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  2. // Palerme/Milan AC

Péril en Sicile

Palerme est en crise, Milan en proie au doute : ce soir, au Renzo Barbera, aucun des deux n'a le droit à l'erreur. Car le spectre d'une saison blanche pour les uns fait au moins aussi peur que celui d'un nouveau sacre interiste pour les autres.

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15-2. Ce n'est pas un score de rugby. C'est le score fictif des cinq derniers matches de Palerme en championnat. Cinq défaites, cela va sans dire, dont l'humiliant 7-0 qui a coûté son poste à Delio Rossi. Pas besoin d'être fin psychologue pour comprendre que l'équipe sicilienne n'est pas au mieux. Cette série noire en cours, survenue à l'improviste alors que le club était en pleine course pour la quatrième place qualificative pour la Ligue des Champions, redimensionne les ambitions du président Zamparini. Pour lui, pas de doute, tout est de la faute de Delio Rossi, coupable d'avoir « détruit son Palerme » en négligeant la phase défensive. Du coup, le fantasque patron a appelé à la rescousse Serse Cosmi, adepte du costard et de la casquette, en lui demandant « la quatrième place et la Coupe d'Italie » . Rien que ça. Mais pour son premier match sur le banc, le nouveau coach ne fait pas beaucoup mieux que son prédécesseur. Il troque la casquette contre un béret à la française. Et l'effet français s'empare effectivement de lui : Palerme ne marque aucun but en deux matches et sort vaincu des deux confrontations face à la Lazio (2-0) et au Genoa (1-0). On a connu mieux comme baptême.

Il faut dire que la tâche de l'ancien entraîneur de Perugia est relevée. Malgré des joueurs de talent, voire de grand talent dans son effectif, il doit composer avec la deuxième pire défense du championnat. Quarante-six buts encaissés en vingt-neuf journées. Seul Lecce, avec cinquante-et-un, a fait pire. Conserver leurs cages inviolées est devenu une sorte d'utopie pour les Siciliens : ils n'y sont parvenus que six fois cette saison, la dernière en date remontant au 22 janvier dernier, face à Brescia (1-0). Depuis, le prometteur portier Sirigu est quasiment tombé en dépression à force d'aller chercher systématiquement le cuir au fond de ses filets. Mais si la défense a toujours été le talon d'Achille de cette équipe, même lorsqu'elle carburait, son attaque, elle, sait se transcender. Avec un Javier Pastore en forme, un Miccoli sans pépin physique et un Ilicic inspiré, Palerme a les moyens de faire trembler n'importe qui. Problème, depuis que la confiance s'est envolée, Pastore galère, Miccoli se blesse un match sur deux et Ilicic ressemble plutôt à Dejan Ilic, l'ancien d'Istres. Pas la trace du moindre but marqué dans les 400 dernières minutes, le mal est profond. Dépité face à une telle situation de crise, Zamparini passe des mots aux menaces. « Si Palerme venait à perdre les deux prochains matches contre Milan et Catane, je démissionne. Si nous perdons, cela fera sept défaites consécutives, nous fixerions alors un record négatif, et je m'en irais » déclare-t-il dans l'émission La Zanzara, sur Radio 24, à deux jours du choc face au Milan AC. Oui, car pour sortir de ces sables mouvants et se relancer, Palerme ne doit pas affronter le relégable Bari ou le promu Brescia. Bah non, ce ne serait pas rigolo. Mieux vaut se farcir le leader de la Serie A, le test n'en sera que plus probant.

Milan revanchard

Et ce Milan-là risque bien d'avoir une sale gueule de revanchard. Éliminé par Tottenham en Ligue des Champions après un 0-0 tout dégueu, tenu en échec à domicile par la lanterne rouge Bari (1-1), Milan ne cesse de voir s'approcher le derby du 2 avril avec ce chiffre cinq gravé dans les yeux. Cinq, comme le nombre de points qui les sépare encore de l'Inter. Une marge de sécurité indispensable avant d'aborder la confrontation directe. Cinq, comme le nombre de Scudetti que remporteraient consécutivement les Nerazzurri, si Milan venait à flancher lors de la dernière ligne droite. Or, ce retour en fanfare de la troupe de Leonardo, galvanisée qui plus est par la qualification en quarts de finale de Ligue des Champions, a éraillé la sérénité des Rossoneri. L'exemple le plus flagrant est évidemment le coup de sang d'un Zlatan Ibrahimovic frustré, coupable d'avoir frappé Marco Rossi dans le ventre. Le geste n'est pas d'une extrême violence, mais lui coûte trois matches de suspension. Au moins une bonne nouvelle pour les défenseurs de Palerme, qui devront tout de même se coltiner Pato et Cassano, alignés pour la première fois ensemble d'entrée de jeu.

Cette petite révolution dans le onze n'inquiète pas Matthieu Flamini, qui a gagné cette saison ses galons de titulaire. « L'important, c'est de rester concentrer sur nos matches. Samedi, c'est Palerme, ensuite la trêve, et ensuite l'Inter. Le derby est un match important, mais c'est nous qui sommes premiers avec cinq points d'avance. Si nous restons attentifs, et malgré les absences, nous avons toutes les qualités pour remporter le titre » a-t-il déclaré en conférence de presse. Néanmoins, si Milan conserve son destin entre les mains, Massimiliano Allegri sait que ce choc face à Palerme est un test compliqué avant le derby. Pour ce match, il s'appuiera donc sur une équipe un brin remaniée à cause de l'absence de Zlatan. Mais pas trop quand même. Gare tout de même au traquenard : même si Milan est invaincu en championnat depuis le 19 décembre dernier, il n'est pas à l'abri d'un sursaut d'orgueil des Siciliens. Et sachant que le lendemain, l'Inter reçoit le sympathique Lecce à San Siro, le coach milanais devine qu'il vaut mieux repartir invaincu de l'île. Et avec les trois points, c'est encore mieux.

Eric Maggiori

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