1. // Top 50
  2. // Atlético de Madrid
  3. // n°3

Passion Futre

Idole de l’Atlético de Madrid entre 1987 et 1993, Paulo Futre dégage un parfum de symbiose avec le Vicente-Calderón. Lancé dans une guerre bouillante avec le Real Madrid, El Bombón était pour le public un joueur charismatique, lutteur dans l’âme contre l’ennemi vêtu de blanc. Mais aussi un homme avec de l’amour à donner. Beaucoup d’amour.

Modififié

#3: Paulo Futre

Une longue crinière mouillée par la transpiration, un visage aux traits masculins et un sourire bright. Au Portugal, Paulo Futre est une référence, dans le sport et dans le style. Avoir joué dans les trois grands clubs du pays sans se faire immoler sur la place publique tiendrait presque du miracle pour un joueur lambda. Mais voilà, Paulo Futre n’est pas un joueur lambda. Son passage au FC Porto lui a offert la consécration continentale avec une C1, et son transfert dans la foulée à l’Atlético de Madrid l’a fait passer au rang de demi-dieu dans le cœur des Colchoneros. Ancien coéquipier de Futre lors de son idylle à Madrid, Abel Resino est catégorique : « La relation que Paulo a pu avoir avec les supporters de l’Atlético, c’est unique en son genre. Il symbolisait tous les concepts du club et tous ses coéquipiers le respectaient pour ce qu’il dégageait. L’investissement de Paulo pour le club était immense, et les supporters le lui rendaient bien. Nous sommes très amis dans la vie, vous savez. Il y a peu de temps, nous avons pu jouer un match des légendes ensemble où nous nous sommes rappelés du bon vieux temps. Parmi tous les membres de cette équipe, Paulo était sans doute notre capitaine imaginaire. » Les années sont passées, mais rien n’a changé : Futre est encore perçu comme le grand parmi les grands.

« Les affiches entre Futre et Buyo étaient toujours très suivies »


Pourtant, ce ne sont pas les 175 centimètres de hauteur qui font de ce faux neuf une pointure. Véloce et technique, Paulo Futre aimait se retrouver caché derrière le buteur de l’époque, Manolo Sánchez, pour pouvoir semer la zizanie dans les défenses adverses. Numéro 10, gaucher soyeux, chevelure longue... Oui, Futre possédait aussi une forte ressemblance stylistique avec Diego Armando Maradona. « Paulo se rapproche effectivement de cette image divine au sein du club, explique Abel Resino. C’était notre emblème, notre porte-drapeau. Maradona était au Napoli à l’époque, et l’image que renvoyait Paulo était un peu la même. Il était capitaine, référent de notre vestiaire sur et en dehors du terrain. » Et si Naples est en querelle régulière avec la Juventus ou l'AC Milan pour acquérir les trophées nationaux, l’Atlético possède encore et toujours un adversaire de marque dans sa propre ville : le Real Madrid.




L’époque de Paulo Futre fait même passer un cap dans la violence aux derbys madrilènes. Connu pour sa facilité à éliminer deux ou trois joueurs en une série de dribbles, El Hijo del Viento (Le Fils du Vent, en VF) était à chaque fois surveillé de très (trop ?) près par l’arrière-garde merengue. Son plus grand rival, le théâtral gardien de but Francisco Buyo, amenait du vice à la rencontre, qui débouchait régulièrement sur des échanges d’insultes, voire plus si réelles affinités entre les deux équipes. « Les affiches entre Futre et Buyo étaient toujours très suivies car on savait qu’on allait assister à du football agressif, reconnaît Abel Resino. Aujourd’hui, les choses se sont pacifiées dans les derbys de Madrid. Nous voyons plus de fair-play, moins de polémiques. Cette époque était dure à vivre car sur le terrain, c’était une guerre pas possible. » Faisant office de général sur le champ, Futre a toujours clamé haut et fort son rejet pour le Real, comme il le fait dans une interview à Libertad Digital : « Je suis le seul joueur de l’histoire à avoir dit non au Real alors que le contrat était posé sur la table. » Et pour cause, Futre est un homme d’amour.

Les veines du bonheur


Lors de la finale de la Coupe du Roi 1992 au Santiago-Bernabéu, l’Atlético de Madrid s’impose 2-0 et soulève la coupe dans l’enceinte de son ennemi de toujours. Un souvenir impérissable pour Futre. « Fernando Gomes nous disait que marquer un but, c’était comme un orgasme, raconte la légende dans le So Foot hors-série Sexe. Ce n’est pas forcément une opinion que je partage, sauf pour le second but que j’ai marqué au Bernabéu contre le Real Madrid avec le maillot de l’Atlético. Si tu vois le ralenti, tu te rends compte que les veines de mon cou sont gonflées, à la limite de l’implosion. C’était une sensation unique. Quelque chose d’extrêmement puissant que je n’ai plus jamais ressenti et que je ne ressentirai plus jamais. »

Vidéo

L’Atlético de Madrid et Paulo Futre n’auront jamais remporté le championnat ensemble, mais leur relation va bien au-delà des titres. Elle peut enflammer n’importe quel supporter de l’Atlético. Ou supportrice. « Elle devait avoir près de la cinquantaine et moi 21 ans, poursuit Futre. Elle me connaissait à travers les posters de moi qui tapissaient la chambre de son fils. Elle était obsédée par moi. Elle est entrée en contact avec moi via une jeune Argentine qui la représentait. Les enchères ont commencé à un million de pesetas. Je refuse, car je me méfiais de la prostitution de luxe. L’Argentine revient à la charge, les enchères augmentent jusqu’à atteindre 20 millions de pesetas (120 000 euros, ndlr) si j’accepte de coucher avec elle. C’est une somme énorme, donc je réponds que je veux bien rencontrer cette dame, mais qu’il est hors de question que je couche pour de l’argent. On finit par se voir et elle me raconte sa vie, qu’elle est multimillionnaire, séparée de son mari, mais qu’elle reste mariée en apparence. Je pense que c’était le pur caprice de femme qui, pour flatter son ego, voulait avoir une expérience avec un footballeur, pendant une heure ou une nuit. Nous sommes restés bons amis. Quinze jours plus tard, elle amène son fils à l’hôtel pour que je le rencontre. Il était fou de joie et disait que c’était le plus beau jour de sa vie. Elle m’a offert une Rolex rien que pour ça. » Futre à volonté.
Note : 2
Ce titre ressemble à celui d'un mauvais (pléonasme ?) porno.
Si tu t'endors du sommeil du juste avec les doigts qui collent, ça veut dire qu'il y'a de bons pornos...
ConstantVandenstock Niveau : DHR
Genre une compile d éjac faciales...


Le titre ne fait pas des masses honneur au talent du joueur en tout cas
Ce commentaire a été modifié.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Les compils d'éjac faciales, c'est la mort du désir. Tu te paluches sur du post-coïtal, sur des nanas et des queues interchangeables - en gros tu viens honorer le travail fini.

Un truc de branleur à la Inzaghi (même s'il y a un certain plaisir à la mettre hors-jeu).
Joseph Marx Niveau : Loisir
Le terme passion est mieux utilisé dans le porno mainstream :

http://fantasfilm.org/jaquette.php?Titr … NEMENT%20*
5 réponses à ce commentaire.
Vraiment fou comme j'ai ete marqué par son passage ultra court a marseille. J'avais meme pas 10 ans et il avait du jouer une poignée de match, mais putain j'avais ete emerveillé par ce joueur.
Lui et Dragan Stojkovic reste mes 2 grands regrets de l'epoque, on a vu que par intermitence leur talents surtout a cause des blessures...
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
L'échec de Futre à l'OM, ce n'est pas vraiment dû aux blessures, il avait fait une super préparation.
Le hic, c'est qu'il débarque l'été où sort l'affaire OM-VA (quelques semaines après sa signature) et devant l'interdiction de jouer l'Europe, Futre fait partie des transfuges (avec Deschamps, Desailly et quelques autres) qui quittent l'OM à peine la saison commencée.
Oui pour sauver les meubles. Mine de rien cette equipe de l'OM 93-94 débute avec un effectif assez incroyable. Anderson Voller Boksic et Futre comme attaquants. Rui Barros et Stojkovic derriere eux.

Mais sinon tu te souviens Ale si Futre était arrivé en grande pompe? J'étais assez jeune mais ne me rappelle pas que ca ait fait grand bruit alors que c'était vraiment un top 10 mondial qui arrivait
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Ahaha je vais te raconter une anecdote !

J'avais 15 piges, j'étais dans la cours de récré et je discutais avec un pote portugais, Michel Antunes (Michel, si tu traînes sur So Foot ?). J'étais vert à cause du départ d'Abedi à Lyon. Après Papin et Waddle, c'était le dernier rejeton de notre formidable ligne d'attaque qui disparaissait. Et là, Tapie nous sort des déclas improbables comme quoi on aurait recruté l'équivalent de Maradona ! Un joueur exceptionnel.
Et mon pote Michel qui était pourtant fan du Benfica (qu'est-ce que je l'avais pourri avec Vata !) me confirme que ce Futre (il prononçait vraiment Futre, pas Foutré, je sais toujours pas comment ça se prononce...) est un putain de prodige.

A l'époque, le fait qu'il se casse aussi vite cumulé à sa fin de carrière poissarde (il était lavé, rincé, séché à même pas 30 piges, et là pour le coup les blessures ont compté) m'avait poussé à me méfier de l'enthousiasme que le mec suscitait. Mais quand tu revois à posteriori ce qu'il a fait à Porto et à l'Atletico, tu te dis que Bernard Tapie et Michel Antunes n'avaient peut-être pas si tort.

Y'avait vraiment du Maradona chez Futre, malheureusement il lui a manqué le mental.
@saprissa: ah ces deux là quel gachis. Ils étaient tellement délicieux. Avec Tomas Brolin, Faustino Asprilla et le roi Eric, ils formaient le top 5 de mon enfance
Note : 1
Merci Ale pour tes toujours belles anectodes. Je vais boire une moscow mule a ta santé, il est deja 19:30 a manille
Une dream team! Sans tous les problèmes, on aurait été en compet avec Milan et Barça pour la champion's league.
Evidemment, le PSG n'aurait jamais été champion.
On allait jouer la supercoupe, la coupe intercontinentale, la France allait gagner la world cup...
Tout ça a été brisé au cours de l'autonme 1993.
Je ne sais pas comment mon adolescence a pû survivre à une telle déception!

Par contre Anderson arrive en hiver après la saignée pour compenser (un peu).

Concernant Futre, il était fort mais loin du top 10 mondial quand même!
D'ailleurs après il va chez le promu Reggiana, pas au Milan (même si il y ira ensuite faire de la figuration).
Avec la limite des 3 étrangers, il partait remplaçant avec Rui Barros et Stojkovic derrière les 3 champions d'Europe.
Ouais on était si forts que ça!
Ce commentaire a été modifié 2 fois.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  15:05  //  Aficionado de l'Argentine
@ alxfr, quand Futre arrive en 94, oui peut-être car il était déjà sur la pente descendante (il a été très fort très tôt, à 20-21 ans déjà, mais a commencé à décliner assez jeune aussi, dès l'approche de la trentaine)... Par contre, à son top, cad sur la période 86-92 grosso modo, il était sûrement dans le top 10 mondial ou vraiment pas loin !
Joseph Marx Niveau : Loisir
Si c'est un Portugais, alors il s'appelait Michel Antuning...
Carambouilles Niveau : District
Dragan Stojkovic...son blaze était déjà tout aussi classe que son jeu...
10 réponses à ce commentaire.
J'ai pas bien fait attention aux veines gonflées de son cou mais alors quel but sur cette vidéo ! au passage le 1er de Schuster sur CF est également une pure merveille.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  17:43  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 1
N'empêche, un tandem Schuster-Futre, en terme de vista et technique, c'était vraiment la grande classe !
1 réponse à ce commentaire.
Paulo Futre, je me souviens : sa chevelure au. Est dans des courses folles, sa bogossitude, son talent insensé, ses coups d'éclats.
À l'époque il était déjà connu de partout (y avait pas le net et les réseaux sociaux) avant même d'éclore aux yeux du grand public. C'était la next big thing du foot européen.
Et pourtant, sans que je puisse l'expliquer vraiment, il m'a tjrs laissé un sentiment de gâchis...
Note : 2
L'histoire de son transfert à Porto.

L'année précédente, le Sporting réalise un gros coup en chipant deux historiques du FC Porto, Pacheco et Rui Sousa. Et c'est peu dire que Pinto Da Costa était furieux. Il fera alors une proposition énorme pour l'epoque sur leur star Jordào, tout en négociant secrètement la pépite de leur centre de formation P.Futre. Le président de l'époque apprenant sur le tard ces tractations, il a dû se résoudre à un choix difficile et fera l'effort pour garder Jordào, laissant filer leur joyau qui fera chavirer le stade Das Antas et le peuple portista.

Son parcours à Porto est dans toutes les mémoires, avec en point d'orgue la finale contre le grand Bayern en 1987, éclaboussant de toute sa classe la finale, saison qui le conduira sur la seconde marche du podium au ballon d'or.

Apres son départ de l'Atleti, sa carrière déclina, mais il restait toujours capable d'éclairs de génies. Il se démarquait également par quelques sorties médiatiques un peu loufoques.

Il aurait pu je pense à un moment partir dans un club encore plus fort, mais son amour pour ce club et ses supporters était bien réel.
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
En fait ce transfert est surtout resté en travers de la gorge des supporters du Sporting car Pacheco et António Sousa ne sont restés qu'un peu plus d'un an chez les sportinguistas avant de retourner chez les dragons.
transfert de Futre resté en travers de la gorge...c'est fait exprès?
2 réponses à ce commentaire.
Paulo Futre est adulé jusqu'en Chine,et ça ne date pas de maintenant.J'avais vu une interview d'un joueur chinois,qui est venu faire sa formation au Portugal,son idole était Paulo Futre. Et c'est lui même qui a fait l'interprète,sur l'interview...!
Je crois qu'il est aussi au départ de l'échange de joueurs entre le Sporting et des clubs chinois. Il doit il y en avoir une trentaine de joueurs chinois en formation au Sporting.
Et la dernière fois que je l'ai vu à la télé,c'était pour une pub,pour une sorte viagra...
* Oui ,il fait encore bander.
La comparaison avec Maradona est pertinente même s'il n'aura pas eu la même carrière internationale.

Mais il y a quelque chose de maradonesque : la conduite de balle, le dribble du gaucher, et la technique :

La vidéo ouvre avec la fameuse action contre le Bayern en finale de la C1

https://www.youtube.com/watch?v=ZCLFomngpaA
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  14:55  //  Aficionado de l'Argentine
Note : 1
Ah Paulo Futre... J'ai rien contre Gullit mais pour moi, le vrai Ballon d'Or 87, c'était Futre (2e cette année-là) - enfin, avec les critères de l'époque sinon c'était Diego.
D'ailleurs, en parlant d'El Pibe, plusieurs l'ont fait remarquer avant moi mais c'est vrai que son statut à l'Atletico était comparable à celui de Maradona au Napoli.

Sans doute l'un des joueurs les plus talentueux qu'ait produit le foot portugais : il était hyper fort dans le jeu court et les petits espaces avec sa virtuosité technique et ses qualités de dribbleur hors-normes, grâce à ses crochets courts foudroyants. Et c'était aussi un super tireur de coup-franc ! Et puis, même si j'aime pas beaucoup utiliser ce terme, il avait de sacrées "cojones" : toujours présent dans les derbys madrilènes, il adorait ce genre de défi ainsi que les ambiances bouillantes et/ou hostiles.

En terme de talent pur, il y avait très peu de joueurs plus forts que lui à la fin des 80's et au début des 90's, du coup sa carrière me laisse une légère impression de gâchis car, malgré ses titres, sa C1 avec Porto et ses deux Copa del Rey à l'Atletico, je reste persuadé qu'il aurait pu aller encore plus haut...

Comme Barton Fink plus haut, Futre est, avec Stojkovic, mon principal regret de supporter de l'OM. Malheureusement, le contexte marseillais de l'époque n'a pas aidé et puis, je pense aussi qu'il commençait un peu à décliner depuis son départ de l'Atleti (j'ai pas d'infos là-dessus mais je me demande si son hygiène de vie était vraiment irréprochable)...

En tout cas, sa place sur le podium de ce top Atletico est largement mérité, sans doute l'un des joueurs ayant été le plus idôlatré par les supporters colchoneros !
O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 2
Je crois que son hygiène de vie était loin d'être irréprochable (mais qu'importe), et surtout qu'il manquait de cojones mentales.
Ce commentaire a été modifié.
Alain Proviste Niveau : Ligue 1
 //  17:39  //  Aficionado de l'Argentine
Pour éviter toute méprise, quand je parle d'une hygiène de vie loin d'être irréprochable, c'est pas un reproche hein (j'ai plus de sympathie pour les joueurs comme Houseman, Ortega, Maradona, Socrates, Garrincha, Ronaldinho, Romario, Best, Gascoigne, Cassano, Valdivia, José Touré, Govou, Futre, etc, que pour les personnalités trop lisses ou "béni oui-oui")... ;) Juste un constat qui pourrait expliquer son déclin entamé relativement jeune : les performances de Paulo Futre ont commencé à baisser lorsqu'il a quitté l'Atletico, alors qu'il n'avait même pas 30 ans.
Joseph Marx Niveau : Loisir
Il abusait du prego no pao, du bifana et du bon poulet portugais sauce piri piri, le tout arrosé de Super Bock et de Sagres...
3 réponses à ce commentaire.