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Porto : appellation d'origine contrôlée

Après avoir planté deux buts contre Arsenal (2-1) en huitièmes de finale aller de la Ligue des Champions, le FC Porto est à deux doigts de la faire à l'envers aux Gunners. Et ce ne serait qu'un succès de plus pour un club habitué aux grands crus.

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La virée à Porto a vite tourné au vinaigre pour Arsenal. Deux ballons au goût de piquette et une bonne gueule de bois pour les Britishs. Il y a quinze jours, à l'aller, Falcao a encore payé sa tournée. En marquant le second but du match (2-1), le Colombien a encore fait parler la poudre et plongé Arsène et sa bande dans un “very bad-trip”... Il vient de s'injecter son quatrième but de la compétition. Un de plus cette saison... A peine débarqué sur les quais du Douro, le déjà voilà étiqueté comme un joueur “à Porto” (à la manière de Porto). Symbole du savoir-faire des Dragons en matière de recrutement, il est le meilleur du cru 2009/10, sélectionné par le nez des recruteurs les plus fins. Comme Lucho, Lisandro, Cissokho, Anderson ou Pepe (entre autres) avant lui, Porto sort un nouveau millésime de sa cave.
De quoi faire tourner la tête d'Arsène Wenger. Voire même le saouler. Il y a deux ans, son Arsenal, qui cherche un successeur à Manu Adebayor –parti à City– s'intéresse au buteur vedette de River Plate. Mais les bien-nommés Millionarios exigent 15M€. Les Londoniens la jouent radins (10M€ quand même) et lâchent prise. Vexé, El Tigre crache : « Je suis très bien ici » . Un an plus tard, le FCP boucle l'affaire avec une remise de 50% et le sourire du crémier : « Je signe dans un très grand club » .

« On recrute aussi bon qu'on vend »

C'est que dans la maison bleue et blanche, le patron s'appelle Pinto da Costa. Ancien président de la Ligue de foot portugaise, chef d'entreprise, homme politique, PDC est à la tête de la Nação (Nation) FC Porto depuis 1982. Avec lui, le club a empoché tous les titres possibles, plus d'une cinquantaine au total. L'homme a le bras long et le sens des affaires. Certaines lui vaudront d'être convoqué devant les juges (sifflets dorés) mais à 71 ans, il est intouchable et même respecté. « Lors d'un déjeuner avec l'Atletico Madrid, leurs dirigeants m'ont demandé comment nous faisions pour recruter des joueurs aussi bons que ceux que nous vendons » , se marre-t-il, en octobre dernier.

Car à Porto, on fait des heureux et surtout des euros. Le club est surnommé le “champion des ventes” par la presse locale. Sur les trois dernières saisons, il a liquidé une partie de son cépage pour près de 200M€. C'est presque deux fois plus que les Gunners dans le même temps. Loin de jalouser les ouailles d'Arsène, les Portistes s'apparentent plus à Manchester United. Des villes où boulot est le maître mot, méprisées par la clinquante capitale. Avec deux C1 remportées (1987 et 2004) par les Dragons et trois pour les Red Devils, les deux clubs détiennent le record de participations en Ligue des Champions (16). Des résultats qui rapportent gros. Cette saison, les Portugais du Nord ont voté un budget de 81M€, le plus gros de l'histoire du club. Le FC Porto est bel et bien une grande travailleuse à la petite bourse, comparé aux beaux engins de ses voisins européens.

« Faire de Porto le meilleur club formateur »

A Porto, on a vite compris que la survie passait aussi par la plantation de nouveaux pieds. Une partie des fonds est investie dans la formation. Un centre d'entraînement flambant neuf a ainsi été mis sur pied dans la foulée de la construction du stade du Dragon pour l'Euro 2004 et la mission Projet 611 est lancée. 6 comme 200(6), l'année de début de cette initiative dont le bilan sera dessiné en 20(11). Le but : « Faire de Porto le meilleur club de formation » avec pour slogan : « Vaincre et stabiliser le succès » . Une réussite qui se veut sportive et financière. En vingt ans, le FCP affirme avoir vendu pour plus de 80M€ de joueurs formés au club (Ricardo Carvalho, Hélder Postiga, Sérgio Conceição, Vitor Baia...). Le premier gros transfert s'appelle Rui Barros qui, en 1988, signe à la Juventus pour 5M€.

Aujourd'hui, l'ancien milieu de terrain de poche (1m60) de Monaco et Marseille est l'un des adjoints de Jesualdo Ferreira en équipe première. Mais il est surtout l'un des superviseurs des jeunes pousses. L'un des nombreux anciens dont la fidélité a été reconnue. João Pinto, Frasco, Paulinho Santos, André, Bendeirinha, sont quelques-unes des gloires élevées au Porto et prêtes à partager le litron. Une belle grappe au subtil parfum d'Oranje. Il y a quelque temps, le Président Pinto da Costa a décidé de mixer ses bons vieux mousseux avec des entraîneurs néerlandais : « Les meilleurs formateurs du monde » , a-t-il justifié.

Formateur d'entraîneur

Du coup, Bataves et Portugais partent en découvreurs pour dénicher de nouveaux talents à travers le monde. Le Brésilien Hulk, un temps suivi par le PSG, est ainsi venu du Japon, et puis sont arrivés l'international espoirs ghanéen David Addy, des Danois de Randers, le buteur sénégalais Yero (18 ans) d'Istres, sans oublier la filière sud-américaine.

En marge de son projet, 611 a par ailleurs lancé le Dragon Force. Une école de football fréquentée par 850 élèves qui anime des stages et des road-shows. Autant d'initiatives qui permettent aux Dragons de figurer parmi les meilleures équipes de jeunes du pays et aussi d'alimenter les sélections de jeunes du Portugal... ainsi que les clubs de seconde zone.

Comme ses rivaux lisboètes, Benfica et Sporting, le FCP a une trentaine de joueurs en rodage chaque saison dans des clubs partenaires. Leiria et l'Académica ont un temps fait partie de ces clubs “locataires”. Aujourd'hui, c'est Olhanense (Liga) qui joue l'enfant-chéri. Il faut que dire son entraîneur s'appelle Jorge Costa... légende née et formée à Porto. En fin de saison, Jesualdo, qui sera certainement dévoré sur sa croix par les Aigles de Benfica, nouveaux rois du championnat, pourrait lui céder sa place. A moins que le rôle ne soit attribué à son homologue de Braga : Domingos. L'un des entraîneurs les plus prometteurs du pays. Autre légende du Dragon qui fit aussi ses gammes d'entraîneur à... Porto.

Nicolas Vilas

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