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Pompey : la chute

Vainqueur de la Cup 2008 et éphémère gros bras de la First League, le Porstmouth FC n'en finit pas de s'écrouler depuis deux saisons, autant financièrement que sportivement. Rise and fall story.

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Il doit sacrément avoir l'air d'un con, John Westwood, à promener sa bedaine dans les rues de Pompey avec inscrit dessus en gros “Portsmouth FC jusqu'à la mort”. Le fan de football le plus cintré d'Angleterre, avec cette indélébile inscription et 60 autres à la gloire de son club, doit bien se sentir obligé de continuer à se rendre à Fratton Park chaque jour de match. Même si le jeu pratiqué en ce moment par les siens donnerait plus envie de se laisser couler dans la Manche lesté d'une caisse de Pale Ale.

L'époque glorieuse du Portsmouth FC n'est pourtant pas si lointaine. En 2008, cinq ans après l'accession du club dans l'élite, il termine à une très honorable huitième place. Surtout, il remporte la FA Cup, premier trophée majeur depuis plus de cinquante ans. Dirigée par le génial Harry Redknapp, l'équipe a fière allure, avec notamment David James dans les cages, Glen Johnson, Sol Campbell et Sylvain Distin en défense, Lassana Diarra, Papa Bouba Diop, Sulley Muntari et Niko Kranjcar au milieu, ainsi qu'une attaque Defoe–Utaka (ou Kanu). Les finances sont alors assurées par le très trouble Alexandre Gaydamak, fils d'Arcadi. Le garçon est louche, mais il aligne les billets, notamment en achetant Peter Crouch à l'intersaison, alors on ferme les yeux sur sa réputation. A tort.

Les prémices de la chute de Pompey surviennent vite. A l'automne 2008, première grosse secousse : Redknapp est appelé à Londres pour succéder à Juande Ramos à la tête de Tottenham. Pour le remplacer, on fait appel à son adjoint, Tony Adams. L'ex-Gunner est bien brave, mais comme coach, il ne s'en sort pas (pour info, il dirige actuellement la lanterne rouge du championnat d'Azerbaïdjan). A la trêve hivernale, Defoe et Lass' Diarra sentent le coup fourré et fuient. Deux mois plus tard, le coach des jeunes, Paul Hart, prend en main l'équipe et réussit tant bien que mal l'opération maintien. Ce n'est qu'un sursis.


A l'été 2009, alors que le club est racheté par un certain Suleiman Al Fahim (Émirats Arabes Unis), il est question des premières difficultés financières. Quelques gros salaires partent (Crouch, Campbell, Johnson, Kranjcar, Distin), remplacés par une palanquée de prêts et de seconds couteaux mal affutés (Piquionne, Dindane, Yebda, O'Hara, Finnan, Ben Haïm...).

La saison commence par sept défaites et certains salaires ne sont pas assurés. Un nouveau proprio arrive (Ali Al-Faraj, Arabie Saoudite, via une compagnie enregistrée aux Iles Vierges...), ainsi qu'un entraîneur, Avram Grant. La situation financière devient tellement catastrophique qu'en janvier 2010, les 7 millions de livres de droits TV sont directement utilisés, sur ordre de la Premier League, pour payer des dettes de transferts. Un mois plus tard, nouveau changement de propriétaire : Balram Chainrai, homme d'affaires hongkongais d'origine népalaise, prend officiellement les commandes du club, lui qui avait déjà mis des ronds dans les précédents rachats. Il n'empêche que le joyeux bordel se poursuit, avec notamment 9 points retirés en championnat et quelques rocambolesques situations, comme celle qui arrive au malheureux Aruna Dindane, interdit de jouer par son club malgré 21 bons premiers matchs, car une clause avec le RC Lens indiquait que Portsmouth devait verser 5 millions de livres (qu'il n'avait pas) à partir du 22e match. Malgré la relégation en Championship, Pompey réussira tout de même à faire parler d'elle en bien à la fin de la saison, avec une étonnante finale de Cup, perdue 1-0 face à Chelsea. Ironie de l'histoire, en demi-finale, les hommes d'Avram Grant avaient réussi l'exploit de battre Tottenham. Le Tottenham de Redknapp, Crouch, Defoe et Kranjcar...


Cet été, on craint la faillite, mais le club est miraculeusement sauvé d'une liquidation définitive après avoir gagné un procès face au fisc, qui réclamait le paiement de 37 millions de livres (en cause : des accords directs entre Portsmouth et des clubs débiteurs). Pour autant, l'heure est grave. Avram Grant est maintenant à West Ham (remplacé par Steve Cotterill) et beaucoup de joueurs sont partis. Les prêts bien sûr, mais aussi quelques historiques comme Calamity James et Papa Bouba Diop, ainsi que Kevin Prince Boateng. Sans pouvoir en contrepartie apporter de sang neuf, comment redynamiser ce qui reste d'un effectif totalement déprimé ? Difficile, voire impossible. Résultat : Portsmouth FC, qui s'est vu interdire de participer à l'Europa League, a totalement manqué son début de saison et se trouve à la 24e et dernière place du championnat. Prochain match, le 11 septembre à domicile face à Ipswich Town. John Westwood sera là. Avec son écharpe, ses tatouages... et une boite de Prozac ?

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