1. // Mondial Minimes de Montaigu

Perles et Flops

Bien sûr, les effectifs n'étaient peut-être pas au complet. Bien sûr, ces jeunes joueurs ne sont pas encore à maturité. Bien sûr, ce Mondial Minimes ne prétend pas être une Coupe du Monde FIFA. Alors bien sûr, nos tops et flops sont à prendre avec distance, sauf pour le pain sec des chipos.

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Les perles de Pâques :

Wesley Said : Pour le plateau des clubs, peu de joueurs ont crevé l'écran. L'attaquant du Stade Rennais est « un 95 » précisera Guy Hillion, recruteur de Chelsea en France, des tribunes, comprenez par là que Saïd est le plus jeune de son équipe mais déjà le plus décisif. En laissant traîner les oreilles, nous avons compris qu'il avait tapé dans l'œil des recruteurs et scouts depuis un an déjà. Gabarit correct, un peu à la Loïc Rémy, de la colle au pied, de la vélocité, de la rapidité, un doublé contre Le Mans en demi-finale, Rennes tient un bon numéro dans sa pouponnière. A surveiller pour les prochaines années.

Le Stade Rennais : Vainqueurs logiques et sans contestation possible du tournoi « clubs » , les Bretons auront été les seuls à pratiquer un jeu cohérent. La plupart des joueurs ne cherchent pas nécessairement le spectaculaire, deux-trois individualités s'en chargent (Daouda Gerard, Wesley Saïd et Axel Ngando), privilégient le ballon dans les pieds plutôt que dans les airs, n'ont pris qu'un but, lors du dernier match de poule alors qu'ils étaient déjà qualifiés, ont au moins un joueur très bon dans chaque ligne. Rennes confirme son statut actuel de meilleur club formateur de l'Hexagone.

Johan Branger : Attaquant d'Auxerre, il a terminé meilleur buteur du tournoi, a été élu meilleur joueur du tournoi. Pour être honnête, nous n'avons pas eu l'occasion de le voir mais tous les observateurs avertis que nous avons croisés ont acquiescé. Dont acte.

Marius : Nous l'avons croisé, coupe de cocktail à la main, posé comme un videur de boîte devant le stand parrainé par le night-club du coin, l'Albizia. Marius, habitant de Montaigu, « aime le football » , a carburé à deux cocktails par jour, « promis pas plus » , et ressemble à Mathieu Bastareaud qui aurait mangé un mix de Calimero et de Bernard Diomède. Marius nous a précisé qu'il n'avait pas de table de chevet dans sa chambre.

Les parkas du Bénin : La délégation béninoise est venue un peu naïvement avec le strict minimum sur ce Mondial de Montaigu : shorts, maillots et chaussettes dans le sac. Claquant des dents à leur arrivée en France, les Béninois se sont alors vu offrir une flopée de parkas par un des partenaires du tournoi. Un geste qui ravirait un Patrick Montel.

Les flops :

Aymeric Djeridi : Bon, nous ne voulons pas déjà mettre sous terre des grands ados, peut-être plus susceptibles que d'autres aux critiques, mais ce défenseur stéphanois a créé l'unanimité contre lui dans la tribune couverte. Plutôt rustre, le jeune Djeridi a distribué quelques taquets à la Gary Neville, c'est-à-dire la semelle, taille 46, qui traîne facilement et qui ne mérite aucune excuse. Vous avez déjà vu Neville s'excuser ? Idem pour Djeridi. « Ce sont des détails qui comptent beaucoup pour les clubs anglais. Ils font très attention à la mentalité, l'état d'esprit » , paroles d'Hillion. « Il n'a pas marqué beaucoup de points sur ce tournoi » , paroles de Laurent Viaud. Le jeune Aymeric n'est pour le moment pas prêt pour la Premier League.

Le pain sec : Pour la colonne “recettes”, les chipos et les merguez sont fondamentales. Bien cuites, pas cramées, elles doivent être au top pour rassasier n'importe quel spectateur ou simple flâneur d'un tournoi de foot. En début de journée, le sandwich tient la route, le pain frais sublime la chipo. 16 heures passées, le drame : le pain se dégrade, devient tout sec et enterre les efforts des bénévoles en blouses plastiques.

L'équipe de France : « L'affluence dépend toujours un peu des performances de l'Equipe de France. Bon, là, c'est pas mal, les Français jouent la finale pour la 3ème place. Mais les spectateurs auraient préféré les voir pour la grande finale » avoue Michel Allemand, le chef du Mondial. Les jeunes Bleus ont montré bien plus de qualités en dehors que sur le terrain. Gagnants dans une battle de coupé-décalé contre la délégation auxerroise, les Français se sont fait sortir en demi-finale contre le Portugal. « Cette équipe de France m'emballe pas plus que ça » confessait Hillion tandis que Laurent Viaud déplorait la pauvreté de la qualité de jeu de la sélection tricolore : « Il n'y a jamais de travail de recherche d'attaquants. On privilégie le système défensif, le replacement » . Avouons-le, ça tricote trop devant, les immeubles de la ligne arrière ne sont, sans surprise, pas de grands techniciens. Laissons la conclusion à un quarantenaire du FC Montaigu, posté derrière nous en tribunes : « C'est comme l'équipe à Domenech, c'est pareil ! » .

La prime au physique : Ne mentons pas, c'est toujours énervant de voir que dans les catégories de jeunes, certaines formations privilégient l'athlétique à la technique. Au Mans, la charnière centrale dépassait facilement 1m80 sur 1m80, le FC Nantes avait dans sa garnison un géant en pointe, plutôt gauche, un Brandao sans la queue de cheval. A Rennes, nous avions nettement plus l'impression d'avoir à faire à des jeunes d'un gabarit de 16-17 ans. Cela s'est ressenti inéluctablement dans leur jeu, plus rapide, plus technique, plus propre tout simplement. Laurent Viaud avait du mal à cacher son agacement : « Parfois, ce qui m'énerve dans ce genre de tournois, c'est que les équipes pensent déjà trop au résultat. Alors on aligne plutôt du solide physiquement et on en oublie l'objectif principal de ces derniers moments de formation : la maîtrise technique » .

Un tournoi des Nations faiblard :

Les parieurs n'auraient jamais pu gagner beaucoup d'argent en misant sur ce Mondial. Le Japon, plutôt fringant ces dernières années (vainqueur en 2004 et second en 2005), n'ont pas confirmé, et les sélections africaines ne se seront pris que des volées (9 buts encaissés en 4 matches pour le Bénin, 15 pour le Gabon). Ajoutez à cela une sélection émirati physiquement à la pêche, vous obtenez un carré final uniquement européen. Confession de Laurent Viaud : « Je pense à l'Angleterre. Leur entraîneur, il a un peu les boules d'être venu. Il voulait venir ici pour préparer son équipe en vue des prochaines compétitions. Résultat, ses joueurs ont joué contre le Gabon et l'Ukraine, ont remporté facilement les matches (6-0 et 3-1) et ils n'ont vraiment eu qu'un match pour pouvoir tirer quelques enseignements, celui de la finale contre le Portugal. Il y avait un type de Manchester United à les suivre, pendant le tournoi. Il aimerait bien que son club vienne dans le tournoi club l'année prochaine. Mais là, il se pose la question » .

Ronan Boscher et Franck Lenfant

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Je crois que cette photo de Wesley Saïd ne vous appartient pas... Pas joli-joli tout ça. Vous n'aviez pas emmené d'appareil photo ?
J'ai pas entendu les recruteurs "franglais" faire ce genre de commentaires sur le manque de technicité et comme en plus ils savent dissimuler leurs idées... ce reportage est plus proche du fait divers "sensationnel" que du compte-rendu objectif...ça sent le manque de vécu...
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