Philippe Billy, homme à tout faire

L'Italie, la Belgique, le Canada, l'équipe de Bretagne, l'équipe de France militaire : en quinze ans de football, Philippe Billy a tout connu. À 33 ans, après une saison à Laval, il espère aujourd'hui ne pas devoir mettre un terme à sa carrière.

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Comme beaucoup de footballeurs, Philippe a beaucoup voyagé. Seulement, ce n'est pas une fille qu'il a laissée dans chaque port qu'il a visité, mais un club de football. Il a fait partie de ces joueurs prometteurs qui ont découvert le monde du football professionnel au lendemain de la victoire tricolore en 1998. Même si son nom lui ouvrait en grand les portes d'une carrière dans le monde du rock'n'roll, lui a préféré jouer au ballon pendant des années. Alors que l'heure de la reconversion approche pour Philippe Billy, lui se souvient de tout, de ses débuts avec les Tangos jusqu'à son titre de champion d'Europe avec l'équipe de France militaire de football. Lui reviennent aussi ses sélections en équipe de Bretagne de football, en 2008 et en 2013, pour affronter le Congo d'Ivica Todorov à Saint-Brieuc, et le Mali, à Carquefou. En bref, Philippe Billy est un homme qui a connu beaucoup d'équipes et beaucoup d'équipes nationales. L'histoire de Philippe Billy, c'est celle du travail acharné, des matchs un peu fous et de Laval. Une belle histoire, en somme.

Kentoc'h mervel eget bezañ saotret et garde-à-vous


Il a beau être né à Nantes, Philippe Billy a gagné le droit d'être sélectionné à deux reprises en équipe de Bretagne. « L'équipe de Bretagne englobe en fait le 22, 29, 35, 44 et 56. Quand ils ont englobé le 44, je suis devenu apte à jouer pour eux, puisque je suis de Nantes » , explique-t-il. Outre son côté amusant, l'équipe de Bretagne est en fait une sélection non officielle, qui évolue sous l'égide de la Bretagne Football Association. Chaque année, la BFA organise, avec des clubs de la région, des matchs amicaux internationaux. « Moi, j'y ai donc joué en 2008 contre le Congo et en 2013, contre le Mali. Jouer le Mali, c'est quand même sympa. C'est une nation qui grandit et a de gros résultats sur le plan international. C'est riche comme expérience, c'est toujours bon à prendre » , confie monsieur Billy, qui se souvient du niveau élevé des matchs : « Les joueurs répondent toujours présents ! Quand on a joué contre le Mali, on avait une équipe très compétitive. Yoann Gourcuff vient à chaque fois en tant que représentant. » Même si aujourd'hui, la BFA connaît quelques soucis financiers, l'empêchant d'organiser de nouveaux événements, l'ancien joueur de Laval aimerait bien rejoindre un jour ses partenaires bretons, même s'il ne se fait pas trop d'illusions. « Si jamais ils refont un match, je ne pense pas que je serai encore appelé. Ils essayent quand même d'avoir l'équipe la plus compétitive possible. Moi, je suis plus sur la fin que sur le début, donc je trouve logique qu'ils fassent appel à des gars qui sont en pleine bourre » , s'amuse-t-il aujourd'hui.

Il faut dire qu'en plus de la Bretagne, Philippe Billy prête main forte à une autre sélection. Depuis le début de l'année 2014, le défenseur a appris à se mettre au garde à vous avec l'équipe de France militaire de football. « Ils ont demandé à la Fédération de récupérer des joueurs professionnels. Mais la Fédération ne leur a donné le droit de prendre que des joueurs sans clubs ou qui sont à la retraite. En contact avec l'UNFP, ils ont fait un tri duquel je suis sorti gagnant. Il faut des personnes qui soient compatibles. Moi, mon père est lieutenant colonel, donc ça collait bien » , explique-t-il. Avec Julien Outrebon, qui sortait des problèmes avec Luzenac, et Wesley Yamnaine, qui sortait d'un contrat avec la Roma, l'équipe de France a remporté l'Euro, en 2014, et s'est offert un privilège incroyable : « En septembre prochain, on va au Jeux olympiques militaires en Corée du Sud ! Le but, c'est d'avoir six réservistes anciennement professionnels pour tirer l'équipe vers le haut. Moi, j'ai adoré, c'était génial. La mentalité des gars est impressionnante. » Et puis, avec son contrat de réserviste signé auprès du Centre national des sports de la défense (CNSD), Philippe est sûr de ne pas partir à la guerre !

L'Impact, Laval et le kart


Sa mentalité de battant, Philippe se l'est forgée tout au long de sa carrière, en France, en Italie, mais surtout au Canada, où il a passé deux belles saisons. « J'ai fait deux ans avec l'Impact, de 2010 à 2012. C'était génial, très enrichissant. Je suis arrivé pour découvrir et m'adapter, pas pour m'imposer » , se remémore-t-il. Une mentalité qui lui a permis de réaliser, en 2010, l'une des meilleures saisons de sa carrière, et d'être reconnu par tout le championnat nord-américain comme un défenseur de talent. « La première année, je termine MVP, meilleur défenseur, et je devais aussi avoir le trophée de meilleure recrue, mais ils l'ont donné à quelqu'un d'autre ! » Après une deuxième saison rendue plus compliquée par la phase de transition que traversait le club canadien, Philippe est revenu en France, à Carquefou, puis sur le lieu de ses premiers matchs, à Laval. « J'étais joueur avec la réserve, mais j'étais aussi là pour apprendre aux jeunes à grandir, grâce à mon expérience. Beaucoup sont venus me voir pour me poser des questions » , raconte-t-il, alors qu'il vient d'apprendre que le club ne sera vraisemblablement pas en mesure de lui assurer un contrat de formateur, l'année prochaine.

Philippe Billy a donc dû penser à sa reconversion. « J'ai travaillé pendant deux mois dans un grand complexe sportif à Laval, avec des sports de raquettes, du karting, du foot en salle. Je devais prendre la place de gérant, mais j'ai refusé. Tout simplement parce que ça ne me convenait pas du tout » , dit-il sans aucun regret. Au-delà de cette expérience de gestion ratée, le défenseur suit, depuis son retour à Carquefou, une formation d'attaché commercial, à Nantes. Seulement, une chose est sûre : Philippe Billy ne veut pas dire au revoir au football. Pas maintenant. « Au début, j'avais envie d'arrêter le football mais je me suis rendu compte que ce n'était pas la bonne solution. Dans un premier temps, je vais essayer de retrouver un contrat fédéral. J'ai aussi quelques propositions de l'étranger, mais rien de vraiment concret » , confie-t-il avant de revenir, un brin nostalgique, sur ses quinze ans d'amour avec le ballon rond : « J'ai beaucoup appris de ma carrière, de mes années à l'étranger, ça m'a ouvert l'esprit. Si je pouvais revenir en arrière, je serais moins naïf sur mes premiers choix. J'ai vécu des moments extraordinaires, dont je ne me rendais peut-être pas vraiment compte sur le moment. C'est pour ça que je n'ai pas envie d'arrêter. »

Par Gabriel Cnudde
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ohundnisursofoot Niveau : CFA2
Émouvant ce type, l'article donne l'impression qu'il est un petit peu dans la merde. J'suis assez curieux de voir ce que font les footballeurs L2/National (ou l'équivalent à l'étranger) après le football. Je serais pas surpris qu'il y ait pas mal de déconvenues..
Pour avoir joué avec lui à Carquefou étant jeune,ses choix de carrière ne m'ont pas surpris, il était loin d'être le plus réfléchi....
Il s'est vu trop beau trop vite.
Il s'est barré à Lecce juste après France 98, quand ça devenait la mode d'avoir un français dans son effectif (à l'instar d'un autre tango, Djimi Traoré à Liverpool, qui a eu la chance d'être là au bon moment).
A Laval, on a pas formé que des tanches, et d'ailleurs on recommence à sortir des joueurs valables : Guirassy suivi en L1, Mimoun, Rose à Lyon, Gomis à Nantes.
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