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Piqué, retour à la normale

Un statut de remplaçant, une vie privée devenue publique… Le dernier millésime de Gérard Piqué s’apparente à un mauvais feuilleton de série B. Un championnat d’Europe est passé par là, et la grande gueule barcelonaise retrouve peu à peu des couleurs.

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Le Barça en avait fait l'un de ses symboles. Lui, Gérard Piqué, le petit-fils d’Amador Bernabéu, feu vice-président du mandat de Nunez, à la catalanité affirmée, devait être l’emblème blaugrana. Son retour en grâce sous l’égide de Pep Guardiola lors de l’été 2008 faisait figure de promesse exaucée. À côté de la vieille garde Puyol, il formait même ce qui se produisait de mieux défensivement, que ce soit sous la liquette du FC Barcelone ou de la Roja. Tout ce qu’un joueur peut remporter, il se l’est accaparé en deux petites saisons. Liga, Ligue des champions, Coupe du monde… Son armoire à trophées affiche comble, alors que son mètre quatre-vingt douze n’annonce que 23 printemps… De quoi faire tourner la tête du premier badaud venu. Illico proclamé meilleur relanceur du monde, successeur désigné du plus renommé des libéros – alias Franz Beckenbauer, ce qui lui vaut le surnom de Piquenbauer –, le natif de Barcelone sort pourtant d'une drôle d'année où le football semblait être passé au second plan. Mais les choses reviennent à la normale.

Le ras le bol de Guardiola

Son idylle avec la belle Colombienne Shakira fait d’ailleurs office de prélude aux tergiversations de Gérard Piqué i Bernabéu sur les rectangles verts. Alors que Pep Guardiola en avait fait l’un de ses fers de lance défensifs depuis son arrivée, il l’envoie sous la guérite à diverses reprises lors de l'ultime exercice. La faute à une vie jugée trop exubérante, pas assez centrée sur ce foutu ballon rond. Lors du huitième de finale aller de la dernière Champions League, Piqué a d’ailleurs squatté les gradins de la BayArena de Leverkusen. Il a donc assisté, comme un spectateur lambda, à la consécration de Javier Mascherano au cœur de son axe central attitré. Et pourtant, dans la formule expérimentale du 3-5-2 guardiolesque, les qualités de relanceur du grand dadais accolées à la grinta dudit Argentin et à la crinière de Puyol auraient pu apporter un semblant d’équilibre au précaire système défensif barcelonais. Pour la demi-finale retour contre le béton londonien, il profite des errements de Dani Alves pour se refaire une place dans le onze azulgrana. Une joie de courte durée, puisqu’en bon Schumacher des temps modernes, son propre portier, Víctor Valdés, le fracasse à la 26e minute. L’épilogue d’une saison de merde.

Pour les amoureux des statistiques, la cuvée 2011-2012 supporte mal la comparaison avec les opus précédents. Comparée aux plus de 5000 tours de cadran et près de 60 coups d’envoi des années antérieures, la dernière saison ne lui offre "que" 3800 minutes de jeu en cinquante apparitions. « Je vis cette décision avec beaucoup de tranquillité. C’est une décision du Mister, il faut la respecter, s’il pense que d’autres peuvent faire mieux. Je la respecte et j’essaye de travailler dur pour retrouver ma place dans le onze de départ  » , tentait de dédramatiser Gérard avant le choc face à Chelsea. Du côté de la presse catalane, l’heure était plutôt à l’hypertrophie : le quotidien Sport avançait d’ailleurs que la prolongation de Guardiola dépendait du départ de Piqué. Une thèse difficilement vérifiable, mais qui n’est pas sans rappeler qu’une rumeur, aussi folle soit-elle, vient bien de quelque part. À l’inverse, un fait des plus authentiques est la sérieuse blessure de son aïeul de charnière, Puyol. La plus belle chevelure du Royaume au tapis, c’est la quasi-assurance pour Piquenbauer de se retrouver actionnaire de la paire défensive alignée par Vicente del Bosque dans le road-trip ukraino-polonais. N’en déplaise à Raúl Albiol.

Un Euro et ça repart

Au côté de son meilleur amigo Sergio Ramos au top de son niveau, Piqué retrouve un peu de sa superbe. Certes, sa grande carcasse frôle parfois la suffisance et souffre du rapprochement face aux monstrueux Madrilènes, mais ses prestations n’en demeurent pas moins satisfaisantes. Le sélectionneur Del Bosque avait prévenu, «  s’ils ne s’entendent pas bien, qu’ils fassent en sorte de s’entendre, parce que, sur le terrain, ils devront s’entendre. » Au final, le pari est réussi : la Roja trône, une nouvelle fois, sur le toit de l’Europe, et son arrière-garde n’a encaissé qu’un seul ridicule pion. Pas mal pour un mec que certains grands experts annonçaient comme « fini » . L’autre bonne nouvelle estivale de Gérard n’en reste pas moins le départ du maître des lieux, Pep Guardiola. Avec la prise de fonction de Tito Vilanova aux commandes du Barça, Shakiro retrouve un homme de confiance.

Dans ses années juvéniles, Piqué bossait déjà sous les ordres de Tito. Ce dernier ayant même supplié Pep de réintégrer dans son escouade le jeune Gérard, alors égaré en perfide Albion. C'est donc tout sauf un hasard si Piqué élève Tito Vilanova au titre de mentor, sur le même piédestal qu’un certain Alex Ferguson. De retour de vacances après sa breloque européenne, Piqué affiche une forme ascendante. Bien loin des quelques kilos superflus observés douze mois auparavant. Malgré cela, c’est bien Puyol qui est aligné d’entrée lors du premier des 38 rounds domestiques face à la Real Sociedad. Entré peu après la mi-temps sur le pré du Camp Nou, Piqué ne quitte dès lors plus les feuilles de match remplies par Tito. Depuis la reprise, sur les cinq réunions azulgrana, il s’affiche sur le podium des joueurs les plus utilisés – derrière les intouchables Messi et Víctor Valdés, jamais remplacés. Sa boulette face à Cristiano Ronaldo lors de la Supercoupe retour ne saurait faire oublier un début de saison réussi.

Par Robin Delorme
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