup, on a du mal à attirer les joueurs de qualité, on ne peut pas rêver de Messi ou Ronaldo. On n’a pas l’argent pour rester compétitifs dans l’élite, surtout si on compare notre budget à celui des autres » , résume le coach des portiers. « Ce que fait Angers aujourd’hui, c’est possible sur une ou deux années, mais la logique va vite revenir. » Un avantage tout de même de l’effet yo-yo : la dernière montée (en 2011) a permis au club d' « améliorer nettement les infrastructures et de pouvoir travailler dans de très bonnes conditions depuis » .

Moins de confiance donnée aux jeunes


Pas de problème d’infrastructure non plus pour Metz. Sa situation semble en revanche tout à fait différente de celle d’Ajaccio. « Il n’y a aucun souci économique, c’est un club très sain, très professionnel, qui mérite la L1 » , rappelle Gilles Bourges, l’entraîneur adjoint arrivé fin décembre 2015. Quelle est donc la cause des difficultés à maintenir le club lorrain en première division, lui qui était une valeur sûre de l’élite entre 1976 et 2002 ? « Je pense que la clé, c'est de retrouver les recettes du passé, c’est-à-dire se pencher davantage sur le centre de formation, soutenir les jeunes et retrouver la mentalité du club qui comptait beaucoup sur des éléments du cru » , répond le technicien. En effet, les dirigeants des Grenats auraient quelque peu oublié l’importance de la formation qui constituait la base même des bons résultats. Et que Jean-Philippe Rohr a bien connue. Joueur messin de 1979 à 1985, vainqueur de la Coupe de France et présent lors de l’élimination du grand Barça en seizièmes de finale de la Coupe des coupes en 1984, l’ancien milieu de terrain rejoint complètement Bourges : « À notre époque, on faisait confiance aux joueurs du cru. Ce n’est plus le cas. C’est dommage, surtout quand on sait que les jeunes ont gagné la Gambardella en 2010. Dernièrement, les générations étaient bonnes. »

Pas assez d'anciens


Mais le footballeur retraité ne s’arrête pas là. Pour lui, il faut clairement donner les clés aux anciens qui connaissent le club, ceux qui ont porté le maillot durant de nombreuses années. Et qu’importe si on considère son discours comme celui d’un « ancien combattant » : « Prendre Philippe Hinschberger (emblème de Metz pour qui il a évolué entre 1977 et 1992 et coach principal depuis 2015, ndlr), c’est une bonne idée. Mais ça ne suffit pas. Il y a deux ans, il n’y avait pas un éducateur avec son profil, mais que des gars qui n’avaient pas forcément l’amour du FC Metz. Pour que ça marche, il faut sentir le club, adhérer à son identité. Regardez le Real, le Bayern ou le Barça… Les directeurs sportifs et les éducateurs sont tous des types qui ont déjà joué sous les couleurs de l’équipe. » Plus de continuité pour gagner la stabilité en Ligue 1, en somme.

Par Florian Cadu
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Dans cet article

Hikaru Matsuyama Niveau : District
Note : 2
Un article qui ne dit rien... Alors que les sujets d'interrogation sont légions : pourquoi certains clubs font plus l'ascenceur que d'autres, par exemple ?

Clairement le truc est traité à la va-vite et (très, mais alors très) superficielement.
Note : 1
Petite coquille: la victoire de Metz face à Barcelone, c'est 84 et non 64.
Message posté par Hikaru Matsuyama
Un article qui ne dit rien... Alors que les sujets d'interrogation sont légions : pourquoi certains clubs font plus l'ascenceur que d'autres, par exemple ?

Clairement le truc est traité à la va-vite et (très, mais alors très) superficielement.


Et puis le coup du "il faut des anciens dans le club"... C'est un peu le serpent de mer qui revient dès qu'un club va moins bien, mais est-ce que les clubs solidement ancré en L1 ont plus d'anciens du club? Est-ce que les jeunes de ces clubs ont plus l'amour du maillot?
Je ne suis pas convaincu.
Thérèse je te retourne Niveau : CFA2
D'accord avec les remarques précédentes. Le sujet mériterait un traitement plus poussé.

Il y a des exemples plus frappants : Le Havre et Caen.
Et si c'était tout simplement parce que toute l'échelle est mal construite.

Passé de National à Ligue 2 est déjà une étape monstre pour sympa club, il n'y a qu'à voir le cas de Luzenac, club qui gagne le droit de monter en L2 sportivement mais se fait rejeter sur le plan financier.

Voir même rester en National pour certains clubs est un problème monstrueux comme Le Poiré-sur-Vie qui avait annoncé vouloir sortir du championnat car manque de fonds....

Je ne connais pas les réformes à faire, mais une chose est sûre au lieu d'avoir voulu exporter la L1 comme marque du football français, il aurait peut être mieux valu assurer les bases de la Pyramide du foobtall pour aider ensuite la L1 à se développer.

Car lorsqu'un petit club est promu hormis l'ETG j'ai l'impression qu'ils doivent en 2 mois passer d'une gestion amateur à une gestion professionnelle du club et sortir un budget qu'ils sont incapables d'avoir.
valeureux liégeois 74 Niveau : National
Sinon, dans le style de club yo-yo, le club qui me vient directement à l'esprit, c'est l'ESTAC. Alors qu'ils avaient survolé la Ligue 2, ils se ramassent royalement en Ligue 1.
Message posté par garagnas
Et si c'était tout simplement parce que toute l'échelle est mal construite.

Passé de National à Ligue 2 est déjà une étape monstre pour sympa club, il n'y a qu'à voir le cas de Luzenac, club qui gagne le droit de monter en L2 sportivement mais se fait rejeter sur le plan financier.

Voir même rester en National pour certains clubs est un problème monstrueux comme Le Poiré-sur-Vie qui avait annoncé vouloir sortir du championnat car manque de fonds....

Je ne connais pas les réformes à faire, mais une chose est sûre au lieu d'avoir voulu exporter la L1 comme marque du football français, il aurait peut être mieux valu assurer les bases de la Pyramide du foobtall pour aider ensuite la L1 à se développer.

Car lorsqu'un petit club est promu hormis l'ETG j'ai l'impression qu'ils doivent en 2 mois passer d'une gestion amateur à une gestion professionnelle du club et sortir un budget qu'ils sont incapables d'avoir.


Ce que tu dis est vrai.

Je pense que par exemple le DFCO a appris de ses erreurs et s'est profondément restructuré. Ils ont modernisé leurs infrastructures (le stade est toujours en réfection d'ailleurs), fait confiance à pas mal de jeunes encadrés par des tauliers, et je ne les vois pas faire l'ascenseur l'an prochain. S'ils se renforcent un petit peu, ils vont emmerder pas mal d'équipes. Ce qu'à réussi à faire Dall'Oglio est vraiment intéressant

On demande un tel niveau de professionnalisme aux clubs qu'il faut remettre en perspective l'investissement sur plusieurs années, notamment pour les clubs qui n'ont pas d'investisseurs ou de sponsors capables d'allonger du blé de manière massive pour des réformes structurelles d'envergure.
stephXVbelgium Niveau : Loisir
Sporting Union Agen...
Elcocolonel Niveau : DHR
Après un des problèmes c'est la différence de championnat et la forme de la ligue 1 :

- en ligue 2 si tu bétonnes tu te maintiens peut-être, mais en même temps tu ne vas pas loin. et encore, on voit bien que les clubs qui ont le plus tendance à ne pas bouger beaucoup peuvent même se faire sortir rapidement.
quand un petit club arrive en bétonnant, bah il sait rien faire d'autre et bon, arrivé à une échelle supérieure le béton craque.
- en même temps, quand tu bouges les trucs c'est rarement avec des attaques placées, c'est souvent des longs ballons, des contre-attaques et des joueurs qui percent les lignes. or tout cette petite technique est vite rattrapée par la dureté de la défense ligue 1 : je donne pas cher de robic en ligue 1, en ligue 2 il crée le décalage contre pas mal de gars.

Disons que je dirai même que la ligue 2 est souvent un championnat d'attaque, parce que les défenses sont plus faibles certes, mais c'est un championnat où l'on court alors que la ligue 1 est un championnat où l'on bloque tout. Or quand ce qui te faisait gagner en ligue 2, cad un joueur buteur genre Diedhou, Hadji, D. Sakho, Corentin Jean ne peut plus marcher en ligue 1, la faiblesse du collectif au milieu et en défense se ressent du coup plus. Les mecs sont jeunes et ils peuvent facilement se trouer.
Je sais que ce n'est qu'une analyse partielle, mais la ligue 2 est clairement trop en dessous aussi de la ligue 1 pour moi. Ce n'est pas une antichambre mais une ligue moins bonne. Elle te prépare pas bien. Leur défense est plus mauvaise, le milieu est moins bon (/moins préparé) et l'attaque ne suffit plus.

Le seul truc qui te permet de ne pas descendre à priori et de monter, ce sont les jeunes joueurs qui doivent prouver leur valeur. Or les gars, sans surprise, ce sont ceux qui partent la première année de ligue 1.
Elcocolonel Niveau : DHR
Et je m'insurge aussi de l'utilisation de Pablo pour cet article. Nancy est jamais descendu avec lui et remonte grâce à San Correa cette année.
Brian Hainaut Niveau : Ligue 1
Message posté par Elcocolonel
Et je m'insurge aussi de l'utilisation de Pablo pour cet article. Nancy est jamais descendu avec lui



parce qu'il s'est fait virer avant la fin de la saison, non ?
A mon (humble) avis, il faut professionnaliser le National, passer les 3 divisions à 18 clubs. Déjà tu as une vision d'ensemble plus claire, un troisième échelon par lequel tu passes plus en douceur pour éventuellement viser plus haut. Honnêtement, rester des années dans ce National là, c'est plus la merde qu'autre chose, et qu'on ne me parle pas de stabilité. Je supporte le Nîmes Olympique, bah putain, toutes ces années au "purgatoire" de la troisième division ont fait plus que du mal au club.

J'ai vraiment l'impression que le National est délaissé. Je rajouterai qu'il faut un accompagnement extrêmement poussé et bienveillant de la part des instances pour les clubs de petites et moyennes structures (et même pour les plus "gros"). On éviterait des catastrophes industrielles, des clubs qui se meurent ou disparaissent. C'est bien beau de vouloir protéger les clubs de l'élite d'accidents, dépôts de bilan, etc. en limitant le nombre de descentes, mais faut d'abord s'occuper de la base. La base, c'est la base. Eh oui.
Message posté par groquik
A mon (humble) avis, il faut professionnaliser le National, passer les 3 divisions à 18 clubs. Déjà tu as une vision d'ensemble plus claire, un troisième échelon par lequel tu passes plus en douceur pour éventuellement viser plus haut. Honnêtement, rester des années dans ce National là, c'est plus la merde qu'autre chose, et qu'on ne me parle pas de stabilité. Je supporte le Nîmes Olympique, bah putain, toutes ces années au "purgatoire" de la troisième division ont fait plus que du mal au club.

J'ai vraiment l'impression que le National est délaissé. Je rajouterai qu'il faut un accompagnement extrêmement poussé et bienveillant de la part des instances pour les clubs de petites et moyennes structures (et même pour les plus "gros"). On éviterait des catastrophes industrielles, des clubs qui se meurent ou disparaissent. C'est bien beau de vouloir protéger les clubs de l'élite d'accidents, dépôts de bilan, etc. en limitant le nombre de descentes, mais faut d'abord s'occuper de la base. La base, c'est la base. Eh oui.


Il faudrait peut être créer 3 division pro avec des budgets définis par Division.

Donner le droit aux clubs qui accèdent de proposer un plan de développement sur 5ans, en évitant l'endettement massif, mais avec des règles un peu plus souples que les autres sur le plan budgétaire au près de la DNCG.

Créer un vrai championnat semi-pro entre la CFA et le National en séparant la France en poule de 2 (Nord/Sud) ou en poules de 4 (Nord, Sud, Ouest, Est). Les promus pour les poules de 4 seraient les champions de chaque poule classé en fonction du nombre de point.

Effectivement ramener les championnats à 18 équipes avec 2 relégations+1 barrages sauf pour le national qui aurait du coup 3 relégations + 1 barrages et supprimer la coupe de la Ligue.
Non pas du tout, Correa a quitté le club à la fin de la saison 2010/2011, il est remplacé à l'intersaison par ce sous-homme de Jean Fernandez qui, sauvé par une bonne série lors de sa première saison, envoie le club en ligue 2 en 6 mois à peine lors de la saison 2012/2013. A la fin de la phase aller on a 11 points... on est 20e. Gabriel arrive pour sauver les meubles et termine 18ème avec 38 points...
Brian Hainaut Niveau : Ligue 1
dont acte

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