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Péruvien, vos papiers !

Sélectionné chez les moins de 20 ans péruviens, Max Barrios aurait légèrement menti sur son identité. Il n'aurait pas 17, mais 25 ans, ne s'appellerait pas vraiment Max, et il serait… équatorien. Une grande supercherie révélée en plein tournoi qualificatif pour la Coupe du monde moins de 20 ans.

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Ce 16 janvier à San Juan (Argentine), le jeune Équatorien Jonny Uchuari se frotte bien les yeux pour croire qu'il ne rêve pas. L'Équateur affronte le Pérou, lors du championnat sud-américain moins de 20 ans. Dans les rangs adverses, Uchuari croît reconnaître un ex coéquipier et… compatriote. Un défenseur central au physique imposant (1,87m), nommé Max Barrios. C'est tout du moins l'identité sous laquelle il dispute le Sudamericano U20. En réalité, tout indique que Barrios, qui se fera expulser en fin de match, s'appelle Juan Carlos Espinoza Mercado, est équatorien, et a 25 ans.

L'affaire Barrios débute réellement près d'une semaine après la rencontre entre Pérou et Équateur. Le 22 janvier, le député équatorien Rolando Panchana annonce publiquement que Max Barrios n'a rien d'un Péruvien ni d'un moins de 20 ans. L'homme politique donne des détails : le défenseur central est marié et a un enfant. La Fédération équatorienne lui embraye le pas et dénonce le cas à la CONMEBOL. Trois jours plus tard, le document national d'identité du joueur est considéré comme non valide par les autorités péruviennes. Des vérifications ont été effectuées et il est finalement établi que le défenseur central n'a pas vu le jour à Sullana, au Pérou, comme il l'avait prétendu et documenté, faux papiers à l'appui. Devant ces révélations, le père du joueur concède que son fils est né en Équateur, mais maintient qu'il n'est pas encore majeur.

Le Maradona inca derrière la supercherie

Le père du joueur se nomme Angel « Maradona » Barrios, ou plutôt, celui qui se présente comme le père du joueur. Car tout porte à croire que cet ex pro péruvien ne serait pas le géniteur de Max, ou Juan Carlos, c'est selon, mais plutôt son représentant. Angel Barrios jouit d'une petite notoriété au Pérou pour avoir été champion avec le Sporting Cristal en 1983, mais surtout, pour avoir toujours joué de sa ressemblance avec Maradona. Angel Barrios est petit, enrobé, a les cheveux frisés et jouait milieu offensif. Dans un reportage réalisé en Équateur par la télé péruvienne Frecuencia Latina, un jeune homme qui se présente comme l'ami de Juan Carlos en dit davantage sur ce « Maradona. » Selon ce témoin, Angel Barrios s'est rendu à Loja fin 2011, en Équateur, pour promettre au défenseur central un futur dans le football professionnel péruvien.



Sur ce point, le Diego inca n'a pas menti. Sitôt passé la frontière, Max Barrios et ses faux papiers entrent au centre de formation de Juan Aurich, l'un des principaux clubs péruviens. Le défenseur central impressionne et intègre rapidement la sélection de sa catégorie. Son dernier semestre 2012, il le traverse en titulaire de l'équipe première. Prometteur pour un joueur dont la fiche indique qu'il est né en 1995. Sauf que Juan Aurich serait loin d'être le premier employeur de Barrios-Espinoza Mercado. L'entraîneur en poste à la Liga de Loja en 2010 assure avoir dirigé le défenseur central. Le club évoluait alors en deuxième division équatorienne. Devant l'accumulation d'éléments tendant à conclure à une falsification d'identité, Juan Aurich décide, le 26 janvier, de se séparer de celui qu'ils connaissaient comme Max Barrios.


Entre sept et dix ans de prison

Devant la montée des soupçons, le défenseur central à la double identité a quitté la sélection le 23 janvier. La Fédération péruvienne (FPF) assure avoir été trompée par le joueur, qui a disputé les trois premiers matchs du Sudamericano en titulaire. Pas tatillonne, la CONMEBOL a indiqué que la FPF ne risquait rien. Un épisode advenu une semaine avant le coup d'envoi du tournoi qualificatif pour la Coupe du monde U20 aurait pourtant dû dresser les antennes de la Fédération inca. Début janvier, Barrios avait soulevé les soupçons de la sélection après avoir disparu pendant cinq jours et avoir été localisé en… Équateur. Le défenseur central avait alors assuré qu'il souffrait d'une dépression liée à des problèmes familiaux. Outre la procédure de la CONMEBOL, le jeune homme fait l'objet d'une enquête ouverte au Pérou, pour falsification d'identité. Il risque entre sept et dix ans de prison. Ses ex-coéquipiers de la sélection, qui le surnommaient le Ghanéen, ont continué, eux, leur petit bout de chemin en Argentine. Mercredi dernier, le Pérou a de nouveau rencontré l'Équateur, lors de l'Hexagonal final, qui conclut le tournoi. Privés de leur imposant défenseur central, les Incas l'ont emporté (3-2) (ils finissent finalement avant-dernier de leur groupe et ne sont pas qualifiés pour le Mondial, ndlr). L'espoir de la Liga de Loja, Johnny Uchuari, a inscrit un but. Celui qui avait reconnu ledit Max Barrios intéresserait Parme et l'Udinese...

Par Thomas Goubin
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