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Porto, une finale avant l’heure

Il y en a pour qui les finales se jouent au mois de décembre. Ce soir, le FC Porto reçoit le Zénith Saint-Pétersbourg, pour son dernier match de poule. La donne est simple : une victoire, et les Dragons sont en huitièmes. Autre chose, et ils se retrouvent en Europa League.

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La qualification aurait pu être une formalité. En découvrant son groupe de Ligue des Champions, au moins d’août, Porto n’a rien dit. Mais n’en pensait pas moins. L’APOEL Nicosie, le Zénith Saint-Pétersbourg et le Shakhtar Donestk. Trois équipes très respectables, surtout les deux dernières, championnes respectives de leur pays, mais largement à la portée d’une équipe qui vient de réaliser un quadruplé Coupe-Championnat-Supercoupe-Europa League. Oui. L’an dernier, Porto était devenue une véritable machine de guerre sur la scène européenne. Le Spartak Moscou, qui en avait pris cinq, et Villarreal, qui en avait pris cinq aussi, peuvent aujourd’hui en témoigner. De fait, à force de prestations étincelantes, il était devenu un candidat sérieux à cette édition de la Ligue des Champions. Autant dire que la première place du groupe lui semblait destinée. Et pourtant, pas du tout. Deux victoires, deux défaites et un nul plus tard, le champion du Portugal se retrouve au pied du mur. Ce groupe a fonctionné totalement à l’envers, et, à la surprise générale, c’est l’APOEL Nicosie qui en a pris la tête. Porto n’est que troisième, mais a sauvé sa peau il y a deux semaines, en allant gagner sur la pelouse d’un Shkahtar Donetsk déjà éliminé. Une victoire salutaire, qui, cumulée au nul entre l’APOEL et le Zénith, permet aux Lusitaniens d’avoir leur destin entre les mains pour ce dernier rendez-vous. Problème : le Zénith, invaincu depuis la première journée la compétition, est tout aussi maître du sien.

Vitor « Antoine » Pereira

La crise du mois de novembre est semble-t-elle oubliée. Une défaite sur la pelouse de l’APOEL (2-1), un nul chez le modeste Olhanense (0-0) et une piètre élimination en Coupe du Portugal contre Academica (3-0). Un début de mois catastrophique, que Porto a mis derrière lui en allant gagner à Donetsk (0-2), puis en battant le Sporting Braga (3-2) lors d’un match au sommet du championnat portugais. Le coach, Vitor Pereira, se donne ainsi un peu d’air, après avoir présenté ses démissions au lendemain de la rouste reçue en Coupe. Des démissions refusés par le président. Néanmoins, son avenir au club, à l’instar d’un Kombouaré au PSG, ne semble tenir qu’à un fil, malgré le fait paradoxal que Porto est leader de son championnat. Ne pas se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions serait catastrophique pour le FC Porto. D’abord, sur le plan sportif. Refaire l’Europa League, après l’avoir remportée l’an dernier, serait vécu comme un vrai pas en arrière par les supporters. Sur le plan économique, ensuite, tant les gains engendrés par un bon parcours en C1 sont importants.

Voilà pourquoi, selon toute vraisemblance, le « Special Three » ne résisterait pas à une contre-performance. Mais il n’en est pas encore là. Porto a un coup à jouer, et a « seulement » besoin d’une victoire pour regarder l’avenir avec optimisme. Et pour ce, Vitor Pereira compte bien aligner son onze-type, si tant est que l’on peut parler de onze-type. Lors des deux dernières victoires, les onze mêmes titulaires ont été alignés, quasiment une première depuis le début de la saison. Une équipe dans laquelle on retrouve les indéboulonnables Helton, Rolando et Fernando, mais aussi les valeurs montantes Djalma et Defour, qui semble enfin s’adapter après des débuts difficiles. Devant, Hulk, qui a eu du mal à se remettre de la rupture avec Falcao, retrouve enfin ses sensations, avec trois buts lors des deux dernières sorties. Aucun dicton portugais ne dit « jamais trois sans quatre » . Mais ce soir, tout supporter serait prêt signer pour qu’il soit inventé.

Anzhi, Danny, Lahti

Mais attention. Car en face, le Zénith ne rigole pas. Le club russe a terminé en boulet de canon son championnat, en remportant les deux premiers matches des play-offs, prenant ainsi six points d’avance sur le CSKA Moscou. Une avance que la formation de Luciano Spalletti va conserver jusqu’à la reprise des hostilités, début mars. Histoire de passer des fêtes de fin d’année heureuses. Or, les statistiques du Zénith ont de quoi effrayer tout adversaire, qu’il se nomme Anzhi Makhachkala ou FC Porto. Les joueurs de Saint-Pétersbourg restent sur 14 matches sans défaite toutes compétitions confondues, ce qui en fait l’une des plus belles séries en cours en Europe, juste derrière le Real Madrid (15) et à égalité avec la Juve (14). Pour ceux qui en douteraient encore : le Zénith est costaud, et les battre ne relèvera donc pas de la formalité. Avec des joueurs en pleine bourre, comme Danny, Lazovic, Faizulin ou Shirokov, le club sponsorisé par Gazprom a toutes les cartes en main pour poursuivre son aventure. D’autant qu’un nul leur suffit.

Au repos depuis dimanche dernier, ce qui lui a permis de se préparer avec des séances de yoga (bah ouais), l’équipe russe va pouvoir aborder ce choc avec la détermination nécessaire. Une motivation légitimée par le fait que, dans toute son histoire, le Zénith n’a participé qu’une seule fois aux huitièmes de finale de la plus prestigieuse des compétitions européennes. C’était en 1985. Elle s’appelait encore la Coupe des clubs champions, et le Zénith se faisait piteusement sortir par les Finlandais du Kuusysi Lahti. Depuis, deux participations et autant d’éliminations prématurées : une en phases de poule (2008) et une en barrages, contre Auxerre (2010). S’offrir, enfin, un huitième, serait donc une belle consécration pour ce club qui, depuis quelques années, se permet de marcher sur la Russie en tenant tête aux puissants clubs moscovites. Ce soir, l’adversaire ne vient pas de Moscou, mais de Porto. Peu importe, Luciano Spalletti leur réserve le même traitement. « Nous irons à Porto avec la même attitude et la même mentalité que lors de nos derniers matches. Je suis certain que nous allons faire un grand match, car notre équipe est en bonne santé, sur une bonne lancée et en grande forme » affirme le coach au Times. Vitor Pereira en tremble d’avance. En cachette.

Eric Maggiori
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Vitor Pereira et Porto jouent gros ce soir dans un 1/16e de finale de LDC.

Falcao est parti emmenant avec lui semble t'il le jeu collectif des dragons.

Le coach semble avoir trouvé son équipe type, et cela se sent dans le jeu et les résultats. La grande question est de savoir si l'équipe saura résister à la pression du résultat pour se concentrer sur son jeu.

L'appui du public sera un atout supplémentaire.
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