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Pep Guardiola peut-il faire mieux que Jupp Heynckes ?

En réalisant le triplé, le bon vieux Jupp a mis un tout petit peu de pression sur les épaules de son successeur annoncé. Mais pour l’instant, Pep est dans les clous. Et si son Bayern remodelé s’impose ce soir contre Manchester City, il fera même mieux au niveau de ses temps de passage.

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Lorsque le Bayern Munich a annoncé en janvier dernier la signature de Pep Guardiola, nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur la faculté du Catalan à s’adapter à un nouvel environnement. Qui plus est celui du FC Hollywood. Comment allait-il gérer un soliste comme Robben ? De vrais neufs comme Mandžukić et Gómez ? Allait-il imposer le toque ? Apprendre l’allemand ? La liste des interrogations s’est encore allongée au fil de la fin de saison, à mesure que les Bavarois engrangeaient les titres et les records. Une Bundesliga ? Pas de problème. En étant invaincus ? Jouable. Une DFB-Pokal ? Facile. Une Champions League ? Plus compliqué, mais pourquoi pas. Les trois en même temps ? Dur. Très dur. C’était d’ailleurs la première fois qu’un club allemand réalisait le triplé. Comme l’a dit Rummenigge, Heynckes « n’aurait pas pu faire mieux l’an dernier » . Pep le pourrait-il ? « Nous l’avons vu comme le futur, comme quelqu’un qui pourrait amener le Bayern à un niveau supérieur » , explique Kalle. Et quelques mois plus tard, force est de constater que le club a clairement basculé dans une nouvelle dimension. La victoire 7-0 de ce week-end contre le Werder Brême en étant la parfaite illustration. Pour la première fois depuis l’arrivée de Pep, son équipe paraissait invincible. Les chiffres parlent d’ailleurs d’eux-mêmes : 74% de possession, 712 passes pour 90% de réussite, 5 buteurs différents. Avec un Thiago à la baguette en l’absence de Schweinsteiger, un Ribéry en feu (deux buts, deux passes décisives) et sans Robben, le Bayern venait d’envoyer un message au monde du football : la greffe du meilleur entraîneur et de la meilleure équipe est un succès.

Sankt Pep

D’aucuns diront que l’exceptionnel forme du Bayern tient principalement de l’héritage d’Heynckes. Que Götze et Thiago, les deux recrues phares de l’été, n’ont eu qu’un impact tout relatif. Que l’équipe avait du mal à convertir en buts son écrasante possession de balle, qu’elle se montrait poussive par instant. Que la défaite contre Dortmund en DFL-Supercup annonçait la déroute. Mais c’est oublier un peu vite que Munich ne s’est pas faite en un jour. Surtout avec autant de blessés recensés : Lahm, Schweinsteiger, Ribéry, Robben, Götze, Javi Martínez sont notamment passés par l’infirmerie. Malgré tout, Guardiola a su faire le job, et plutôt très bien, si on s’en tient au strict bilan comptable. En Bundesliga, il facture 13 victoires et 2 nuls en 15 matchs. Heynckes, lui, avait déjà connu la défaite contre Leverkusen et également deux nuls au même stade. En Ligue des champions, la comparaison tourne encore en la faveur du nouveau venu. Alors qu’il est à 5/5, son aîné avait chuté contre le Bate Borisov et partagé les points avec Valence. Dans ces conditions, il semble assez logique que Pep recueillent les éloges des gens de la maison. « Ce coach, il est comme un… un saint » , s’est d’ailleurs récemment enthousiasmé Rummenigge. « Il pense au football 24/7 et il est si créatif. Je n’ai jamais rencontré quiconque dans le football comme lui. C’est la raison pour laquelle nous l’avons signé et nous en sommes heureux. C’est un mec sympa, très intelligent, jamais arrogant – et qui nous donne une plus grande visibilité.  »

Espagnol avec Allemand LV1


Bien sûr, la saison est encore longue, et à l’exception d’une Supercoupe d'Europe arraché aux pénaltys contre Chelsea, le Bayern de Guardiola n’a encore rien gagné. Mais aujourd’hui, il est le favori indéniable à sa propre succession. Et ce, grâce à l’intelligence du Catalan, qui a su s’adapter. « Les équipes ici jouent complètement différemment qu’à Barcelone ; ici en deux ou trois secondes, il y a quatre ou cinq joueurs qui sont dans notre surface. J’essaye de changer ma méthodologie pour que les joueurs me comprennent et qu’ils jouent du mieux qu’ils peuvent. Le Bayern est un grand, un immense club, et ils méritent de jouer comme ils l’ont fait dans leur histoire. » En somme, le Bayern joue comme Pep parle : en allemand, mais avec un fort accent espagnol. Manchester City est prévenu, les Bavarois ne viendront pas ce soir en touristes. Ils ont une réputation de Rekordmeister à tenir. « Le match aller est complètement oublié. C’est une très bonne équipe. Nous allons devoir recommencer de nouveau à la case départ, et nous devrons investir énormément dans cette rencontre » , a d’ailleurs déclaré Toni Kroos juste après la rouste de samedi. Pep a une légende à écrire.

Par Charles Alf Lafon
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