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  2. // Lazio/Inter

Petite guerre entre amis

Depuis cinq ans, la Lazio doit une fière chandelle à l'Inter. Sans les Nerazzurri, l'ennemi de la Roma compterait certainement deux ou trois Scudetti de plus à leur palmarès. Le temps du copinage est révolu. Ce soir, la Lazio joue pour elle. L'Inter est prévenue, l'Olimpico rive biancoceleste est à nouveau hostile.

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« Si ce n'est pas cette année, alors quand ? » Tel est le cri de guerre lancé par les tifosi de la Lazio Rome à quelques jours du choc face à l'Inter Milan. Depuis quelques saisons, le rapport de force entre Laziali et Nerazzurri est sans équivoque. C'est simple : depuis l'arrivée à la tête du club de Claudio Lotito, lors de l'été 2004, la Lazio n'a plus jamais battu l'Inter. Douze confrontations, huit victoires lombardes, quatre matches nuls. Pour retrouver la trace d'une victoire romaine, il faut remonter à un lointain mois de décembre 2003. Ce jour-là, les Biancocelesti s'imposaient 2-1 grâce à des buts de Corradi et Zauri. Une autre époque, qui semble à des années lumières. C'est à peu près à cette période-là que la tendance s'est inversée. La Lazio a dû vendre ses meilleurs joueurs pour éponger ses dettes et l'Inter a profité du Calciopoli pour recruter les vedettes. Résultat : lors des six dernières saisons, jamais la Lazio n'a affronté l'Inter en étant devant elle au classement. A leur dernière rencontre, en mai dernier, 33 points séparaient même les deux clubs. Impossible d'ailleurs de ne pas s'en souvenir : l'Inter comptait alors un point d'avance sur la Roma, à trois journées de la fin. Dans un Stadio Olimpico à l'ambiance surréaliste, la bande de Mourinho s'imposait 2-0 face à une équipe qui s'est laissée faire. Les tifosi, eux, exposaient à chaque but adverse une banderole "Oh nooooon", pour chambrer encore plus l'ennemi giallorosso. Deux semaines plus tard, l'Inter remportait le titre aux dépens de la Roma. Laziali contents, Romanisti furax. Amore romano. Personne n'a oublié ce match-farce, pas même l'entraîneur laziale Edy Reja, qui était le seul (avec le gardien Muslera) à s'être opposé à cette mascarade. « Je ne sais pas si l'équipe a fait exprès de perdre, mais en tout cas, l'attitude des joueurs ne m'a pas plu. J'espère ne plus jamais avoir à faire à ce genre de situation » avait-il déclaré à la fin de la rencontre. C'est l'heure de se racheter.

Mieux encore, pour la première fois depuis longtemps, la Lazio donne l'impression de pouvoir aborder ce match face au Champion d'Italie dans une position autre que celle de victime. Les Romains sont deuxièmes avec 27 points, les Milanais cinquièmes avec 23. « Ce sera un match difficile car l'Inter demeure une grande équipe. Nous tenons toutefois à faire bonne figure et à gagner, nous devrons donc faire un grand match. Nous allons tout donner » a déclaré, motivé, le playmaker brésilien Hernanes en conférence de presse. Son enthousiasme est compréhensible : avec une défense solide (la meilleure de Serie A) et un Zarate qui retrouve peu à peu ses sensations, les Romains sont conscients de leurs forces. De plus, si le Chievo a pu battre l'Inter, pourquoi pas eux ? D'autant que vendredi soir, Benitez va devoir renoncer à nouveau à de nombreux titulaires : Eto'o, Julio Cesar et Maicon pour ne citer qu'eux. La défense est notamment un rébus pour Rafa. Avec une moyenne d'âge de 35 ans, l'arrière-garde interiste affiche des lacunes inquiétantes, loin de celle qui avait su contenir le Barça l'an passé. En même temps, Materazzi n'est pas Samuel, Castellazzi n'est pas Julio Cesar et Lucio semble le grand-père du Lucio cru 2009-10. Devant, le coach espagnol pourra de nouveau s'appuyer sur l'excellent Jonathan Biabiany et sur Goran Pandev, qui, pour son retour au Stadio Olimpico, risque d'entendre quelques noms d'oiseaux voler. Cette pénurie n'inquiète pas pour autant Dejan Stankovic, grand artisan de la victoire nerazzurra dimanche dernier face à Parme (5-2). « La Lazio a une belle équipe et ils ont la chance de pouvoir jouer une fois par semaine. Ils sont en forme, mais nous sommes en nette reprise. Ce sera un beau duel, que nous devons absolument gagner pour arriver en confiance au Mondial des Clubs » a-t-il déclaré au quotidien Il Giornale.

En effet, l'Inter est en reprise : après cinq matches sans victoire, elle vient d'enchaîner deux succès de rang, face à Twente et Parme. Musique inversée pour la Lazio, qui n'a remporté qu'un seul de ses cinq derniers matches de championnat et qui reste sur deux nuls face à Parme et Catane. En cas de succès, elle enverrait un signal fort à toutes les autres équipes, qui lui reprochent de n'avoir battu aucun "gros" cette année. L'Inter, elle, confirmerait son retour en grâce en cas de succès, en recollant au peloton de tête. Les deux équipes ont par conséquent beaucoup à y gagner, beaucoup à y perdre et personne ne se contentera du nul. Après tout, si ce n'est pas cette année, alors quand ?

Eric Maggiori

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« Si ce n'est pas cette année, alors quand ? »... mais jamais, faut un minimum d'honneur pour espérer gagner quelque chose. C'est tout le dilemme pour l'équipe de la honte : croire à son utopique chance de continue à exister dans ce championnat ou commencer déjà à laisser filer les matchs contre les concurrents directs de la Roma en se disant qu'après tout, le maintient est en bonne voie ?
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