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Porsanger IL, le foot latitude 70° Nord

À Lakselv, au fond du fjord de Porsanger, joue le Porsanger IL, club de 4e division norvégienne. On a été voir à quoi peut ressembler le quotidien d'un club évoluant au nord du cercle polaire, dont l'écusson associe skis de fond et ballon rond.

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La piste de l'aéroport est déserte. Les trois autres passagers du petit bimoteur de la Scandinavian Airlines en provenance de Tromsø se sont engouffrés dans de solides 4x4, moteurs tournants sur le parking. Il ne reste qu'une petite bâtisse en bois, un sac, et les reflets sur l'eau cristalline du fjord, à quelques dizaines de mètres. Bienvenue à Lakselv, la « rivière aux saumons » , 190 km au sud du Cap Nord.

Bas de ligne ou filets de but


Un café plus tard apparaît Reidulf, le président du Porsanger IL. Teint hâlé, carrure d'athlète, il a quelque chose de Mourinho : lui non plus ne fait pas ses 52 ans. La comparaison s'arrête ici : son club fondé en 1922 joue en 4e division locale et ne risque pas de découvrir un jour l'élite. Au vrai, aucun club du comté du Finnmark n'y a jamais joué. Car si le comté du Nord est le plus grand de Norvège, c'est aussi le plus désertique : 1,5 habitant au kilomètre carré. À titre de comparaison, avec en moyenne 13 habitants sur la même superficie, la Norvège possède la 2e densité la plus faible d'Europe après l'Islande. Forcément, lorsqu'il y a plus de poissons que d'humains, la tentation de la pêche est grande. Ici, les attaches de toit sont placées le long du pare-brise et sont prévues pour accueillir des cannes.


Reidulf Mourinhø en convient aisément : « La pêche et le foot sont les deux activités principales. Mais tu trouveras bien plus facilement de quoi monter ton bas de ligne qu'un équipement de foot ! » Il a fière allure, pourtant, son petit club : une quinzaine d'équipes, 120 joueuses, 130 joueurs, le tout pour une bourgade de 2 500 âmes. Sans compter les sections hand, running et ski, évidemment. Les installations rappellent aussi que la Norvège est un des pays les plus riches au monde : terrain couvert, terrain synthétique, tracteur John Deere rutilant sur terrain en herbe bien coupée. Ce dernier fait figure d'exception : ils sont 4 seulement sur tout le Finnmark, où le synthé est de rigueur : « Avec l'herbe, tu ne peux pas jouer tout le temps. Le championnat court du 20 avril au 10 octobre, c'est bien plus simple de jouer sur synthétique. Puis c'est une surface plus rapide, plus technique, bonne pour ce qu'on cherche à mettre en place. » Un peu de finesse dans un monde de glace.

Strand Ehspressen et Nordkapp


Et de la justesse : bien que situé sous les mêmes latitudes que le Groëland, la région ne subit pas du tout les mêmes conditions climatiques grâce au Gulf Stream. Résultat, la banquise ne s'y forme pas. Reste que la température moyenne au cœur de l'hiver est de -14°C et que le soleil ne se montre jamais entre le 18 novembre et le 23 janvier. Une nuit polaire à ne pas mettre un Lapon dehors, a fortiori en short. Le club fait alors marcher le chauffage et courir les plus jeunes sous le dôme immense. Des installations qui doivent avoir un coût certain. « Oui, mais notre poste de dépense le plus important reste les déplacements. Nous sommes 12 équipes dans le championnat et nous devons prendre l'avion 5 fois. Le déplacement le plus court est à 2 heures ½ de bus. » Ce qui explique pourquoi l'argent de la vente de Lars Iver Strand, figure locale du haut de ses 4 sélections nationales, à Tromsø au début des années 2000 a été réinvesti dans l'achat d'un bus, le bien-nommé Strand Ehspressen.

Pas de déplacement aujourd'hui, la visite vient des voisins. Situé encore un peu plus au nord, sur l'île du Nordkapp, Honningsvåg a payé ses 2 heures de route pour un simple match amical. Le prestige, peut-être, d'affronter une équipe évoluant une division au-dessus. Le terrain est parfaitement droit, les remplaçants logés sous des abris de bois rouges à liserés blancs, un pêcheur ajuste sa ligne en arrière-plan. Et le soleil reste immobile dans cette image d'Épinal norvégien. Pendant 90 minutes, il va flirter avec la ligne d'horizon barrée par les falaises sans jamais disparaître. La luminosité ne faiblit pas d'un iota, non plus le bon niveau de jeu. Ça doit être l'air sain et l'eau pure.

Par Eric Carpentier
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Note : 2
Ça laisse rêveur, et me donne envie d'aller me perdre dans ces contrées éloignées (avec un petit détour par les Îles Féroé, c'est pas à côté mais merde, juste pour voir l'ancien gardien féringien avec son bonnet rouge !)
ça me rappelle de bons souvenirs passés lors d'un périple de plus d'un mois en Norvège où j'avais été également impressionné par la qualité des installations et le nombre de de stades couverts.
J'étais d'ailleurs passé à Lakselv.
nononoway Niveau : CFA
Message posté par Pig Benis
Ça laisse rêveur, et me donne envie d'aller me perdre dans ces contrées éloignées (avec un petit détour par les Îles Féroé, c'est pas à côté mais merde, juste pour voir l'ancien gardien féringien avec son bonnet rouge !)


Déjà fait la Norvège du nord, c'est sublime. Les îles Lofoten : immanquables. Prendre un très bon anorak, ceci dit.

Les îles Féroé pas (encore) fait, mais je sais que c'est "facile" en prenant un bateau depuis Copenhague. Il faut avoir le temps, ceci dit.
prtcl2x89 Niveau : DHR
pour connaitre un peu épinal, la comparaison est douteuse, mais bon...

néanmoins, les paysages norvégiens doivent être à couper le souffle
Claude-Néant Niveau : District
"Et le John Deere, le John Deere, le John Deere, y est vraiment fat, faaat, faaat". Les vrais reconnaitront :)
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