Porto, Salazar et petites magouilles

Si le football français est actuellement éclaboussé par l'affaire nîmoise, au Portugal, on a l'habitude de ce genre de cas. Boavista et Porto ont été au centre du scandale du sifflet doré il y a quelques années, impliquant notamment le président des Dragons. Et ce n'était pas la première fois que les « Azuis e Brancos » trempaient dans des affaires douteuses. Retour à la fin des années 30, au temps de Salazar...

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Jorge Nuno Pinto da Costa est un homme heureux. À la fin du mois de septembre, il a été déchargé des accusations de corruption qui planaient au-dessus de sa tête dans le cadre du match FC Porto-Estrela da Amadora 2003-2004, comptant pour le championnat portugais. Les écoutes téléphoniques qui lui posaient tant de problèmes - et qu'on peut trouver facilement sur YouTube - ont été jugées irrecevables par la justice portugaise, car illégales. Un bol d'air frais pour celui qui est impliqué depuis une dizaine d'années dans de nombreux procès liés au plus grand scandale de corruption du football lusitanien : « o apito dourado » (le sifflet doré). Le plus grand, mais pas le seul. À la fin des années 30 et au tout début des années 40, les magouilles gangrenaient déjà l'institution. À l'époque, Pinto da Costa n'était pas encore né, mais, ironiquement, le FC Porto était déjà au centre de la polémique.

Le classico fondateur


La scène se déroule le 23 avril 1939. Le hasard du calendrier a offert aux passionnés le plus beau cadeau qui soit : un classico pour la dernière journée. Benfica se rend à Porto pour coiffer les Dragons au poteau. Mais seule une victoire permettrait aux Aigles de remporter le titre tant convoité. À une minute du coup de sifflet final, alors que les deux rivaux se neutralisent (3-3) et que le FCP est mathématiquement champion, Brito s'offre un hat-trick et par la même occasion le titre aux Lisboètes. Ou du moins, c'est ce qui aurait dû se passer si l'arbitre, Henrique Rosa, n'avait pas fait preuve « d'excès de zèle » , comme n'a pas hésité à le souligner la presse portugaise à l'époque. L'homme en noir accuse le buteur d'avoir étreint un défenseur adverse, siffle faute et annule donc le but. Sauf que les images publiées le lendemain par le magazine Stadium, elles, sont formelles : Brito était libre de tout marquage et, à moins d'avoir des bras de cinq mètres, il n'aurait pu commettre de faute avant de marquer le but victorieux.

En réaction, le club portista lance une énorme propagande contre Stadium, qui se terminera par un autodafé de nombreux exemplaires de la revue sur la place publique à Porto. Qui a raison, qui a tort ? Difficile à dire. Des enquêtes indépendantes, pour la plupart menées par des journalistes, convergent dans le même sens : l'arbitre du match et certains dirigeants du FCP se sont rencontrés en privé pendant de longues minutes peu de temps avant le classico. Aucune d'entre elles n'ira plus loin. Sans jamais que l'on sache pourquoi. Mais Angelo César Machado, président portista, député, intellectuel grandement impliqué dans l'installation de Salazar à la présidence du Conseil des ministres en juillet 1932 et ami du dictateur, pourrait avoir usé de son pouvoir pour mettre un terme à ce qui sera le point de départ de la rivalité entre les deux clubs telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Le régime à la rescousse des Dragons


Quelques mois après le scandale du « Campo da Constituiçao » , Angelo César Machado fera cette fois-ci appel à ses relations sans aucune pudeur ni discrétion. Le FC Porto venait de terminer troisième du championnat régional qualificatif pour le championnat national réunissant les huit meilleures équipes portugaises. Troisième place synonyme d'élimination, car seuls le vainqueur de la ligue régionale et son dauphin pouvaient poursuivre leur quête du Graal. Non content de cette situation, le boss portista s'arrange pour que, fait alors inédit, les institutions se réunissent afin de voter l'élargissement du championnat de 8 à 10 équipes uniquement pour la saison 1939-40. Comble de l'ironie, les Dragons glaneront un second titre consécutif au terme de la saison alors qu'ils étaient censés ne jamais disputer cette ligue finale.

L'année suivante, rebelote. Porto termine troisième du championnat régional et doit être éliminé, mais on vote un nouvel élargissement à douze, cette fois-ci. Porto échoue à la deuxième place. À chaque fois, le vote est marqué par l'acquiescement du district de Lisbonne sous la pression du cabinet du régime. Car si Salazar n'avait que faire du sport de masse qu'était le football, il avait une dette envers Machado, propagandiste de luxe en tant que rédacteur pour l'influent Jornal da Manha à une époque où le dictateur n'était pas encore en place. Et ce n'est pas pour rien que le départ d'Angelo César Machado l'année du second élargissement coïncide avec le début d'une crise sans précédent pour les Dragons, qui, étrangement, ne reverront plus le podium du championnat national avant 1951 et seront privés de titre jusqu'en 1956. Tout sauf un hasard.

Par William Pereira
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Monsieur Jofrança est demandé a l'accueil. Monsieur Jofrança XD

Sinon merci pour l'article, a quand la suite ?
Jacquietmichelderzakarian Niveau : CFA2
Gare de Lyon-Salazar en 5 min avec le m14
Bel article !
Mais en même temps, dans les années 30-40 etc quel club n'a pas magouillé ?
Les matchs étaient pas filmé etc ...
Parcontre william, je demande un approfondissement du sujet !
Mon meilleur ami est portugais, son père qui est supporter de Beleneneses ( dsl pour l'orthographe ), m'a toujours dis que C'est Benfica qui avait grandement magouille et été favorisé par le règne Salazar.
Il m'avait même été jusqu'à me montré le palmarès du championnat portugais durant le règne de Salazar qui montrait que Benfica avait quasiment tout raflé..
Et il m'avait expliqué aussi que Salazar installé a Lisbonne, n'avait que très peu de considération pour le reste du Portugal.
Quelqu'un Ment la.
Parceque selon toi, il en avait rien a carré du ballon et qu'il était redevable a son pote de Porto..
Z'avez pas honte SoFoot de mettre des photos avec des anti-quenelles ?
Message posté par Baygon
Parcontre william, je demande un approfondissement du sujet !
Mon meilleur ami est portugais, son père qui est supporter de Beleneneses ( dsl pour l'orthographe ), m'a toujours dis que C'est Benfica qui avait grandement magouille et été favorisé par le règne Salazar.
Il m'avait même été jusqu'à me montré le palmarès du championnat portugais durant le règne de Salazar qui montrait que Benfica avait quasiment tout raflé..
Et il m'avait expliqué aussi que Salazar installé a Lisbonne, n'avait que très peu de considération pour le reste du Portugal.
Quelqu'un Ment la.
Parceque selon toi, il en avait rien a carré du ballon et qu'il était redevable a son pote de Porto..


Ne jamais écouter un supporter de Belenense te faire l' histoire du SL Benfica ;)
PenoIndirect Niveau : Loisir
Découverte de l'eau chaude dans So Foot.Le foo ,en général,n'est qu'une grande magouille,alors Porto-Benfica en 39,c'est du sépia comparé à une cuvée Nîmoise 2014.
Ne jamais écouter un supporter de Benfica au sujet de l'importance de son équipe, du nombre de socios (en ce moment le Bayern l'a mauvaise) et de la cohérence des titres remportés. ;)
Message posté par Baygon
Parcontre william, je demande un approfondissement du sujet !
Mon meilleur ami est portugais, son père qui est supporter de Beleneneses ( dsl pour l'orthographe ), m'a toujours dis que C'est Benfica qui avait grandement magouille et été favorisé par le règne Salazar.
Il m'avait même été jusqu'à me montré le palmarès du championnat portugais durant le règne de Salazar qui montrait que Benfica avait quasiment tout raflé..
Et il m'avait expliqué aussi que Salazar installé a Lisbonne, n'avait que très peu de considération pour le reste du Portugal.
Quelqu'un Ment la.
Parceque selon toi, il en avait rien a carré du ballon et qu'il était redevable a son pote de Porto..


C'est Belenenses t'avais presque bon.

Benfica était tout ce que détestait Salazar.

Benfica a été le 1er club au Portugal a élire DEMOCRATIQUEMENT son président et ça en pleine DICTATURE du pays!

Ceux qui se servent du palmarès pour démontrer que Benfica était "aidé" par le régime sont soit ignorants ou de mauvaise foi.
steven.mugiwara Niveau : DHR
Pareil, j'ai toujours entendu dire (par des supporters de Porto, Sporting et Benfica) que Benfica a profité du fait que Salazar soit au pouvoir pour rafler quasiment tous les titres ...
Il est presque de notoriété publique que Salazar était pour un club de Lisbonne, et également qu'il n'avait aucune considération pour le reste du Portugal ..
En lisant cet article, ça semble tout de même un peu tiré par les cheveux
Sans rire maintenant, Benfica était au-dessus parce qu'ils avaient d'autres moyens que n'avaient pas forcément des clubs comme Porto ou autres clubs de province..

La pitoyable gestion lisboète a fortement aidé la "gestion/organisation" de PDC qui depuis 1982 règne sur le pays. Offrant à Benfica un championnat tous les 5 ans.

Il y a eu de la magouille partout et il y en aura toujours.
Message posté par Deco10
Ne jamais écouter un supporter de Benfica au sujet de l'importance de son équipe, du nombre de socios (en ce moment le Bayern l'a mauvaise) et de la cohérence des titres remportés. ;)


ah tiens on parlais entre gens de la capitale et v' la le provincial qui viens me mordiller l' ourlet du pantalon...
87_03_04_11 Niveau : Loisir
Nan mais ne cherchez pas, depuis le début du foot portugais, Benfica, Porto et le Sporting ont tous profité de magouilles.

Mais quand même, aller nous chercher ces rares faits qui ont accablé Porto, dans la période Salazar alors qu'il est de notoriété publique que, pendant cette période, c'est Benfica qui s'est grandement fait favoriser, c'est un peu comme nous chercher les rares fois où le Barça s'est fait arnaquer par l'arbitrage dans la dernière décennie, alors qu'on sait pertinemment qu'ils ont grugé tout le monde... Comprenne qui voudra pour le coup.

Après si on parle des années Pinto Da costa, même si j'adore ce mec, c'est sûr qu'il agit + en mafieux qu'en dirigeant, et qu'il doit forcément y avoir des choses vraies dans ce qui lui est reproché (vous voyez qu'on peut être supporter portugais ET objectif :p).

Mais s'il vous plait "amis" benfiquistas, ne commencez pas à parler comme des vierges effarouchées, votre club est aussi voir + corrompu que le notre, commencer à parler de "Salazar qui serait anti Benfica" c'est indécent. M'voyez?
oliver e benji Niveau : DHR
Et Salazar qui va "chercher" Eusebio à l'aéroport pour l'envoyer chez Benfica alors qu'il était censé aller chez Sporting, il y a des enquêtes dessus aussi ?
William Pereira 9/20
Copie à revoir.
Par pitié William Perreira.. Assimilé Salazar-Porto-Magouilles, c'est du foutage de gueule quand on sait ce qu'il se passait a Lisbonne a l'époque !
Artur Jorge (Oui oui celui qu'on connait tous), 1969, envoyé au service militaire avant d'affronté le Benfica en final de la coupe, ça vous parle ?
dans ce cas la, on peut aussi dire que le Sporting était le club du régime vu que le SCP a remporté 14 de ses 18 championnats pendant la dictature ainsi que 9 des 15 coupes du Portugal...
Message posté par 87_03_04_11
Nan mais ne cherchez pas, depuis le début du foot portugais, Benfica, Porto et le Sporting ont tous profité de magouilles.

Mais quand même, aller nous chercher ces rares faits qui ont accablé Porto, dans la période Salazar alors qu'il est de notoriété publique que, pendant cette période, c'est Benfica qui s'est grandement fait favoriser, c'est un peu comme nous chercher les rares fois où le Barça s'est fait arnaquer par l'arbitrage dans la dernière décennie, alors qu'on sait pertinemment qu'ils ont grugé tout le monde... Comprenne qui voudra pour le coup.

Après si on parle des années Pinto Da costa, même si j'adore ce mec, c'est sûr qu'il agit + en mafieux qu'en dirigeant, et qu'il doit forcément y avoir des choses vraies dans ce qui lui est reproché (vous voyez qu'on peut être supporter portugais ET objectif :p).

Mais s'il vous plait "amis" benfiquistas, ne commencez pas à parler comme des vierges effarouchées, votre club est aussi voir + corrompu que le notre, commencer à parler de "Salazar qui serait anti Benfica" c'est indécent. M'voyez?


Grandement favorisé en effet. c'est pour ça aussi que Benfica a gagné la coupe d'Europe en 61 et en 62. sans oublier les finales perdues de 63, 65 et 68. 5 finales de C1 en 8 ans ça ne peut être que l'oeuvre de Salazar... Ah on me dit aussi que la 3eme place du Portugal a la coupe du monde 66 avec la moitié de joueurs de Benfica dans le 11 titulaire et les 9 buts d'Eusebio ont aussi été l'oeuvre de ce monsieur...

après c'est sur que dans l'article, si William Pereira avait des choses a reproché a Porto c'aurait du être un article sur les periodes 80-90 la ou le "sistema" a été mis en place.
le penalty rate par Makukula vs Benfica qui leur permet de consever les 3 points, juste avant de signer au Benfica avec un gros contrat?
Alors que le mec etait bien tout naze, il a fait au final 3 match avec Benfica...
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