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  2. // Grenoble/Marseille (3-3, 5 tab 4)
  3. // Billet d'humeur

Petit poucet bat petit bras

Au petit jeu de cache-cache qu'est la Coupe de France, le gros n'est pas toujours celui que l'on croit. La preuve avec un Olympique de Marseille qui a cru bon de rester en vacances ce dimanche soir.

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Il est parfois plus facile de dévisager une motte de terre que de se regarder en face. Ça fait moins peur. Et puis elle n'a rien à foutre là, cette motte de terre. C'est pour cela qu'ils s'en prennent tous à elle, ces drôles de types. « À tous les coups, ces écolos de Grenoblois, ils l'ont foutu là pour que les centres de Dja Djédjé s'envolent. À moins que ça ne soit pour que Thauvin loupe ses gestes techniques. » Si leurs lèvres n'étaient pas gelées par le froid et leur bouches clouées par la honte, les Marseillais auraient pu la sortir, cette excuse-là. Sauf que des excuses, c'est à leurs supporters qu'ils doivent en présenter. Si les Isérois ont été tantôt vaillants, tantôt excellents, emmenés par un Tchenkoua de gala ou un Akrour qui a rendu fier son maire, Éric Piolle, et verts les Phocéens, personne n'est dupe quant à ce qu'il s'est passé au stade des Alpes ce dimanche. Car derrière chaque exploit retentissant se cache un malaise. Derrière l'idée romantique de l'adolescent David qui terrasse Goliath armé de sa seule lance sommeille une vérité froide qui n'est pas toujours bonne à dire : quand la logique n'est pas respectée, c'est aussi parce que le favori lui-même ne s'est pas respecté. En préférant les bougonneries au jeu, les vacances à la reprise et la marche à la course, les joueurs de Marcelo Bielsa ont faussé la donne.

Quid du fantasme quand il devient réalité ? Que se passe-t-il quand on a enfin ce que l'on a tellement voulu ? À en croire les visages grenoblois au lendemain de l'exploit, l'acte n'est pas moins délicieux que le rêve. Après tout, eux, les joueurs de quatrième division, se sont offert le scalp du leader de la Ligue 1. Il y a de quoi roter du Ruinart de bon matin, quand même. Sauf qu'à bien y réfléchir, les bulles avaient de quoi moins pétiller. Exceptionnel pour les Isérois, le scénario du match - être mené deux fois au score, égaliser à la dernière seconde, gagner aux tirs au but… - semble conter un exploit épique qui n'en est pas vraiment un. Oui, les Grenoblois méritent un grand coup de chapeau, mais les Marseillais, eux, méritent bien un coup de pied au cul tant ce dimanche soir, la logique semble en fait avoir été respectée. Oui, au petit jeu du cache-cache footballistique qu'est la Coupe de France, l'équipe de Ligue 1 n'est pas toujours celle que l'on croit. Pour résumer ce match, nul besoin de parler tableau noir ou pelouse à la gueule d'adolescent boutonneux. La raison principale (la seule ?) de la débâcle marseillaise est paradoxalement ce qui fait leur succès au quotidien en Ligue 1. Si les Phocéens sont en tête du championnat, c'est parce qu'ils sont les plus irréprochables sur le plan du mental, de l'engagement et de l'investissement. Une question de volonté, quoi. Et quand par instants, le corps n'a pas suivi l'esprit, les défaites à Monaco (1-0), Lyon (1-0) ou même Paris (2-0), faites de bonnes entâmes, d'occasions loupées, puis de coups de pompe, seront toujours plus acceptables que celle de ce dimanche. Au sortir de la rencontre, Marcelo Bielsa, parlait d'ailleurs d'une « défaite inexplicable » . Gageons que le technicien a, pour une fois, préféré garder sa langue dans sa poche au moment de revenir sur les raisons d'un résultat.

Peut-être pour ne pas accabler ses joueurs. Peut-être pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. Peut-être parce que Marcelo a plus souffert de cette faillite humaine que de certaines déconfitures sportives face à des concurrents directs pour le titre. Au stade des Alpes, ce n'était pas une CFA contre une Ligue 1, mais une équipe de foot contre des vacanciers au football fait de dribbles superflus plutôt que de passes appuyées. Un football où on regarde l'adversaire mettre la tête. Un football où on ne met pas le pied. Un non football, en fait. Oui, le « petit club » en veut plus, et parfois, ça redistribue les cartes. Mais quand le grand club n'en veut pas, il ne faut pas s'attendre à autre chose que cet « exploit » . Évidemment, le nom de Florian Thauvin, auteur d'un match tout en dribbles inutiles, occasions loupées, ponctué d'un tir au but loupé, est sur toutes les lèvres, mais il est inutile de mettre des noms sur ce qui est un naufrage collectif. Une partie faite de néant technique, avec un milieu qui se fait croquer physiquement, un gardien fantôme, des passes trop longues et des latéraux dignes des plus grandes heures d'Élie Baup sur le banc de l'OM. Un cauchemar qui ne doit cependant pas chasser les doux rêves que caressent de brillants Phocéens depuis le début de la saison. Un cauchemar qui doit simplement leur apprendre à ne pas regarder les mottes de terre, mais à regarder de l'avant, peu importe qui ose se pointer dans l'autre moitié de terrain.

Par Swann Borsellino
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Note : 3
On compatit Swann on sent que t'as mal
Note : 7
c'est vraiment une réaction de gros club, ça : si vous perdez, c'est forcément de votre faute, ça ne peut pas être Grenoble qui est allée chercher sa victoire (aux tab...) avec un brin de réussite et une grosse poignée de courage, non, c'est forcément les marseillais qui sont "restés en vacances" (formule lue 143 fois sur les divers sites d'actu... quelle force d'analyse, quel style).

l'OM a dominé, eu beaucoup d'occases, en a raté énormément (mais mis 3 au fond), a laissé des espaces comme depuis le début de saison, Grenoble avait bien révisé, deux actions d'école et un cafouillage ont suffi. Bravo Grenoble, et les marseillais - il me semble que les onze mecs sur le terrain ont bien plus respecté le GF38 que vous ne le faites depuis vos tribunes, avant comme après le match.
L'OM reste en lice dans combien de compétions déjà ?
Quoi?
Comment ça, ça les arrange de ne plus avoir que le championnat à jouer?
Pas tout à fais d'accord avec l'article. Certes les marseillais n'étaient peut-être pas à leur meilleur niveau de forme/motivation, mais je crois surtout que les grenoblois ont fait un très gros match. Et que cette équipe ne mérite pas la CFA, division où il est difficile de tirer son épingle du jeux face à des équipes de bouchers qui bétonnent derrière. Grenoble joue des match de CdF chaque semaine. Cette équipe serait plus à l'aise en National/L2/voir L1!

Forza Grenoble! Merci pour cette soirée inoubliable!
Jean Michel Assaule Niveau : Ligue 2
Note : 3
Plus forts que les Blaugrana : les Grenoblois !!!

(j'arrête pas de la faire, mais j'en suis assez fier)
Je suis pas tout à fait d'accord. Fac à la "magie de la coupe de France", l'article a raison : les clubs pros, comme leur statu le dit, se doivent de ses résultats. Non parce qu'ils en ont nécessairement besoin, mais parce qu'ils sont outrageusement favoris. C'est aussi pour cela que la séance de tir au but doit être particulièrement frustrante pour Marseille.
D'autre part, j'ai du mal à dire que Grenoble a fait un si bon match. Pour avoir suivi plusieurs de leurs rencontres au stade des alpes les dernières années, ils ont montré d'autres qualités. La grosse différence semble évidente, c'était l'envie. Grenoble n'en rêvait pas seulement, ils l'ont fait. Ils n'en étaient probablement pas capables en dehors de ce match. Marseille n'a pas marqué des buts écrasants de maîtrise mais du réalisme que n'avait pas Grenoble, qui a toujours marqué dans le besoin.
Et c'est la toute la force qu'ils ont montré : Marseille n'a jamais su se mettre à l'aise, même en menant.
Pas tout à fait d'accord avec l'article : David était armé d'une fronde.
Grenoble a été cherché sa victoire, être revenu 3 fois au score alors que 2 buts des marseillais étaient hors-jeu, je trouve ça assez beau!

Vive le football passion !
LibidoPostToxico Niveau : National
Note : 1
eolaslys : Achete un labrador, ou t'as vu qu'il y avait hors jeu ?
LibidoPostToxico Niveau : National
Thauvin, le ben arfa du pauvre... au moins ben arfa reussissait parfoit un dribble
Esteban_Ramirez Niveau : Loisir
L'article ne précise pas que Gignac a été exemplaire sur ce match. Ses deux buts, ce sont deux situations dans lesquelles il a exploité les faiblesses de Grenoble.
Sur le premier, il traverse et tire sans être attaqué, le but rentre facile.
Sur le deuxième, il prend le gardien adverse en duel un contre un.

Dans les deux cas, on sent les trois divisions d'écart, car en Ligue 1 ça serait peut-être pas passé aussi bien.
De façon générale, on s'attendait à ce que l'effectif de l'OM tout entier gère le match comme Gignac, en exploitant franchement son avantage en termes de talent.


De façon générale, Grenoble a quand même super bien joué. Tactiquement, il ont fait ce qu'il fallait, à base de longs ballons dans le dos de la défense pour perturber une ligne arrière expérimentale. Sur l'engagement, c'était irréprochable avec en prime très peu de fautes.
Ils on largement le niveau d'évoluer plus haut, et beaucoup d'équipes de L1 auraient été franchement emmerdées par leur jeu.

Le terrain était super merdique quand même. Je crois qu'une grosse partie des buts ont d'ailleurs été inscrits sur la "bonne" moitié de terrain.

Et Samba m'a paru un peu tendre sur le match. Dommage pour lui, il est abonné aux matchs bourbiers.


En tant que Marseillais, cette défaite me fait quand même moins chier que les deux défaites en finale de 2006 et de 2007. Là on perd dès le début pour un déficit d'envie, avec une équipe pas vraiment au point, ya rien de rageant.
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