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Pascal Cygan/Pascal Soetens, la belle rencontre

Pascal Cygan et Pascal Soetens, plus connu sous le nom de « Pascal le grand frère » , ne partagent pas grand-chose d'autre que leur prénom. Le premier n'a aucun respect pour la télé-réalité, et le second n'a pas touché un ballon depuis ses 12 ans. Mais les deux hommes se rejoignent sur un point : les jeunes, c'était mieux avant.

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Pascal Soetens, quel est votre rapport au football ?
Pascal Soetens : Mon fils y joue depuis qu'il est tout petit. Et j'ai été gardien de but à 12 ans, dans une équipe tellement forte que je ne touchais jamais le ballon. Ce sont mes seuls liens avec le foot.

Vous avez déjà entendu parler de Pascal Cygan ?
PS : Pour être honnête, non.

Et vous, Pascal Cygan, vous êtes fan des émissions de Pascal Soetens ?
Pascal Cygan : Pas vraiment, non. Ses émissions n'ont aucun sens. Je ne vois pas l'intérêt pour ces familles d'exposer leurs problèmes à la télévision.
PS : Je comprends que Pascal soit choqué de voir ces gens exposer leur vie. Moi, je trouve ça très courageux, parce qu'on montre tout, rien n'est manigancé. L'intérêt de SOS : ma famille a besoin d'aide, c'est tout simplement d'aider les gens. Les familles qui nous sollicitent ont bien souvent fait auparavant appel à tous les services sociaux qui existent dans notre pays, sans succès. Notre émission est utile, c'est certain. Elle a sauvé des familles.

Pourquoi autant d'émissions de télé-réalité sont tournées dans le Nord de la France ?
PC : J'en ai aucune idée. Peut-être parce que c'est ici qu'ils ont rencontré leur public...
PS : En réalité, on se balade un peu partout, mais ce que le public retient, ce sont les gens du Nord. Parce que c'est une région avec beaucoup de chômage et de familles nombreuses.

Pascal Cygan, avant d'être entraîneur adjoint au KSV Roulers, en Belgique, vous vous êtes occupé pendant deux saisons des U15 du LOSC. Ce rôle d'éducateur vous plaisait ?
PC : Non, c'est pour cela que Lille m'a envoyé à Roulers.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées avec ces jeunes footballeurs ?
PC : Ils sont en formation, donc forcément, ils ont des lacunes techniques, physiques et mentales. Là-dessus s'ajoute la difficulté de faire passer votre message. C'est plus compliqué avec un jeune de 15 ans qu'avec un joueur confirmé.
PS : Avec les jeunes, la priorité est d'instaurer un climat de confiance.

Il y a vraiment un fossé entre les joueurs de votre génération, et ceux de celle qui arrive ?
PC : Ouais, on s'éloigne les uns des autres. Quand j'ai commencé ma carrière à Wasquehal, si j'arrivais cinq minutes avant le début de l'entraînement, je courais pour ne pas me faire engueuler par l'entraîneur. Aujourd'hui, quand les jeunes ont trois minutes de retard, ils ne se pressent pas, ils prennent leur temps. Le groupe attendra, tant pis.
« Avec Pascal, on est de la même génération. Et je trouve qu'à notre époque, il y avait beaucoup plus de valeurs. » Pascal Soetens
Nous, on donnait la priorité à l'équipe. Tandis que les jeunes d'aujourd'hui sont plus imbus de leur personne. C'est le principal changement.
PS : Avec Pascal, on est de la même génération. Et je trouve qu'à notre époque, il y avait beaucoup plus de valeurs. Si on arrivait en retard, on rentrait chez soi, c'était réglé. Si dans un centre de formation, rien n'est mis en place pour que les règles soient respectées, c'est normal que l'entraîneur soit en difficulté. Cela n'a rien à voir avec ses compétences, il a quelqu'un au-dessus de lui qui doit gérer ça. Quand on rentre dans une école, la première chose qu'on voit, c'est une charte de bonne conduite. Et cette charte, on la lit et on la signe.

À Lille, les jeunes ont-ils le respect de l'institution dans laquelle ils évoluent ? Connaissent-ils l'histoire du LOSC et ce que le club représente ?
PC : Évidemment que non, et l'argent y a énormément contribué. Aujourd'hui, un club va payer cher un joueur qui aurait été considéré comme moyen il y a quelques années. Quand on met 15 millions sur un joueur moyen, on assassine le football.
PS : À partir du moment où un jeune est recruté, il fonde des espoirs. Il se dit que s'il est là, c'est qu'il est bon. Et que s'il est bon, il a des droits parce qu'on a besoin de lui. Et donc, il peut faire un peu ce qu'il veut. Alors que pas du tout, parce qu'il y en aura toujours des meilleurs. Parce qu'on recrute toujours plus de joueurs qu'on en a besoin, en espérant qu'il y en ait un qui se distingue plus que les autres.

Est-ce que les adolescents que vous entraîniez au LOSC savaient qui vous étiez, connaissaient votre carrière ?
PC : Pour la plupart, au début, non. Mais j'en avais déjà côtoyé certains à Wasquehal (où Pascal Cygan a été directeur sportif en 2013, ndlr), qui ont renseigné les autres.
PS : C'est un peu dommage que certains jeunes n'aient pas su d'emblée qui était Pascal. Il aurait peut-être fallu communiquer là-dessus. Présenter son CV, pour que les jeunes sachent à qui ils avaient affaire. Après, c'est fou que les jeunes du centre de formation ne connaissent pas Pascal s'il a joué au club. Cela dénote un vrai problème.

Pour se faire respecter par les jeunes, est-ce important d'avoir un physique qui impressionne ?
« Je pensais qu'avoir un physique imposant allait m'aider auprès des ados, mais je n'ai pas effrayé grand monde. » Pascal Cygan
PS : Non, ce n'est pas important du tout. Moi, je ne mesure pas 2 mètres. C'est une question d'attitude, de langage. Il faut être conforme aux normes.
PC : Je pensais qu'avoir un physique imposant allait m'aider auprès des ados, mais je n'ai pas effrayé grand monde.
PS : C'est l'expérience qui parle. Quand on sait de quoi on parle, souvent, ça calme.

Est-ce que cette nouvelle génération aime moins le foot que celle de ses aînés ?
PC : C'est un constat qu'on peut faire, effectivement. Il y a de moins en moins de jeunes qui regardent des matchs à la télé pour essayer d'apprendre en regardant jouer les meilleurs joueurs. À mon époque, on ne ratait pas une rencontre. Même un match de Ligue 2, on regardait.
PS : Cela démontre qu'ils ne s'intéressent pas du tout au foot. Quelqu'un de passionné va voir des matchs. À moins d'être un génie, on ne peut pas devenir un footballeur reconnu si on ne s'intéresse pas à son sport. C'est comme pour n'importe quel métier. Si je fais un métier qui ne m'intéresse pas, juste pour le fric, je me suis trompé de voie. C'est quand même dommage.

PC : Aujourd'hui, je pense qu'ils voient le football comme un moyen de gagner de l'argent, plus que comme une passion.
PS : Je suis d'accord avec Pascal lorsqu'il dit que les jeunes d'aujourd'hui sont moins passionnés par ce qu'ils font. Déjà, ils n'aiment pas l'école. J'en ai encore vu un, là, un petit de 12 ans, qui me disait : « Moi, je m'ennuie sur le banc de l'école. On est là, on fait rien, on écoute le prof, on se fait chier. » Je lui ai demandé ce qu'il préférerait faire, il m'a répondu qu'il voulait travaillait dans le bois, que ça l'intéressait. Je lui ai dit que dans ce cas, il n'avait qu'à s'acheter des outils et faire ça chez lui, au lieu de faire du Facebook (sic). Ensuite, il trouvera une école qui correspondra à ses envies. Après, si les jeunes qui jouent au foot dans un centre de formation ne sont pas intéressés par leur sport, ils vont déchanter, parce que la carrière est courte. S'ils ne sont motivés que par l'argent, ça va se sentir, les entraîneurs et les recruteurs vont s'en apercevoir.

Quand un jeune footballeur se rebelle un peu trop, est-ce une bonne idée de l'amener dans une casse pour péter des bagnoles à grands coups de batte de baseball ?
PS : Non, il faut prendre le jeune à l'écart du groupe, parce qu'il n'a peut-être pas envie d'exposer ses problèmes personnels devant les autres. Et quand on le prend à l'écart, on lui donne de l'importance. Et quand on donne de l'importance à quelqu'un, il vous le rend. Il faut lui poser les bonnes questions. Comment ça se passe chez lui ? Pourquoi il arrive en retard ? Une fois la confiance instaurée, tout se passera mieux.

Aujourd'hui, Pascal Cygan, vous êtes donc entraîneur adjoint au KSV Roulers, en D2 belge. Comment avez-vous atterri là-bas ?
PC : Dans le cadre d'un partenariat avec le LOSC, qui cherchait un club de National français ou de D2 belge assez proche de Lille, pour y envoyer ses jeunes joueurs, et les évaluer à un niveau entre la CFA et la L1.

Combien de joueurs lillois sont actuellement prêtés au KSV Roulers ?
PC : Zéro, le projet a pris du retard.

Cette première expérience en tant qu'adjoint vous plaît ?
PC : Pas vraiment, non. Quitte à travailler à un niveau inférieur, je préférerais être numéro un. Surtout que j'ai été envoyé là-bas un peu à la dernière minute, et qu'il y avait déjà un adjoint. Donc en fait, je suis numéro trois, pas dans les meilleures conditions.

Malgré tout, ce n'est pas une bonne porte d'entrée pour apprendre le métier d'entraîneur ?
PC : Si on vous laisse travailler, oui. Sauf que là, ce n'était pas le cas. Je ne prenais même pas part aux séances d'entraînement. J'y assistais, c'est tout.

Vous parlez au passé...
PC : La saison se termine, et je n'ai pas de nouvelles de mes dirigeants. Ni du côté belge, ni du côté français. Donc je vais voir les possibilités qui s'offriront à moi. Ce que j'aimerais, c'est être numéro un, même dans une division inférieure.

Propos recueillis par Mathias Edwards
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