Billet d’humeur - Ben Arfa vs Lionel Messi
Par Alexandre Pedro
Pourquoi Ben Arfa a déjà dépassé Messi
Hatem Ben Arfa assure qu’il aurait pu évoluer au niveau de Lionel Messi. Alors oui, vous pouvez vous moquer et vous le payer pour pas cher. Sauf qu’à sa façon, l’enfant terrible du foot français a déjà surclassé le collectionneur de Ballons d’or.
Hatem Ben Arfa, joueur d'un match de FA Cup contre Brighton Hove Albion en janvier 2012
« Je regrette de ne pas avoir été mature plus tôt, parce que je pense qu’aujourd’hui, j’évoluerais à un plus haut niveau. Peut-être que je serais comme Messi aujourd’hui. Mais j’ai encore le temps, je peux le rattraper. » Hatem, tu es indéfendable. Qu’est-ce que tu es allé dire à Surface ? Sérieusement ? Si tu voulais poser en costard, tu aurais au moins pu viser GQ ou les Inrocks (ah, déjà fait ?). Voire torse nu dans Men’s Health.
En même temps, comment t’en vouloir ? Qui d’autre que toi oserait la comparaison avec un type qui facture 301 pions à tout juste 25 ans ? Tu devines qu’on va encore se payer ta tête. On va te ressortir ta situation actuelle. Newcastle, putain, Hatem ! On va te renvoyer à tes stats (même pas 40 buts en pro au même âge), tes promesses déçues, tes bouderies, tes histoires de secte chez Abd Al Malik, tes lectures (essentiellement les quatrièmes de couverture de philosophes allemands) ou cette propension à promettre un peu pour beaucoup décevoir derrière. Alors quand tu parles de rattraper Messi, on préfère encore croire à une victoire de Sandy Casar sur le Tour de France ou la possibilité que Fabien Onteniente devienne le Blake Edwards français.
Hatem, tu es une cause esthétique
Mais tu sais quoi, Hatem ? On ne t’en veut pas. Longtemps, on a voulu croire que tu serais immense. On avait de grands projets et de grands clubs pour toi. Sérieux, il avait quoi de plus que toi, le petit Argentin ? Un peu de vitesse, quelques bons dribbles et un pied gauche qui sait viser. Mais toi, Hatem, tu avais autre chose. Tu avais la fulgurance, la folie et déjà l’inconstance de ceux qu’on a envie de protéger contre les aveugles et les ignorants. Parce que voilà ce que tu es : une cause esthétique. Philosophique même, comme on t’avait fait remarquer quand on te mettait en couv’ (en jogging) : « Ma façon de jouer, c’est une façon de voir la vie... Ton jeu, c’est ce que tu es... Je ne peux pas être pépère, formaté. »
C’était plutôt bien répondu ça, Hatem. Et tu as raison dans le fond. La vie, elle ressemble plus à ton roman torturé qu’à un conte de fée chargé aux hormones de croissance. La vie est faite d’attentes (souvent trop élevées), de quelques moments de bonheur et de beaucoup de Nigel de Jong. Quand Messi donne tout, tout de suite et tout le temps, toi, tu distilles ton talent avec parcimonie. Tu nous forces à imaginer le joueur que tu aurais pu devenir. Et à chaque fois, on retombe dans le panneau. C’est con comme un slalom contre Blackburn ou une magnifique infidélité à ton pied gauche face à Aston Villa.
Mieux vaut avoir tort avec toi que raison avec Messi
On t’aime, on te déteste, on te pardonne (pour certains), mais on discute, on s’écharpe même sur ton cas. Trop jeune, trop tôt, trop payé, trop bête, trop banlieue, trop décevant. Sauf que tu n’es redevable de rien à personne. Ce n’est pas de ta faute si on a envie de toujours croire en toi. Un jour, Jérôme Leroy avançait que la vraie grandeur c’était d’arriver à faire « croire qu’on aurait pu faire plus ». Ce n’est peut-être pas du Nietzche, mais on achète. Aussi grand soit-il par ses statistiques et son palmarès, le mec de Rosario ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Et il ne s’agit pas d’une question de maturité.
Tu le sais bien. Dans le fond, tu ne veux pas être lui. Tu ne veux pas cette unanimité, tu ne cours pas derrière les records. Nous, on ne veut pas de ça pour toi. On veut continuer à avoir raison pour toi, alors que tout pousse à croire qu’on se goure. On veut continuer à défendre Ben Arfa, demander ton retour en équipe de France, fermer les yeux sur ton retour en équipe de France, crier au génie parce que tu auras mis un doublé à Wigan et penser que le meilleur est peut-être à venir. Parce qu’il l’est peut-être. Alors Hatem, on te le répète une dernière fois : laisse Messi là où il est.
En même temps, comment t’en vouloir ? Qui d’autre que toi oserait la comparaison avec un type qui facture 301 pions à tout juste 25 ans ? Tu devines qu’on va encore se payer ta tête. On va te ressortir ta situation actuelle. Newcastle, putain, Hatem ! On va te renvoyer à tes stats (même pas 40 buts en pro au même âge), tes promesses déçues, tes bouderies, tes histoires de secte chez Abd Al Malik, tes lectures (essentiellement les quatrièmes de couverture de philosophes allemands) ou cette propension à promettre un peu pour beaucoup décevoir derrière. Alors quand tu parles de rattraper Messi, on préfère encore croire à une victoire de Sandy Casar sur le Tour de France ou la possibilité que Fabien Onteniente devienne le Blake Edwards français.
Hatem, tu es une cause esthétique
C’était plutôt bien répondu ça, Hatem. Et tu as raison dans le fond. La vie, elle ressemble plus à ton roman torturé qu’à un conte de fée chargé aux hormones de croissance. La vie est faite d’attentes (souvent trop élevées), de quelques moments de bonheur et de beaucoup de Nigel de Jong. Quand Messi donne tout, tout de suite et tout le temps, toi, tu distilles ton talent avec parcimonie. Tu nous forces à imaginer le joueur que tu aurais pu devenir. Et à chaque fois, on retombe dans le panneau. C’est con comme un slalom contre Blackburn ou une magnifique infidélité à ton pied gauche face à Aston Villa.
Mieux vaut avoir tort avec toi que raison avec Messi
On t’aime, on te déteste, on te pardonne (pour certains), mais on discute, on s’écharpe même sur ton cas. Trop jeune, trop tôt, trop payé, trop bête, trop banlieue, trop décevant. Sauf que tu n’es redevable de rien à personne. Ce n’est pas de ta faute si on a envie de toujours croire en toi. Un jour, Jérôme Leroy avançait que la vraie grandeur c’était d’arriver à faire « croire qu’on aurait pu faire plus ». Ce n’est peut-être pas du Nietzche, mais on achète. Aussi grand soit-il par ses statistiques et son palmarès, le mec de Rosario ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Et il ne s’agit pas d’une question de maturité.
Tu le sais bien. Dans le fond, tu ne veux pas être lui. Tu ne veux pas cette unanimité, tu ne cours pas derrière les records. Nous, on ne veut pas de ça pour toi. On veut continuer à avoir raison pour toi, alors que tout pousse à croire qu’on se goure. On veut continuer à défendre Ben Arfa, demander ton retour en équipe de France, fermer les yeux sur ton retour en équipe de France, crier au génie parce que tu auras mis un doublé à Wigan et penser que le meilleur est peut-être à venir. Parce qu’il l’est peut-être. Alors Hatem, on te le répète une dernière fois : laisse Messi là où il est.
Par Alexandre Pedro
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bon c'est vrai que vous avez tout fait pour qu'il s'en prenne plein la gueule hier(moi le 1er) donc c'est bien de corriger un peu le tir
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Je ne suis pas d'accord. Pour moi, ces joueurs n'ont pas autant de talent qu'on veut bien nous le faire croire. L'intelligence de jeu, le compréhension même du football sur un terrain fait partie de ce qu'on appelle "le talent".
Comme si le foot, c'était savoir dribbler 3 joueurs dans un mouchoir de poche, faire quelques grigris et une avoir un beau touché de balle. Si c'était le cas, pas de soucis, je connais une 10aine de potes qui pourraient évoluer en pro.
Ces joueurs ne sont pas bourrés de talent. Ils ont une caractéristique particulière: la technique. C'est tout. Comme d'autres sont plus physique, plus rapide...voilà tout. Mais comme la technique est le plus spectaculaire dans ce sport, vous associez ça au talent pur footballistique. Benzema, lui, a cette science du jeu. Il est l'attaquant du Real Madrid. Un hasard?
Alors désolé, pour moi, Menez et Ben Arfa n'ont pas un énorme talent. Tout simplement parce qu'ils n'ont pas encore acqui l'essentiel: comprendre leur sport.
Parce que une passe tête levée dans l'intervalle me fera toujours plus bander* que de dribbler deux joueurs. Et ce sera toujours utile.
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C'est peut-être ça être un loser magnifique. Une question de poésie et de romantisme... Enfin, loser... Ce sont les autres qui le croient. Les artistes, eux, ne jouent peut-être pas pour les même raisons. Ils ne jouent pas pour gagner. Ils le font pour l'émotion.
Quelqu'un vibre-t'il encore à l'évocation d'un but de Messi?
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T'en tiens une bonne couche toi.
Et Berbatov il est "Magrébin"
Si je suis ta logique, la majorité des brésiliens, Ronaldinho en tête sont des maghrébins ?
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Quelqu'un vibre-t'il encore à l'évocation d'un but de Messi?
Moi je vibre encore, oui. Tu veux que je te parle de quel but? Ou de quelle action? Ou de quelle passes? J'en ai des centaines en tête.
Toi si tu ne vibre plus pour Messi, c'est juste parce que tu es blasé. Cependant c'est compréhensible. Messi nous a habitué à l'excellence, alors maintenant c'est plus difficile d'être en extase devant ce qu'il fait tellement ça parait normal.
Mais un jour, dans quelques années, quand la folie Messi aura descendu d'un cran, ou quand ce dernier sera à la retraite, toi (comme beaucoup ici) tu regarderas de nouveau ce qu'à fait Messi. Et ce jour là tu te diras "Putain...", et peut-être que tu verseras une larme.
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Ça, je vais le mettre sur mon frigo à côté des citations de Gandhi et Martin Luther King
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dans mon post, je répondais @Dendecuba qui dit:
"Trop technique, trop inconstant, trop capricieux, blabla en bref il est trop "MAGREBIN" dans sa façon de jouer. Le beau geste avant tout sauf que lui ajoute les belles paroles aussi"!
si on suit SA logique, tous les mecs techniques, inconstant et capricieux sont "Magrébins": Berbatov, Menez, Denilson ( et un pelletée de brésiliens)...etc
Le mot "magrébin" est employé pour définir le style de football pratiqués là bas, où l’esthétique a au moins autant d'important que l’efficacité. HBA a du ballon, du caractère mais peu de persévérance, je trouve que le terme lui correspond bien. Après si j'ai pris le soin de mettre le terme entre parenthèses c'est pour préciser qu'il s'agit QUE d'une impression qui ne repose sur rien de logique. Mais bon y'en aura toujours pour foncer tête baissée sans comprendre le sens de la formule.
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"La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence." [Miles Davis]
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