1. //
  2. // 36e journée
  3. // Real Madrid/Malaga

Pellegrini, la revanche dans la peau

Viré comme un malpropre du Real Madrid, Manuel Pellegrini revient ce mercredi au Santiago Bernabéu, avec son Málaga, le couteau entre les chicots. Retour sur une histoire qui avait tout pour capoter, surtout avec un homme qui tient à ses idées.

Modififié
4 16
« Le football m’a permis de réaliser la meilleure campagne de l’histoire du Real Madrid » . Sur ces mots, Manuel Pellegrini s’en est allé, la tête haute. Il a pris la porte de Santiago Bernabéu, l’a claqué, puis en a jeté les clés. Depuis, il a fait de Málaga son Villareal 2.0. Avec la première qualification des Boquerones en Ligue des Champions puis une demi-finale de C1 à un hors-jeu près, l’Ingénieur a rappelé au petit monde madridiste qu’il n’avait rien d’une pipe. Mieux, que c’était un grand entraîneur. Car, malgré la meilleure saison arithmétique de l’histoire de la Casa Blanca (96 points) – un record battu par José Mourinho l’an dernier avec sa centaine de points –, Pellegrini n’a tenu qu’une petite année sous la guérite merengue. Le Chilien ne s’est en réalité jamais plié aux exigences du poste : pas assez médiatique, pas assez racoleur. « Je n’ai jamais participé à un programme de télévision, je n’ai jamais donné mon numéro à un journaliste. Peut-être que si je l’avais fait, ils auraient été plus doux avec moi. Mais je n’ai jamais rien cédé de mon professionnalisme » , résumera-t-il dans une interview fleuve au magazine chilien El Mercuro. Explications d’un échec qui tient plus au Real qu’au seul Pellegrini.

Pavon : « Le Real ne doit jamais s’adapter »

Second choix de Florentino Perez – qui lui préférait déjà Mourinho –, Manuel Pellegrini a « subi » la politique de transferts du magnat du BTP. Boulimique de stars, Florentino sort la machine à billets et offre au Bernabéu sa palanquée de paillettes. Durant l’été 2009, Cristiano Ronaldo, Kaka, Xabi Alonso et Benzema viennent garnir les rangs du Real Madrid. L’ambition affichée est démesurée : remettre au goût du jour les Galactiques. « Ils ont fait signer les meilleurs joueurs, mais pas forcément les meilleurs joueurs pour chaque position, commentera-t-il plus tard. Ça ne sert à rien d’avoir les dix meilleurs guitaristes dans un orchestre si tu n’as pas de pianiste. Le Real Madrid a les meilleurs guitaristes mais si je leur demande de faire du piano, ils ne le feront pas aussi bien » . En cause, les départs forcés de Wesley Sneijder et Arjen Robben...qui reviendront 9 mois plus tard à Bernabéu pour la finale de Ligue des Champions… « Le Real Madrid ne doit jamais s’adapter, tu dois d’adapter, souligne cependant Francisco Pavon, ex-Cantenaro de la Fabrica. Que tu sois un joueur ou un entraîneur, tu dois te faire aux exigences du plus grand club du monde. Cela ne doit jamais être l’inverse » .

Bon gré mal gré, Manuel Pellegrini s’accommode à son effectif. Les pions défilent, les victoires avec. « Il a fait une excellente saison à la tête du Real, personne ne peut le nier. Son seul problème a été de se confronter au Barça de Pep Guardiola, analyse Pavon. Sachant que le Real et le Barça ne grandisse qu’en se comparant l’un à l’autre, il est sorti perdant de ce duel… Ce qui ne doit rien enlever à son remarquable travail » . A la fin de la saison, le Real Madrid affiche un bilan comptable affolant de 96 points pour 31 victoires et 102 buts inscrits. Un total qui place son Real tout en haut des statistiques de la longue histoire de la Liga. Hic, le Barça en annonce lui 99, et trône fièrement sur l’Espagne du foot. « Il a certes fait un super travail en Liga, ne finissant qu’à trois unités du Barça de Guardiola, mais il a connu deux éliminations précoces en coupe, dont celle face à l’OL en huitième de Ligue des Champions, se rappelle Pablo Polo, journaliste à Marca. Ça a été l’argument de Florentino pour le virer. De toute façon, il doutait déjà de lui dès le début, c’est Valdano qui l’a recruté » . Entre un Florentino pressé d’accrocher sa Decima et un Valdano qui souhaite y accoler la manière, le différend ne fait pas désordre.

« Contrairement à Mourinho, le Real ne l’a jamais défendu »

Surtout qu’en terme de passé européen, le Chilien n’a rien d’un lapin de trois semaines. Pavon, toujours, se remémore : « Avec Villarreal il a réussi un parcours exceptionnel en Ligue des Champions avec une demi-finale face à Arsenal. Cette saison, il a emmené Málaga en quart de finale et a failli atteindre une nouvelle fois les demies. C’est un entraîneur taillé pour l’Europe » . Mais pas forcément pour le Real. De caractère suave et froid, Manuel Pellegrini manquait sans doute de chaleur et de proximité. « C’est un homme très poli, très respectueux mais il devait être plus proche, un peu plus chaleureux. Et pas seulement avec les journalistes, mais avec les socios. Nous la presse, nous sommes l’un de ces relais » , juge Pablo Polo, avant d’évoquer son premier souvenir avec l’Ingénieur : « Juste après sa nomination, il est illico parti en vacances. Nous avons dû aller au Chili pour faire une interview qu’il nous a donnée. Après sa présentation, il aurait pu s’arrêter une dizaine de minutes… Les relations n’ont pas très bien commencé » . Toute la saison durant, Pellegrini entretiendra des rapports nauséabonds avec les suiveurs du Real Madrid.

Une relation distante, à limite du détestable, qui aidera bien Florentino Perez lors du licenciement du Chilien. Une analyse que ne réfute pas Pablo Polo : « Marca a fait une campagne très agressive à son encontre. Mais il ne faut pas mettre sa destitution sur le dos des journalistes. Nous n’étions pas d’accord avec certains de ses choix, alors nous l’avons dit. Marca n’a rien décidé mais l’a peut-être appuyé et lui a offert un argument. C’est pourtant bien le Real Madrid qui l’a licencié » . Son successeur sous la guérite du Real Madrid, José Mourinho, recevra lui un traitement tout autre de la part du big boss de Bernabéu. Pablo Polo, toujours : « Si l’on compare avec Mourinho, le Real Madrid n’a jamais défendu Pellegrini. Lorsque nous avons critiqué Mourinho, le club a répondu ; pour Pellegrini, rien, pas un communiqué » . Ce mercredi, les rôles ont changé. Mourinho est parti en guerre contre son effectif tandis que Pellegrini réussit des miracles du côté de la Rosaleda. L’aller entre les deux fanions avait marqué le début des hostilités entre le Mou et San Iker. Le retour pourrait quant à lui officialiser le naufrage madrilène. Car en cas de victoire ou même de point du nul, Málaga sacrerait le Barça. Une belle nique à Florentino.

Par Robin Delorme, à Madrid
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

Pellegrini= Alcorcon. Un honte: match aller retour je rappelle tout de meme.
Etre éliminé comme ca, c'est juste un manque professionnel.
Sur un match, tout peut arriver. Sur un aller-retour, c'est différent.

Tout est dit par la phrase du Journaliste: c'est le Real qui l'a viré mais nous avons appuyé. Aujourd'hui, le Real essaie de se debarasser de la presse people qu'est devenue le media sportif en Espagne.
Malheureusement, bcp de gens ne soutiennent pas cette vision.
Les medias ont eu la peau de Pellegrini, et meme si FP preferait Mou, la campagne etait odieuse.
Les resultats sportifs n'ont pas été a la hauteur du club. Avec Mou, les titres sont revenus meme si le FC Barcelone etait au sommet de sa splendeur.
Grand homme. Grand Tacticien, Malheureusement, chassé comme un malpropre de Madrid. Pourtant, il avait fait mieux (nombre de point en liga) que Mourinho lors de sa 1ere saison.
Son seul défaut au Real, c'est qu'il n'a pas mis un doigt ds le cul* de quelqu'un... Surement, ce que les Madridista lui reproche le plus !
luciusfromvillage Niveau : District
Fait partie de ces entraineurs qui ont (quand même) réussi dans un gros club.
P***** respect quoi!
Marca a eu la peau de Pelligrini et maintenant ils ont le culot de l'utiliser pour avoir la peau de Mourinho.
Et puis contrairement à ce qu'on fait dire à Pavon, cet entraîneur n'est absolument pas fait pour les coupes, que ce soit la coupe d'Espagne ou la CL. Avec Villareal il s'est lamentablement fait éliminer par un Arsenal qu'ils avaient archi-dominé. Et avec Malaga, il réussit à perdre un match qu'il gagne 1-2 à la 90è (il suffisait de perdre un peu de temps comme Klopp a bien fait au Bernabeu). Sans parler de l'élimination en coupe d'Espagne par des amateurs. Tout simplement inadmissible tout ça.
Valdano avait déjà amené Queiroz et déjà cela avait été un fiasco par manque de discipline. En plus, ce sont des styles de jeu qui ne conviennent pas au Real. Le tiki-taka, c'est pour le Barça. Au Real, ça a toujours été la victoire par le mental, la hargne, la fougue et la vitesse. On voit d'ailleurs cette opposition de style dans le jeu de la sélection nationale, lorsque l'une ou l'autre équipe y domine (le tiki-taka ayant donné les meilleurs résultats, incontestablement).
Très bon entraîneur, ça m'a toujours fait chier que ce soit partie en vrille avec Riquelme après la campagne de malade en C1 avec Villareal ...
derIngenieur Niveau : CFA
Note : 2
Dommage, journaliste, ton article aurait pu marcher si Fergie n'avait pas annoncé sa retraite ajd ;) !
Robin Delorme Niveau : District
Tu as tellement raison...
nononoway Niveau : CFA
Me rappelle d'une pique de Mourinho suite à une comparaison en salle de presse avec Pellegrini.

En gros, il disait que quand lui partirait, ce ne serait certainement pas pour Malaga. (dans le sens, si je pars, c'est pas pour un club de merde*).
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
Message posté par Robin Delorme
Tu as tellement raison...


9 commentaires au bout de 3h sur un papier comme celui la c'est triste
c'est comme sortir un film pour enfants en meme temps qu'harry potter. je reve de pellegrini avec les pleins pouvoirs a paris ou monaco. bon il en a peut etre marre des cheiks en bois mais son football champagne et sa classe naturelle me seduisent tellement plus que mourhino
C'est un très bon entraineur. Mais les éliminations contres Lyon (C1) et Alcaron (Coupa Del Rey) fut des moments difficiles pour un madrilène. Il avait l'effectif nécessaire pour aller plus loin dans ces compétitions. Le Real Madrid avait besoin de retrouver son aura dans les compétitions à éliminations directe.

Pour moi, son licenciement était justifié!
InspectorNorse Niveau : Ligue 2
Moi je l'adore, ce mec...lui il n'en n'a pas pris de manita contre le Barça!
Seulement, j'ai l'impression qu'à cause de sa discrétion et de son manque d'exposition, il a été sous considéré par les joueurs du Real(cf épisode Guti contre Alcorcon je crois), comme si eux les "nouveaux galactiques" ne méritaient pas un entraineur "sorti de nulle part"' et à pas à la hauteur médiatiquement. J'ai toujours trouvé que Mourinho était un bon coach, mais pas forcément plus fort et fin que Pellegrini, mais ce qui fait que les joueurs l'adorent (et je pense qu'il s'en est servi pour créer son aura et entretenir un "mythe", ainsi qu'une sorte de glorification de sa personne) c'est sa proximité et sa relation avec les joueurs. Du coup, je pense que c'est cette supposée aura qui a fait que les joueurs du Real, les supporters et journalistes, se sont un peu trop enthousiasmés à l'arrivée du Mou.
Pellegrini au Barça ou à Paris(si Carlo devait partir)!!!!!!
2yemklubapanam Niveau : Ballon d'or
Message posté par ericfan
C'est un très bon entraineur. Mais les éliminations contres Lyon (C1) et Alcaron (Coupa Del Rey) fut des moments difficiles pour un madrilène. Il avait l'effectif nécessaire pour aller plus loin dans ces compétitions. Le Real Madrid avait besoin de retrouver son aura dans les compétitions à éliminations directe.

Pour moi, son licenciement était justifié!


en meme temps quand t'as higuain qui dribble le gardien pour la mettre sur le poteau, tu peux etre raymond la science ou ferguson, t'as pas le droit d'entrer sur le terrain pour la mettre a sa place
Three-Eyed Frenchy Niveau : Ballon d'or
Note : 1
Message posté par Robin Delorme
Tu as tellement raison...

Merci, encore un article de qualité de Robin.
Moi je reve de Pelligrini au Barça pour la saison prochaine ou la suivante et j'en viens même à souhaiter une toute petite rechute de Tito que Dieu me pardonne. Nous avons les joueurs pour lui permettre de gagner des trophets et de briller comme le coach du Bayern avec 3 recrus Hummels Ter Stegen et Lowandovski.
Le_Touriste Niveau : DHR
Un bon article mais certaine choses aurait pu être précisé comme le onze aligne face à Alcorcon , qui était un onze inédit avec que des Benchwarmer ce qui explique la défaite . Ces mecs n'avait jamais joué ensemble ... On aurait pu noté qu'il avait , malgres la defaite , reussi son coup du turn over et garder un effectif sous pression pour les matchs . Pour Lyon ça se joue à 10cm , la frappe d'Higuain si c'est poteau rentrant on passe . On aurait pu parler de cette jolie accolade entre lui et Ronaldo lors de sa prise de fonction a Malaga . Il avait l'air d'être assez apprécier du vestiaire . Il faut soulinger aussi C'est quand même l'un des rares a avoir eu les burnes de mettre Raul sur le banc .
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
4 16