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Pologne, premiers ébats

Ivres de bonheur. Après huit ans d’attente et six échecs consécutifs, la Pologne a fini par gagner le premier match de son histoire européenne. Un succès pas franchement convaincant face à l’Irlande du Nord où les stars n’ont pas brillé, mais ce matin, au pays de Lech Walęsa, on s’en fout. C’est jour de fête.

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« ON L’A !!! Un but de Milik pour nous donner la victoire contre l’Irlande du Nord ! Grand Kaputska ! » Non, le quotidien polonais Dziennik Polski n’a pas pressé le capslock pour la victoire de la Pologne en Coupe du monde, pas encore, mais bien pour évoquer… son dépucelage à l’Euro. Trois phases finales à attendre une victoire qui ne semblait jamais venir, même lorsque le pays avait co-réceptionné la compétition en 2012.

De fait, lorsque Arkadiusz Milik a balancé sa frappe du gauche dans les filets de Michael McGovern hier en début de soirée, le pays avait déjà gagné plus que trois points. Lavé, l’affront du 1-1 face à la Grèce il y a quatre ans. Lavé encore, l’échec du 1-1 face à la Russie. Lavé toujours, le camouflet de la défaite 1-0 face à la Tchéquie. Un petit but à zéro. Évidemment, comme toutes les première fois, une seule percée aura suffi à faire le boulot. Mais après huit ans de travail au corps, la Pologne vient de conclure. Et c’est tout un pays qui jouit.

«  C’est à ne pas en croire nos yeux »


« Ce coup de sifflet pour lancer l’Euro de la Pologne face à l’Irlande du Nord était celui que tout le pays attendait depuis des mois. Pendant 90 minutes, plus rien n’était important : les problèmes de la vie quotidienne, toutes les divisions, y compris politiques. Hier, le football polonais pensait seulement à ce qui allait advenir dans le stade de Nice. Et avec une seule défaite en qualifications face aux champions du monde allemands, les espoirs étaient plus importants que jamais. » L’accroche du compte-rendu de match du Dziennik Polski se la joue lyrique, et veut tout dire de l’importance que revêtait ce match dans les têtes de l’Est avant même de commencer.

Il faut dire que, jusqu’au coup d’envoi à 18h, la Pologne à l’Euro, c’était trois nuls et trois défaites. Un bilan famélique pour une sélection jamais vraiment servie par ses générations et souvent tombée dans des groupes compliqués : en 2008, c’était l’Autriche, l’Allemagne et la Croatie de Slaven Bilić. En 2012, la Grèce, la Russie et la Tchéquie. Alors une victoire, ça méritait bien la Une du quotidien généraliste Gazeta Wyborcza, qui se laissait dimanche soir gagner par l’émotion : « Près de six mois après la fin de la campagne de qualifications, c’est à ne pas en croire nos yeux. »

Arkadiusz Milik, points comptent triple


Un joueur en particulier fait l’unanimité : Bartosz Kapustka, le milieu de terrain du Cracovia Kraków. À 19 ans seulement, le petit jeunot ne faisait que remplacer Kamil Grosicky, mais pourrait bien lui chiper la place de titulaire pour le reste du tournoi. Le Dziennik Polski parle du gamin comme d’un « nouvel essentiel » du sélectionneur Adam Nawałka qui se cherchait peut-être son Ribéry 2006. Il faut dire que les soirs de fête sont une spécialité pour le petit bonhomme, impliqué il y a quelque mois dans une bagarre à la sortie d’une boîte de nuit polonaise. Une légère couille dans le potage au milieu de l’euphorie, que n’oublient d’ailleurs pas de souligner les journalistes, tout comme le niveau de l’opposition du soir, il est vrai particulièrement faible. La preuve là-dessous, avec un coup œil sur les statistiques :


L’Irlande du Nord, c’est 0 tir cadré. Surtout, Robert Lewandowski n’a pas pesé alors qu’un boulevard lui était offert dans une Allianz-Riviera quasi homonyme de son jardin préféré, préférant laisser la lumière à l’autre vrai héros du jour, Milik, devenu par là même à 22 ans et 104 jours le plus jeune buteur de l’histoire du pays à l’Euro. Pas très compliqué, mais performance tout de même. « Historique » , même, comme la désigne le quotidien Nasz Dziennik (Dziennik signifiant journal, en VF), décidément sur la même longueur d’ondes que ses homologues. Tous les voyants sont donc loin d’être au vert, malgré l’histoire. Le prochain match, jeudi face à l’Allemagne, ébranlera peut-être certaines certitudes, alors que la qualification devrait de toute façon se jouer contre l’Ukraine lors de la dernière journée de poules. Quoi qu’il arrive, l’Euro 2016 restera donc dans l’histoire du football polonais comme celui de la première fois. Reste désormais à confirmer pour la deuxième, histoire de prouver aux camarades de classe que tout cela n’était pas qu’un simple coup d’un soir estival.

Par Théo Denmat
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phildag76 Niveau : DHR
Niech Zyje Polska !
Ca fait plaisir, Boje!
ils ont passé le cap mental de la première victoire.
Maintenant même si intrinsèquement ils sont moins fort que l'Ukraine et l'Allemagne, ils peuvent faire un coup voire finir premier de la poule.
Tu fous juste Cionek ou Salamon à la place de Pazdan et Zielinski à la place de Maczynski
Message posté par phildag76
Niech Zyje Polska !


Jeszcze raz, jeszcze raz! Niech żyje Polska!
cul-terreux Niveau : DHR
C'est qu'une impression ou c'est vraiment dur d'apprendre le polonais ?
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