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Pirlo, le phare azzurro

Dans une équipe d’Italie en plein doute après la défaite contre la Russie, Andrea Pirlo fait figure de pilier parmi les piliers. Le joueur de la Juventus vient de réaliser une saison exceptionnelle et compte bien tenter de transcender les Azzurri lors de cet Euro.

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24 juin 2010. Il y a un peu moins de deux ans. On est en fin d'après-midi. C’est le moment que choisit Marcello Lippi, le sélectionneur italien, pour faire entrer Andrea Pirlo. Le joueur avait été touché avant le début du Mondial. Il avait dû manquer les deux premiers matches contre le Paraguay et la Nouvelle-Zélande. Là, c’est situation d’urgence. L’Italie perd 1-0 contre la Slovaquie, et est au bord de l’élimination. Pirlo entre, donc, sur une jambe. D’un coup, la lumière s’allume. Pendant une demi-heure, la Squadra va jouer comme elle aurait dû jouer depuis le début. Enfin des ouvertures. Enfin des vraies passes. Enfin du mouvement. L’Italie marque deux buts, en encaisse deux, est éliminée.

Mais l’impression générale est là : si Pirlo avait été là depuis le début, cela n’aurait pas été la même histoire. Depuis, les choses ont bien changé pour le joueur le plus classe d’Italie. Après une saison compliquée à Milan, couronnée tout de même par un Scudetto, il quitte la Lombardie pour le Piémont. À Turin, c’est la renaissance. Alors qu’il semblait avoir perdu ses jambes, Pirlo retrouve toute sa fougue et sa vigueur. Il est le titulaire indiscutable de la Juve d’Antonio Conte, le métronome de l’équipe, celui à qui le coach donne les clefs. Et Andrea le lui rend bien : 14 passes décisives, et un Scudetto obtenu au terme d’une saison vécue sans la moindre défaite. La perfection n’existe pas, mais ce Pirlo-là s’en est quand même sacrément rapproché.

L’affaire du siècle

Les avis sont unanimes : Andrea Pirlo a été le meilleur joueur du championnat d’Italie, cette saison. Alors qu’il vient de fêter ses 33 ans, le milieu de terrain a connu un véritable état de grâce tout au long de la saison. Alors qu’il était continuellement blessé lors de ses derniers mois milanais, il a connu un exercice 2011-12 sans le moindre pépin physique. 37 matches disputés sur 38. Sa seule absence a été due à une suspension. Et d’ailleurs, lors de cette absence, la Juve avait eu beaucoup de mal à venir à bout de la lanterne rouge, Cesena. Normal : personne n’était là pour transpercer la défense avec une passe magique. Des passes dont ont bénéficié tout au long de la saison les attaquants turinois, mais aussi les milieux et les latéraux qui avaient eu la bonne idée de monter dans le dos des défenseurs. Car oui : si vous partez dans la profondeur, vous pouvez être sûrs que Pirlo va vous voir. Et vous servir à la perfection. Et potentiellement vous offrir une balle de but.

Or, quand même un gardien répondant au nom de Gigi Buffon vous sponsorise, cela veut dire quelque chose. « Merci à Galliani de nous l’avoir offert. C’est l’affaire du siècle. C’est le genre de joueur qui peut vous changer une équipe » , assurait le portier au début de la saison, dans une interview à La Repubblica. A priori, il n’a pas changé d’avis depuis. Décisif à la Juve, il va désormais devoir l’être en équipe d’Italie. Cesare Prandelli le sait et n’a jamais douté du fait qu’il serait le leader de la Nazionale. Comme il en avait été le leader lors de la conquête du titre mondial en 2006. D’ailleurs, c’est lui qui avait inscrit le premier but de la Squadra Azzurra en Afrique du Sud, face au Ghana, d’une frappe du pied droit. À six années d’intervalle, sa chaussure droite est toujours aussi bouillante.

Tranquillité et suspension

Alors, quel poids va avoir Pirlo dans cette Squadra Azzurra ? Lors des derniers matches de préparation, face aux États-Unis et à la Russie, il était pourtant là, mais n’a pas réussi à influer sur le jeu. Force est toutefois de constater que, face aux Russes, la Nazionale s’est totalement effondrée après sa sortie du terrain. Mais cela ne doit pas être une excuse. En Italie, les médias s’appuient souvent sur l’absence de Pirlo pour justifier une contre-performance de la Squadra. Certes, ôter un pilier a forcément une influence néfaste sur l’équipe. Mais une nation comme l’Italie se doit de pouvoir trouver une alternative. L’alternative la plus logique, c’est Montolivo. Mais le milieu de terrain de la Fiorentina (qui jouera la saison prochaine au Milan AC) n’a jamais franchement convaincu en équipe d’Italie. S’il a été clairement décevant pendant la Coupe du monde 2010, il a offert quelques prestations respectables sous Prandelli, et notamment face à l’Espagne, où il avait inscrit un magnifique but, d’une balle piquée du gauche.

Mais personne n’est dupe : le maestro Pirlo est au-dessus. Ce n’est pas Cesare Prandelli qui dira le contraire. «  C'est très difficile, actuellement, de faire sans lui. Personne ne dicte le jeu comme lui le fait. Il a aussi une caractéristique que peu de gens peuvent se targuer de posséder, il apporte du calme au jeu et provoque de la tranquillité chez ses partenaires » , assure le sélectionneur. La tranquillité de celui qui arbore le maillot azzurro depuis 2002, qui compte 83 sélections à son compteur et qui garde surtout un compte en suspens avec les Espagnols. En effet, lors de l’Euro 2008, lorsque l’Italie, championne du monde, avait affronté l’Espagne en quarts de finale, Pirlo n’avait pas pu honorer la sélection. Il était suspendu, à cause de deux cartons jaunes reçus successivement contre la Roumanie et la France. Cette fois-ci, pas de suspension sur le dos. Pirlo sera là, bien là. Et c’est l’Italie toute entière qui lui remet ses attentes et ses espoirs.

Eric Maggiori
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Fuoriclasse..., ce type a cette capacité, à l'instar de Gerrard ou Xavi, de rendre meilleurs ses coéquipiers (Marchisio a encore franchi un palier cette saison et Vidal a été impressionnant, dans ce milieu à 3 à Turin).
Le parcours des Azzuri dépend beaucoup du niveau qu'il va afficher...mais également du niveau de la défense qui a inquiété lors de ses dernières sorties. N'est pas Nesta-Cannavaro qui veut...
joeystarr Niveau : DHR
en régle générale je ne suis pas forcément fan des joueurs italiens, mais si il y'en a bien un que j'adore c'est lui. la classe à l'état pure, l'élégance : j'espere que le Milan s'est bouffé les c******* avec des oignons de l'avoir laissé partir (gratos si je ne m'abuse)
22 H??? Le match à eu lieu à 16 h....je ne peux mal de l'oublier ce fut l'aprème le plus cauchemardesque de ma vie!!
Pirlo, le milieu italien le plus classe et de loin. En règle générale, je suis plus attiré par la classe des défenseurs italiens (Nesta, Maldini...) mais dans un autre registre.
En plus, ce que j'admire, c'est qu'il dénote des milieux de terrain que le public a l'habitude d'encenser. Souvent, on aime les joueurs techniques, rapides, capables de faire la différence à eux tout seuls. En ce qui concerne Pirlo, c'est différent : on loue davantage sa capacité à illuminer le jeu, à l'organiser et le réguler. Il rend effectivement meilleur autour de lui et apporte sérénité et confiance.
Mine de rien, c'est ça un joueur essentiel à mon goût.
Si je ne m'abuse, Andrea c'est un milieu technique, il fait bcp de gestes techniques en fait, mais jamais dans l'inutilité, notamment lorsque la balle est dans son propre camp, qu'il est encerclé de trois joueurs, et qu'il peut pas forcément donner une passe, il a tellement confiance en lui et en sa technique, qu'il dribble (un petit pont, une roulette, une virgule..etc)
C'est vraiment le tout meilleur milieu de terrain au monde.
Grande Pirlo. Non dimenticarlo mai !
SoninkePsg Niveau : DHR
Le joueur le plus classe de l'histoire !
@SoninkePsg :

Demande à tonton Nasser qu'il te l'achète alors ;)
Spike Spiegel Niveau : CFA2
Mon cher OL88, si jamais Pirlo venait à signer au PSG, même en pré retraite, cela serait le plus beau jour de toute ma vie, footballistique tout du moins. Mon joueur préféré dans mon équipe préférée. Mais il ne faut pas se leurrer, il est bien à la Juve et n'a aucune raison de partir.

J'ai d'ailleurs hâte de voir l'année prochaine, ce que vont faire les bianconeri en LDC, parce qu'avec un milieu Vidal-Marchisio-Pirlo et une défense pareil (Barzagli, Chiellini, Lichteiner et Buffon, jsuis pas un gros de De ceglie), ils vont être très très difficile à bouger.

Pour en revenir à Pirlo, je me souviens d'un article d'EM qui le comparait à la fabrication d'une oeuvre d'art, il a une capacité à rendre chaque ballon qu'il touche élégant, chaque action qu'il débute magnifique, limite touchante.

C'est aussi une classe sûr et en dehors du terrain, un mec intelligent et qui a du charisme. Avec une superbe technique de balle, une capacité à esquiver les joueurs adverses grâce à ses feintes de corps. L'auteur a raison de rappelé que la coupe du monde 2010 de l'Italie, ne commence qu'avec la rentrée d'un Pirlo sur une jambe, et malgré cela, il va transformer le jeu de son équipe. En cela, il m'a fait pensé à Zidane en 2002, Pirlo a un peu le même destin, et je regrette qu'il n'ait jamais eu de ballon d'Or, il le mérite tellement... M'enfin il n'est pas trop tard, si l'Italie remporte la compétition, il lui reviendra de droit. Mais vu les forfaits médicaux et diplomatiques, ça sent trop mauvais pour la squadra. Sans cela, je les voyais aller au bout.
Note : 1
Aaaaah Pirlo...
La conservation de balle les gars...

On parle toujours de ses ouvertures millimétrées mais là où il fait le plus de bien c'est quand il garde le ballon en focalisant le jeu sur lui. Ses coéquipiers ont tout le temps de s'insérer (en phase offensive) ou de se repositionner (en phase défensive). Il a le super-pouvoir de contrôler à lui seul le rythme d'un match.
Pirlo, c'est le maître du temps.

Même si c'est Buffon qui collectionne les montres de luxe (pardon pour la vanne pourrie, je me sentais devenir lyrique et c'est déconseillé par mon toubib).
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