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Pascal Olmeta : « Mes parents se sont battus dans les tribunes »

Né à Bastia, passé par le Sporting où il a débuté en professionnel avant d’en devenir le capitaine, Pascal Olmeta connaît bien le club corse. De l’intérieur, donc, mais aussi de l’extérieur puisqu'il a connu quelques mésaventures lorsqu'il est revenu à Furiani avec d’autres maillots sur les épaules. Alors que l’OL s’apprête à venir défier Bastia sur ses terres, l’occasion était parfaite pour demander à l’ancien gardien si les Lyonnais ont vraiment des raisons de prendre les « menaces » de Ciccolini au sérieux. Entretien tunnel. Entre crachat et regard de travers.

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À la fin du match aller entre l’OL et Bastia, Ciccolini a déclaré : « Quand il faudra venir à Bastia, il ne faudra pas avoir la grippe, ni la gastro. Parce que cela va se régler comme d'habitude, comme des hommes. Comme des Corses et voilà. » Toi qui es bastiais et qui as joué trois ans au Sporting, ça veut dire quoi concrètement ?
Dans l’énervement, tu peux dire certains mots qui peuvent être forts et pesants, mais qui ne reflètent pas ce que tu veux réellement dire. Moi le premier, j’ai pu avoir ce genre de sorties, mais ça ne veut pas dire pour autant que tu veux taper ou quoi que ce soit. D’ailleurs, Ciccolini s’était expliqué par la suite en disant qu’il s’agissait plus d’un laisser-aller. Dans ce genre de situation, tu réalises après que tu as eu des propos que tu n’aurais pas dû tenir. Voilà, c’est comme ça.

Selon toi, il y a une vraie raison d’avoir peur quand tu vas jouer à Furiani ?
Mais non, c’est fini tout ça ! Oh, l’époque Olmeta, elle est finie, hein (rires). Tu sais, quand j’étais gamin et que je restais accroché aux grillages pour regarder les Marchioni ou autres, là il fallait craindre de te prendre des gifles ou des trucs comme ça. Quand tu rentrais à Furiani, tu rentrais pour perdre, tout simplement. Mais aujourd’hui, ça n’existe plus tout ça.

Aulas a déclaré dernièrement à propos du match retour au Beşiktaş qu’il ne fallait pas s’en faire, car pour lui, c’était moins dangereux que d’aller jouer à Bastia...
Non, mais tu rigoles ! Aujourd’hui, tu vas jouer à Bastia, tu risques quoi, à part te ramasser un drapeau en plastique sur la tête ? À l’époque, oui, mais plus maintenant. À un moment, à Furiani, tu avais 8000 personnes dans le stade, il fallait en craindre 7000. Aujourd’hui, si tu as 500 personnes, il faut en craindre trois ou quatre.


Quand tu jouais à Bastia, l’atmosphère dans le tunnel de Furiani était vraiment différente que dans les autres stades ?
Ah oui, bien sûr ! Tout en respectant l’adversaire, tu rentrais pour que les autres réalisent qu’en face d’eux, ils avaient des hommes déterminés à gagner. Les mecs voyaient dans nos yeux qu’on était prêts à aller au combat.

« À un moment, à Furiani, tu avais 8000 personnes dans le stade, il fallait en craindre 7000. Aujourd’hui, si tu as 500 personnes, il faut en craindre trois ou quatre. »

Ça se concrétisait comment : des gifles, des insultes, des regards de travers ?
(Il rigole) Des gifles, non, quand même pas. Sinon, j’aurais pris quelques années de cabane, car la fois où j’en ai mis une, on m’a viré de Lyon, hein. Et je dis ça avec tout le respect que j’ai pour Jean-Luc Sassus qui est malheureusement aujourd’hui décédé (en décembre 1996, Pascal a frappé son coéquipier, Jean-Luc Sassus, ce qui précipitera son départ du club lyonnais, ndlr). Non, on faisait plus les gros yeux. Et puis sur le terrain, la surface c’était la mienne, je ne m’arrêtais pas si je sortais. Attention, pas pour faire mal, hein, mais pour juste dire : « Mon gars, cette surface c’est la mienne, si tu rentres c’est bien pour te récupérer quelque chose. » Ne pas faire de cadeaux, quoi.


Tu n’as pas de souvenir particulier d’une embrouille dans le vestiaire ?
Pas spécialement. Je me souviens juste d’une fois où on joue à Nancy avec Bastia, ça devait être en 1983, et il fallait qu’ils gagnent parce qu’ils avaient besoin de points. Sauf que ce jour-là, j’avais des ailes au cul et j’arrêtais tout. Puis à un moment, le capitaine de Nancy de l’époque, j’ai oublié son nom tiens, arrive vers moi et me crache à la gueule. Putain, ça m’a rendu fou... À la fin du match, je pars pour le choper, pour lui mettre mon poing dans la gueule, mais je ne l’ai pas trouvé. Du coup, au match retour, dans le tunnel, on est tous les deux capitaines, donc au même niveau dans la file, j’arrive vers lui en préparant un gros mollard et je lui crache dans la gueule en lui disant : « Voilà l’effet que ça fait, j’aurais préféré que tu me mettes un coup de poing. » Eh bah il a compris et il n’a rien dit. En même temps, il valait mieux pas parce que j’avais tellement la haine...

Quand tu es revenu jouer à Bastia avec d’autres clubs, comment ça s’est passé ?
Je me suis battu à chaque fois !

Ah ouais ?
Ah bah oui. Je me souviens que la première fois où je suis revenu avec Toulon, mes parents se sont battus dans les tribunes. C’était une époque où les gens prenaient très mal que tu quittes ton maillot pour un autre. C’était la vraie ambiance que tu n’as plus maintenant. Même au niveau des joueurs, tu avais certains énergumènes qu’il fallait essayer d’éviter en plein match sinon tu sautais à la corde, je peux te le dire. Aujourd’hui, dès que tu mets un coup de pied, tu prends un rouge direct.


Mais attends, c’est quoi cette histoire de bagarre avec tes parents ?
Bah c’est ce que je te dis, j’étais revenu jouer avec Toulon et puis à un moment, dans les tribunes, il y avait quelques énergumènes qui parlaient très mal et ça a fini par partir. Ma famille n’a pas supporté les insultes et du coup, tout le monde s’est battu, mon père, mes frères, mes cousins. Tout le monde, quoi.

« C’était comme les Canadiens au hockey sur glace, on se met quelques coups de poing, puis on s’arrête calmement. »

Et toi, tu as appris ça après le match ?
Ah bah non, je les ai vus. Courbis était mon défenseur et il est parti avec moi pour sauter les grillages et essayer de mettre quelques coups de poing. Mais ça n’allait pas au-delà. Aujourd’hui, si tu fais ça, tu as le risque de te prendre un coup de couteau ou je ne sais quoi. Ça avait retardé un peu le match du coup. Mais tu sais, c’était comme les Canadiens au hockey sur glace, on se met quelques coups de poing, puis on s’arrête calmement. Derrière, on a repris le match. D’ailleurs, il me semble qu’on avait perdu.


Courbis était venu direct ?
Bien sûr, Rolland m’avait suivi (rires). Mais de toute façon, dans cette équipe de Toulon, il n’y avait que des mecs qui n’avaient peur de rien. Je savais qu’ils étaient là au cas où.

Et les autres fois où tu es revenu, tu avais une petite crainte par rapport à ça ?
Non, pas du tout. Tu sais, moi j’étais encore plus fou et plus passionné.

Ça n’a jamais été chaud ?
Si, bien sûr, à chaque fois. Mais bon, ça faisait partie du truc. Qui m’a impressionné dans le tunnel ? (Il se marre) Il n’y en a pas beaucoup. Pour tout te dire, je ne sais même pas s’il y en a un...

Tu as également joué trois ans à Lyon, du coup, aujourd’hui, quand il y a un duel entre Bastia et l’OL, tu as une préférence ?
Que ce soit Bastia-Lyon, Bastia-Marseille ou même Bastia ce que tu veux, il n’y a pas photo, mon cœur est bastiais. Je reste bastiais avant tout.

T’as un petit prono pour dimanche ?
Si Bastia veut s’en sortir, il faudra aller chercher la victoire. Un petit 1-0, ça me suffirait amplement.



Propos recueillis par Gaspard Manet
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