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Pepe Mel au Betis, entre page blanche et tableau noir

Gijón-Betis au programme aujourd'hui. Soit l'équipe romantique et sans moyen affrontant l'historique et glorieuse puissance. Une histoire qui aurait pu être écrite par Pepe Mel, à la fois entraîneur du Betis et écrivain.

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Lors de son miracle marseillais, Marcelo Bielsa balançait des citations de son pote Valdano en conf' de presse. En Italie, Siniša Mihajlović cite la Divina Commedia de Dante Alighieri. Jean-Marc Furlan, lui, cherche l'inspiration en lisant quatre livres par mois. Chez Pepe Mel, entraîneur du Betis, on se prépare ses propres punchlines. Deux livres pour lui déjà. Le premier, El mentiroso, sorti en 2011, raconte l'histoire de Cail Lograft, millionnaire collectionneur qui traverse le monde pour dévoiler le secret d'anciens manuscrits, révélation qui fait trembler l'Eglise catholique – un air de déjà-vu. Le second, publié deux ans plus tard, s'intitule El camino mas allá. Là, le chemin mène à Veronica Lograft, héroïne se retrouvant au beau milieu d'une intrigue frénétique impliquant le Saint-Père, des terroristes et le derby de Séville, rien que ça.

Tension de l'écriture et stress du football


Pour Antonio Cajasol, dans les colonnes d'El Mundo, « c'est un livre qui accroche, qui ne se lâche pas une fois que l'on s'en est emparé, avec un vrai récit cinématographique » . Quant à l'éditrice du chauve, elle n'y voit « pas le livre d'un entraîneur, mais d'un auteur avec un grand A » . Et c'est précisément l'opposition avec le football qui marque la relation de Pepe avec l'écriture, lui qui qualifie ses escapades manuscrites de « moyen d'échapper au stress du football  » , toujours dans El Mundo. Ce qui ne l'empêche pas d'y mettre « la même passion, le même dévouement et le même amusement » . Le parallèle avec le football se poursuit, tant il prépare ses ouvrages avec la même précision que les matchs du Betis : « Plus on lit, plus on a de connaissances ; plus on écrit, plus on se forme  » ; raconte-t-il à El Pais. Aussi diplomate sur la page que dans un vestiaire, et malgré les thèmes délicats abordés, islam et catholicisme, Pepe Mel ne « souhaite offenser personne » . Pour démontrer sa bonne foi, il verse les bénéfices des ventes à des œuvres de charité.

« Le Betis est riche en beaucoup de choses, il ne l'est pas en argent »


Dans le même temps, celui qui aurait aimé être prof d'histoire tente d'enchanter l'Estadio Benito Villamarin. En Espagne, le Real Betis Balompié est un gros morceau. Un titre de champion – certes plus tout jeune, 1935 –, deux Coupes du Roi, des qualifs en coupes d'Europe et 30 000 supporters de moyenne en Segunda Division 2014-2015 posent le bébé. Mais le Betis, c'est aussi un joli bordel ces dernières années, avec une remontée en Liga sous les ordres de Pepe Mel suivie d'une descente trois ans plus tard avec Calderón comme responsable. L'année dernière, plein de romantisme, Pepe Mel revient à la Ciudad Deportiva Luis Del Sol et déclare sa flamme en conférence de presse : « Revenir au Betis est une décision prise avec le cœur. Bien que je pense avec ma tête, entraîner le Betis est la plus belle chose qui puisse arriver à un Betico comme moi. » Quinze victoires, six nuls et une défaite plus tard, Mel fait prendre l'ascenseur aux Verdiblancos. Alors qu'il racontait à El Mundo que ses livres étaient destinés à faire « oublier les problèmes » , l’entraîneur-auteur suit la même trame avec son Betis.

Pendant l'été, les premiers mots de Van der Vaart et Joaquín ont passionné les Heliopolitanos. C'est d'abord El tulipán de Chiclana – du nom de la ville d'origine de sa mère, Chiclana de la Frontera – qui revient vers les terres maternelles après avoir émerveillé Amsterdam et Hambourg. Il est suivi par l'enfant du Puerto de Santa Maria, dans la province de Cadiz, qui retrouve son club neuf ans après l'avoir quitté. Et Pepe d'entretenir l'illusion des Beticos façon amoureux désargenté : « Espérons qu'un jour, nous puissions être à la hauteur des grands d'Espagne. Non pas que nous ne le soyons pas, au contraire, nous sommes grands. Mais c'est l'argent qui commande, et si le Betis est riche en beaucoup de choses, il ne l'est pas en argent. »

Héroïsme et nouveaux chapitres


Pour le club andalou, la saison a commencé par un nul contre Villarreal suivie d'une pilule contre le Real au Bernabéu (5-0). Pas forcément encourageant. Mais l'ancien joueur, qui a fini sa carrière du côté du SCO Angers, sait aussi écrire des matchs au scénario héroïque. Contre la Real Sociedad, Petros prend un rouge juste avant la mi-temps et force les siens à aller chercher une victoire à dix contre onze. Quelques jours après la partie, le poète Pepe Mel rend hommage aux Beticos devant la presse : « Le Betis est différent. Quand on est professionnel du football, on voyage beaucoup, et rien de ce que j'ai vécu n'est semblable au Betis. La preuve la plus tangible, vous l'avez eue samedi dernier. Dans la même situation, dans un autre stade et avec des supporters différents, l'équipe n'aurait pas gagné. Nous n'avons pas joué à 10 contre 11, mais à 12 contre 11 parce que les supporters étaient sensationnels. C'est ça, le Betis. » Et lui, c'est Pepe Mel, entraîneur et écrivain. À Séville, il a les personnages et le décor. Reste à démêler la trame et, en mai, Pepe aura un livre de plus dans sa bibliographie.

Par Josselin Juncker et Eric Carpentier
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L'article est intéressant, mais me laisse un peu sur ma faim. Ils ont beau s'y mettre mis à deux pour l'écrire, j'ai comme l'impression que ni l'un ni l'autre des journalistes n'ont ouvert les livres concernés, ce qui est quand même dommage.

Un hispanophone les aurait-il lus, par le plus grand des hasards, et pourrait-il nous en faire une critique un tout petit peu plus poussée ?
mackallaway Niveau : CFA2
Pourtant Juncker et Carpentier, y'a pas plus espagnol!
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