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Piotr Zielinski, le Napolonais

Débarqué adolescent de Pologne en Italie, Piotr Zielinski a fait des débuts remarqués à l'Udinese avant de s'imposer comme un cadre du milieu d'Empoli, puis du Naples de Maurizio Sarri. Le tout à seulement vingt-deux ans et en ayant repoussé les avances de Liverpool cet été. Car Zielinski n'a jamais eu de temps à perdre. Et compte bien s'inscrire dans la durée en Italie, son pays d'adoption.

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À quoi tient un destin ? Dans le cas de Piotr Zieliński, à un simple trajet en voiture, un jour de janvier dernier. Le milieu offensif est au volant, mais son esprit n'est pas franchement concentré sur la route. Piotr songe à Liverpool. Et à Jürgen Klopp, qui lui a fait visiter les installations du club pour lui faire découvrir les charmes du Merseyside. Une offre forcément tentante pour un joueur prometteur, mais qui n'évolue alors qu'à Empoli, où l'Udinese l'a envoyé en prêt. « Tout le monde me disait : "C'est une offre géniale, Klopp te veut, et financièrement, c'est tentant" » , confiait cet été Zieliński à la presse polonaise. « Mais je n'étais pas convaincu. Je conduisais et d'un coup j'ai dit à ma copine : "Non, je ne pars pas." Je me sentais merveilleusement bien à Empoli, et je ne voulais pas quitter mes coéquipiers alors que nous nous battions pour une place européenne. » Liverpool reviendra à la charge au mercato estival, mais les Reds ont laissé passer leur chance. Zieliński s'engage avec Naples. Plutôt qu'une aventure à Liverpool à l'issue incertaine, le Polonais privilégie ainsi les certitudes d'une Serie A qu'il fréquente depuis quatre saisons. Un championnat que Zieliński a découvert très jeune et auquel il a su s'adapter en quatrième vitesse.

Pour sa première, il remplace Di Natale


Comme tous les premiers de la classe, Piotr Zieliński a toujours eu un coup d'avance. En 2010, à seulement seize ans, ce numéro 10 classieux est repéré par un recruteur de l'Udinese, puis effectue dans la foulée un essai en Italie. Il impressionne les observateurs frioulans, notamment de par sa capacité à utiliser avec la même facilité son pied droit et son pied gauche. « Nous ne pouvions pas savoir quel était son pied naturel » , explique Andrea Carnevale, le superviseur d’Udine qui évaluait Zieliński. Piotr, qui évolue alors au Zagłębie Lubin, n'hésite pas une seconde à tenter l'aventure italienne. Reste encore à convaincre son agent, qui hésite un peu à laisser son poulain quitter la Pologne. « Je voulais déjà partir. À l'étranger, je savais que les opportunités de s'améliorer sont plus importantes. Pour aller en Italie, j'ai dû convaincre mon agent de l'époque (le Suédois Patrick Mörk, ndlr). J'ai réussi notamment grâce à sa femme, qui parlait polonais » , racontait Zieliński en 2013. Le meneur de jeu débarque finalement à Udine à l'été 2011 et fait d'abord ses armes en Primavera. Mais l'élève Zieliński est du genre à sauter des classes : en décembre 2012, il effectue sa première apparition en Serie A, en remplaçant Antonio Di Natale lors du succès d'Udine face à Cagliari. Et malgré une seconde saison plus compliquée dans le Frioul, la carrière de Zieliński prend rapidement une courbe irrémédiablement ascendante : prêté deux saisons à Empoli, il devient une pièce centrale du milieu à trois de Maurizio Sarri, puis de son successeur à la tête du club toscan, Marco Giampaolo. Zieliński n'attend pas d'avoir vingt et un ans pour brûler les étapes et est régulièrement couvert d'éloges par ses superviseurs et ses partenaires : son premier entraîneur à Udine, Francesco Guidolin, le décrit ainsi comme un joueur « capable de faire des choses que les joueurs normaux ne peuvent pas faire » , tandis que Marco Giampaolo évoque lui « un milieu de terrain moderne comme il en existe peu en Italie, avec des qualités de dribble, de frappe et également très bon quand il n'a pas le ballon » .

« Au bout de deux mois, je me sentais comme chez moi en Italie »


Un début de carrière de jeune premier que Zieliński a construit grâce à une faculté d'adaptation impressionnante, sur et en dehors des terrains. Quand on lui demande comment il a réussi à s'intégrer si facilement de l'autre côté des Alpes après avoir été déraciné adolescent du domicile familial , Zieliński répond simplement « ne pas avoir ressenti de choc particulier » : « J'ai appris la langue rapidement et au bout de deux mois, je me sentais comme chez moi en Italie.  » Pas forcément étonnant de la part d'un joueur qui semble avoir décidé dès le début de maximiser ses chances de réussite dans la Botte : « Entre les tests que j'ai effectués, puis le moment où j'ai rejoint Udine, j'ai pris des cours d'italien pendant plusieurs semaines. Quand je suis arrivé à Udine, j'avais déjà certaines bases. » La barrière de la langue franchie, le quotidien de joueur de Zieliński semble tracer les contours d'un footballeur plutôt casanier, qui dit partager son quotidien entre « parties de FIFA, bowling et visites de la péninsule italienne » , mais aussi ambitieux, n'hésitant pas à revendiquer son envie de devenir le principal pourvoyeur de caviars de Robert Lewandowski en équipe nationale : « Je pense que nous pouvons faire un très bon duo avec Robert Lewandowski. Je connais mes capacités et je sais de quoi je suis capable, même si j'ai encore beaucoup de travail devant moi. » En somme, un gars tranquille et sûr de lui qui se marre un bon coup quand on lui demande si la cuisine polonaise lui manque : « Vous rigolez ? Tout est bon en Italie, les spaghettis, le risotto...  »

Spaghettis aux palourdes et pause-café


Sur le pré, Piotr aura également su s'adapter avec intelligence aux changements nécessaires à son épanouissement en Serie A. Meneur de jeu à l'ancienne, redoutable dans la dernière passe, sur coups de pied arrêtés et dribbleur accompli, le Polonais débute initialement juste derrière l'attaquant de pointe à l'Udinese. Avant d'étoffer son registre, gagnant en volume de jeu et en impact défensif à Empoli, où Maurizio Sarri fait de lui un milieu polyvalent. « Zieliński avait un grand futur devant lui. Avec nous, il a commencé comme un Verdi-bis (meneur de jeu d'Empoli de 2013 à 2015, ndlr), mais Sarri en a fait un relayeur. Et c'est là que nous avons réalisé que c'était son meilleur poste » , analysait le directeur sportif d'Empoli Marcello Carli, à la radio napolitaine Kiss Kiss. Arrivé cet été à Naples, Piotr concurrence déjà sérieusement la révélation napolitaine de la saison dernière, Allan, pour une place dans le onze de départ. À un tel point que le meneur de jeu est souvent qualifié « d'Hamšík bis » par les médias locaux. Une fois de plus, Zieliński a débarqué dans un environnement qu'il a su immédiatement faire sien, dans la vie comme sur le pré : « À Naples, je connaissais déjà le coach et beaucoup de joueurs comme Milik. Je suis vraiment heureux d'être venu... La ville et les fans sont magnifiques. Et gastronomiquement, il y a tellement de plats délicieux ici : la pizza, les spaghettis aux palourdes...  » Mais quand on lui demande s'il a hâte de découvrir le caffè Di Tommaso, une spécialité napolitaine, le prodige est catégorique : « Je n'en bois pas.  » Car si Piotr Zieliński sait apprécier les bonnes choses, il n’en reste pas moins un homme pressé. Qui n'est pas du genre à traîner pour savourer un café en terrasse.

Par Adrien Candau
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Dans cet article

Il a pas du tout chasse Allan vous delirez.

Même si j'adore Zielinski il a pas encore la caisse du Brésilien.
Il a pas du tout chasse Allan vous delirez.

Même si j'adore Zielinski il a pas encore la caisse du Brésilien.
Merci pour la rectification .
Alors, Zielinski n'a pas signé à Liverpool parce que le président de l'Udinese (club qui l'a prêté à Empoli) préférait négocier avec Naples (pourquoi? Question simple, réponse simple, De Laurentiis, transfert de joueurs en échange blablabla). Toujours est-il que le prix du transfert augmentait tous les jours et Klopp n'a pas apprécié que le joueur change d'avis (pression par son président) et que le prix qui change tous les jours reflète le fait qu'on se foute de lui.
Du coup justice, Zielinski n'a rien décidé et l'Udinese a forcé la main à Piotr qui voulait Liverpool mais que De Laurentiis a fini par écarter.
En fait, Zielinski a hésité mais avait bien décidé de finir la saison à Empoli au mercato hivernal meme si il était toujours carrément chaud pour partir à Liverpool cet été. Mais comme tu le dis, financièrement ca n'a pas pris. Enfin bon, il est franchement bien parti à Naples donc finalement, il s'en sort plutôt bien le petit
En fait, Zielinski a hésité mais avait bien décidé de finir la saison à Empoli au mercato hivernal. Par contre, il était toujours carrément chaud pour partir à Liverpool cet été. Mais comme tu le dis, financièrement ca n'a pas pris. Enfin bon, il est franchement bien parti à Naples donc finalement, il s'en sort plutôt bien le petit
En fait, Zielinski a hésité mais avait bien décidé de finir la saison à Empoli au mercato hivernal. Par contre, il était toujours carrément chaud pour partir à Liverpool cet été. Mais comme tu le dis, financièrement ca n'a pas pris. Enfin bon, il est franchement bien parti à Naples donc finalement, il s'en sort plutôt bien le petit
Désolé pour le triple post, saleté de bug bordel
4 réponses à ce commentaire.
Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Rien à dire, super joueur.
Bon, comme le dit Monzone, Allan est pas encore mis au placard.
Certes, il commence pas hyper bien sa saison, mais attendons qu'il retrouve son niveau de l'an dernier (qu'il finira par retrouver), et je pense que la question de sa titularisation ne se posera plus.
Par contre, j'aimerais bien voir Zielinski essayé sur l'aile droite. Ses caractéristiques (vitesse, vivacité, technique) pourrait y faire du bien.
Peut être pas en tant que titulaire, vu que Callejon a un totem d'immunité (qu'il ne vole pas forcément, tout du moins statistiquement), mais pour faire un peu souffler l'espagnol.

Bref, entre Zielinski et Giaccherini (en attendant de voir Rog à l'oeuvre), le Napoli a recruté du polyvalent et du travailleur technique, c'est d'excellent augure pour la suite de leur saison, surtout quand on voit que ce qui leur a fait majoritairement défaut l'année dernière était le manque de banc.
Il n'existe qu'un seul Piotr Zielinski, et celui-ci court au Vélo Club Pays de Lorient

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