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Paulo Duarte : « Laissez travailler Queiroz »

C'est bien calé sur son canapé que Paulo Duarte va mater ce Mondial. Avec un regard bien particulier. Entre le Portugal, la France -il a récemment entraîné Le Mans- et l'Afrique où il dirige le Burkina-Faso, Paulo D. prend la défense de Professor Carlos Queiroz.

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Où êtes-vous pendant cette Coupe du monde ?


Je vais la regarder à la télé, entre le Portugal et le Burkina-Faso. Ça fait deux ans que je voyage sans cesse alors j'aimerais me reposer un peu, profiter de ma famille.

Que pensez-vous du choix de l'Afrique du Sud pour organiser ce Mondial ?


C'est une grande opportunité pour l'Afrique. L'occasion de prouver qu'elle est capable d'organiser un événement de cette envergure. Après le succès de la CAN en Angola...

Cette CAN a été tout de même marquée par l'attaque sur le bus du Togo...


C'est un acte isolé. J'étais sur place quand c'est arrivé. Il n'y avait plus de conflits dans cette zone depuis huit ans. Il n'y a rien à redire sur l'organisation faite par l'Angola.

Pourquoi l'Afrique du Sud a-t-elle été choisie, selon vous ?


C'est un pays à part. C'est l'Europe pure, sur le niveau de vie, la qualité des infrastructures... Reste à savoir quel sera le niveau de sécurité. L'Afrique du Sud était un pays raciste où il existe encore une ambiance pesante. J'espère que rien de grave n'arrivera car ce Mondial pourrait être le moyen pour certains extrémistes de vouloir se montrer.

Pensez-vous qu'une équipe africaine peut remporter ce Mondial ?


Non, je ne vois pas... Les équipes européennes et sud-américaines sont mieux organisées. Même si à mon sens la Côte d'Ivoire est la sélection africaine la plus forte. Elle possède de grandes individualités mais collectivement elle n'est pas encore à la portée des équipes européennes.

En partant au Burkina-Faso, vous avez été confronté à ces fameuses vuvuzelas...


On arrive vite à saturation. C'est carrément irritant. 80% des Sud-Africains vont au stade avec. Mais j'avoue que je n'en ai jamais vues autant que lors de ce Mondial.

Comment sentez-vous la Selecção ?


C'est une équipe avec de grosses qualités. On lui tape dessus depuis quelque temps et ce n'est pas nécessaire. On leur met une grosse pression et on entre dans un climat de pessimisme. Moi, j'ai confiance en Carlos Queiroz. C'est un grand entraîneur. Il faut juste qu'on le laisse travailler. Le Portugal est capable de grandes choses... comme d'autres moins grandes...

Pensez-vous que le Portugal peut aller au bout ?


Je le pense, oui. Ils ne sont pas au troisième rang du ranking de la FIFA pour rien. Nous avons la qualité pour l'emporter. C'est clair que ce ne sera pas facile. Mais ça ne le sera pour personne.

Cristiano Ronaldo est beaucoup critiqué pour ses performances au sein de la Selecção...


(Il coupe) Il y a trop de pression sur lui. Les gens pensent que parce qu'il a été désigné comme le meilleur joueur du monde, il peut tout faire. Mais le travail en club et en sélection est différent. En club, on peut travailler dans la durée, l'entraîneur a le temps de mettre en place sa philosophie, les joueurs se connaissent. Pas en sélection.

Et les Bleus ?


Ils possèdent de grands joueurs mais pas une grande sélection. Ils pratiquent un football qui ne fonctionne pas comme un ensemble. On ne ressent pas de volonté de jouer ensemble, de participer à un projet commun. La France est l'équipe qui a pourtant le plus gros potentiel.

Quel est votre regard sur Raymond Domenech ?


Je ne le connais que comme entraîneur. Je n'ai jamais travaillé avec lui, alors c'est dur de juger. Je me dis juste que s'il est là ou il est, ce n'est pas par hasard.

Après le Mans avez-vous reçu d'autres propositions ?


L'Anorthosis, l'Espérance de Tunis m'ont approché. Mais je devais surtout signer avec l'Angola avant la dernière CAN. Ça a trainé, trainé et je n'ai pas voulu attendre. Le Burkina m'avait proposé de prolonger et je ne voulais pas les faire patienter éternellement. Le Burkina a toujours été ma priorité. Le président de la république voulait que je reste. Alors j'ai signé pour deux ans de plus.

Quel souvenir gardez-vous de votre passage au MUC ?


C'était une aventure footballistique à la fois extraordinaire et triste. J'ai participé à un projet fort dans l'une des meilleures ligues du monde. Le président Legarda est formidable. Mais je suis arrivé au mauvais moment. Le club vendait ses principaux joueurs depuis quatre ans déjà. Le patrimoine était moins important. Coutadeur, Pelé et Gervinho sont partis quand je suis arrivé. J'ai dit au président qu'il nous fallait quatre ou cinq joueurs supplémentaires. Mais la plupart de l'argent était investi dans la construction du nouveau stade. J'avais dit que si on perdait Coutadeur, nous serions candidats à la descente. Au final, Joao Paulo a été la seule recrue que j'avais demandée.

Vous en gardez un bon souvenir...


Henri Legarda a déclaré que j'avais été le meilleur entraîneur de l'histoire du club. Nous jouions un beau football mais on n'a pas eu de chance... 14 poteaux en 14 journées. C'est du jamais vu !

Vous avez été adjoint de José Mourinho avant de devenir entraîneur et sélectionneur. Un autre de ses ex-adjoints, André Villas-Boas, vient d'être nommé entraîneur du FC Porto à 32 ans. « Mou » est-il aussi un dénicheur de grands techniciens ?


Je dis souvent qu'en football, on apprend ou on n'apprend pas. Comme Villas-Boas, j'ai eu l'honneur de côtoyer Mourinho, le meilleur entraîneur du monde. J'ai su comprendre son jeu, sa tactique.

Par Nicolas Vilas

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