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Pascal Dupraz : « Je sais que je n’ai pas gagné la Coupe du monde »

En mars dernier, Pascal Dupraz héritait d’un TFC malade et promis à la Ligue 2. Quelques mois plus tard, le club est devenu l’une des attractions du championnat. Avant de passer à table avec ses « sales gamins » de joueurs, le coach savoyard s’installe à son bureau pour parler football et répondre à ses détracteurs.

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Depuis le début de saison, ton équipe tourne à 44% de possession, le 18e total du championnat. C’est aussi la 18e équipe en matière de tirs et de centres tentés. C’est ça la patte Dupraz, une équipe qui laisse le ballon pour être dangereuse dès qu’elle le récupère ?
Mon but, c’est de récupérer la balle le plus haut et le plus vite possible. Après, on ne veut pas forcément abandonner la possession, et on travaille pour améliorer ça. Mais pas n’importe quelle possession. Voir le ballon circuler entre mes lignes arrières, ça intéresse beaucoup d’entraîneurs de Ligue 1, mais pas moi. Je veux une possession rectiligne et qui va dans le bon sens : vers le but.

Le jeu sans ballon reste un aspect fondamental du jeu que tu veux mettre en place, non ?
L’objectif, c’est de réduire l’espace-temps de l’adversaire. Un début d’explication à notre victoire sur le PSG, outre le fait que Lafont nous maintient dans le match en première période, est là-dedans. On a empêché les Parisiens d’évoluer à leur guise en les pressant sur leurs possessions pour qu’ils n’aient pas le temps de construire, et ça les a fait déjouer.

Le TFC est l’équipe la plus performante du début de saison sur les secondes périodes. Comment l’expliques-tu ?
En foot, les résultats se font souvent entre l’heure de jeu et la fin du match, car c’est dans cette période que les joueurs qui ne sont pas bien alimentés épuisent leurs réserves de glycogène. Donc je l’explique par une bonne préparation athlétique et par la nutrition. Nos joueurs suivent des programmes individualisés de nutrition, aucun ajout, aucune supplémentation, que des produits naturels, pas de boisson énergisante. Notre diététicien du sport, Michel Martino, va voir nos joueurs chez eux pour les éduquer, leur apprendre à bien manger. Il fait partie des meilleurs de France, et je ne dis pas ça parce qu’il est savoyard.

« Mon baromètre à moi, c’est le public. Est-ce qu’il supporte son équipe ? Est-ce qu’il y a plus de monde dans les tribunes qu’avant, plus d’abonnés ? La réponse est oui. »

Avec deux nouvelles séances supplémentaires par semaine, tu dis que tes joueurs sont proches du surentraînement, d’autant que tu développes un jeu qui a un impact important sur le physique. Crains-tu un trou d’air dans la saison et comment l’éviter ?
Non, je n’ai pas peur. Ce sont des footballeurs professionnels. S’ils s’alimentent bien, s’ils sont bien athlétisés, ça va. Tout ce que l’on fait est pensé avec nos préparateurs, David et Baptiste, et la préparation athlétique est adaptée au jeu que je souhaite développer. Après, sur le terrain, il faut savoir mieux gérer les temps de possession, on n'est pas obligés de tout le temps jouer vite. C’est difficile car, quand on est au maximum de l’intensité pour récupérer le ballon et qu’on y parvient, on a tendance à conserver la même intensité dans la transition, à vouloir enchaîner et créer une action directement. Parfois, c’est ce qu’il faut faire, et parfois non. Apprendre à mieux gérer ces moments-là, notamment à l’extérieur où les carences sont plus palpables qu’au Stadium, ça passe par une technique sûre. C’est le cheval de bataille de mon équipe pour les prochains mois.


Depuis que tu es arrivé au club, le TFC marque beaucoup. C’est une revanche par rapport à la réputation d’entraîneur défensif qui te collait à la peau à Évian ?
Mon baromètre à moi, c’est le public. Est-ce qu’il supporte son équipe ? Est-ce qu’il y a plus de monde dans les tribunes qu’avant, plus d’abonnés ? La réponse est oui. Je mesure la qualité de mon travail à l’enthousiasme que je vois dans le stade, dans l’équipe et au sein du club, pas aux étiquettes que me collent et me décollent les journalistes. Si ça ne leur plaît pas, ce n’est pas très grave. Moi, je suis un employé du TFC.

Quel est ton modèle d’entraîneur ?
Je n’aime pas dire « modèle » , je ne suis pas la copie d’un autre, mais Alex Ferguson m’inspire et j’ai un profond respect pour lui. C’était une main de fer dans un gant de velours. Le Manchester United des frères Neville, de Giggs, Beckham, Nicky Butt, Scholes, cette équipe-là me plaisait, Ferguson faisait avec les jeunes du cru. Ensuite, à partir de la signature de Ferdinand, ils ont commencé à vouloir perfectionner l’équipe avec l’apport de grandes stars, je trouve que ça a perdu en charme.

« Le confort de travail, c’est le plaisir de venir au stade. Pour le transmettre aux joueurs, il faut soi-même ne jamais s’en départir et, en tant qu’éducateur, leur faire comprendre qu’on a une chance terrible d’être en vie, d’être sur Terre, d’être footballeur professionnel et de venir à l’entraînement. »

Tu appelles tes joueurs tes « enfants » , c’est ta façon de les protéger ?
Je suis un ardent défenseur des joueurs de foot, et je les défends à ma manière, qui me semble être bonne. Je sais dire aux joueurs que descendre d’un bus avec un casque sur les oreilles, ce n’est pas bien pour la corporation, donc pas bien pour eux. Le foot, c’est un sport populaire, je veux que mes joueurs s’entraînent au milieu des gens. Quand je suis arrivé, j’ai demandé au président qu’on ouvre les entraînements au public, comme je l’avais fait à l’ETG. J’ai moi-même été joueur, je sais qu’un footballeur aime jouer devant du monde. De la même manière, si j’interdis les bonnets à l’entraînement et si j’exige que mes joueurs portent des protège-tibia à chaque opposition, ce n’est pas pour les faire chier, c’est pour les mettre dans les conditions du match du week-end. Et le week-end, on ne joue pas en bonnet.

Entraîner, c’est éduquer ?
On ne peut pas entraîner sans éduquer, oui.

Même quand on entraîne des gars de trente ans ?
J’ai cinquante ans, j’ai plus d’expérience qu’un garçon qui en a trente, donc oui. Et de la même manière, j’aime à parler avec les anciens parce qu’ils ont plus d’expérience que moi. Je me souviens d’Ola Toivonen lors de sa première semaine au club. Quand je le vois maintenant, ce n’est plus la même personne. Humainement, il a énormément évolué. Aujourd’hui, c’est devenu le grand frère du vestiaire.


Tu dis vouloir donner un confort de travail à ton groupe. C’est quoi, le confort de travail ?
C’est le plaisir de venir au stade. Pour le transmettre aux joueurs, il faut soi-même ne jamais s’en départir et, en tant qu’éducateur, leur faire comprendre qu’on a une chance terrible d’être en vie, d’être sur Terre, d’être footballeur professionnel et de venir à l’entraînement. Parfois, on s’installe dans une forme de routine. Ça arrive, on est tous comme ça. On oublie de lever les yeux vers le ciel et de réaliser la chance qu’on a d’être ici. Moi, je suis là pour le leur rappeler. En parallèle de ça, j’ai établi un cadre de vie dès mon arrivée, pour que les joueurs sachent ce qu’ils peuvent et ne peuvent pas faire, ce qu’ils doivent et ne doivent pas faire. Et si ce cadre est le même pour tout le monde, s’il n’y pas de favoritisme, alors ça crée l’ambiance de travail qu’il faut pour réussir.

« Moi j’écoute Charles Aznavour, Serge Reggiani, Alain Souchon. Si je passais ma musique aux joueurs, le vestiaire me lâcherait. »

Tes méthodes de coaching sont plutôt originales, il t’arrive par exemple de faire appel à la musique lors des causeries d’avant-match…
Ce n’est pas toujours de la musique, ça peut aussi être des images. Jusqu’à dix minutes avant d'entrer sur le terrain pour l’échauffement, les joueurs sont dans leur bulle, ils écoutent la musique dans leur casque et c’est leur droit le plus entier. Mais après ça, quand l’heure du match approche, je veux que mes joueurs soient à l’unisson, qu’ils jouent la même partition. Donc il peut y avoir de la musique à leur demande, mais elle est doit être partagée par tous.

Et c’est toi qui choisis les musiques ?

Non, moi j’écoute Charles Aznavour, Serge Reggiani, Alain Souchon. Si je passais ma musique aux joueurs, le vestiaire me lâcherait.

Ça t’énerve quand on dit de toi que tu casses les codes ?
Je ne casse rien du tout. J’ai ma personnalité, mon libre-arbitre, mais je respecte tout le monde. Je suis pas quelqu’un de vindicatif, je suis pas non plus un syndicaliste ni un écorché vif, comme j’ai pu le lire. Je suis bien dans mes pompes et mon parcours de vie fait que j’ai envie d’être moi-même. J’ai eu des merdes, comme tout le monde, des soucis de santé. J’ai perdu ma maman à cinquante-sept ans et mon père à soixante-douze. C’est naturel, il vaut mieux ça que des parents qui perdent leur enfant. Mais je ne « casse » rien dans le foot, je vis à ma manière.


Pourtant, ta façon d’être semble en énerver certains. Après le succès face au PSG, Christophe Dugarry et Éric Di Meco ont fortement critiqué ton tour d’honneur et ta célébration dans le vestiaire. Ils trouvent que tu te donnes trop en spectacle.
Les seules leçons que je peux recevoir, c’est celles de mes parents, et ils m’en ont suffisamment donné avant de décéder. Ces gens-là parlent comme s’ils détenaient le savoir-faire absolu du juste dosage de la communication, mais ils ne m’empêcheront pas de m’exprimer. Je sais que je n’ai pas gagné la Coupe du monde en gagnant contre le PSG, simplement j’ai envie que mes joueurs respectent les spectateurs qui viennent les voir, donc ils vont les saluer, c’est un rituel. J’ai envie que les gens partent heureux, c’est aussi ça notre rôle. Et quand on gagne, on ne se privera pas de faire un tour d’honneur, ça ne fait de mal à personne. À mon avis, c’est préférable à un entraîneur qui rentre dans son vestiaire et qui s’enferme. Je n’oublie pas qu’une partie de mon salaire et du salaire des joueurs est payée par les droits télévisuels, donc quand j’ouvre mon vestiaire aux caméras, c’est un échange de bons procédés. Mais je me comporte de la même façon s’il y a une caméra dans le vestiaire ou s’il n’y en a pas.

« Je suis plus rural que citadin, même si Toulouse est la quatrième ville de France. Y a qu’à voir ma conduite sur le périph’, je me trompe chaque fois de sens. Quand il faut mettre cinq minutes, j’en mets trente-cinq. »

La semaine dernière, tu étais sur un campus universitaire de Toulouse pour donner un discours de rentrée devant plusieurs milliers d’étudiants. T’investir dans la vie locale du club où tu exerces, c’est un besoin ?
Oui, car j’ai foi en la jeunesse et en l’être humain. Avoir passé vingt ans au Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, ça a aussi fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

Quand tu es arrivé en mars dernier à Toulouse, tu as dit avoir hâte de pouvoir découvrir la région, ses parcs naturels, les Pyrénées… Tu l’as fait ?
Je me suis déjà bien promené, mais je n’ai pas encore vu les Pyrénées. J’ai vu le Gers, les autres départements voisins… L’autre dimanche, je suis allé sur un hippodrome de province, c’était incroyable. Je suis plus rural que citadin, même si Toulouse est la quatrième ville de France. Y a qu’à voir ma conduite sur le périph’, je me trompe chaque fois de sens. Quand il faut mettre cinq minutes, j’en mets trente-cinq.

Et à Toulouse, tu as déjà tes adresses ?
J’essaie d’aller dîner un peu partout, j’ai fait deux ou trois bonnes tables et d’autres plus modestes. Ça m’arrive d’aller manger des tapas sur la place du Capitole ou dans les rues autour. J’adore aussi la place Saint-Georges, c’est un endroit magnifique.



Propos recueillis par Albert Marie
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