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Pascal Dupraz, les Croix et la bannière

Au club depuis plus de vingt ans, Pascal Dupraz a été de toutes les grandes émotions de l'équipe savoyarde. Du simple joueur, en passant par directeur sportif et bien sûr entraîneur, cet amoureux du football ne vit quasiment que pour Evian Thonon Gaillard. Il est en passe d'emmener les Roses visiter le Stade de France.

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« J'avoue avoir un peu de mal à y croire. Il y a vingt ans, on jouait dans un club de quartier en DH. Donc même le plus perspicace ne pouvait pas imaginer une seule seconde qu'il affronterait Beckham et Ibrahimovic  » . Thierry Taberner, l'un de ses plus fidèles compagnons de route, résume en quelques mots l'histoire invraisemblable de Pascal Dupraz et du FC Gaillard. Après s'être côtoyés au Sporting Club de Toulon à la fin des années 1980, les deux hommes se sont retrouvés à Gaillard, où Dupraz terminait sa carrière dans le monde amateur. L'évolution s'est ensuite faite en douceur. D'abord comme joueur, puis comme entraîneur-joueur au FCG pendant dix ans (1991-2000). Le natif d'Annemasse a ensuite fait le grand saut pour devenir coach à plein temps (2000-2009) sur le banc de touche de Croix de Savoie. Pour Rolland Courbis, qui l'a eu sous ses ordres à Toulon, le voir entraîner coule de source : « C'était un joueur passionné. Il se posait beaucoup de questions à l'époque. Il me questionnait énormément sur la tactique, le jeu. Il réfléchissait sans arrêt » . Même son de cloche pour Thierry Taberner au moment d'évoquer l'amour qu'a son ami pour le ballon rond. « Il a ce ressenti que beaucoup rêvent de posséder. Sur un contrôle, une prise de balle, il est capable de savoir si un joueur a un truc. Il se trompe rarement  » .

De la DHR à la L1

Un flair qui lui a notamment permis de s'entourer des meilleurs joueurs de la région, dès le début de l'aventure. « Il y avait un vrai esprit dans ce club et Pascal a su faire venir les talents du coin. Si le club en est là aujourd'hui, c'est en grande partie grâce à lui  » , atteste Taberner « le chiffonnier » (surnom glané à Toulon ). Là, c'est la Ligue 1. Tout en haut du football français. Depuis son retour en Savoie, en 1991, Pascal Dupraz a vécu huit montées, une relégation, le sauvetage du club au bord de la faillite et l'investissement de Danone (2006), deux fusions, et donc, la découverte de l'élite. Folklorique et invraisemblable. Malgré cette progression éclair, l'enfant du pays garde la tête froide. Ce côté rocailleux, dur, symbole d'une sérénité de tous les instants, il le tient à la fois de ses racines savoyardes mais aussi de son parcours. « A la fin de sa carrière, il a quitté le monde professionnel pour revenir au monde amateur. Ce n'est pas forcément évident de retourner à la vie réelle, dans l'anonymat. Alors forcément, il est conscient de sa chance. Il sait qu'il est privilégié » , expose Thierry Taberner. Humble, les pieds bien ancrés sur la terre ferme, Pascal Dupraz possède ce recul nécessaire pour coacher, surtout à haut niveau. Comme il le dit si bien « Ici (en pays de Savoie), ce n’est pas l’accoutrement qui fait l’homme. Le paraître n’est pas savoyard.  »

Un homme profondément attaché à sa région


Le coach eviannais ne s'en est jamais caché. Il l'aime, sa Savoie. «  C'est vrai qu'il est très fier de ses montagnes. Et son caractère mystérieux représente assez bien le profil local » , confirme Taberner. Dupraz est un personnage complexe. Un homme intelligent qui peut parfois sembler froid mais qui n'en reste pas moins attachant. Ses conférences de presse suffisent à l'affirmer. Juste, direct, il use souvent d'un vocabulaire étonnant, fleuri. N'hésite pas à remettre à sa place un journaliste posant à nouveau une question déjà évoquée. Et fait preuve d'un second degré laissant entrevoir un humour décapant. « Pascal est un bon vivant. Il aime bien la bonne chaire, le bon vin. Et quand il faut déconner, on peut toujours compter sur lui. D'ailleurs, il ne sait pas skier. Il s'est arrêté au chasse-neige » , taquine Thierry Taberner. Peu connaissent cette facette. Car comme bon nombre de Savoyards, celui qui a travaillé pendant plusieurs années au Commissariat des réfugiés à Genève, prend le temps de jauger pour savoir à qu'il a vraiment à faire. Tout est question de valeurs. Celles de l'humilité et du respect. Des idéologies que l'on retrouve aisément dans son approche du football. Pas de place au clinquant. Sa seule fantaisie : un bonnet rose aux couleurs de l'ETG.


« Avant le match face au PSG, il m'a dit qu'ils allaient se qualifier aux penos »


Sa priorité, c'est le terrain. Vaincre pour se maintenir en Ligue 1. Ne pas se défiler, ne jamais quitter le navire, surtout quand les choses ne se déroulent pas comme prévu. Au soir d'une défaite contre Montpellier, un neuvième match sans victoire (0-1, 27ème journée), Pascal Dupraz avait expliqué avoir discuté avec son président au coup de sifflet final. Quelques jours après, il rétablissait la vérité : « Je ne présentais pas ma démission(...)Je m'en sens incapable, j'estime avoir les épaules suffisamment solides, je suis quelqu'un d'extrêmement convaincu et je vais me battre jusqu'au bout. Je voulais juste que l'on réfléchisse » . Pas question d'abdiquer. « Pascal n'est jamais aussi bon que dans l'adversité. Il sait trouver les mots pour vous motiver » , abonde Taberner, qui a évolué sous ses ordres à Gaillard. Comme lors de la réception du Paris Saint-Germain, en quart de finale de la Coupe de France, où personne ne donnait cher de la peau de l'ETG. « Avant le match, il m'a dit qu'ils allaient se qualifier aux penalties  » , poursuit son ami de longue date. Un côté devin, mystique, qui donne encore un peu plus de relief au sibyllin coach eviannais. Même si rien n'a filtré sur la demi-finale face à Lorient, le peuple rose a confiance en son prophète. Et en bon Savoyard qui se respecte, Pascal Dupraz ne rendra pas les armes. Jamais.

Par Anthony Davière
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