Paul le Poulpe et autres bon tuyaux

Paul le poulpe, Mani le perroquet, Pauline la pieuvre... Après les vuvuzelas et Jabulani, ambiance arche de Noé en cette fin de Coupe du monde avec une emprise tentaculaire dans les médias.

0 1
Poulpe à la galicienne, poulpe à la provençale, poulpe grillé... Teutons et Argentins fourmillent de mille idées de recettes pour cuisiner Paul le poulpe. Depuis l'élimination de la Mannschaft et de l'Albiceleste prévues par Polo, le céphalopode est en danger, menacé de mort par des supporters. Au point que le chef du gouvernement espagnol Zapatero s'assure en personne de sa sécurité : «  Je suis inquiet pour le poulpe... Je suis en train de penser à lui envoyer une équipe de protection » , et qu'Elena Espinosa, ministre de l'Environnement ibérique, implore «  que les Allemands ne le mangent pas » . Le mollusque menait pourtant une vie paisible dans un aquarium d'Oberhausen jusqu'à ce qu'on le somme de prédire les résultats de l'Allemagne : un sans faute depuis le début de la compétition. D'après le site Sportune, avec une mise de 20 euros, Paul aurait empoché plus de six milles euros. Un bon indicateur donc à l'heure des paris en ligne tout azimut. « Les pieuvres font partie des invertébrés les plus intelligents. Elles sont capables de performances mentales complexes, dotées d'une mémoire à court et long terme, elles utilisent des outils, apprennent par l'observation, présentent des personnalités différentes et sont sensibles à la douleur » , explique-t-on chez PETA.



Mais question pronostic animalier, la concurrence fait rage désormais. Un perroquet est entré dans la danse : Mani from Singapour. Consulté par son propriétaire à partir des quarts de finale, la bestiole à plumes n'aurait pas commis une seule erreur. De leur côté, les bataves ont sorti de leurs perruques oranges une pieuvre : Pauline. Car il faut dire que les animaux ont été plus inspirés que les hommes. En 2006, la société de services financiers UBS avait prévu la victoire de la Squadra Azzurra. Fort de cette excellente prévision , les financiers d'UBS se sont mouillés à nouveau, tout comme la holding JP Morgan et la banque d'investissement Goldman Sachs. De complexes calculs de probabilités leur ont permis de déterminer le futur vainqueur du tournoi. Si UBS croyait à la victoire finale du Brésil face à l'Espagne, les cols blancs de Goldman Sachs misaient plutôt sur un dernier carré mettant aux prises : l'Angleterre, l'Argentine, le Brésil et l'Espagne. Un sur quatre, pas terrible... Après avoir mis sur pied une méthode particulière basée sur l'analyse quantitative, JP Morgan croyait dur comme fer que l'Angleterre allait se faire broder une deuxième étoile. En même temps comment des types qui n'avaient pas prévu la crise et manieurs de produits financiers toxiques pouvaient trouver le futur vainqueur ?

Amateurs d'algorithmes

Pas plus de réussite chez les scientifiques. C'est le cas des anglais Kuper et Szymanski, tout deux grands amateurs d'algorithmes. Leur formule prenait notamment en compte la taille de la population et le PIB des sélections engagées... Avec de tels indicateurs, les deux gugusses ne pouvaient arriver qu'à une finale foireuse : un pas très alléchant Brésil – Serbie. Mieux encore, Metin Tolan, professeur de physique à l'université de Dortmund, avait fait paraître un ouvrage intitulé : "C'est comme cela qu'on sera champion du monde". Il y récapitulait ses travaux et, à la lumière de la trigonométrie, annonçait le sacre teuton : « On sait que le classement moyen de l'Allemagne lors de toutes les Coupes du monde est de 3,7 et que la sélection allemande remporte le titre tous les quatre ou cinq Coupes du monde. Comme le dernier titre de l'Allemagne remonte à 1990, soit déjà quatre éditions de la Coupe du monde, personne ne peut nous battre cette année et vous pouvez déjà mettre le champagne au frais » , prédisait-il au magazine Zeit Wissen. Un putain de prophète ce Metin, lui qui avait déjà fait le coup en 2006 : «  ma formule mathématique donnait le vainqueur du Mondial suivant » , s'était-il défendu. Nul doute qu'il arrivera aux mêmes conclusions en 2014... Finalement, l'intelligence artificielle se rapproche le plus de la réalité. Ainsi, EA Sports avait lancé une simulation complète de la Coupe du monde pour accompagner le lancement de son nouvel opus FIFA spécialement dédié au Mondial sud-africain. Résultat ? Une victoire espagnole en finale contre la Seleção brésilienne.



Bref, aujourd'hui le monde entier s'est tourné une nouvelle fois vers Paul le poulpe qui dispose désormais d'une page Facebook. Au moment de livrer son verdict, les caméras étaient braquées sur ses tentacules. Selon le poulpe devin, la Roja devrait rentrer à Madrid avec le trophée. Une prédiction contestée par Mani le perroquet qui voit plutôt les Oranje tout comme Pauline la pieuvre (en même temps, elle crèche à La Haye)... Toutefois, que les parieurs compulsifs fans de Paul se méfient. Lors de l'Euro 2008 en Suissautriche, le mollusque avait annoncé la victoire de l'Allemagne sur l'Espagne. Fernando Torres lui avait donné tort.

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Fallait demander à Webb ou à Blatter, ils connaissaient l'issue du match
Partenaires
Olive & Tom Logo FOOT.fr
Article suivant
Xavi, le fils du curé
0 1