1. // Coupe du monde 2014
  2. // 8e de finale
  3. // Brésil/Chili (1-1 et 3-2 au tab)

Pinilla, l'homme qui a presque fait taire le Brésil

Au milieu de ces Chiliens héroïques et beaux, qui voulaient écrire le Mineirazo, il y a un joueur qui aurait pu tout changer. Ce joueur, c'est Mauricio Pinilla. Mais le destin a voulu qu'il frappe sur la barre. Pour que le Brésil soit une fête.

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De son fameux but en 1950 face au Brésil, l'Uruguayen Alcides Ghiggia a souvent dit : « Il y a trois personnes qui ont fait taire le Marcacana : Jean-Paul II, Franck Sinatra et moi. » Soixante-quatre ans après, le Chilien Mauricio Pinilla a failli, lui, plonger tout un pays dans le silence. Failli seulement. Il fallait le voir, Mauricio, cheveux laqués et tatouages bling, en pleurs au milieu du Mineirão, il était beau, Pinigol. Malgré sa dégaine un peu cheap de playboy latino, il était vraiment beau. Lui qui en cinq minutes avait manqué d'offrir à son pays une victoire inattendue avant de rater son tir au but et d'entraîner le Chili dans sa chute. Lui, l'homme de tant de galères, ancien enfant chéri du Chili, qui a préféré consumer son talent dans les nuits éthyliques de Santiago. Lui qui a plus alimenté les colonnes de la presse à scandale pour ses multiples conquêtes que celles de la presse sportive.

Lui qui a été grand espoir, puis éternel espoir avant de devenir au gré d'étranges pérégrinations aux quatre coins du monde un attaquant moyen. Lui qui a vu Medel, Vidal et Sánchez devenir des idoles tandis qu'il n'était plus qu'un exilé, déconsidéré par la sélection, rappelé uniquement parce que ses 187 centimètres détonnaient avec le morphotype classique du joueur chilien petit et trapu. Pinigol, c'est avant tout une histoire de gâchis. En 2003, Mauricio n'a pas 20 ans quand il explose sous les couleurs de son club de cœur la U de Chile. 20 buts en 30 matchs plus tard et voilà l'Inter de Milan qui le drague avec insistance. Mauricio est trop jeune, Mauricio n'est pas mûr, mais il y fonce quand même. Il est comme ça, Pinigol, il ne sait pas résister aux avances des belles ingénues. Combien de fois l'a-t-on vu avec son pote Marcelo Ríos, au bras de blondes surfaites dans des soirées mondaines ? Évidemment à Milan, Mauricio ne joue pas. Il part en prêt d'abord, puis définitivement ensuite. Lui qui a été formé par le Romantico Viajero devient un voyageur professionnel, un VRP du football qui enquille les clubs. Sporting, Racing Santander, Chievo, Hearts of Midlothian, Apollon Limassol, Vasco de Gama sans autre logique que celle de la lose avant de se poser enfin à Cagliari et de se refaire un peu la cerise.

Un spécialiste du pénalty pourtant


Ce soir, Mauricio le tricard aurait pu prendre sa revanche, quand Alexis était mort de tant de courses folles, quand le pitbull Medel qui jouait claqué avait rendu les armes en pleurs et sur une civière, quand Vidal pas à 100% physiquement avait abandonné le terrain, c'était son tour d'offrir enfin un miracle à la patrie. Alors Pinilla ne s'est pas défilé, il s'est battu et à une minute de la fin, alors que ses coéquipiers n'attendaient plus grand-chose d'autre que les tirs au but, balançaient loin devant en espérant un peu par hasard trouver sa grande carcasse, il a pris sa chance crânement. Un crochet long et une frappe de mule plus tard, Mauricio a fait trembler la barre de Júlio César. L'auguste barre transversale, que le gardien brésilien a remerciée comme une amie qui lui veut du bien. La chance chilienne était passée, le Brésil devait se qualifier. Pour que Rio soit une fête. Parce qu'il était écrit qu'un buteur de seconde zone ne pouvait pas mettre à terre l'Auriverde. Parce qu'après 98 et 2010, le Chili devait à nouveau se faire sortir en huitièmes par sa bête noire.

Malgré tout, au moment des tirs au but, Mauricio s'est avancé. Il a voulu vaincre le signe indien avec l'énergie du désespoir. Mais sa frappe trop molle a été facilement détournée par Júlio César. Cette fois, la transversale n'y était pour rien. Cette saison à Cagliari, il a marqué 7 fois ; 6 fois sur pénalty. Terrible ironie du sort. À deux centimètres près, Mauricio serait passé du statut de loser éternel à celui de héros national. Qui sait ? On aurait pu lui construire une statue à Santiago ou baptiser des rues à son nom. Seulement voilà, sa frappe a heurté la barre et Pinigol va sombrer dans l'oubli. Comme tant d'autres avant lui. C'est pour ça que le football est triste, c'est aussi pour ça que Mauricio est beau.

Par Arthur Jeanne
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putin de transversale, cette victoire chilienne à la 120ème aurait été tellement jouissive
Le prince des ténèbres Niveau : CFA2
J'ai regardé le match avec mes parents et je leur ai dit, au moment ou Pinilla allait frapper, qu'il allait louper.

Pas que je sois devin ni même bon en pronostic, mais putain c'était tellement écrit. Le foot a sa dramaturgie tellement à lui qu'elle en devient parfois prévisible.

Le mec fait une rentré vraiment quelconque, du moins c'est ce que j'ai trouvé. Malgré cela, il fait un enchaînement superbe qui peut le faire rentrer dans l'histoire du football, mais il touche la barre. Il y a alors à ce moment la une putain de mauvaise onde qui entoure ce mec, et son esprit doit être vraiment ailleurs ou moment ou il tire le péno.

Pas loupé ! il nous gratifiera du péno le plus deguelasse de la séance.

C'est facile après coup, mais le selectionneur chilien n'aurait pas du lui donner un péno, et encore moins le premier. Celui qui donne clairement le ton de la séance. C'est de la psychologie du sport.

Par exemple, Di Matteo avait refusé que Torres tire son penalty en finale de LDC 2012. Le mec était psychologiquement dans une mauvaise phase, et son entrée catastrophique ne pouvait qu'écorner encore plus sa confiance. Bien vu
Message posté par Le prince des ténèbres
J'ai regardé le match avec mes parents et je leur ai dit, au moment ou Pinilla allait frapper, qu'il allait louper.

Pas que je sois devin ni même bon en pronostic, mais putain c'était tellement écrit. Le foot a sa dramaturgie tellement à lui qu'elle en devient parfois prévisible.

Le mec fait une rentré vraiment quelconque, du moins c'est ce que j'ai trouvé. Malgré cela, il fait un enchaînement superbe qui peut le faire rentrer dans l'histoire du football, mais il touche la barre. Il y a alors à ce moment la une putain de mauvaise onde qui entoure ce mec, et son esprit doit être vraiment ailleurs ou moment ou il tire le péno.

Pas loupé ! il nous gratifiera du péno le plus deguelasse de la séance.

C'est facile après coup, mais le selectionneur chilien n'aurait pas du lui donner un péno, et encore moins le premier. Celui qui donne clairement le ton de la séance. C'est de la psychologie du sport.

Par exemple, Di Matteo avait refusé que Torres tire son penalty en finale de LDC 2012. Le mec était psychologiquement dans une mauvaise phase, et son entrée catastrophique ne pouvait qu'écorner encore plus sa confiance. Bien vu


je suis d'accord avec toi, mais comme toute regle a ses exceptions, comment oublier Gyan, il y a 4ans contre l'uruguay? il rate le peno a la 120eme, et ouvre le bal pour la seance de tirs aux buts...bien qu'il l'ait mis, le resultat est le même....
Surcouf13 Niveau : DHR
Le plus important aux pénos, c'est de ne pas faire retirer un mec qui a déjà réussi un pénalty dans le jeu.
Le prince des ténèbres Niveau : CFA2
T'as raison, mais tout le monde n'a pas le même mental que Gyan, qui est quand même monstrueux quand tu vois encore le mondial qu'il a fait. Plein de joueurs auraient arrêté leur carrière après ce peno. D'ailleurs, si l'entraîneur du Ghana l'avait laissé tirer le penalty, c'est qu'il devait connaître le mental du bonhomme.

Pareil pour Trezeguet, qui ne devait jamais tirer son péno en 2006. Presque pas joué de la compète, confiance à 0 et fait une rentrée anonyme en final. Surtout qu'il était loin d'être un spécialiste du genre, lui qui avait déja loupé son peno en finale de LDC 2003.

Regarde hier, tout le monde dit que Silva s'est débiné aux moments des penalties. Je pense au contraire que Scolari, très fin psychologue du sport, a vu que le Thiag a chié tous ces péno au PSG et qu'il se met beaucoup trop de pression pour cette World Cup. La probabilité d'échec pour lui était trop élévée.

Et regarde Aranguiz. Homme du match hier, en pleine confiance, patron du chili, qui te tire une mine en plein lucarne avec une décontraction folle, que même toi t'as pas avec tes potes le dimanche matin.
Parler de Trezeguet je trouve ça abusé. C'est un grand buteur, le mec était tout à fait disposé à tirer ce pénalty. Puis quelle séance faut s'en rappeler, les pénaltys étaient extrêmement bien tirés des deux côtés.
Note : 3
Non Trezeguet ne devait pas tirer le pénalty. Il a raté tous ses penaltys importants. C'est le meilleur 9 de l'histoire, mais niveau penaltys décisifs, il est pas vraiment au rendez-vous.
À 20 ans il tire en quart contre les italiens en 98 ... Je pense qu'il était important celui la...
badaboumtiti Niveau : District
D'ailleurs en 98 Lizarazu en avait raté un.

Heureusement pour lui, ça a été vite oublié par la victoire, malheureusement pour nous, on doit supporter ce minus en commentaire.
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