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Penaltys de légende (5e) : La panenka de Zidane

« Il est impossible d’imaginer un moment de tension plus grand que le penalty. Deux hommes face à face. C’est un duel comme au XIXe siècle » , écrit Julio Llamazares. Vrai. Dans le jeu ou lors d’une séance de tirs au but, raté ou réussi, en tribune ou sur le poteau, du pointard ou du talon, voilà 100 histoires de penaltys. Cinquième : le coup de barre de Zizou.

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#5: Italie-France - 2006

  • Italie-France, finale de la Coupe du monde, 9 juillet 2006

  • Une folie sérieuse dans un moment de grâce. Peut-on donner une plus belle définition de l’audace ? Le meilleur joueur du monde face au meilleur gardien du monde, une finale de Coupe du monde, un penalty. Interrogé à son retour à Madrid par ses coéquipiers du Real, Zinédine Zidane aura pourtant une autre vision de la chose : « Je leur ai dit que j’étais tout sauf fou. Il y avait Buffon en face et il me connaissait très bien. Il savait que je tirais les penaltys à sa droite. Si j’avais été fou, j’aurais tiré là où il allait plonger. La solution, pour moi, était donc de faire ça. » Une panenka. « Alors, forcément, pour tout le monde, je suis fou parce qu’on ne fait pas ce geste en finale de Coupe du monde. Mais on était à la 7e minute et je me disais qu’il en restait 83 si je le ratais... » Berlin, fin de course : le 9 juillet 2006, Zidane prend sa retraite et rêve de partir avec une deuxième étoile accrochée au cœur. Face à lui, l’Italie. L’Italie de Lippi, de Buffon, de Cannavaro, Zambrotta, Pirlo et les autres. L’Italie qui fera tomber la France au bout de la séance de tirs au but, l’Italie de Materazzi, qui égalisera douze minutes après le coup de génie de Zidane et qui fera expulser un « pas ça Zinédine, pas maintenant » de l’âme d’enfant de Thierry Gilardi.

    Vidéo

    Oublions le reste, gardons l’instant : la panenka est une histoire de couilles, avant tout. En 1989, Cantona s’y essayera avec Bordeaux et verra son ballon s’écraser dans la gadoue. La panenka, c’est le génie, c’est l’audace, c’est de la folie et de l’insolence, acceptée par tous les acteurs. Difficile ici de faire plus beau décor qu’un duel Buffon-Zidane, dans le silence, en apnée. Plus beau encore, la frappe de Zidane touchera la barre avant de rentrer, histoire de serrer un peu plus les tripes et de magnifier plus encore le geste. Cet homme n’est décidément pas comme les autres et il est sûr de lui : nous, on reste sur le canapé, on attend parce qu’on ne sait pas si le ballon a franchi la ligne. Lui, il lève le bras et commence sa célébration. On lui fait confiance, il a raison, la folie a des résultats. Et voilà comment on écrit sa légende avant de la salir le temps d’un coup de tête, mais surtout pour se rendre compte d’une chose sur les dernières notes d’une carrière : si, Zinédine Zidane est humain. Mais, mettons-nous d’accord, gardons la folie. Neuf ans plus tard, Luca, le fils, tentera le même geste en demi-finale de l’Euro U17 avec l’équipe de France. Un échec. Le père se lève : « Une fois qu’on rate la panenka, tu sais ce qu’il te reste à faire : ne plus la retenter parce que c’est pas pour toi. » Génie, on disait.

    Par Maxime Brigand

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