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Paris va savoir

C’est un choc lourd de sens que va abriter le Parc ce soir (21h) : Paris, le club le plus puissant de France, a rendez-vous avec Lille, la meilleure équipe de France. Et tout le monde au PSG de rêver d’un basculement définitif des forces.

Ce soir, c’est un peu de l’avenir du football français de club dont il sera question. Il y a dans le choc de ce week-end, peut-être même de cette première partie de saison, un peu plus qu’un match de football. Bien entendu, la vérité du soir devra être largement confinée à cette date mais n’empêche, difficile de ne pas y voir un moment charnière. Car pour Paris, il y a quelque chose d’un véritable test, peut-être le plus significatif de leur nouvelle ère. Désormais adossé à des fonds d’une étendue inédite en France, le club de la capitale doit maintenant prouver que la logique économique amène inévitablement une hiérarchie sportive. Pour l’heure, même s’il est plutôt réussi compte tenu des circonstances (entraîneur sans cesse menacé, effectif largement renouvelé), le pari n’est pas totalement tenu. Et pas parce que le leader s’appelle Montpellier au moins jusqu’à ce soir. Mais plutôt parce que dans son expression et dans la vie du club, le PSG figure encore un ensemble assez immature : un collectif en friche, des joueurs encore trop parcimonieux dans l’effort et des coulisses qui s’agitent même quand le terrain apporte satisfaction. A l’image d’un Javier Pastore qui n’en finit plus de balancer le fond de sa pensée sur la médiocrité de son environnement (partenaires, adversaires, public)... Et au passage, puisque l’on cause coulisses, un certain David Beckham serait en salle d’embarquement direction l’aéroport du Bourget pour venir voir ses probables futurs coéquipiers. Une idée moyenne qui va ajouter de la confusion à un rendez-vous déjà très haute tension.

Le souvenir encore cuisant de Marseille

Car Le PSG va croiser le fer avec ce qui se fait de mieux actuellement dans le Championnat de France. Et on dit bien dans le Championnat de France. Car en Ligue des champions, Lille a payé au prix fort (dernier de sa poule) son inexpérience européenne. Mais en L1, personne depuis dix-huit mois ne joue mieux au ballon et n’affiche une telle densité dans la performance collective. La barre est donc très haute pour ce Paris qui n’a pas encore totalement convaincu jusque-là dans les rendez-vous clés : plutôt bien payés à Montpellier malgré le score sans appel (3-0), solide face à Lyon (2-0) mais qui était alors plombé par les blessures majeures, et en-dessous de tout à Marseille (0-3). Un match révélateur à bien des égards. Car à force d’aligner les séries flatteuses eu égard à leurs productions réelles, les Parisiens ont fini par s’y croire, par se la jouer d'une certaine manière. En oubliant que même en bénéficiant de circonstances heureuses, les nombreuses victoires étaient aussi dûes à un état d’esprit, une envie de prouver et de se dépasser à défaut de très bien jouer.


Mais au Vélodrome, Paris s’est fait rentré dedans sans répondre, sans même comprendre ce qui lui arrivait, incapable de troquer son habit de lumière dépecé pour un bon vieux bleu de travail indispensable. Oui, il y a trois semaines, le PSG a manqué de baloches pour dire les choses clairement. Dans un autre style, le LOSC va aussi à son tour lui imposer de les mettre sur le pré sous peine de se prendre un nouveau bouillon. Bien sûr, les champions de France ne vont pas leur faire une séance de démâtage à l’ancienne comme ceux de Didier Deschamps. Mais avec leur circulation de balle, leur quadrillage du terrain et les accélérations sans beaucoup d’équivalents du trio Hazard, Sow et Cole, les hommes de Kombouaré vont devoir ne pas bouder les courses de replacements, de couvertures. Ne pas bouder le goût de l’effort. En se souvenant que jusqu’à preuve du contraire, malgré les millions qatariens, la meilleure équipe de France, c’est Lille. Au moins jusqu’à ce soir aux alentours de 23h…

Par Dave Appadoo
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