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Pep, Mou et l’Histoire

Guardiola et Mourinho sont les entraineurs les plus admirés. Les deux compères entrainent les deux équipes les plus puissantes du moment. Pourtant leur rivalité n’a rien à voir avec le sport. Leur champ de bataille, c’est l’Histoire. Il ne doit en rester qu’un.

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L’un est chauve, idéologue, élégant et bien élevé. L’autre est pileux, pragmatique, insolent et prétentieux. L’un entraine le plus grand club du monde, l’autre aussi. Guardiola et Mourinho sont les entraineurs les plus influents, les plus épiés, les plus commentés. Il a suffi que Pep s’inspire de Cruyff et de son 3-4-3 pour que les âmes crient au génie. Il aura suffi que Mourinho s’auto-baptise Special, pour que ce statut lui soit à tout jamais réservé. Pep et Mou se sont côtoyés au Barça sous l’air Robson et Van Gaal. Ils n’ont jamais été amis mais jamais ennemis non plus. « Ma relation avec Pep a été, est et sera bonne » rappelait le Mou à peine arrivé à Madrid. En somme, ils ne s’aiment ni se détestent. En effet, ces deux-là se ressemblent beaucoup trop pour s’en vouloir. Leurs destins sont liés car leur quête est la même. Mourinho et Guardiola savent bien que ce sont les joueurs qui écrivent l’histoire du foot. Rarement les entraineurs. Jamais les deux en même temps.

Heureux qui comme le Mou

Comme Ulysse navigant sur les océans, Mourinho rentrera chez lui. Mais d’abord sa tâche est immense : « Lorsque j’ai commencé à entrainer j’avais trois grands objectifs. J’en ai presque réalisé deux. Gagner trois Champions avec trois clubs différents. Ernst Happel, Ottmar Hitzfeld et moi en avons gagné deux avec deux clubs différents. Happel est mort, Hitzfeld est presque à la retraite et moi il me reste de nombreuses années de carrière. Deuxième objectif : être le seul à remporter les trois championnats les plus importants du monde » . La quête historique est claire et l’obsession de l’éternité a éradiqué toute trace d’humanité. Mourinho est un héros épique. Quand son histoire sera écrite et qu’heureux, il aura fait un beau voyage, il rentrera. Il pourra alors accomplir son dernier exploit : « Donner à mon pays un Mondial ou un Euro  » .

Mais le Mou n’est pas Ulysse. Il ne lèguera à l’histoire que deux choses : son extraordinaire égocentrisme et son épopée à Porto. Depuis Brian Clough, aucun entraineur n’avait attiré autant l’attention d’autant de personnes à la fois. Comme lui, il ose un « je ne suis pas le meilleur du monde, mais je n’en connais pas de meilleur que moi  » . Mourinho crève l’écran et rend service à toute l’industrie du football. Mais ses conférences de presse ont beau être passées au stade de rendez-vous mondain, les caméras ont beau le chercher sur son banc à chacun de ses matchs et ses méthodes d’entrainement ont beau faire l’objet d’innombrables ouvrages spécialisés, Mourinho séduit mais ne convainc pas. On se souvient de Clough, pas de Derby County ni de Nottingham Forest. Dans 1000 ans on se souviendra peut-être de Mourinho et d’un Porto qui a épaté la galerie dans les années 2000. Mais en l’an 3000 tout le monde aura oublié son Inter, son Chelsea et sans doute aussi son Real. Mourinho est sa propre légende. Les clubs qu’il défend ne sont que des accidents de parcours.


Le meilleur entraineur de l’histoire est…

Les Madridistes du monde entier ont un rêve en secret. Ils le diront à qui veut. Et même surtout à qui ne veut pas l’entendre. Mourinho est le meilleur entraineur du monde. D’abord parce qu’il entraine la meilleure équipe du monde en terme de palmarès, le Real. Mais aussi parce qu’à Porto, Chelsea, l’Inter ou Madrid le Special est l’homme providentiel qui transforme les angoisses en certitudes et les obsessions en objectifs. Partout où il passe il réussit. Certes. Pourtant, ce qu’ils n’oseront pas reconnaître, c’est que celui qui entrera dans l’histoire au côté de son équipe, c’est l’autre. Guardiola réussit là où Helenio Herrera, Brian Clough et Cruyff ont échoué. Le coach blaugrana est l’égal de de son équipe. Dans 5000 ans, lorsque le football n’existera plus, les enfants liront l’histoire fabuleuse de Messi, Xavi, Busquets, Puyol et Guardiola. Pep en s’appliquant à séduire et plaquer une philosophie – frôlant parfois l’autisme extatique - il forge un mythe dans lequel tous ses joueurs ont leur place. En trois saisons, le FC Barcelone est devenu la référence absolue et Pep le coach parfait. Le Real de Mourinho est cantonné au costume de rival doué. Mais à Madrid, on le sait bien. Ce Real n’a peut-être qu’une seule fonction dans l’Histoire. Embellir un peu plus la cathédrale blaugrana et rendre gloire à son évêque, Monseigneur Guardiola.

Par Thibaud Leplat, à Madrid
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