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Pepe et son contraire français

Souvent caricaturé, et à raison, comme un boucher des prés, le central portugais a su faire vaciller tous les clichés qui lui collait à la peau durant cet Euro qu’il a survolé. Une renaissance à 33 ans qu’il doit autant à son mental à l’épreuve des balles qu’à deux Français du Real Madrid.

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De l’élégance de Boateng au romantisme de Bonucci en passant par l’âpreté de Koscielny, les défenseurs centraux ont honoré cet Euro de par leur protagonisme. Des louanges méritées tant ces trois Golgoths à la tête bien faite et aux pieds non carrés ont malmené leurs adversaires directs le temps de la compétition. Au-dessus de ce trio, pourtant, trône Képler Laveran Lima Ferreira, plus communément appelé Pepe – en référence à pepino, le concombre en version portugaise. Longtemps pestiféré, toujours dénigré, et rarement adulé, le natif de la bourgade brésilienne de Maceio s’est mis son pays d’adoption dans la poche et, mieux, s’est imposé aux yeux de tous, même de ses détracteurs, comme le meilleur numero cinco de ces championnats d’Europe. « Rien n’est dû au hasard » , promet-il dès le coup de sifflet final d’un match du titre qu’il survole et termine avec le trophée de MVP. Pour sûr, le Madridista a su se réinventer, ou tout au moins s’assagir pour parvenir à ce niveau qu’il n’avait jamais atteint. Une résurrection qui, aussi paradoxale soit-elle, doit beaucoup à deux Français de Madrid : Raphaël Varane et Zinédine Zidane.

« Le problème de Pepe s’appelle Varane » et inversement


« Le principal problème de Pepe s’appelle Varane. » En mai 2013, les mots de Mourinho deviennent les maux de son compatriote. Pour sa der sous la guérite du Santiago-Bernabéu, le Special One décide de se passer des services de Pepe : « Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre que nous parlons de frustration. Ce n’est pas facile pour un homme de 31 ans d’être battu par un de 19. » De ce choix extrasportif découle une défaite humiliante pour le Madridismo, battu dans sa demeure par l’Atlético en finale de la Coupe du Roi. Absent des débats, Pepe paye sa loyauté envers le capitaine Iker Casillas et se découvre un rôle de troisième lame derrière l’inamovible Sergio Ramos et le prometteur Varane. Une mise au ban que certains aperçoivent comme une bénédiction pour l’axe défensif du Real Madrid. Car dans l’imaginaire commun à tous les suiveurs du ballon rond, Pepe renvoie à l’image d’un boucher sans le tablier, d’un fou sans camisole. Une réputation qu’il tient de son coup de sang de 2009 : à la 87e d’une réception de Getafe, il dégoupille et piétine le capitaine adverse. Deux ans plus tard, Casquero décrit alors « ce mec comme un abruti, c'est tout » .

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Toujours plus relative, la vérité quant à la nature de Pepe renvoie à son enfance à Benedito Bentes, un quartier populaire en périphérie de Maceio. « J'avais huit ans et je jouais avec des jeunes qui en avaient 18 et 20, rembobine-t-il à So Foot en 2012. Ils disaient : "Retourne avec les petits parce qu'ici, on va t’assassiner !" J'insistais jusqu'à ce qu'ils me prennent dans une équipe et quand ils me frappaient fort, j'essayais de retenir mes larmes pour montrer que je n'étais pas une mauviette. Puis, dès que je rentrais chez moi, je m'entraînais à faire des tacles tout seul jusqu'à avoir les genoux ensanglantés. Je voulais absolument me faire accepter, quitte à souffrir physiquement. » De cet apprentissage dans la douleur découle un ADN footballistique de bûcheron, Pepe étant plus enclin à chatouiller des chevilles qu’à enchaîner les virgules. Autant dire que lorsque le si élégant Raphaël Varane explose au printemps 2013, bon nombre de Madridistas espèrent une prise de pouvoir du classieux Français. Elle devient effective suite à ce clash interne entre Pepe et son mentor Mourinho.


Mourinho : « Avec Pepe, le Real Madrid est une bien meilleure équipe »


Un fin en eau de boudin dommageable, car quelques mois auparavant, l’entraîneur portugais élevait Pepe au rang de franchise-player du Real Madrid : « Avec Pepe, notre bloc équipe joue plus haut. Avec Pepe, mon équipe n'a pas peur de laisser des espaces dans le dos. Avec Pepe, mon équipe récupère plus vite le ballon. Avec Pepe, mon équipe fait un meilleur pressing. Avec Pepe, mon équipe est plus équilibrée. Avec Pepe, mon équipe est plus dangereuse en attaque. Avec Pepe, le Real Madrid est une bien meilleure équipe. » Cette tirade, Zinédine Zidane a dû la réécouter en boucle lorsqu’il est intronisé entraîneur de l’équipe-fanion merengue. Après avoir entamé la saison en tant que troisième choix de Rafa Benítez aux dépens de Varane, il retrouve le chemin de la titularisation. Un retour dans le onze qui prend des airs d’évidence au gré des partitions de la bande à Zizou, en atteste son match homérique lors du Clásico du Camp Nou ou sa finale titanesque de Ligue des champions face à l’Atlético. Sans son binôme complémentaire Sergio Ramos, ses performances rayonnantes sur le sol français prouvent, s’il le fallait, encore que Pepe fait partie de la caste des grands centraux de son époque. N’en déplaise à son sex-appeal de concombre.

Par Robin Delorme
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