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Pères/Fils: ils ne se comprennent plus!

Une belle idée veut que le foot se transmette de père en fils, voire en fille. Un cliché qui semble cependant écorné par l’apparition des « nouvelles technologies » dont sont friands les gosses 2.0. Vous leur parlez de vignettes autocollantes et de bonshommes en plastique à pousser avec l’index, et ils vous répondent joysticks et applications Smartphone…

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Certaines conversations avec des amis d’enfance vous mettent le moral en berne. « Comment veux-tu discuter avec ton gamin quand il te dit la première fois qu’il va à la Beaujoire que les joueurs sont mieux sur sa console ? » , souffle Nicolas pendant que son fils aîné détend son index pour faire défiler sur sa tablette des vidéos de Champions League. Un choc des générations qui dépasse largement les frontières de l’Hexagone. Valerio Magrelli, poète italien, traducteur de Mallarmé dans la langue de Dante, et auteur du remarquable Adieu au foot : Quatre-vingt-dix récits d'une minute (éd. Actes sud), se confie aussi à ce sujet : « J'ai été frappé par la façon dont mon gamin croyait jouer. Je le voyais affalé sur le sofa, devant sa console, pendant des heures. Il gueulait, il était enthousiaste. Il me disait: "J’ai gagné !" Je lui ai demandé : "Tu es qui ? Un joueur ? Ou l’équipe entière ?" Il m’a répondu : "Je suis tous, même les adversaires." J’ai alors réalisé que ce que le football incarnait pour moi au début s'était complètement transformé. Pas une simple et naturelle évolution, par exemple liée à la dimension économique. Il s’agit d'une métamorphose globale. Je ne veux pas le condamner. Cela serait un peu trop facile. Je suis seulement surpris par ce qui s’est passé. Ce qui provoque aussi un peu de nostalgie, notamment quand je repense à mon propre père. » Cet immense fan de la Roma découvre alors que le cœur de son fils bat pour l’Inter Milan, car son équipe se révèle bien plus forte en jeu vidéo. Les statistiques ne font pas de sentiment.

Accès total au football européen

Entre les papas et leurs fistons, un petit gap s’est creusé, sous forme de révolution numérique. À l’instar de la musique, la dématérialisation de la culture touche le sport, et le football, en particulier. Bonjour les pixels et les codes binaires. Le sociologue Boris Helleu, qui tient le blog de référence Hell of a sport, n’hésite pas à prophétiser l’avènement du « fan digital » ultra-connecté, les yeux oscillant du terrain au téléphone. Une pente virtuelle qui conduit parfois nos marmots à établir un étrange continuum entre les captures de jeu vidéo sur YouTube et la L1 « IRL » , comme ils disent (comprendre « in real life » ). Nos enfants seront sûrement les premiers à vivre leur expérience du foot sur tous les écrans et à disposer quasiment de l’accès absolu et total à l’ensemble du foot européen, voire mondial, en direct et/ou à volonté. « Les matchs de foot, se souvient Vincent, 42 ans, papa d’un petit Christian, c’était tellement exceptionnel que j’y pensais des jours avant. Et pour tout dire, cela se limitait à l’équipe de France, les coupes d’Europe, en priant pour qu’une formation tricolore fasse un bon parcours, et la finale de la Coupe de France. Pour le reste, tu devais acheter Onze-Mondial ou France Foot pour les championnats anglais ou italien dont nous ne découvrions les exploits que lorsqu’ils venaient éliminer Auxerre. Mon père râlait car Le Monde n’avait pas de pages sportives… »

Toute une éducation et un amour du foot qui reposaient sur la rareté et la transmission orale s’en retrouvent désormais menacés de mort. Quid de ces cartes de joueurs que l’on s’échangeait fébrilement pendant la récré et qui vous amenaient à connaître par cœur les compos du Stade Lavallois ou à se prendre d’une étrange obsession pour Woodin, buteur néo-zélandais en 1982, après lequel on avait couru tout un mois de mai ? Le rappeur parisien Flynt défend encore cette façon d’aborder ce trésor de la culture nationale : « J’ai découvert le PSG, et le foot plus largement, à la radio. Ma mère écoutait tout le temps la radio quand j’étais gamin. J’avais pas de père à la maison avec qui j’aurais pu regarder des matchs ou qui m’aurait fait découvrir le ballon. Mes premiers souvenirs de foot, ce sont les résultats de la Division 1 aux infos sur Europe 1 ou France Inter, je sais plus. Après, j’ai découvert les multiplex et, à chaque multiplex, j’étais derrière mon poste radio. Sans voir aucune image, j’étais déjà passionné ! Encore aujourd’hui, je suis plus souvent les matchs à la radio que je ne les regarde. » Mais il faut vivre avec son temps et les changements que cela implique. Les yeux d’enfants, de 7 à 13 ans notamment, sont trop avides d’images et surtout d’interactivité pour se contenter de la seule voix de Jacques Vendroux.

Cette bascule qui suscite tant de débats chez les pédopsychiatres sur la nocivité pour les kids des consoles, tablettes et autres écrans-dépendances, semble casser une certaine magie quasi séculaire de la relation au ballon rond. L’apprentissage du foot était une affaire d’odeurs (du cuir, de boue, de pelouse), de conditions (la pluie, le vent, la canicule) et de bruits (des tribunes, des parents sur le bord du terrain, du coach). « J'ai eu l’impression de devenir footballeur le jour où ma père m’a appris à lacer mes chaussure » , témoigne Richard, père de 38 ans, archiviste, qui garde précieusement sa première paire de crampons comme une relique dans une armoire de son appart de la Meinau, à Strasbourg. Ces rites initiatiques qui jalonnent le chemin de la cour de récré au FC Du Coin étaient parcourus de ces merveilleux moments vaguement pédagogiques où se récitaient les belles histoires du Roi Football, de Pelé à Maradona, de Skoblar à Papin.

La première paire de crampons

La transmission de l’amour d’un maillot, d’un club, s’est sans doute compliquée à mesure qu’une manette de jeu, ou autre, s’interposait entre l’éducation voulue par les papas et le vécu de leurs fistons. Aujourd'hui, le multimédia domine toutes les autres industries culturelles, télévision et cinéma y compris. Comment s'étonner, dès lors, de se sentir dépassé lorsqu’un môme de huit ans commente davantage la houpette de Giroud au sortir d’OM-Arsenal que la prestation des Gunners ? Comment réagir ? On s’asseoit et on pleure ? On feuillette compulsivement ses vieux albums en écoutant des 33 tours ? « Si nous avions dû faire attention au look des joueurs, se désole Loran, vendeur, et papa de Louis, 9 ans, Rocheteau n’aurait pas tenu dix secondes au Parc et nous serions tous passés au rugby ! » Les rois du ballon sont aujourd’hui des stars, comme celles des films ou des séries à succès. « Il faudrait interdire les écrans géants dans les stades, sourit Fredo, régisseur, 37 ans, qui regarde les matchs avec son bambin, Kévin. Les gamins les matent plus que le match ou même les tribunes avec les supporters, quand il en reste. En même temps, vu le prix des places… » Le foot reste pourtant bel et bien le premier langage commun de l’humanité. Mais peut-il encore servir à combler le fossé des générations ?

La suite de ce dossier dans le prochain numéro de SO FOOT… – Par Nicolas Kssis-Martov/Photo: Philippe Lebruman
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"Cette bascule qui suscite tant de débats chez les pédopsychiatres sur la nocivité pour les kids des consoles, tablettes et autres écrans-dépendances, semble casser une certaine magie quasi-séculaire de la relation au ballon rond."

Et cette manie de nous coller un mot ou une expression en anglais à chaque paragraphe, qu'en pense t'il les pédopsychiatre ? Est ce nocif.

Autant comme certains mots qui n'ont pas de réel équivalent en français, mais gap pour pont et kids pour enfants c'est limite.

Pour le fond bonne initiative, le sujet mérite d'être traité on verra comment vous l'approcher car dans cette brève c'est survolé.
GenzoLloris Niveau : DHR
Les moralités de l'article :

- Trop de compétition tue la compétition : avoir des matchs tous les 3 jours entraînent la lassitude à la fois du public (le 6eme OM-PSG ou Barça-REal en une seule saison, ça enlève forcément sa magie) et des footblalleurs eux-même (avec un match tous les 3 jours, ils "choisissent" leurs matchs ce que personne n'est dupe). Sans compter qu'en L1, traîner son gosse pour voir un vieux 0-0 à son premier match

- Pour faire aimer le foot à son gamin vissé devant son écran 24/24, c'est pas en lui offrant Fifa 15 mais en lui enfilant des crampons pour lui faire comprendre qu'une bicyclette ou un coup franc de 45 mètres c'est pas bouton X mais des sommes de travail de malade d'où la beauté du geste (cela marche aussi pour lui faire apprécier les tableaux qui sont forcément"plus moche" qu'une photo pour un gremlin)

- D'ailleurs, l'écran (télé, smart, portable etc...) c'est comme le McDo, il faut vraiment y aller avec parcimonie dans le propre intérêt du gamin si vous voulez être un parent un tant soit peu responsable au lieu de céder à la facilité (ah la télé, la babysitter la moins chère de tous les temps).
Message posté par AeyronSk
"Autant comme certains mots qui n'ont pas de réel équivalent en français, mais gap pour pont et kids pour enfants c'est limite.


Ca me fait rire les donneurs de leçon. Encore plus quand ils font des fautes: "gap" c'est fossé, pas pont.
roctovirso Niveau : CFA2
Vaste et intéressant sujet qui mériterait peut-être un traitement plus étoffé.
Pour parler de mon cas personnel, mon fils de 15 ans s'est mis récemment à la console.
Depuis toujours j'essaie de l'intéresser aux matchs à enjeu, de l'EDF par exemple, lorsque la montée de sève a bien été préparé par les médias, que tout est en place pour un spectacle césarien, il regarde une mi temps maxi, en gros, la télé c'est pour la wii.
Malgré tout mon guidage il n'adhère pas vraiment, ne se représente pas l'effort athlétique, ni le visionnage tactique que permet l'écran.
Ca doit être l'Oedipe.
Note : 3
Toute une époque gamin , la radio quand tu allais pas au stade !!
Et les magazines qui te donnait le résultat des autres championnats ..

Pourtant on le vit bien nous cette médiatisation qui a la base avions pas eu ça ! :)

Par contre tout ce franglish de la langue Française est a bannir pour les marmots justement et a ce titre le site de So Foot en est remplit !



Note : 2
Quand je vois mon neveux qui a changé d'équipe de coeur chaque année depuis qu'il a 8 ans (Pourtant je l'ai emmené au Velodrome quoi!) et qui préfère jouer à call of plutôt que de mater un match de l'EDF... ça aussi ça me déprime !
La société dans laquelle nous vivons nous offre toujours plus. Nous sommes de moins en moins impressionnés, donc nous consommons plus parce que nous ne savons plus bien consommer. Le meilleur exemple dans le foot reste l'équipe du dimanche : on est passé d'une institution à un petit rendez-vous sympathique. Parce que tout est déjà disponible, immédiatement. Il n'y a plus à appeler une hotline pour avoir les soluces de jeux vidéos ou pour connaître les scores de la NBA, les jeunes ( moins de 20 ans) ne sauront jamais ce qu'étaient les USA dans sa période pre-amazon/ebay, à une époque ou le président des USA étaient le meilleur pote d'hollywood.

Bref, les temps changent, la manière de consommer aussi. Et vu qu'aujourd'hui on consomme autant le foot qu'on ne le vit, c'est faut pas s'étonner.
article déprimant, tant il me renvoi à ma propre vision du truc.

la fameuse expression "trop de..., tue le..."

J'ai la petite trentaine et j'ai découvert le foot avec :

- les vignettes paninis
- les multiplex radios sur europe 1 avec 9 voir 10 matchs en simultané vs les journées sur 3 jours avec 6 horaires différents (genre on va se taper 6 matchs de L1) sur 3 jours
- LA coupe d'Europe avec ses matchs à élimination directe. Et putain même la coupe des vainqueurs de coupe faisait bandé parce qu'il y avait du lourd partout et ouais 1 seule place en c1.
- voir un match anglais, italien ou espagnol relevé plus du miracle qu'autre chose. Aujourd'hui quand ma femme me dit "y'a du foot ce soir?" ma réponse est toujours la même "y'a tout les jours du foot à la télé" + les talk + les chaines d'info sport + le streaming + + etc.
- les stades qui sentaient la saucisse frite + le coca dans sa bouteille de verre ou la bière

bref des bonnes madeleines de Proust et j'ai trouvé le moyen pour que mon fils ne me nique pas tout avec FIFA 20 et les youtube de neymar Jr... j'ai fait une fille
Lilian_Laglande Niveau : District
Message posté par Janklod Pino
Quand je vois mon neveux qui a changé d'équipe de coeur chaque année depuis qu'il a 8 ans


C'est toi, le fameux Tonton Adil?
maxleharmek Niveau : CFA
Encore je comprend que le gamin s'endorme devant un match de l'EdF comme nous devant Derrick mais un détachement pareil... :/
Même pas un petit club préféré en L1 ?
Rosé Bonvin Niveau : DHR
Moi ma gosse a huit ans, alors les soirs de match je la laisse pas m'emmerder! Je l'attache dans le canapé avec une Kro et une paille dans la bouche (pour pas l'entendre gémir q'è comprend rien au hors-jeu). Et si ça suffit pas je lui fourre mon maillot de Lens roulé en boule dans la bouche. Le foot è va aimer ça! On va quand même pas se laisser emmerder par des mioches! Le seul truc qui m'emmerde c'est quand les potes me demandent pourquoi j'ai appelé ma fille "Kaiser". Z'ont aucune culture foot ou quoi?
La danse classique? Comment ça la danse classique?
Note : 1
Je dois dire que pour une fois Monsieur Kssis-Martov, vous m'avez agréablement surpris. Il n'y a pas d'analyse socio-politico-économico-footbalistique, que du football, des sentiments, et des souvenirs...
Merci
Putin j'ai 16 ans et je pense comme vous les "vieux", rien me fait plus plaisir qu'un bon vieux foot entre potes.

J'dois prendre ca pour une bonne chose ?
Dance Crasher Niveau : CFA
Généralement, quand on est aigris, c'est pas une super bonne chose, non... Ahah! Tu commences tôt, quand même, mais ainsi tu feras peut-être très tôt partie d'une nouvelle hype, comme celle des appareils photo en plastique avec pellicule Kodak. Comme quoi...
Beefheart Niveau : DHR
Message posté par majatrajah


Ca me fait rire les donneurs de leçon. Encore plus quand ils font des fautes: "gap" c'est fossé, pas pont.



Moi ce qui me fait rire c'est qu'en pensant tailler t'étayes le propos. Mais c'est bien t'as prouvé à tout le monde que tu connaissais un mot en anglais et que t'étais sacrément cynique. Et ça c'est classe.
Jack Facial Niveau : CFA
J'm'en fous, j'en ai pas de môme.
«J'ai eu l’impression de devenir footballeur le jour ou ma père m’a appris à lasser mes chaussure»

Chaud les mecs!
Message posté par majatrajah


Ca me fait rire les donneurs de leçon. Encore plus quand ils font des fautes: "gap" c'est fossé, pas pont.



Et moi qu croyais que gap se disait celio en français.
marionetthom Niveau : Loisir
ah enfin vous parlez de la transmission père/fille (juste dans le titre mais bon !)
Mon père nous a emmené au stade mon frère et moi et nous avons tous les deux été gagnés par la passion du football.
Mon neveu aujourd'hui ne connait que les frasques de la vie privée des joueurs et même pas leur poste !
Désespérant...
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