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Philippe Mexès, l'homme parallèle

Il aurait dû être LE défenseur central de l'équipe de France. Il aurait dû être LE stoppeur européen du XXIème siècle. Pour le moment, Philippe n'est que Mexès et c'est déjà pas si mal...

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« Je tiens à m'excuser auprès de tout le monde pour ce qui s'est passé, je n'ai pas su me contrôler. Je m'excuse envers tout le monde : les supporters, l'équipe, ma famille et mes enfants, pour une image de moi que je ne voulais pas donner » . Mexès dans le texte. Buteur contre Cluj en Ligue des Champions mercredi dernier, le défenseur romain traine encore comme un boulet son pétage de plomb contre Brescia le week-end dernier. Expulsé, il a voulu aller défriser l'arbitre assistant. Lui dire sa façon de penser. Pour son geste, il a pris trois matches de suspension. Un moindre mal. Alors qu'il devait profiter de l'absence de Nicolas Burdisso (suspendu) pour se (re)faire une place au sein de la charnière centrale, il s'est raté. Dimanche, il regardera ses potes batailler contre Naples. Sans lui et ses tatouages. Philou ne rejouera pas en championnat avant le 24 octobre. Hardcore. Entre-temps, il se dégourdira les jambes en Ligue des Champions et en équipe de France. C'est déjà ça. Pour autant, sa trajectoire reste difficile à évaluer. Les qualités il les a. Très tôt, il bouffait tout le monde. A 13 ans, dans la banlieue de Toulouse, il endormait tout les attaquants auxquels il devait faire face. Mais Alain Giresse, alors entraîneur du TFC, ne savait même pas qu'il existait.

Sauvé par la Constitution


Un détail qui n'échappera pas à Guy Roux, qui entend parler du loustic. L'ancien coach de l'AJA fait le déplacement en Haute-Garonne et convainc la famille de monter dans l'Yonne. Le TFC pousse alors une gueulante, estimant que l'AJA lui a chouré son bambin. Pour se justifier, Guy Roux invoquera la Constitution française et le droit d'association. Oui, le jeune Mexès peut souscrire librement à l'association de la jeunesse auxerroise. Filou, Guy Roux envoie Mexès au centre de formation, le scolarise au collège du coin et embarque la famille du petit, histoire d'être irréprochable aux yeux de la loi. Mexès père, alors veilleur de nuit dans la banlieue de Toulouse, devient gardien du camping d'Auxerre, à deux pas du centre d'entraînement. Tout le monde est sous le charme. Sans ce deal, Mexès n'aurait jamais décollé et serait surement resté à quai. La carrière du défenseur est un peu à l'image de cette histoire. Ignoré par certains, adulé par d'autres. On lui prédisait un destin doré. Manchester United, les Bleus. Aujourd'hui Mexès est le troisième choix de Ranieri en défense centrale. Spalletti en avait fait son homme de base, Ranieri l'a transformé en homme de banc. Cruel.

Néanmoins, il demeure le numéro 1 de Laurent Blanc en Bleu. Une position réaffirmée en début de semaine par le sélectionneur sur RTL : « La charnière centrale m'a donné entièrement satisfaction, donc je la remettrai certainement contre la Roumanie » . Au moins c'est dit. Sauf que sa situation romaine risque de l'handicaper sur le moyen terme. A 28 piges, Mexès ne pèse que 16 sélections en Bleu. Aussi épais qu'un rapport de stage de troisième. Mais il a encore le temps de rattraper son retard. A la Roma ou ailleurs...

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