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« Pendant 18 ans, Riquelme a toujours été le meilleur joueur de Boca »

Jeune journaliste sportif et supporter admiratif, Leandro Ulloa a réalisé, avec Marcio Offredi, Roman x Roman, un documentaire sur la carrière de Riquelme à Boca Juniors. Il raconte son idole, parti cet été à Argentinos Juniors.

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Leandro, d'où vient l'idée de ce documentaire sur Riquelme ?
Je suis supporter de Boca et journaliste sportif. Et ça fait un moment déjà que je propose des hommages à Riquelme sur différentes plateformes. Il y a d'abord eu un blog, El ultimo Diez, et une émission de radio du même nom, puis un compte Twitter, une page Facebook. J'ai alors commencé à travailler beaucoup sur la vidéo, ça me plaisait. Mais il me semblait que le plus intéressant était de faire une seule vidéo, longue, sous forme de documentaire, qui regrouperait l'ensemble de ses années à Boca. J'ai commencé à travailler là-dessus avant qu'il ne quitte le club.

As-tu parlé avec Riquelme de ce projet, ou essayé ?
Non, parce que l'idée n'a jamais été de le faire participer. C'était un hommage de deux mecs, amateurs, fanatiques. Ce qu'on voulait, c'est que ce soit une surprise en fait. Et ça l'a été. Quand le trailer est sorti il y a un mois, il a réagi positivement, précisant bien qu'il n'avait rien à voir là-dedans. Ça a été long de regrouper toutes les vidéos, puis de les organiser, les éditer : en tout, ça nous a pris environ 5 mois. Mais apparemment, la réception du documentaire en général est bonne. Il y a déjà plus de 100 000 vues sur Youtube. On a reçu beaucoup de messages de soutien et de félicitations, donc on est très contents.

Le documentaire est riche en images, mais finalement, on n'apprend pas grand-chose sur Riquelme pendant ces deux heures.
Non, rien. Ce n'était pas le projet. Nous, on voulait simplement retracer sa carrière, montrer à travers ses matchs et ses interviews quel joueur et quel personne il est, en essayant de ne pas non plus en montrer trop pour ne pas ennuyer les gens. Mais heureusement, malgré le fanatisme des supporters, il y a des choses dont ils ne se rappelaient pas, qui les ont émus.

On voit un joueur aussi bon lors de son tout premier match avec Boca, en 1996, contre Union, que lors de son dernier, 18 ans plus tard, en mai dernier, contre Lanus.
Oui, c'est ce que lui-même dit, que dans les deux cas, il a été l'une des figures du match et est sorti sous les ovations de la Bombonera. Et que c'est ce qui le rend heureux et fier : il n'a jamais trompé les supporters de Boca, en jouant du début à la fin à son niveau maximum.

Il a ce profil un peu caractéristique du joueur argentin surdoué qui aurait pu faire une plus grande carrière à l'international, mais qui a préféré jouer chez lui et se consacrer à son club.
Et c'est pour cela que le documentaire est centré sur Boca. Même s'il a joué toute sa carrière à un très haut niveau, même s'il a - selon moi - très bien joué pendant cinq saisons en Europe, il a choisi de passer la majorité de ses années de footballeur à Boca, pour porter les couleurs du club qu'il aime depuis tout petit. Le club de sa famille.

Au-delà du joueur, exceptionnel, il y a le personnage Riquelme. Cet insoumis qui s'embrouille avec les journalistes, ses dirigeants, les autres idoles de Boca, Maradona, Palermo et même Bianchi, celui qu'il appelle pourtant « son père » à plusieurs reprises.
Le problème, c'est que Roman n'était pas assez charismatique pour les médias. Beaucoup de choses ont été inventées sur lui et beaucoup de gens ont encore cette image négative de lui, celle d'un mec difficile à vivre, néfaste pour le groupe. Tout ça a rendu ses années à Boca turbulentes, mais a aussi construit son personnage. Ses fans l'admirent autant pour ce qu'il était sur le terrain qu'en dehors.

Mais cette forte personnalité, ces embrouilles répétées ne viennent pas uniquement de la presse. Elles ont été confirmées et constatées sur le terrain, comme on le voit dans le documentaire avec Martin Palermo (Riquelme lui offre un but tout fait et s'en va fêter seul avec le public).
Oui, ceux qui ne sont pas d'accord avec sa posture sortent de son camp. Mais ces conflits avec Maradona ou Palermo n'ont jamais vraiment été expliqués. Il faudrait voir d'où ils viennent, ce qui se trame derrière. Ça ressemble généralement plus à des différences qu'à des embrouilles. Les médias argentins ont toujours préféré les alimenter que les expliquer, parce que Riquelme ne leur était pas utile médiatiquement. Je m'explique : Riquelme était hermétique, comme les joueurs d'avant, il ne donnait jamais d'infos aux journalistes sur le vestiaire. Pour lui, les tensions ne devaient pas sortir du groupe. La pression et l'envie de gagner peut conduire à de fortes explications, mais une fois que les choses sont dites, c'est terminé. Boca est le club le plus médiatisé du pays, alors les médias veulent tout savoir, ils doivent produire, vendre de la polémique, et Roman n'est jamais entré dans ce jeu-là. Il n'a jamais rien laissé filtrer.

Dans le documentaire, on le voit dire aux journalistes : « Vous avez essayé de me faire du mal, mais vous m'avez en fait rendu heureux et sûr de moi. »
Oui, parce que ces différends avec la presse ou avec ses présidents, Macri et Angelici, ont fait de lui une idole encore plus grande, parce que quand quelqu'un comme lui se dresse face au pouvoir, il représente une posture, celle de l'insoumission, qui fait que ses fans l'admirent encore davantage. Plus seulement comme joueur, mais comme symbole. C'est pour cela que j'aime parler de « riquelmisme » . Je crois qu'on peut dire qu'il y a le joueur, le meilleur que j'ai vu, et le « riquelmisme » : l'être Riquelme, cette façon d'affronter le pouvoir, de ne pas se sentir inférieur aux plus puissants, qu'ils soient présidents de Boca Juniors, de Villarreal ou autre.

À ce propos, il y a une autre séquence. Riquelme raconte dans une conférence de presse que des amis qui allaient au stade se sont vu confisquer leurs banderoles pro-Riquelme parce qu'il refusait de donner de l'argent à la barrabrava du club, contrairement à d'autres.
C'est un des grands sujets du football argentin. Il y a énormément de joueurs dont les noms sont scandés par la barrabrava dans les stades parce qu'ils lui passent de l'argent. Si tu allais à la Bombonera, tu pouvais constater que la Doce, la barrabrava de Boca, ne chantait jamais en l'honneur de Riquelme. D'autres n'auraient pas pu tenir cette position, mais lui avait les épaules pour assumer parce que sur le terrain, il a tout gagné avec le maillot de Boca et à plusieurs reprises. C'est sans doute le joueur le plus influent de l'histoire du club. Son football le plaçait au-dessus de tout, des dirigeants, des journalistes, de la barrabrava. Pendant 18 ans, peu importe l'âge et le contexte, il a toujours été le meilleur joueur de Boca et ça, personne ne peut le discuter.

Toutefois, depuis que Bianchi et lui ont quitté Boca, on voit certes moins de merveilles techniques, mais les autres joueurs semblent plus libérés, plus responsables. Et l'équipe va nettement mieux. Ne peut-on pas voir là les effets négatifs du « mythe vivant » ?
Moi, je crois qu'avoir Riquelme dans son effectif est une arme. Il y a plein de joueurs à Boca qui grâce à lui ont franchi des étapes, se sont montrés, et ont terminé en Europe. Depuis que Bianchi a été remplacé par le Vasco Arruabarrena, l'équipe trouve son chemin. Il me semble que Roman prendrait plaisir à travailler avec ce staff technique et à jouer avec les nouveaux joueurs comme Chávez, Meli, Carrizo ou Calleri.

Retourner à Argentinos Juniors, c'était la meilleure façon pour lui de terminer de construire sa légende ?
Sans doute, surtout si on prend en compte le contexte : Argentinos, son club formateur, qui traverse un des pires moments de son histoire avec la relégation en deuxième division. Le tout en prenant bien en compte que Riquelme en a encore sous la semelle. Son dernier match avec Boca, face à Lanus, a été l'un des meilleurs de sa part que j'ai vus. Et pendant ces quelques mois à Argentinos, dans le club qui l'a vu naître, il a démontré par son niveau et ses buts qu'il n'était pas venu pour boire du maté et voler l'argent du club, mais bel et bien pour le réinstaller en première division. Il a rappelé à ceux qui voulaient l'envoyer à la retraite qu'ils se trompaient. À 36 ans, Riquelme est encore vivant.

Youtube


Propos recuellis par Léo Ruiz
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Celui qui m'a fat aimer le foot et Boca. La première fois que je suis allé a la Bombonera avec mon oncle j'avais 10 ans. C'était sa troisième année a Boca, juste après le titre intercontinental contre le Real.
Jamais je n'oublierais les Riquelmeee Riquelmeeee qui descendaient des tribunes après son but contre Gimnasia.. Un artiste, si peu reconnu a sa juste valeur en Europe... ... Foutu Van Gaal, foutu penalty contre Arsenal...

Mais merci pour tout ce que tu as fait pour Boca.

Bien qu'aucun joueur ne soit au dessus du club, Riquelme est peut etre l'exception.
ramirez le roi des merguez Niveau : District
moi aussi je connais un gars qui a joué en DH 5 ans sans vraiment être bon m
AirForceOne Niveau : CFA2
Riquelme c'est le seul joueur qui me donne la gaule. Un dieu vivant c'est le meilleur de l'histoire en talent pur. Que les minora arrêtent de se paluches sur Neymar et qu'ils voient la définition du mot génie
Veux tu m'épouser Juan Roman (je sais tout le monde te pose cette question)

S'il avait été français il représenterait plus la France que la Tour Eiffel une statue et une place serait à son honneur des milliers de stade auraient son nom des écoles aussi

Jean et Romain seraient les stars des écoles

Plus de rivalité car tout le monde aimerait ce moment
ramirez le roi des merguez Niveau : District
Suite du précédent
Mais dès qu'il est revenu il est redevenu la star du club. Vraiment super fort du droit et dans la gestion du jeu. Bon il ne se la raconte pas hein c'est un taiseux mais il aime bien quand on lui dit qu'il nous fait réver depuis des années et qu'en DH c'est pas du vrai foot faut une caisse de malade. C'est exactement ce que le foot français se racontait dans les années 60/70 ils avaient inventé la valeur "pure" un truc ou la hargne et le physique étaient suspects.
Ce match n'est pas diffusé en France. La honte!
Sur un de ces trois liens on devrait trouver notre bonheur...Attention quatre heures de décalage!

http://futbolparatodos.co/
http://www.futbolparatodos.com.ar/
http://www.tv-porinternet.com/2013/03/f … ernet.html
PS: Par ailleurs Yepes est toujours a la recherche d'un grillage de bonne qualité pour mettre entre ses jambes (cf: video 25.30)
Suite du message: Sur le premier et le troisième lien la présentation a déjà commencé.
Je suis un grand fan de Roman et je vais regarder le documentaire de ce pas.
Mais au niveau de l'interview, le problème en Argentine avec leur fanatisme c'est que ça manque un peu d'objectivité, ça a tendance à réécrire l'Histoire.
Roman n'est pas resté en Europe parce que ça ne s'est pas très bien passé et qu'il a fini par être mis sur le banc à Villareal par ce taré de Pellegrini. Je trouve l'analyse de Roman en tant qu'homme tirée par les cheveux aussi, les embrouilles minimisées, mais bon, je suis sûr que le docu fera mon bonheur c'est l'essentiel.
L'un des meilleurs que j'ai vu jouer (dans mon Top 5). Respect!
valeureux liégeois 74 Niveau : National
Pr tt fan de la gonfle qui se respecte, Riquelme est juste un régal quoi. Ce mec n'est p-e ni Messi, ni Cricri, ni Ibra, mais il fout la trique à chaque prise de balle, un peu comme Redondo & sa vista légendaire trop peu reconnue. ;-)
God Riquelme Niveau : DHR
La définition même de la classe , de la technique et de la vision du jeu sur un terrain.

Certains vont le traiter de looser (surtout en Europe) j'ai envie de leur dire oui et alors ? Je préfère un mec comme lui qui va me faire rêver plutôt que certains cyborg qui vont te faire gagner plus de match mais ne me procure même pas une demi molle.

Comme tout le monde j'ai vibré en 2006 avec Zidane et sa bande mais secrètement je voulais que l'argentine aille au bout , ce match contre la Serbie juste sublime. Et Perkerman qui le sort face à l'allemagne.....
hamma clubiste Niveau : Loisir
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