1. // Billet d’humeur
  2. // Ben Arfa vs Lionel Messi

Hatem Ben Arfa assure qu’il aurait pu évoluer au niveau de Lionel Messi. Alors oui, vous pouvez vous moquer et vous le payer pour pas cher. Sauf qu’à sa façon, l’enfant terrible du foot français a déjà surclassé le collectionneur de Ballons d’or.

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« Je regrette de ne pas avoir été mature plus tôt, parce que je pense qu’aujourd’hui, j’évoluerais à un plus haut niveau. Peut-être que je serais comme Messi aujourd’hui. Mais j’ai encore le temps, je peux le rattraper. » Hatem, tu es indéfendable. Qu’est-ce que tu es allé dire à Surface ? Sérieusement ? Si tu voulais poser en costard, tu aurais au moins pu viser GQ ou les Inrocks (ah, déjà fait ?). Voire torse nu dans Men’s Health.

En même temps, comment t’en vouloir ? Qui d’autre que toi oserait la comparaison avec un type qui facture 301 pions à tout juste 25 ans ? Tu devines qu’on va encore se payer ta tête. On va te ressortir ta situation actuelle. Newcastle, putain, Hatem ! On va te renvoyer à tes stats (même pas 40 buts en pro au même âge), tes promesses déçues, tes bouderies, tes histoires de secte chez Abd Al Malik, tes lectures (essentiellement les quatrièmes de couverture de philosophes allemands) ou cette propension à promettre un peu pour beaucoup décevoir derrière. Alors quand tu parles de rattraper Messi, on préfère encore croire à une victoire de Sandy Casar sur le Tour de France ou la possibilité que Fabien Onteniente devienne le Blake Edwards français.

Hatem, tu es une cause esthétique

Mais tu sais quoi, Hatem ? On ne t’en veut pas. Longtemps, on a voulu croire que tu serais immense. On avait de grands projets et de grands clubs pour toi. Sérieux, il avait quoi de plus que toi, le petit Argentin ? Un peu de vitesse, quelques bons dribbles et un pied gauche qui sait viser. Mais toi, Hatem, tu avais autre chose. Tu avais la fulgurance, la folie et déjà l’inconstance de ceux qu’on a envie de protéger contre les aveugles et les ignorants. Parce que voilà ce que tu es : une cause esthétique. Philosophique même, comme on t’avait fait remarquer quand on te mettait en couv’ (en jogging) : « Ma façon de jouer, c’est une façon de voir la vie... Ton jeu, c’est ce que tu es... Je ne peux pas être pépère, formaté. »

C’était plutôt bien répondu ça, Hatem. Et tu as raison dans le fond. La vie, elle ressemble plus à ton roman torturé qu’à un conte de fée chargé aux hormones de croissance. La vie est faite d’attentes (souvent trop élevées), de quelques moments de bonheur et de beaucoup de Nigel de Jong. Quand Messi donne tout, tout de suite et tout le temps, toi, tu distilles ton talent avec parcimonie. Tu nous forces à imaginer le joueur que tu aurais pu devenir. Et à chaque fois, on retombe dans le panneau. C’est con comme un slalom contre Blackburn ou une magnifique infidélité à ton pied gauche face à Aston Villa.

Mieux vaut avoir tort avec toi que raison avec Messi

On t’aime, on te déteste, on te pardonne (pour certains), mais on discute, on s’écharpe même sur ton cas. Trop jeune, trop tôt, trop payé, trop bête, trop banlieue, trop décevant. Sauf que tu n’es redevable de rien à personne. Ce n’est pas de ta faute si on a envie de toujours croire en toi. Un jour, Jérôme Leroy avançait que la vraie grandeur c’était d’arriver à faire « croire qu’on aurait pu faire plus » . Ce n’est peut-être pas du Nietzche, mais on achète. Aussi grand soit-il par ses statistiques et son palmarès, le mec de Rosario ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination. Et il ne s’agit pas d’une question de maturité.

Tu le sais bien. Dans le fond, tu ne veux pas être lui. Tu ne veux pas cette unanimité, tu ne cours pas derrière les records. Nous, on ne veut pas de ça pour toi. On veut continuer à avoir raison pour toi, alors que tout pousse à croire qu’on se goure. On veut continuer à défendre Ben Arfa, demander ton retour en équipe de France, fermer les yeux sur ton retour en équipe de France, crier au génie parce que tu auras mis un doublé à Wigan et penser que le meilleur est peut-être à venir. Parce qu’il l’est peut-être. Alors Hatem, on te le répète une dernière fois : laisse Messi là où il est.

Par Alexandre Pedro
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nononoway Niveau : CFA
Note : 1
Discrimination positive, c'est juste un branleur doué
 //  Socio du Kirghizistan
Note : 6
il est mignon cet article
bon c'est vrai que vous avez tout fait pour qu'il s'en prenne plein la gueule hier(moi le 1er) donc c'est bien de corriger un peu le tir
vata-fenculo Niveau : CFA2
Note : 7
te t'aime Hatem mais tu nous fais le coup de la maturité et de la sagesse tous les 18 mois!!
Hatem quand même!!!
Jean-Bonbeur Niveau : CFA2
Note : 2
Au final il s'est peut être juste trompé de sport... En futsal ou encore en beach soccer, il aurait pu être un monstre...
Mais oui Hatem, tu as raison! On te croit! C'est la faute à la maturité qui a pas voulu venir tôt!
Note : 3
"on préfère encore croire à (...) la possibilité que Fabien Onteniente devienne le Blake Edwards français."

celle-là, elle est excellente.
Dendecuba Niveau : CFA
 //  Amoureux du Fenerbahçe
Trop technique, trop inconstant, trop capricieux, blabla en bref il est trop "magrébin" dans sa façon de jouer. Le beau geste avant tout sauf que lui ajoute les belles paroles aussi!
Spartakist Niveau : CFA2
Note : 6
C'est dommage qu'il soit si peu éduqué et si faible d'esprit. Ce mec est capable de dribbler huit mecs dans une cabine téléphonique...

Enfin, y'a rien de figé. Faut juste espérer qu'il devienne adulte un jour...
Appelle-moi Jack !!! Niveau : CFA
Note : -1
En tout cas sur la photo, Hatem a un trophée individuel que Messi n'aura sûrement jamais : joueur d'un match de FA Cup !
Note : 19
Un ami grand amateur de Jazz me disait "tu vois dans cette musique, le plus beau ce n'est pas ce que tu entends, mais les notes qui ne sont pas jouées, les thèmes interrompus que tu peux continuer dans ta tête, toutes les possibilités d'évolution de la mélodie que tu n'entendras jamais". Hatem c'est du jazz en somme.
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