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Patrice Évra, vie et mort d’un ego

Les choses devaient mal se finir. Devenu gênant à l’OM, Oncle Pat’ a été mis à pied après son « high-kick » sur l’un de ses supporters ce jeudi. Sans doute l’épilogue à 36 ans d’une carrière raccordée pour le meilleur et parfois le pire au total ego.

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Patrice Évra a débuté sa carrière comme un attaquant de seconde zone du côté de Marsala puis Monza. Il vient sans doute de la terminer en tête à queue à Guimarães avec ce coup de savate distribué par-dessus un panneau publicitaire Sagres. Une mise en bière pour un joueur aux qualités plutôt ordinaires, mais à la vie et au palmarès extraordinaires. À l’annonce de son arrivée à Marseille le 25 janvier, on craignait « la Lizarazu » après trois saisons remarquables à la Juve. Le retour au pays de trop. On avait tort. L'histoire a été plus douloureuse encore que celle d’un « Liza » humilié un soir de Coupe de la Ligue par Branko Bošković. Latéral dépassé sur le terrain et oncle gênant en dehors en Instagrameur du lundi, Évra n’avait pas voulu voir venir le mur. Que disait-il à La Provence quelques jours après sa signature ? « J'ai choisi l'OM, car beaucoup de personnes m'ont dit de ne pas venir, à cause de l'ambiance chaude, des gens qui oublient vite... Moi, j'aime où il y a la merde. Je suis comme ça, on ne me changera pas. » Impossible de changer un homme qui fonctionnait à l’ego. Cet ego qui le mena là où ses prédispositions n’auraient jamais dû le hisser, cet ego qui a aussi fait de lui le chasseur de taupe de Knysna. Évra a toujours cru en Évra, animé par l’idée qu’une grande carrière l’attendait.

Né un soir de D2 à Laval


Et ce n’était pas gagné au départ. Recalé des centres de formation (Paris, Rennes), il partait tout juste majeur pour l’Italie et la Serie C. Pour faire court, le gamin des Ulis appartenait à cette catégorie d’attaquants qui vont vite sans jamais trouver le chemin des filets. Bref, un Hassan Ahamada ou un Alioune Touré en puissance. À Nice, il débutait en D2 le 13 novembre 2000 par une défaite 7-2 à Châteauroux. Par la suite, Sandro Salvioni préférait le laisser sur le banc ou chez lui. « La première fois que je l’ai rencontré, il m'avait serré la main sans même me regarder. Il était hautain, limite dédaigneux » , racontera l'Italien. Devenu le latéral de Manchester United ou des Bleus, Évra oubliera souvent de remercier celui qui l’avait reconverti en défenseur. Peut-être que ça jurait dans le CV d’avouer être né un soir de D2 au stade Francis-Le Basser. « Quand le coach m'a dit de me positionner là, j'ai cru qu'il plaisantait... Aujourd'hui, on me parle de Lizarazu ou de Roberto Carlos, mais moi, c'est Romário qui m'a toujours fait rêver. »


Mais va pour latéral gauche. Le garçon est intelligent, l’attaquant inoffensif devient un arrière pugnace, se métamorphose en guerrier. Salvioni le découvre alors « humble, respectueux, poli » . Il est désigné meilleur arrière gauche de Ligue 2 en 2002, devient dans la foulée un homme de base du Monaco de Deschamps. Pour les journalistes, il est un bonheur. Pas embêté avec les mots, il a la vanne facile, mordante. L’engagement politique de Lilian Thuram ? « Il ne suffit pas de se balader avec des lunettes et un chapeau pour devenir Malcom X. » Arsenal et son beau jeu ? « En général, quand tu gagnes, tu dis que tu as bien joué. Mais là, c'était onze hommes contre onze enfants. » Son retour avec les Bleus en 2011 ? «  C'est donc que ce n'est pas si facile de remplacer Évra... » Chez les Bleus, il n’a jamais été indiscutable, à la différence d’Abidal ou de Lizarazu, mais il était incontournable sans que ses performances ne le justifient toujours. Au milieu d’une équipe garantie sans caractère fort ajouté, il était le mâle dominant, l’oncle bienveillant, ce « ministre des Affaires tricolores » qui lors du mondial brésilien délivrait des conférences de presse reçues telles un keynote de Steve Jobs.

« Je m’aime tout le temps »


Lors de l’une d’entre elles, il avait lâché avec un grand sourire ce jugement définitif sur lui-même : « Je m'aime tout le temps. Je ne vais pas commencer à me critiquer. Le Pat de 2010 et 2014, je les kiffe tous les deux. » Pendant une grosse décennie, il va pourtant coexister deux « Pat » . Celui qu’on observait à distance et avec respect du côté de Manchester ou Turin ; soit un guerrier admirable et un leader de vestiaire, mais en cohabitation avec Ferdinand, Neville, Rooney, Buffon, Chiellini, etc. L’autre « Pat » , c’est celui des Bleus, lié pour toujours à la cicatrice sud-africaine. Ce capitaine qui s’attribuait un rôle trop grand pour lui. Persuadé d’avoir évité au football français une catastrophe irréparable (à savoir une grève du match contre l’Afrique du Sud après l’exclusion d’Anelka), Évra estimait que la patrie lui devait d’être reconnaissante. Il avait pris pour d’autres passagers du bus bien heureux de passer entre les gouttes. Il n’avait pas tort.


Adoubé par la nouvelle génération avec un Pobga en neveu affectueux, il avait réussi le double miracle d’incarner le présent du football français malgré cette étiquette de gréviste en chef et des performances quelconques, profitant surtout du vide à son poste. À se croire indispensable, il avait fini par nous en convaincre. Le joueur s’effaçait un peu plus derrière le personnage poussant toujours plus son avantage. S’il avait pu exister un jour chez lui, le surmoi avait définitivement disparu, comme dans sa sortie en roue libre un dimanche de Téléfoot où il donnait du « parasites et clochards » à ses détracteurs, et jusqu'à cette vidéo où il nourrit des sans-abri dans les rues de Marseille. La veille au soir, il avait porté le poids de son âge face à Rennes. Il était vieux, usé, fatigué, mais refusait de le voir. Après l’avoir tant porté, cet ego avait fini par l’aveugler. Mais pouvait-il en être autrement ?

par Alexandre Pedro
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