1. // Coupe du monde 2014
  2. // Demi-finales

Peut-on vraiment supporter deux nations ?

Un passeport, un parent ou même une ancienne conquête. Tous les amoureux du ballon rond ont une raison plus ou moins valable pour avoir le cœur bicolore pendant une Coupe du monde. Mais peut-on vraiment vibrer pour deux équipes nationales ?

Modififié
2k 86
Mercredi 18 juin 2014 : la Roja dit adios à son trône. La fin d'un règne épatant sur le football mondial. La fin d'une émigration sportive, aussi. Celle de certains sympathisants espagnols qui vont pouvoir ranger soigneusement leur maillot et retrouver un aspect de leur identité. Aspect qu'ils ont planqué pendant les années victorieuses de la Roja toute puissante comme ils planquaient leurs racines rouges à l'époque où l'Espagne était un petit pays, comme les aime Cesaria Evora. Un comportement parfois opportuniste, mais pas toujours illogique : le métissage de la population entraîne forcément un métissage des supporters. Qu'ils soient franco-espagnols, franco-italiens ou franco-camerounais, immigrés ou nés en France, les enfants métis du football et les autres ont tous de bonnes raisons d'aimer deux équipes nationales. Pour papa, pour maman, pour un grand-père, une grand-mère et même pour un simple coup d'amour ou de je t'aime, deux maillots dans la commode ne sont pas de trop. Pas sûr pour autant que les larmes séchées avec ces reliques de tissu aient la même signification.

La logique vs les larmes de Baggio


Ce n'est pas de l'astrologie, mais presque. La Coupe du monde, c'est 32 participants et, donc, une flopée de supporters français, ascendant « quelque chose » . Avoir deux équipes en course, c'est multiplier ses chances de gagner, mais pas seulement. Pour Anne-Sophie Chevalier, généalogiste, « c'est une façon de faire revivre ses ancêtres. Si personne ne les sort du passé, il n'y a plus personne pour se rappeler d'eux.  » Porter haut les couleurs des siens, même quand on a une famille United Colors of Benetton : un comportement plutôt respectable. Un match avec le papa, l'autre avec maman ou papi, des menus d'apéros différents, mais des moments de partage sincères où on renoue un peu avec des racines parfois oubliées. Car c'est aussi ça, le sport et la Coupe du monde : un peu de patriotisme. Pour Jean-Joseph, franco-camerounais, il est possible d'être un coq indomptable : « Selon moi, on peut supporter deux nations. Pour ma part, je suis un Camerounais de cœur, mais un Français de fait. Sincèrement, je vibre autant pour les Lions que pour les Bleus, même si je sais que je vibre pour deux raisons différentes. » Il y a, en effet, plusieurs raisons de supporter une équipe. Les origines, évidemment, mais aussi le coup de foudre. On a pu tomber amoureux du Brésil flamboyant, aimer les Pays-Bas et leur football total ou encore s'être amouraché de l'Italie parce que les larmes de Roberto Baggio sont aussi nos premières larmes footballistiques. Le football est amour et passion. Il ne s'explique pas vraiment. Mais il demeure toutefois important de dissocier sympathie et amour.

But de Torres, but de Benzema


Vibrer devant un match est quelque chose d'inexplicable. On ne sait pas vraiment pourquoi on a une boule au ventre dans l'après-midi alors que l'équipe que l'on supporte joue le soir. En revanche, on sait qu'il n'y a qu'une équipe qui procure ces sensations de mal-être, peu importe la sympathie que l'on peut éprouver pour telle ou telle formation et peu importe ses origines. L'amour d'une équipe est comme l'amour de la vie réelle : on peut avoir de l'attirance pour une personne, la trouver belle et séduisante, dans l'instant ou la durée, mais on n'est véritablement amoureux que d'une personne. Le sentiment d'appartenance ne se crée pas en revendiquant des attaches ou en faisant valoir un passeport. Il se vit. De fait, même pour un Franco-Espagnol, il est impossible de ne pas avoir de préférence avant le début d'un France-Espagne. Impossible également de crier et de se lever du canapé avec la même conviction sur un but de Karim Benzema ou un but de Fernando Torres. Cela rime à exulter sur un but contre son camp. En somme, le football est bien trop cruel et compliqué pour pouvoir supporter deux nations. Inutile donc, de donner plus de travail à Anne-Sophie Chevalier. « Parfois, on va chercher des parents au sixième degré, grâce à des calculs assez savants et ça amène souvent vers l'étranger. Par exemple, beaucoup d'Aveyronnais sont partis en Argentine. » Au moins, Guy Lacombe sait qui supporter pour les demi-finales.

Par Swann Borsellino
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Tu peux en soutenir plusieurs, comme les clubs d'ailleurs, mais il y en a toujours qu'une seule qui te fait souffrir quand elle est eliminée
Va te faire foutre Novak Djokovic.
Lefootologue Niveau : DHR
Moi j'aime bien le Portugal, par rapport a ma fiancée, et je les supporte, mais la France me fait plus vibrer que toutes les autres sélections... On peut pas en aimer deux pareil... Même les Algériens français, je comprends qu'ils préfèrent l'Algérie.
Et c'est pareil pour les clubs, j'aime Lyon et Liverpool, mais il n'y a que Lyon qui peut me faire hurler, pleurer...
Tout comme on ne peut pas aimer deux femmes, on peut pas aimer deux équipes ...
Gerd Müller Niveau : CFA
J'suis bi nationale (coucou marine) donc oui on peut supporter deux nations. C'est pas un problème. De toute façon, à moins de sortir une argumentation sur le patriotisme, rien ne t'empêche de supporter n'importe quel nation.

On peut aimer le Japon parce qu'on aime les sushis pour caricaturer. Après je pense qu'on peut toujours faire une distinction entre supporter une nation et l'équipe qui la représente.
Message posté par Moudugenou
Va te faire foutre Novak Djokovic.


Il a été monumental au retour, il a démonté le service de Roger mais bon, j'ai du mal avec Djoko et nadal, aucune créativité, des murs qui renvoient tout et cherchent la faute.
En face, Roger a l'air d'un hippie.
On peut, mais y'en a qu'une seule qui fait vibrer.
Surcouf13 Niveau : DHR
Non, on ne peut pas supporter deux équipes.
Perso, je suis français et portugais, et je suis né et je vis en Suisse.
Comme mon père est français, et que mon père m'a initié au football, naturellement je supporte l'EDF.
Après, j'apprécie tout de même l'équipe du Portugal, mais elle ne me fait pas autant vibrer que la France.
Pour ce qui est de la Suisse, au départ, j'ai rien contre cette équipe, mais comme tous les suisses romands détestent les français, je me sentais obligé de me défendre, et ça me fait bien marrer quand ils prennent des raclées (j'ai joui lors du 5-2).

Mais, ça me parait impossible de supporter deux équipes en même temps, avec la même intensité. Quand j'étais plus jeune, je ne voulais pas prendre partie pour l'une des deux sélections, ayant l'impression de renier mes origines pour l'équipe que je ne supporterai pas. Finalement, j'ai compris qu'il fallait que je fasse un choix, qui m'a paru évident.
Je supporte l'Italie (depuis tout petit car on peut pas supporter le Liban qui se qualifie même pas en coupe d'Asie et est miné par la corruption) et la Côte d'Ivoire (vécu mes 16 premières années). Je vibre autant pour les deux même si cette coupe du monde n'aura pas été bonne. Donc oui c'est possible dépendamment de l'histoire de chacun.
J'ai des origines espagnoles par mes grands-parents mais aujourd'hui je me fiche totalement de la Roja.
J'ai bien eu ma période "ouais mais t'as vu l'espagne c'est ma deuxième équipe à cause de mes racines quoi..." j'avais 14-15 ans (et quand l'espagne ne gagnait RIEN je tient à le préciser! ) mais c'est tout.
Quelqu'un qui supporte deux clubs ou deux nations ne les supportent pas.
On peut aimer plusieurs équipes mais on ne peut pas supporter deux clubs/nations! D'ailleurs quand elles se rencontrent on a toujours un favori!

D'ailleurs les gars qui critiquent ceux qui aiment un club étranger ou un club loin de leur ville sont dans l'erreur car si ils ne supportent qu'un club ils restent dans une vraie logique de supporter. Celui qui te dit je supporte le barça, le psg, city et le bayern n'est pas un supporter...

Moi je supporte le portugal et j'aime bien la France, j'ai eu envie de chialer après le 4-0 et j'étais déçu après le quart et en 2006 et 2000 j'ai su pour qui j'étais!

Rakamlerouge Niveau : National
Pas vraiment. Je suis amoureux de la Mannschaft depuis ma plus tendre enfance, j'ai beau être à moitié francais, les bleus ne provoquent en moi aucune vibration. En 98 j'étais content pour mes potes et j'ai célébré la victoire, voilà, mais point d'euphorie, j'y pouvais rien. Et j'étais surtout très triste après le 0-3 encaissé par l'Allemagne en quart contre la Croatie.

Et inutile de vous préciser que mon humeur était à contre courant de celle de mon entourage vendredi vers 20h... Ce kif putain.

Pareil pour les clubs. Ca me fait marrer les gens qui aiment genre Rennes, Liverpool et la Juventus en le revendiquant.
Pour expliquer le phénomène qui fait que les "bi-nationaux" choississent tout le temps leur nation d'"origine" c'est simple:
Si t'es portugais et que tu supportes autant la France que le Portugal et qu'il y a un France-Portugal tu vas forcément te faire chambrer à moins que tu dénigres ton pays (cf 200 ou 2006) du coup tu te dis que vaut mieux que le Portugal ne perde pas sinon on te fera chier et petit à petit tu deviens supporter...

C'est encore plus vrai pour les clubs c'est dans l'opposition que l'on développe ce sentiment de supporter.
Rakamlerouge Niveau : National
Message posté par ruicosta10
Quelqu'un qui supporte deux clubs ou deux nations ne les supportent pas.
On peut aimer plusieurs équipes mais on ne peut pas supporter deux clubs/nations! D'ailleurs quand elles se rencontrent on a toujours un favori!

D'ailleurs les gars qui critiquent ceux qui aiment un club étranger ou un club loin de leur ville sont dans l'erreur car si ils ne supportent qu'un club ils restent dans une vraie logique de supporter. Celui qui te dit je supporte le barça, le psg, city et le bayern n'est pas un supporter...

Moi je supporte le portugal et j'aime bien la France, j'ai eu envie de chialer après le 4-0 et j'étais déçu après le quart et en 2006 et 2000 j'ai su pour qui j'étais!



Voilà, d'accord avec toi. Différence entre "aimer" et supporter, c'ead serrer les fesses et manger un stress de malade pendant 90 minutes. Aimer 2 nations ("maintenant que XY est éliminé je suis pour Z" c'est une gigantesque blague.
Aux dernières nouvelles je suis français de "Sang-Pur" et il faudrait que je remonte plus loin que mes grand-parents pour me trouver une quelconque origine.

Et pourtant … lorsque j'ai commencé à vraiment m'intéresser au foot au point d'en faire, vers mes 7/8 ans, mon père m'a plus où moins légué tout son "héritage" d'ancien footballeur dans lequel se trouvait un magnifique maillot de l'Argentine 1978, floqué "10", transmit de mon grand-père à mon père puis à mon oncle à qui il l'avait repris pour me l'offrir.

Dés lors je me suis intéressé à cette sélection et notamment à la légende Maradona, au point d'en tomber amoureux. Associé aux résultats pitoyables de l'EDF lors des dernières compétition (98 et 2000 ne comptant pas, j'étais trop petit) je suis devenu un Vrai faux argentin. Bien que je me rend compte qu'en faite cette sélection est plus un mirage de succès, puisque ses derniers trophées remontent à plus loin encore.

Aujourd'hui encore même si je supportes à fond l'équipe de France, c'est devant les matchs de l'Albiceleste que mon ventre se noue. Parfois, souvent même, j'en ai honte parce que je n'ai aucun lien avec ce pays si ce n'est un amour fou pour ce sport. Mais il n'y a rien à faire, j'aime ce maillot, ces joueurs, son jeu, et même si celui-ci est dégueulasse en ce moment je n'espère qu'une chose : c'est qu'il remporte la CdM.
Note : 2
Etant français et lillois, je suis forcément supporter des bleus en premier lieu.

Cependant, j'avoue que, les considérant comme nos cousins au niveau culture, gastronomie, langue, pratiques (je ne parle pas de pratiques sexuelles douteuses), j'ai toujours aimé et apprécié la sélection belge, d'autant qu'un certain nombre de belges peuplent le centre de formation de mon club.

D'autre part, habitant désormais en Allemagne, ma copine étant teutonne, j'apprécie l'équipe allemande.

Bien évidemment, il y a une hiérarchie des passions mais, excepté pour l'Allemagne que je supporte seulement pour avoir ma turlute quotidienne, je vibre réellement pour deux nations (et ce depuis que je suis petit).
Mon père est argentin, c'est lui qui m'a fait aimer le football et la sélection, donc je suis supporter de l'Argentine, et la France ne me fait pas vibrer. Je préfère la France au Costa Rica, mais pour moi ça a toujours été l'Argentine d'abord. En 1998 je n'étais pas si content de la victoire.

Après, sur un plan plus personnel je me sens beaucoup plus français qu'argentin.
Vu que tout le monde y va de sa petite histoire. Mon père est né en Italie, ma mère en Belgique. Et j'ai pas su choisir. Du coup, j'ai défendu ardemment les deux équipes.
Message posté par Colchonero
Aux dernières nouvelles je suis français de "Sang-Pur" et il faudrait que je remonte plus loin que mes grand-parents pour me trouver une quelconque origine.

Et pourtant … lorsque j'ai commencé à vraiment m'intéresser au foot au point d'en faire, vers mes 7/8 ans, mon père m'a plus où moins légué tout son "héritage" d'ancien footballeur dans lequel se trouvait un magnifique maillot de l'Argentine 1978, floqué "10", transmit de mon grand-père à mon père puis à mon oncle à qui il l'avait repris pour me l'offrir.

Dés lors je me suis intéressé à cette sélection et notamment à la légende Maradona, au point d'en tomber amoureux. Associé aux résultats pitoyables de l'EDF lors des dernières compétition (98 et 2000 ne comptant pas, j'étais trop petit) je suis devenu un Vrai faux argentin. Bien que je me rend compte qu'en faite cette sélection est plus un mirage de succès, puisque ses derniers trophées remontent à plus loin encore.

Aujourd'hui encore même si je supportes à fond l'équipe de France, c'est devant les matchs de l'Albiceleste que mon ventre se noue. Parfois, souvent même, j'en ai honte parce que je n'ai aucun lien avec ce pays si ce n'est un amour fou pour ce sport. Mais il n'y a rien à faire, j'aime ce maillot, ces joueurs, son jeu, et même si celui-ci est dégueulasse en ce moment je n'espère qu'une chose : c'est qu'il remporte la CdM.


@colchonero

Ce que Swann et d'autres essaient très justement de démontrer dans cet article, c'est que personne ne renie le fait qu'on puisse avoir plusieurs équipes favorites. Ce qui est manifestement ton cas. Mais cet article explique aussi très justement que lorsque ces deux équipes s'affronteront tu vibreras forcement oui forcement pour une plus que l'autre. Dans ton cas, si par bonheur la France et l'Argentine s'étaient affrontées dans ce mondial tu aurais forcement soutenu une équipe plus que l'autre, ce qui ne remet pas en cause l'affect que tu peux avoir pour l'autre équipe.

Pour moi on supporte une équipe nationale, pas deux, pas trois, mais une seule. Ce qui n'empêche pas qu'on puisse de développer un affect pour d'autres sélections nationales. Mais je ne conçois pas qu'on puisse soutenir deux nations.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
2k 86