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Pep et les maudits Français

Josep Guardiola, l'entraineur tout puissant de la machine Barça, semble n'avoir peur de rien ni de personne. La boule au ventre, il l'a uniquement quand il regarde de l'autre côté des Pyrénées. Le football français lui a tout volé, pourtant il lui voue, aujourd'hui encore, une sorte de fascination teintée d'angoisse. Tentative d'explication.

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« Physiquement, ce sont des animaux et il y a beaucoup de pression là-bas. En général, ils sont très bien préparés, physiquement ou tactiquement. Ce sont des équipes très fortes, avec des arguments footballistiques que je n'aime pas » . Coach Pep n'analyse ni Manchester United, ni l'Inter Milan. Pas le Bayern Munich ou le Real Madrid non plus. Cette déclaration d'amour, c'est au football hexagonal qu'il la déclame. A l'heure du tirage au sort pour les 8èmes de finale de la Champions League, Guardiola s'exprime clairement, il ne veut ni de l'OM, ni de Lyon. Tant pis pour lui, il héritera du troisième club français du tirage, Arsenal. Pourtant avare en déclarations, celle-là a le mérite d'être limpide, Guardiola n'aime pas le foot français pour une raison très simple, il en a peur. Pour comprendre, il faut remonter à sa période joueur. Milieu de terrain élégant, doté d'un sens de la passe fabuleux, le n°4 de Barcelone ne compte que deux défauts : un manque de vitesse évident et un physique très moyen. Champion d'Europe 1992, ce Barça-là est la version béta de celui qu'on connaît aujourd'hui, mais déjà, il cherche à régner sur l'Europe. Le 18 mai 1994, finale de C1, Cruyff et sa Dream Team (Laudrup, Koeman, Romario et Stoichkov) se voient facilement massacrer un Milan AC moribond et poussif. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, les Milanais soulèvent la coupe aux grandes oreilles en ayant passé, ni plus ni moins qu'un 4-0. Au milieu de terrain, Guardiola a vécu un vrai cauchemar, Marcel Desailly lui a marché dessus, l'a empêché de toucher le moindre ballon et s'est même payé le luxe de claquer un but. Le Barcelonais vient de rencontrer son bourreau, la formation à la française. La saison suivante, c'est le PSG qui se dresse face à Barcelone pour le quart de finale de la Ligue des Champions. Après un mauvais 1-1 au Camp Nou, ce sont pourtant les Blaugranas qui ouvrent le score au Parc des Princes. En vain, le club français sort Guardiola sur une frappe horrible de Vincent Guerrin. France 2, Guardiola 0. Trois ans plus tard, le monde du football s'est donné rendez vous... en France. La Coupe du Monde 98 doit être pour la Seleccion l'occasion de prouver au monde qu'elle pèse enfin lourd. Problème, son meneur de jeu catalan s'est blessé gravement au genou. Pep tente tout, il suit un traitement... en France, qui ne donne rien. Non seulement il ne la jouera pas, mais l'Espagne se fait sortir au premier tour. En 2000, Guardiola croit tenir sa revanche. De nouveau, il est face à la France, en quart de finale de l'Euro. De nouveau il perd, mais surtout, il n'est une nouvelle fois que simple spectateur d'un football trop puissant et tactique pour lui. Josep Guardiola passe sa carrière de joueur à regarder la génération Deschamps, de trois ans son ainé, absolument tout gagner. Lui, ne gagnera rien. Devenu entraineur, le Catalan n'a qu'une idée, s'inspirer de son cauchemar. Pour sa première saison sur le banc, il exige absolument le transfert de Seydou Keita. Le Malien, alors à Séville, a fait ses armes en Ligue 1, de Marseille à Lens, en passant par Lorient. Pour muscler son milieu de terrain, Guardiola impose dans un premier temps Yaya Touré, footballeur au physique impressionnant, passé par l'AS Monaco. Enfin pour l'attaque, Pep mise tout sur un joueur qu'il admire plus que tout, Thierry Henry, exemple parfait de la génération dorée du football français. Cet été, pour palier le départ de Touré, c'est de nouveau vers la Ligue 1 que Guardiola se tourne : se succèdent les noms des Toulousains Moussa Sissoko et Étienne Capoue, ainsi que le Marseillais Charles Kaboré. Même pas des blagues. Tous ont le même profil, puissants et respectueux de leur position, le milieu de terrain idéal selon Guardiola, le milieu de terrain de Ligue 1 donc. La semaine dernière, c'était même au tour d'Atilan Turan, jeune milieu de Grenoble, d'être supervisé par le club catalan...Autant fasciné que terrorisé par un football qui l'a trop souvent martyrisé, Josep Guardiola conserve, pour la France, un attachement qui va même au-delà du simple ballon rond. Grand amateur de littérature, Pep a révélé le nom de l'ouvrage qui l'a le plus marqué en 2010 : “Éloge du pessimisme” de Lucien Jerphagnon, un Français évidemment : « C'est curieux, il y a des choses que j'ai lues dans ce livre que je n'imaginais même pas. Ce livre m'a servi à mieux me connaître » . Josep Guardiola et la France, c'est finalement un peu l'histoire d'une victime qui développe un syndrome de Stockholm. Le genre d'histoire qui se termine quand même souvent mal...


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