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Pastore, injuste bouc émissaire ?

Grandeur et décadence. Javier Pastore a connu les deux au PSG. Héros hier, pestiféré aujourd'hui, on parle même de départ pour l'Argentin. Mais ne tape-t-on pas trop fort sur un joueur à qui le club doit quand même pas mal de choses ?

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Le mercato d’hiver approche, les rumeurs aussi. Et pas seulement celles qui parlent de Cristiano Ronaldo et José Mourinho au PSG, non. La dernière en date concerne un éventuel échange Pastore-Sneijder entre le club de la capitale et l’Inter Milan. Si une telle chose se produisait, qu’est-ce que cela voudrait dire ? Que Paris en aura eu ras le bol de Javier Pastore, seulement un an après l’avoir acheté 42 millions d’euros à Palerme ? Que le Parc des Princes n’en pouvait plus d’attendre le retour en grâce de son prodige annoncé ? Marre de son manque de combativité, de le voir perdre des ballons au milieu de terrain ou encore de ne plus le voir dribbler trois joueurs avant de marquer ? Mais l’échec de Pastore n’est pas celui d’un seul joueur, loin de là. D’ailleurs, peut-on vraiment parler d’échec ?

Si nul que ça, Pastore ?

Non. En regardant l'exercice 2011-2012 d’El Flaco, on se rend compte que ce dernier est quasiment victime d’une injustice. Le nombre de points qu’il gagne à lui seul la saison précédente est presque égal à celui qu’Edel Apoula a fait perdre à Paris l’année d’avant. Sans Javier Pastore en 2011-2012, le PSG aurait terminé troisième, au mieux. Avec un peu de chance, les hommes d’Ancelotti seraient passés à la trappe lors des barrages de la C1. Pas de Ligue des champions, pas d’Ibra ni de Thiago Silva ou de Lavezzi. L’ancien de Palerme est le point de départ du Paris version Al-Khelaïfi, tant par le montant de son transfert que par les qualités sportives dont il a fait preuve l’an passé.

Aujourd’hui, Pastore joue moins bien, est moins régulier et pas aussi décisif que par le passé. Il ne marque plus de chefs-d'œuvres à l'instar de ses buts à Évian et Montpellier en 2011. Soit ; mais cela ne fait pas de lui un gros naze. Une étiquette qui lui colle pourtant aux fesses depuis plusieurs mois à présent. La faute à l’hégémonique palette à Doudouce et à la place de la statistique dans le football. Le tout répondant à l’équation suivante : El Flaco marquait beaucoup l’an passé, donc c’était le meilleur joueur de Ligue 1. À l’inverse, s’il ne marque plus, ça fait de lui un mauvais joueur. Un raccourci trop facile compte tenu des capacités intrinsèques du joueur et de la situation du PSG.

Zlatan, Carlo et la confiance


Javier Pastore est un esthète, et expliquer son jeu avec des chiffres est un contresens total. D’un point de vue général, football et mathématiques ne font pas bon ménage. Le foot est une chose, la série Numbers une autre. Exemple : l’Argentin a terminé plusieurs rencontres avec un nombre de passes ratées considérablement élevé, notamment lors du premier Classique de la saison. Certaines découlent forcément d’erreurs individuelles de sa part. Mais d’autres facteurs essentiels entrent en jeu, comme le placement et le mouvement de ses coéquipiers par rapport au porteur du ballon. Or, à l’heure actuelle, le jeu du Paris Saint-Germain manque cruellement de mouvement, d’appels et de rigueur tactique, tant au milieu que devant. L’équipe n’est pas rodée, si tant est qu’il y ait une équipe. Offensivement, tout le monde mène sa petite vie - hormis Lavezzi, seul attaquant étrangement mieux servi que ses pairs par Pastore. Tout le monde décroche pour avoir le ballon, mais personne n’offre de réelle solution. Et avec Zlatan, c’est encore pire. On l'a bien vu l'année dernière lors de son association avec El Shaarawy. L'égo et les exigences du Suédois peuvent plomber le moral d'un excellent joueur au point de le rendre quelconque. Sur le terrain, le géant a beau faire la différence seul comme face à Nice, il n'empêche que, tactiquement, il empiète sur le territoire de Pastore qui, du coup, ne sait plus où se mettre. El Flaco est un meneur de jeu. Mais quel jeu peut-il mener dans ce PSG ?

Tant que Carlo Ancelotti ne réussira pas à trouver un onze type définitif dans lequel cohabiteraient Zlatan Ibrahimović et Javier Pastore, l’avenir de ce dernier au PSG semble fortement compromis. Et même si l’ancien technicien rossonero y parvenait, il ne serait même pas sûr que cela sauve le futur de son joueur dans la capitale. Car au-delà de l’implantation « géographique » de l’Argentin dans la formation parisienne, il y a un dernier problème : Pastore manque cruellement de confiance. Et apparemment, Carlo ne sait pas comment s’y prendre pour le sauver : « Il travaille pour revenir au top. Mais vous savez, je ne suis pas psychologue. » Et quand on voit qu’il sort son maigrichon à la mi-temps face à Troyes alors qu’il réalisait son meilleur match depuis longtemps, on veut bien le croire. Finalement, El Flaco a deux solutions. Retourner à la maison ou en Italie pour y briller tel un Lucho à Porto, ou... attendre l’arrivée de Mourinho - un vrai psy - à Paris. En revanche, s'il s'avère que même le Special One ne peut rien pour lui...

Par William Pereira
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