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Pedro plein turbo

Après un millésime précédent frustrant, le ciel de Pedro Rodríguez est de nouveau ensoleillé. Un Euro dans les jambes lui a suffit pour reprendre ses accélérations ravageuses. Et s’imposer à nouveau comme un indéboulonnable de la maison barcelonaise.

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Le 28 juillet 1987, à Santa Cruz de Ténérife, Pedro Rodríguez Ledesma claque ses premiers balbutiements. Sous le soleil, évidemment. Car, dans cette co-capitale des îles Canaries, plantées au beau milieu de l’Océan Atlantique – la seconde étant Las Palmas de Gran Canaria – il fait chaud. Et ce, en toutes saisons. Justement, cette chaleur, cette étincelle, Pedrito l’aime. À tel point qu’il se l’est appropriée pour en faire sa marque de fabrique. Depuis son débarquement sur les bords de la Méditerranée en 2004, l’ailier de poche est une pile électrique, capable de mettre le feu à une défense en quelques appuis. Pour ce nouvel exercice, synonyme de reconquête barcelonaise, Pedro est redevenu celui de ses débuts : un dingue de la vitesse qui se sent « bien ce moment » et qui « espère que ce sera pareil pour le reste de la saison » . Une petite résurrection en soi, tant son dernier millésime a été décevant. L’exigence de le revoir au top paraît bien légitime. On parle quand même d’un mec entré dans l’histoire pour avoir planté au moins une banderille dans six compétitions de club en une seule saison.

Blessures, je vous conjure

Après cette cuvée 2009-2010 de dingo, Pedrito confirme tous les espoirs placés en sa personne. Avec un physique tout en tonicité, ses muscles tournent à plein régime. Une Coupe du monde dans la poche plus tard, Pedro incarne la troisième branche du MVP. En compagnie de l’étoile Messi et du nouvel arrivant Villa, il dévore une saison marquée par un surmenage de Clásicos d’avril. En finale de Ligue des champions, ce trio d’acolytes claque les trois pions face à des Mancuniens spectateurs. Pedrito a grandi, désormais son nom devient Pedro – cette nouvelle dénomination intervient après un lob depuis le milieu de terrain face à La Corogne le 14 avril 2010. Cette croissance ultra-rapide (23, puis 22 buts en deux temporadas) lui crame les ailes. Le plein régime se transforme en sur-régime. Son corps ne suit pas et le natif des Canaries enchaîne les pépins corporels. Sa cuisse et sa cheville le lâchent tour à tour. L’homme aux plus de cent apparitions en deux ans n’est plus capable d’enchaîner les efforts. Par là même, il assiste à l’explosion du néophyte catalan Alexis Sánchez. Ajoutez à cela les expérimentations du grand Pep, et le poulain du divin chauve assoit son fessier sous la guérite à plus d’une reprise.

Dans ce marasme physique, Vicente del Bosque en rajoute une couche : « Pedro fait de son mieux. Mais il a eu une saison difficile. Et nous avons une limite de 23 joueurs, et nous ne pouvons en prendre plus. » La plus belle moustache espagnole, qui l’a lancé chez les grands de la Roja, met en garde, mais ne punit pas. Tant mieux, puisque la dernière impression est toujours la bonne. Sur le gong, le numéro onze de la Selección sort une finale de la Copa del Rey XXL et renvoie Adrian à son apprentissage. À l’instar de Fernando Torres, la dentition du señor Rodríguez prend ses cliques et ses claques pour un road-trip ukraino-polonais. Nonobstant, le cas Pedro ne fait pas planer de doute sur son potentiel de débroussailleur de surface, mais bien sur son physique actuel de Playmobil. Des doutes qu’il balaiera illico. Le sprinteur qu’il est glane quelques sélections supplémentaires et, accessoirement, une Coupe d’Europe. Seul titre manquant à son palmarès. À désormais 25 piges, Pedro n’a plus rien à remporter. Mais a bien trouvé le meilleur remède pour panser ses blessures : redevenir l’indéboulonnable qu’il était.

L’inamovible bis


Avec la toute fraîche intronisation de Tito Vilanova, Pedro retrouve de la sérénité. Apôtre du 4-3-3, son nouveau mentor lui confie le couloir gauche. Lui qui se voyait préalablement offrir le côté droit reprend ses galons de titulaire. En compagnie du Faudel chilien, il a pour mission de faire disjoncter son confrère latéral adverse tout en soutenant la puce atomique. Avec ses appels saillants, il ne tarde pas à retrouver son niveau d’antan. Tout d’abord lors des prémices domestiques, il score face à la Real et parfait le hat-trick du MVP. Mais c’est face à sa victime favorite, le Real Madrid (6 pions en 13 confrontations), qu’il refait valoir sa pointe de vitesse. Une ouverture de Mascherano dans les pieds, et s’ensuit une crucifixion de San Iker lors du match aller de la Supercoupe de Carlos. Au retour, il est même à deux doigts d’offrir la coupe au peuple catalan sur un combo contrôle porte-manteau/frappe instantanée. Le tout sur le même appui, excusez du peu. Les gants de Casillas en décideront autrement. Mais cette fois, c’est acté, le tube Pedro is back est dans les bacs.

Histoire de peaufiner son retour au top, il s’offre son premier doublé avec la Roja face à la modeste Arabie Saoudite. Lors du casse-pipe déplacement à Tbilissi, il décante la torpeur de la Roja. Encore. Bah ouais, le sieur Rodríguez aime soigner ses entrées en matière. Alors, face à Getafe, ce samedi, il a pour tâche de faire sauter le cadenas de banlieusards qui ont pris comme mauvaise habitude de pourrir la vie de son FCB adoptif. Qui plus est en l’absence de son concurrent et double d’Alexis Sánchez, son opportunité de s’imposer une seconde fois comme inamovible de la maison azulgrana est décuplée. Toujours aussi effacé, lui considère cette visite dans la capitale comme une « journée vitale pour le Real Madrid » . Qu’il en profite, ce 15 septembre est prévu sous un soleil de plomb dans la péninsule ibérique. Un bon jour pour briller pour ce Catalan d’adoption. Assurément.


Par Robin Delorme
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