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Philippe Senderos : « On sait pour quoi jouer, et pour qui jouer »

Philippe Senderos est un voyageur, avec tacles appuyés et coups d’épaule en guise de carte d’embarquement. Après avoir connu neuf clubs en Europe, le Suisse a débarqué en août dernier à Houston où déjà bien des choses se sont passées depuis son arrivée, de l’ouragan Harvey qui a ravagé la ville jusqu’à une qualification surprise en finale de conférence face aux Seattle Sounders. Et puis une autre, celle de la Nati pour la Coupe du monde 2018 dont il rêve timidement. Entretien avec un grand Suisse.

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Tu as joué ton dernier match avec les Glasgow Rangers le 4 février 2017 avant de signer à Houston, en MLS, le 7 août suivant, qu’est-ce qui s’est passé entre ces deux dates ?
J’ai fini la saison aux Rangers, où je n’ai plus joué, et en fin de saison, je suis rentré à Londres, chez moi, et j’ai cherché une équipe. J’ai eu des contacts avec quelques clubs de MLS, entres autres Houston, ça me tentait vachement de venir aux États-Unis, et finalement je me suis décidé.

Tu avais des opportunités pour rester en Europe ?
Oui, j’avais plusieurs options, notamment pour rester en Europe, mais la MLS c’est un challenge qui me plaisait, et j’ai trouvé la proposition intéressante. C’est pour ça que je suis venu ici.

Et quand on a joué à Arsenal ou à l'AC Milan, c’est plutôt surprenant de devoir faire un essai pour rejoindre un club de MLS. Comment ça s’est passé pour toi ?
C’était pas vraiment un essai, c’était plutôt pour voir comment ça se passait : si ça me plaisait, si c’était vraiment une option pour moi de venir, en sachant que j’ai joué quinze ans en Europe... C’est un grand changement pour moi de venir et d’amener ma famille jusqu’à Houston, c’était en fait la possibilité de voir si c’était vraiment une option.

En fait, c’est toi qui as fait passer un essai à Houston ?
(Rires.) Ouais, j’ai essayé le club, la ville, c’était un peu des deux.

Le fait d’être polyglotte, de parler espagnol notamment, a facilité ton intégration dans cette ville qui possède une forte communauté hispanophone ?
Ouais, on a pas mal de joueurs qui parlent espagnol. L’entraîneur parle espagnol, c’est moitié en anglais, moitié en espagnol, donc ouais le contact est plus facile dans le vestiaire avec les joueurs originaires d’Amérique latine, ça m’a aidé pour m’intégrer, c’est clair.

Trois semaines après ta signature, l’ouragan Harvey ravage la ville et beaucoup de choses sur son passage. Comment as-tu vécu cela ?
C’était une situation difficile, pour l’équipe, pour les gens, la ville. On a vécu ça de l’intérieur, on était ici à Houston. Ensuite, on est partis quelques jours à Dallas pour évacuer un petit peu, pour pouvoir repartir sur des bonnes bases. On n'a pas pu s’entraîner pendant quelques jours, ça fait plaisir maintenant d’arriver en finale de conférence pour donner un peu de joie à ces gens qui ont perdu beaucoup de choses.

« Avec l’équipe, on a distribué des biens, de l’eau, des habits, des choses primaires dont les gens avaient besoin après l’ouragan. »

Le club a pris part à des actions de charité après cette catastrophe, qu’est-ce que tu as fait ?
Avec l’équipe, on a distribué des biens, de l’eau, des habits, des choses primaires dont les gens avaient besoin après l’ouragan. On a fait ça au stade qui était un des points de ravitaillement, où les gens pouvaient récupérer des choses, donc on a fait ça pour aider. Après, on a envoyé pas mal de choses avec l’équipe, et on a fait plusieurs événements après l’ouragan.

Avant Harvey, vous étiez à la lutte pour vous qualifier pour les playoffs dans la très disputée conférence Ouest, tu penses que la communion avec la ville après la catastrophe vous a donné le supplément d’âme pour assurer votre qualification ?
Non, je pense que l’équipe, le club, la ville ont toujours été unis, les gens nous ont toujours supportés, mais c’est vrai qu’avec ces événements, on a peut-être quelque chose en plus. On sait pour quoi jouer, et pour qui jouer, et ça nous a peut-être apporté un petit plus pour gagner les matchs.

Houston Strong, le slogan de la ville après Harvey, et désormais celui des Astros, vainqueurs de la Major League de base-ball pour la première fois de leur histoire cette année. Leur performance vous donne des idées?
Oui, on est inspirés par ça, par les Astros. Si nous aussi on gagne, ça peut aider les gens à aller mieux, et je pense que c’est une bonne chose.

Les deux confrontations face à Kansas puis contre Portland résument bien les qualités de votre équipe : abnégation, mental et défense, n’est-ce pas ?
Ouais, le premier match de playoff contre Kansas (une victoire 1-0 après prolongation, ndlr) nous a lancés, avec la bonne intensité, la bonne tension pour arriver sur le match de Portland, c’était vraiment important. Pour moi, sur la fin de saison, Kansas était vraiment une des meilleures équipes de la ligue. Ensuite Portland, l’important c’était d’y aller pour marquer. Le fait de ne pas avoir pris de but à la maison (0-0 lors du match aller à Houston, ndlr), c’était quelque chose de très très positif pour nous. On savait qu’on allait se créer des occasions et on savait qu’à Portland, ils allaient pousser un peu plus, qu’on aurait plus d’espace pour pouvoir mettre notre jeu en place. C’est ce qu’on a fait, on les a contrés, et on a vu que l’équipe avait beaucoup de courage. On est allés là-bas prendre un résultat que peu d’équipes avaient fait, et que personne n’attendait.


Lors du match aller contre Portland, l’arbitre siffle un penalty en votre faveur, puis revient sur sa décision avec l’aide de la vidéo. J’imagine que l’arbitrage vidéo, adopté depuis août en MLS, a été très bien reçu aux États-Unis...
Ici, aux États-Unis, ça a été très bien accueilli, oui. Déjà parce qu’ils l’ont dans la majorité de leurs sports (NBA, NFL, NHL). Pour moi, personnellement, c’est quelque chose de positif, sur les actions importantes, dans les seize mètres, ou sur les cas de penalty. Je pense que la vidéo est très importante, ça donne une aide à l’arbitre et ce n’est que l’histoire de quelques secondes. Dans notre match, on n'a pas perdu beaucoup de temps à cause de ça, et le plus important, c’est que la bonne décision soit prise.

« Je pense que la vidéo est très importante, ça donne une aide à l’arbitre et ce n’est que l’histoire de quelques secondes. Dans notre match, on n'a pas perdu beaucoup de temps à cause de ça, et le plus important, c’est que la bonne décision soit prise. »

Mais justement lors d’un match de football, c’est les quelques secondes d’émotions que tu ressens lorsqu'un but est marqué, lorsqu'un penalty est sifflé qui sont les plus belles. L’arbitrage vidéo pourrait tuer ces moments-là, non ?
Je suis d’accord avec l’émotion et tout ça, mais je pense qu’il peut y avoir de l’émotion tout en prenant les bonnes décisions. Le fait que l’erreur peut être éviter, en quinze, vingt secondes, avec l’arbitrage vidéo, je pense que ça n'enlève pas trop d’émotions au football. Je préfère que ça soit une bonne décision, et que tout le monde soit content au lieu qu’il y ait une mauvaise décision, car là, il y a d’autres émotions qui peuvent surgir et avoir des conséquences pendant ou après le match.

Maintenant arrivent les Seattle Sounders, tenant du titre, comment tu vois ce match ?
On sait que Seattle est vraiment le favori de cette demi-finale, ou de cette finale de conférence plutôt, et nous ça nous convient parfaitement. On va aller à Seattle en ayant des possibilités de se qualifier, et à la maison essayer de mettre un but, mais surtout de ne pas perdre le match, être bien défensivement. On sait qu’on a assez de joueurs offensifs pour nous créer des occasions, si on fait un match solide, ça nous ouvre des portes pour le match retour.

Le gardien des Sounders, Stefan Frei, est suisse lui aussi, tu le connais ?
Non, il a joué tout son football ici aux États-Unis, je ne le connais que de nom.

Tu as participé aux trois dernières Coupes du monde, la Suisse vient de se qualifier pour la prochaine en Russie, tu penses encore au maillot rouge de la Nati ?
Je me concentre sur ce que je peux contrôler, ensuite ce sera une décision du sélectionneur. Je suis heureux de pouvoir jouer régulièrement, de pouvoir aider Houston à avoir du succès et, pour le moment, c’est la première de mes priorités. Ensuite, on verra bien ce qui va se passer, mais c’est clair que d’avoir joué trois Mondiaux, ça donne envie d’en faire un quatrième un jour. Ce serait super, mais je ne pense pas trop à ça. Je n’ai pas joué un seul match des qualifs, et je pense que cette équipe suisse est la plus talentueuse, avec le plus de ressources, que la Suisse n’ait jamais eue, donc je suis heureux pour la Suisse. Je les félicite d’avoir fait cette campagne, et d’avoir pu se qualifier.

Il fait quel temps à Houston ?
Trente degrés.

Tu sais que la finale de la MLS se jouera à l’Est, à Colombus ou à Toronto, et les températures y seront proches ou en dessous de zéro. Passer du très chaud au très froid n’est pas trop brutal ?
On est allés à Portland dernièrement où il fait beaucoup moins chaud, il faut juste s’adapter. Et je pense que l’inverse est plus compliqué, en fait : quand tu joues à 30 degrés ou plus, courir au-delà de quinze minutes c’est déjà compliqué. Si tu viens voir un match en juin, juillet ou août, même en étant assis dans la tribune, tu transpires à cause de la chaleur. Pendant l’année y a beaucoup d’équipes qui sont venues à Houston, et elles n’ont pas pu gagner. Les mecs ne pouvaient pas courir parce qu’il faisait une chaleur impressionnante. Et en fait, la température varie énormément à Houston, le soir ça se rafraîchit énormément, donc il n’y a pas une grande différence quand on va dans les endroits les plus froids du pays.

Avec les Astros, les Rockets, les Texans, Houston est une ville avec pas mal de franchises sportives. T’es allé en voir ?
J’ai pas eu le temps pour le base-ball, avec les playoffs qui étaient déjà bien avancés, mais je suis allé voir les Houston Rockets, où joue Clint Capela, un pivot suisse qui est très bon, il fait un très gros début de saison.



Propos recueillis par Romuald Gadegbeku
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