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Porto n'est plus d'attaque

L'année dernière, le FC Porto de Moutinho et James donnait une leçon de football offensif au PSG à domicile. Un an plus tard, la machine s'est enrayée, surtout en attaque, au point de produire un jeu de moins bonne qualité que ces dernières années.

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Le FC Porto, actuel leader de la Liga Sagres - pour changer - vient de fêter ses 120 ans, d'ouvrir un musée à la gloire du club et d'annoncer la prolongation du contrat de Jackson Martínez. A priori, tout va bien. Mais à l'heure d'affronter la redoutable équipe de l'Atlético Madrid qui se remet à peine d'un derby victorieux contre le Real Madrid, les hommes de Paulo Fonseca montrent quelques signes de faiblesse. Statistiquement, cela se voit peu ou pas (pour le moment), mais sur le terrain, certains signes ne trompent pas. Porto joue moins bien que l'année dernière au même stade de la saison, et voir les Dragons taper les Colchoneros en toute sérénité mardi soir relèverait presque du miracle vu leurs dernières sorties en championnat. Certes, en face, il y avait Estoril, puis Guimarães, deux Européens, mais contre aucune de ces deux formations le FCP ne s'est montré à la hauteur du niveau auquel on l'attend. Alors, c'est grave, docteur ?

Le dragon brûle ses ailes

De fait, Porto partage quelques soucis en commun avec le Paris Saint-Germain depuis quelques semaines. Une très forte possession du ballon stérile, d'excellents joueurs axiaux, mais un manque d'activité et de grosses difficultés à trouver la faille face aux formations qui choisissent de jouer très bas pour se projeter rapidement en contre (ce qu'a exactement choisi de faire Simeone contre le Real). Et le plus inquiétant, c'est que Paulo Fonseca n'a pas forcément les moyens de corriger ces défauts à court terme. Surtout en ce qui concerne les ailes, point fort du Porto de Villas-Boas devenu boulet depuis le transfert de Hulk au Zénith. Et le départ de Vítor Pereira, entraîneur le plus haï à Porto depuis Octávio Machado, n'y a rien changé. Les jeunes ailiers ne font toujours pas partie des plans de l'équipe principale, mis à part Ricardo qui gratte quelques secondes à droite, à gauche. Atsu est parti, Iturbe a été prêté à Verone où il fait déjà l'unanimité, alors que Kélvin est prié de traîner son mulet en équipe B. Du coup, à part la révélation Lica, les Dragons doivent composer avec un Varela en petite forme et Quintero, dix de génie dont le rendement est minimisé sur les couloirs. Et bien qu'il soit capable de dépanner honorablement son entraîneur à l'instar de James Rodríguez l'an passé, l'ancien de Pescara a cette fâcheuse tendance à dézoner dans l'axe, créant ainsi un déséquilibre dans le jeu portista.

Car à la base, le milieu de terrain est surpeuplé. Fernando, Lucho, Defour, Josué et Quintero. Cinq pour trois places. C'est balèze. À côté des intouchables Fernando et Lucho, Fonseca dispose de plusieurs solutions : Steven Defour, expert dans la récupération de balle dans les 30-40 mètres adverses, mais très maladroit dans la dernière passe et Josué (ou Quintero), fin technicien mais moins efficace à la récup' et donc moins intéressant pour une équipe qui veut asseoir sa domination très haut, de préférence dans le camp adverse. Les deux modèles permettent quoi qu'il en soit à Porto de posséder le ballon de deux manières différentes - en gagnant beaucoup de duels ou en perdant moins la balle -, mais trouvent leurs limites dans le manque, voire l'absence de mouvement du secteur offensif. Dans le cas où Defour est titulaire, cet immobilisme s'explique par la position reculée du Belge et son incapacité à aller de l'avant. Dans l'autre cas de figure, Josué et Quintero sont des créateurs au même titre que Lucho. Et un créateur, ça ne bouge vraiment que quand ça touche la baballe. Autant dire que le jeu sans ballon n'est pas le point fort de ce Porto.

El Cha cha cha marque, mais ne convainc pas

Et qui dit inertie dit manque de solutions et absence de verticalité. Résultat, Porto mouline et enchaîne les passes latérales sans jamais vraiment percer. Là encore, et en dépit du gros travail offensif des arrières latéraux, l'absence d'un n°7 rapide, capable de déstabiliser une défense grâce à ses appels dans la profondeur ou sa capacité à percuter balle au pied, handicape fortement le champion portugais. Sans compter que Jackson Martínez a du mal à s'illustrer dans ce nouveau système où il a beaucoup moins d'espaces. Certes, il a réussi à faire trembler les filets à cinq reprises, mais ses pions, il les doit avant tout à son instinct de renard. La réalité, c'est qu'on est aujourd'hui loin du Cha cha cha de l'an passé. Son influence dans le jeu est quasi nulle, ses appels sont rarement pertinents et ses décalages dos au but sont bien moins tranchants qu'à l'accoutumée. À sa décharge, l'incessant turnover imposé par le nouvel entraîneur ne doit pas l'aider à trouver ses marques et prendre confiance en lui. La bonne nouvelle pour les Dragons, c'est que le Colombien sait qu'il n'est pas très bon et, tout grand joueur qu'il est, il finira sans doute par trouver la solution pour s'adapter à ce nouveau schéma. L'autre bonne nouvelle, c'est que les « Azuis e branco » auront l'avantage de défier l'adversaire le plus redoutable de leur poule à domicile, où ils sont invaincus depuis 70 matchs. Mais il en faudra sans doute un peu plus pour prolonger cette impressionnante série. Parce qu'en face, c'est un monstre qui débarque au Dragao.

Par William Pereira
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Les entraîneurs passent à Porto mais la philosophie de jeu reste la même avec un 4-3-3 quasi immuable.

Le problème était ciblé dès le début de saison (pour ne pas dire la saison passé), déficit de puissance et de rapidité sur les ailes. Licà et Josué font le taf défensif mais n'ont pas le coffre pour percuter, pour déstabiliser les défenses adverses. Varela joue sur courant alternatif, Izmaylov reste un joueur très fragile. Jackson, qui avait la tête ailleurs, se retrouve beaucoup plus axial mais avec moins de munitions. D'où l’incompréhension des départs (ou prêts) des jeunes Atsu, Kelvin, Iturbe (même si au niveau discipline/tactique ces joueurs restent très perfectibles).

Au milieu, le repositionnement de Lucho un cran plus haut, permet à l'argentin de faire moins d'efforts et, à la récupération de la balle, d’être plus haut pour distribuer le jeu. La paire Fernando-Defour donne plus de stabilité et de sécurité, même si niveau relances, transitions, c'est plus "lent". L'entrée de Quintero poussera soit Lucho en milieu relayeur soit sur le banc. En tout cas, il démontre sur chaque rentrée, un fort potentiel.

La seule bonne nouvelle pour les dragons reste la suspension de Diego Costa, car ils vont affronter une redoutable machine, invaincue face aux deux ogres espagnols.
Le FC Porto de Vitor Pereira était vraiment pas sexy à voir jouer.
Je trouve au contraire que Fonseca fait du bon boulot, c'est pas simple de remplacer Moutinho dans l'entrejeu.
Malgré tout l'Atletico va repartir de la bas avec les fesses rouges, je l'annonce.
Benito-Bx Niveau : CFA
Note : 1
Vous êtes dur avec Defour...il est pas maladroit au niveau passe dans l'espace et il sait apporter le surnombre quand il faut. C'est plus dur pour les milieux défensifs de s'illustrer offensivement si les ailiers ne déséquilibrent pas le bloc adverse.
Message posté par Aswad
Malgré tout l'Atletico va repartir de la bas avec les fesses rouges, je l'annonce.


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